‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 136 sur 156 · Op. cit. p · texte numérisé non relu

Op. cit. p

3° Mais où est le texte primitif? Je ne pense pas davantage qu'on puisse le trouver dans le codex de Bèze. car celui-ci dépend de Tatien. Sur ce point von Soden a raison. Tout d'abord, nous devons avant tout étudier les vieilles versions latines et la version Sahidique dans la nouvelle édition de Horner. En outre, on pourra peut-être établir qu'il se trouve incorporé dans la recension de Lucien plus de choses anciennes et bonnes que l'on n'avait été jusqu'ici disposé à l'accepter. Je n'ai pas encore vu les nouveaux ouvrages de Hoskier; pour autant que j'ai lu de ses travaux, je ne crois pas que ses théories soient exactes; mais il y a dans ses ouvrages beaucoup de choses dont devra tenir compte celui qui écrira sur le texte du Nouveau Testament.

En résumé, l'effort des spécialistes doit porter aujourd'hui sur l'étude des versions vieilles latines et orientales. »

Nous mentionnerons seulement les éditions de Schjôtt* et de Baljon2; la seconde se distingue surtout par la hardiesse de la critique et la propension à acoepter des conjectures.

Sauf quelques travaux que nous avons déjà mentionnés, la Polyglotte d'Alcala, Érasme, les Aide, Scholz, Hug, toutes ces éditions ont été publiées par des protestants. Les catholiques n'ont pas cependant été inactifs ; du siècle dernier, il y aurait à signaler les éditions d'Aloys Gratz, 1820, de Leander van Ess, 1827, de A. Jauraann, 1842, deux Synopses, de J . Gehringer, 1842, et de F. X. Patrizzi, 1853; enfin, une édition grecque-latine par F. X. Heithmayer, Miin-

i. tfovwn Têêtamentum gracce a<l tiiliin voluislisaimoruinrecognovit m M 0OB IVilfltei l<iiiono8 ex edilionibus Kl/.cviriana et Tiscbendor- Banaïubjnnxii ii. BchjOtt, Baunlae, iwa.

outrai Ttstamtntum gratet, GronlngM, 1898.

chen, 1847 et par G. Perin, N. T. cum lectionibus variis et lexico graeco-lalino, Patavii, 1890.

Plus récemment ont paru de nouvelles éditions du Nouveau Testament publiées par des catholiques. En 1893, F. Brandscheid^ édita un texte grec-latin du Nouveau Testament d'après les meilleurs manuscrits grecs; il adopta d'ordinaire les leçons qui étaient conformes à celles de la Vulgate.

En 1896, Michael Hetzenauer2 publia aussi une édition grecque-latine du Nouveau Testament. Il a expliqué dans ses Principes de critique* quelles avaient été les règles qu'il avait suivies. Comme principes négatifs il donne les suivants : 1° le texte qui n'est soutenu que par un témoin doit en général être tenu pour non authentique ; 2° le texte que fournissent m B ou l'un ou l'autre de ces témoins, est en général non authentique; 3° il en est de même de celui que recommandent les systèmes généalogiques ou le système de V cott-Hort. Doit donc être tenu pour authentique : 1° Le texte que fournissent tous les témoins critiques ; 2° ce texte est authentique qui est fourni par des témoins différents d'origine, de date et de pays ; 3° ce texte est authentique qui, dans les choses plus importantes, est contenu dans les versions. Les versions, étant lues au peuple, étaient sous la sauvegarde des églises et des pasteurs, et il est à peine croyable que ceux-ci aient permis quelque grave interpolation ; 4° pour les choses non importantes les manuscrits grecs donnent

\. Novum Testamentum graece et latine. Textum graecum recensuit, latinum ex Vulgata versione Clementina adjunxit P, Brandschkid, Friburgi Brisgoviae, 3l éd. 1900.

2. H xatvï) ôiaôvjxr] eXXyivktti. Novum Testamentum Vulgatae editioms. Graecum textum diligentissime recognovit, latinum accuratissime descripsit, utrumque annota tionibus critieis iliustravit ac demoustravit M. Hetzenauer, Oeniponte ;2a éd. emendatior, 190'*.

3. Wesen und Principien der Bibelktïlik auf katholitchen Grutidlaae. Innsbruck, 4900.

le texte authentique ; 5° ce texte est authentique que les Pères et les anciens écrivains ecclésiastiques déclarent comme tel, même contre le témoignage des manuscrits et des versions; 6° ce texte est authentique que les anciens témoins rendent vraisemblable ; 7° ce texte est authentique que la majorité des témoins de même valeur fournissent.

En 1910-1911, un prêtre de la Mission, E. Bodin, publia une édition du Nouveau Testament grec-latin *, dans laquelle il a reproduit le texte du Vaticanus, B, et dans les parties que celui-ci n'a pas, épîtres pastorales, fin de l'épître aux Hébreux, celui de l'Alexandrinus; pour l'Apocalypse, l'Alexandrinus et le Vaticanus 2066. « Attamen, dit l'auteur dans sa préface, codex B non paucis erroribus et permultis omissionibus deformatur. Itaque, quotiescumque evenit ut res postularet, alias lectiones quae meliores videbantur aggregavimus. » Le principe de correction est donc subjectif. 11 semble cependant que l'éditeur a choisi les leçons qui se rapprochaient le plus de la Vulgate. Son choix n'a pas été toujours heureux. I Cor. XV, 51, au lieu delà leçon : 7T(xvts<; où xoi[/.rjQY]0"ô|AE6a, reàvTgç Se àÀXaYïisôijisôa, qui est celle du Vaticanus et d'autres manuscrits, il adopte : Travtei; àvaffTYiGÔixeOa, où itâvTeç 8s <xkkoL*(7\<i6ii.rtaL qui a pour elle un seul manuscrit grec, le (llaromontanus, et une seule version, la Vulgate.

Nous devons mentionner aussi les traités de critique textuelle qui ont été publiés en ces dernières années. Et d'abord, celui de J. P. Paulin Martin, Introduction à la critique textuelle du Nouveau Testament, lithographiée : Partie théorique, Paris, 1882-1883; Partie pratique, Paris, 1883-1884, t. I. L'auteur est un dé-

Page 1