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assez contestables ou peuvent être expliquées d'une façon différente de la leur. Le texte traditionnel possède, d'après eux, toutes les qualités de nombre, de variété, de valeur et d'évidence interne. On accorde que les documents fournissant ce texte sont nombreux mais ils ne sont pas divers, car ils ne représentent qu'une famille de textes. Ce texte traditionnel n'a pas non plus pour lui la valeur intrinsèque de ses leçons, si l'on en croit la plupart des critiques modernes. Et surtout, il n'a pas l'antiquité des témoignages. Les citations des écrivains ecclésiastiques qu'a rassemblées Burgon ne sont pas décisives à cet égard. Les citations patristiques ne pourront être appelées en témoignage d'une leçon que lorsqu'on aura collationné d'après les méthodes critiques les manuscrits des Pères. Jusqu'à ce moment-là on s'expose à des déboires, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Dans la plupart des éditions des Pères, par exemple celles des Bénédictins ou de Migne, on a ramené le texte des citations au texte officiel, c'est-à-dire au texte syrien, le seul connu au moment de leur impression. Quand on étudie les manuscrits on constate des différences. Ainsi, on tenait Clément d'Alexandrie pour un représentant du texte neutre; or, Barnard * a prouvé que dans son traité Quis dives salve tur il suivait le texte occidental.
Et d'ailleurs, les leçons que Burgon-Miller tiennent pour traditionnelles, parce qu'elles sont présentées par les premiers écrivains ecclésiastiques, sont, en fait, de vieilles leçons attestées par les textes neutre et occidental ou par le texte occidental seul et conservées dans le texte syrien. « Quant aux passages étudiés par Burgon, ils n'oifrent pas des leçons purement « sy-
I r> ,ls mvl. StUdiei, roi. V, n° i, fle.mnit Of Mc.randria Quis dive»
saiveiur, Cambridge, iwî.
riennes » caractéristiques du type S (syrien) •. » Hort n'a cité que huit leçons agglomérées mais il y en a bien davantage, puisqu'on en a trouvé d'autres depuis et qu'on pourrait encore en relever. Ce ne sont que des exemples. Il est peu exact, en outre, d'affirmer qu'on n'a pas trouvé séparément, avant la leçon agglomérée, les éléments de cette leçon. On les retrouve dans le Vaticanus et le Sinaiticus, du ive siècle, il est vrai, mais dont le texte doit remonter plus haut. Et surtout ces leçons brèves sont dans les versions syriaques et latines qui sont probablement du n" siècle. Qu'on ne les ait pas relevées dans les écrivains antérieurs au IVe siècle, cela peut s'expliquer par le fait de la pénurie des documents ou de la conformation de leur texte au texte contemporain de ceux qui en ont copié les manuscrits.
Enfin, il est vrai qu'on n'a aucune attestation historique d'une revision officielle du Nouveau Testament vers le commencement et le milieu du ivB siècle. Ce n'est, en effet, qu'une hypothèse basée sur le fait que le texte syrien est un texte éclectique, donc revisé, ainsi que le prouvent l'absence des leçons caractéristiques de ce texte avant les Pères antérieurs à saint JeanChrysostome, la présence de leçons agglomérées qui dénote son origine tardive et l'irrecevabilité intrinsèque de ses leçons 2. Nous verrons plus loin que cette hypothèse des recensions a été adoptée par d'autres critiques de valeur.
Malgré les attaques violentes de Burgon-Miller et celles plus modérées de Barnard, le système de critique textuelle de Westcott-IIort a conservé encore sa valeur, du moins dans ses grandes lignes, aux yeux des criti-