Durand, art cit. j>. KH
ques subséquents. Il y a lieu cependant d'y faire des corrections ou des additions. On reconnaît la supériorité du Vaticanus et du Sinaiticus sur les autres manuscrits, mais on n'est pas loin de penser qu'ils ont été, eux aussi, revisés et qu'en tout cas ils ne sont pas aussi purs que le soutiennent Westcott-Hort * . Il est probable que le texte occidental a été prédominant en Egypte au if siècle, ainsi qu'il ressort des leçons oc cidentales de la version égyptienne Sahidique et des manuscrits de Clément d'Alexandrie. D'ailleurs Hort lui-même reconnaît que ces manuscrits contenaient des additions, puisqu'il admet comme originales certaines omissions du texte occidental. Ilsfauraient donc été interpolés. Ceci ferait supposer que le Vaticanus et le Sinaiticus représenteraient une correction du texte occidental, correction faite d'après Origène. Burgon a soutenu cette hypothèse, mais il a donné, croyons-nous, trop d'extension à cette revision. Nous verrons plus loin ce qu'en pense von Soden.
En tout cas, ces manuscrits ont subi des corrections tendancieuses. Nous l'avons déjà constaté à propos de la finale de Me, XVI, 9-20. Kirsopp Lake3 reproche en outre à Westcott-Hort de n'avoir pas suffisamment étudié l'origine et les caractères du texte occidental et de n'en avoir pas assez tenu compte dans l'établissement de leur texte.
Le P. Durand3 a très bien, à notre avis, résumé l'opinion de la critique moderne sur l'œuvre de Westcott-Hort. « On croit, dit-il, très généralement à sa valeur durable, surtout en ce qui concerne la méthode. Les éditeurs de Cambridge n'ont pas eu la prétention <l<- faire de leur texte une borne qui ne devait pas être
i. nui:» m,, art. cit. p. ;ms. :wx
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dépassée; ils n'ont jamais dit que dans l'édifice élevé par eux, il n'y avait rien, pas même une pierre, qui pût être un jour dérangée. Des travaux ultérieurs, des découvertes récentes ont, en effet, permis de prolonger certaines lignes que Westcott et Hort avaient à peine commencées, et d'en infléchir quelques autres moins heureusement tracées. Si le palimpseste syriaque du Sinaï est venu, depuis, confirmer partiellement la théorie des « additions non occidentales », et attester, dans saint Marc, l'absence de la finale contestée, ou encore, dans saint Jean, le récit de la femme adultère; par contre, cette découverte, comme toutes les autres faites depuis trente ans, ont produit la conviction que le texte « occidental » mérite plus de considération que Westcott et Hort ne lui en ont donné. Ce texte pourrait bien avoir raison contre le texte « neutre » plus souvent qu'on ne le suppose dans l'édition de Cambridge.
« La distinction entre le texte « neutre » et le texte « alexandrin », si minime qu'elle soit, trouve de moins en moins des défenseurs. Westcott et Hort avaient admis, après Griesbach, que le texte du Vaticanus ne résulte pas d'une recension proprement dite, — et c'est encore le sentiment de B. Weiss, Nestlé, Koetschau — mais d'autres, par exemple : Lake, Burkitt, Barnard, Bousset, Corssen et, provisoirement, von Soden, inclinent à regarder le texte des Alexandrins comme l'aboutissement d'une recension à double étape. La première tentative de revision remonterait à Origène. Celui-ci aurait amendé un texte d'Antioche avec le texte alexandrin, qui était, à cette époque, foncièrement occidental. Plus tard, au ive siècle, mais après la transcription du Vaticanus (à ce qu'il semble), le texte origénien a été retouché ; et c'est sous cette dernière forme qu'il devint courant à Alexandrie,
comme on le voit par les citations de saint Cyrille. N'est-ce pas revenir, par une autre voie, à un type de texte spécifiquement alexandrin ? »
Nous ajouterons une constatation qui prouve la valeur critique du texte du Nouveau Testament établi par Westcott-Hort. Gregory, ainsi que nous le dirons plus loin, déclare que le texte qu'il éditera se rapprochera beaucoup de celui des critiques anglais. Il ne semble pas non plus que celui de von Soden doive en différer dans des parties essentielles.
Reprenons maintenant l'exposé des travaux des éditeurs du texte grec du Nouveau Testament.
Bernhard Weiss, un vétéran des études exégétiques et critiques du Nouveau Testament, laissant de côté l'évidence externe, le témoignage des versions anciennes et des écrivains ecclésiastiques, s'est placé au point de vue de la valeur interne des manuscrits. C'est un procédé qui laisse trop de marge au jugement particulier du critique. Il a examiné deux groupes de manuscrits : KÀBC d'un côté et D L A de l'autre, afin d'établir leur valeur respective pour chacune des parties du Nouveau Testament. Voici, en résumé, les conclusions auxquelles il aboutit. Pour l'Apocalypse '. le groupe n A C ne trahit aucun signe de revision; A est le meilleur manuscrit ; seul, il offre en 60 passages la meilleure leçon, tandis que n ne la donne, seul, que huit fois. Pour les épîtres catholiques2, n A C représentent un texte ancien, mais corrigé ; B est aussi un texte ancien, mais non corrigé. Il donne la bonne leçon 400 fois et les autres, N, 50 fois, A, 274 fois, C (auquel manque un quart des épîtres catholiques), 196 fois. Pour les
l. ln> JehtÊUU ipso; Tcxlkritisclie Inteism huuijcii mul
' exthortlellungi Leipzig, I8W.
j. lur kai Britfe, Leiptlg, 189*,
Actes1, D a 1.600 variantes; m A C sont influencés par un texte corrigé; B ne montre aucun signe de corrections et 48 fois il donne, seul, la vraie leçon. Pour les épîtres pauliniennes2, D a un bon fond, mais considérablement altéré; n A C ont aussi été alfa par un texte corrigé, tandis que B est resté pur ; cependant, il a gardé des erreurs provenant d'un ancien texte. B a, seul, 85 fois la vraie leçon. Pour les évangiles3, B a 400 fautes de copiste, confusions de Min -s ou distractions, mais il est pur de revision, tandis que les autres manuscrits en présentent des traces plus ou moins nombreuses. D a 4.300 leçons particulières, anciennes, mais néanmoins mauvaises. B a, seul, 280 fois la bonne leçon.
La conclusion est donc que B, c'est-à-dire le Vfttfcanus, est le seul manuscrit qui n'ait pas subi de corrections intentionnelles. C'est d'après ce manuscrit, mais en corrigeant les fautes de transcription qu'il y a relevées, que Weiss a édité son texte du Nouveau Testament, accompagné d'un commentaire exégétiqu. Son édition se rapproche beaucoup de celle de \Vestcott-Hort et il n'en pouvait être autrement puisque pour ces critiques le Vaticanus est le manuscrit qui représente le mieux le texte du Nouveau Testament.
Autres éditions et systèmes de critique textuelle. — Les études critiques sur le texte grec du Nouveau Testament ont été continuées avec ardeur en Angleterre ; elles ont été consignées dans de nombreux travaux de détail que nous n'avons pas à mentionner ici