‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 132 sur 156 · Art. cit. |>. 7i · texte numérisé non relu

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à l'établissement du texte original. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser du texte occidental.

4° Le texte traditionnel possède seul les qualités d'antiquité, de nombre, de variété, de valeur et de continuité des témoignages et d'évidence interne, de sorte qu'il représente le texte primitif de l'Église chrétienne, purgé de toutes les altérations qu'il a subies dans le cours des temps et en divers lieux. Tout le monde reconnaît que le texte traditionnel a toutes ces qualités, sauf l'antiquité. Or, quoique, disent Burgon- Miller, nous n'ayons aucun manuscrit ancien représentant complètement le texte traditionnel, on attii son existence par son universelle diffusion subséquente, par le témoignage des écrivains ecclésiastiques antérieurs au ive siècle, de la Peschitto, des vieilles versions latines. Si l'on ne possède plus de manuscrit ancien reproduisant le texte traditionnel, tandis qu'on en a au moins deux pour le texte neutre,' cela provient de ce fait que les manuscrits du texte traditionnel n'avaient rien qui engageât à les conserver, ni leur beauté extérieure, ni leurs particulai -il intrinsèques. Lorsqu'ils étaient usés, ce qui arrivait rapidement, vu le fréquent usage qui en était fait et la fragilité de la matière, le papyrus pour les premiers siècles, ils étaient remplacés par d'autres semblables et n'étaient pas gardés; le même fait s'est produit pour les manuscrits massorétiques de l'Ancien Testament, dont nous n'avons pas d'exemplaires antérieurs au vnie siècle. C'est grâce à leur beauté particulière et à leur matière, le parchemin, que le Sinaiticus et le Vaticanus ont été conservés.

Le témoignage des écrivains ecclésiastiques en faveur du texte traditionnel ressort de cette constatation que, si nous parcourons, affirment Burgon-Miller, la littérature chrétienne antérieure à l'an 400, nous trou-

vons 2630 leçons en faveur du texte traditionnel contre 1753 pour le texte neutre. Et même, chez les écrivains antérieurs à l'an 200, nous en avons 151 pour le texte traditionnel contre 84 pour le texte neutre. Ce n'est que dans les écrivains occidentaux et alexandrins qu'il y a égalité de citations en faveur des textes traditionnel et neutre.

Voici l'exemple que donne Miller d'une leçon traditionnelle que rejettent Westcott-Hort, bien qu'elle se trouve dans les Pères antérieurs au ive siècle. Mt, I, 25 : Tov utov aux?]; tov •rcpcoTOToxov. La leçon auTïjç xbv TrpwTOToxov a pour elle 14 manuscrits majuscules, CN2DE KLMSUVTAn, tous les minuscules collationnés, sauf deux, les vieilles latines fff* g q, la Vulgate, Tatien, les versions syriaques, Peschitto, Harkléenne, les versions arménienne, géorgienne, éthiopienne, slave, Athanase, Pseudo-Athanase, Didyme, Cyrille de Jérusalem, Basile, Grégoire de Nysse, Éphrem, Épiphane, Jean Chrysostome, Proclus, Isidore de Séville, Damascène, Photius, Nicétas, Ambroise, Augustin, Jérôme. Elle a contre elle trois majuscules, K B Z, deux minuscules, 1 33, les vieilles latines, a bcg*k, les syriaques, Curetonienne, Sinaïtique, les égyptiennes, Sahidique, Bohaïrique, Ambroise, Jérôme, Hilaire. Les documents sont donc en faveur de la leçon traditionnelle.

Enfin, affirment Burgon-Miller, la base même du système de Hort n'existe pas en réalité. Il soutient que le texte syrien est le plus récent, parce qu'il a des leçons agglomérées par la fusion des leçons des textes occidental etneutre. Or, Westcott-Hort, n'ont pu fournir que huit exemplesdecesleçons agglomérées et cela dans les évangiles, quatre dans Marc et quatre dans Luc. Ce genre de varianles p< mirait, s'expliquer par le fait de copistes qui ne voulaient laisser perdre aucune exprès-

sion du texte sacré. Mais, en réalité, ces leçons sont originales, ainsi que croit pouvoir le démontrer Miller ' . Weiss et Nestlé ont admis comme originale la leçon de Me, IX, 49, donnée comme leçon agglomérée, par H oit. Après avoir discuté une de ces leçons agglomérées, Barnard2 conclut que dans aucun des cas cités, il ne peut être prouvé que les deux parties de la leçon agglomérée aient existé séparément à une époque où cette leçon agglomérée n'existait pas déjà, et c'est une question discutable de savoir si les leçons courtes sont originales. Les deux leçons brèves pourraient s'expliquer par le dédoublement de la leçon longue en deux leçons fragmentaires.

De ces faits Burgon-Miller concluent qu'il n'y eut jamais de recension voulue et officielle du texte du Nouveau Testament pour corrigerle texte altéré du ne siècle. Il n'en est fait aucune mention par qui que ce soit. Or, un fait aussi important, qui aurait eu lieu d'ailleurs à deux reprises différentes, n'aurait pas été passé sous silence quand des faits analogues et de bien moindre importance, tels que la recension des Septante par Lucien, ont été signalés. Il y a eu certainement corruption des textes par le fait de la non-surveillance officielle des copies, par l'influence de la tradition orale et du parallélisme des évangiles synoptiques, mais cette corruption se montre surtout dans les manuscrits anciens nBD et dans les vieilles versions syriaques, latines et égyptiennes et l'on ne peut s'étonner que certains écrivains ecclésiastiques adoptent ces variantes défectueuses quand on les voit admettre des passages d'écrits apocryphes.

Plusieurs de ces affirmations de Burgon-Miller sont

1. Causes of the corruption or the traditional Text of the holy Gospels, p. 266.

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