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fenseur du Textus receptus; ses ouvrages dénotent une science très étendue. — Puis, B. B. Warfield, An Introduction to the textual criticism ofthe N. T., New York, 1887; London, 1886. Ce travail est un bon exposé de la question, telle qu'on la connaissait à cette époque. — G. Salmon, Some Thoughts on the textual criticism ofthe New Testament, London, 1897. L'auteur examine les divers systèmes de critique textuelle et la valeur relative des textes; il ne se prononce pas entre les systèmes à adopter. — M. R. Vincent, A history of the textual Criticism ofN. T., New York, 1889. C'est un court traité de critique textuelle; l'histoire du texte imprimé est très développée. Kirsopp Lake, The Text of the New Testament, London, 1900 et 1908. Ce court ouvrage écrit par un spécialiste et destiné aux étudiants, est un excellent guide sur toutes les questions soulevées de nos jours sur le texte du Nouveau Testament. W. Sanday, F. Kenyon, F. Burkitt, F. Chase, A. Headlam, J. Bernard, Criticism of the New Testament, New York, 1902. — R. Knopf, Der Text des Neuen Testaments, Giessen, 1906. Exposé rapide des problèmes de la critique textuelle du Nouveau Testament. — J. Drummond, The transmission ofthe text of the New Testament, London, 1905. Ce traité, écrit pour les maîtres des écoles du dimanche, se borne à donner les renseignements essentiels sur l'histoire du texte du Nouveau Testament. — G. H. Turner. Historical Introduction to the textual Criticism of the New Testament, Journal of theological Studies, 1908-1909, vol. X, p. 13-28, 161-182, 354- 374; 1909-1910, vol. XI, p. 1-24, 180-210. Il n'y est encore traité que des préliminaires de la question. — A. Durand, Le texte du Nouveau Testament, Études, 1911, t. CXXVI, p. 289-311; t. CXXVII, p. 25-51,
297-328. Excellent résumé de l'état actuel des études sur le texte du Nouveau Testament. — E. A. Hutton, An Atlas of textual Criticism, being an attempt to show the mutual relationship of the authorities for the text of the New Testament up to about 1000 A. D., Cambridge, 1911. Le titre dit bien le but et le contenu de l'ouvrage.
On trouvera aussi des articles sur la critique textuelle du Nouveau Testament dans les dictionnaires de la Bible : B. F. Westcott, New Testament dans A Dictionary ofthe Bible édité par W. Smith, vol. Il, p. 506-531, London, 1863. — A. Sabatier, Texte du Nouveau Testament dans Y Encyclopédie des Sciences religieuses de Lichtbnberger, t. XII, p. 46-54, Paris, 1881. — Hundhausen, Der griechische Text des Neuen Testaments dans le Kirchenlexikon, IIe Auflage, continué par Kaulen, 11er Band, p. 698-711, Freiburg Br., 1883. — O von Gebhardt, Bibeltext des N. T. dans Realencyklopàdie, 111er Auflage, herausgeg. von A. Hauck, 11er Band, p. 728-773, Leipzig, 1897. — E. Nestlé, Text ofthe New Testament, dans Hastings, Dictionary of the Bible, vol. IV, p. 732- 741, Edinburgh, 1902. — J. O. F. Murray, Texiual Criticism of N. T., Hastincs, Dictionary of the Bible, Extra- Volume, p. 208-236, Edinburgh, 1904. — F. C. Burkitt, Text and Versions, New Testament, dans Gheyne. — S. Black, Encyclopœdia biblica, col. 4981-5012, London, 1903. — C. H. Turner, dans Murray's, lllustrated Bible Dictionary, édité par W. O. Piercy, p. 585-596, London, 1908. — F. G. Kenyon, Text ofthe New TmtamêVti, |>- 010-929 dans Hastings' Dictionary of the liible, en un volume, Edinbui^h, 1909. — M. Baknaud, Text of the (Gospels, IIastim;s' Dictionary of Christ and the (,os/>r/s, vol. Il, p. 717-725, Kdinburgh, 1908. — E. Man<:i:not.
Texte du Nouveau Testament, dans Vigourolx . Dictionnaire de la Bible, t. V, col. 2113-2135 Paris
Nous n'avons pas mentionné dans la liste précédente les travaux de Kenyon, Hoskier, Gregory et von Soden, qui méritent d'être examinés en détail.
Système de Kenyon. — Frédéric G. Kenyon > a publié un manuel de critique textuelle du Nouveau Testament dans lequel, après avoir passé en revue les matériaux du texte et exposé les divers systèmes de critique, il examine le problème et conclut ainsi 2 : « Nous revenons donc, en dernière analyse, à une position identique à celle de Hort, modifiée cependant en quelques points. A son origine, l'histoire du texte du Nouveau Testament se présente à noua de la façon suivante : les différents livres se répandent inégalement chez les chrétiens isolés et dans le* communautés chrétiennes, sans que rien les protè^v contre des altérations, soit intentionnelles soit involontaires. A ce stade, qui suivit de très près l'apparition des autographes originaux, appartiennent diverses leçons, primitives si l'on considère leurs moins, peu convaincantes cependant d'ordinaire, si on les examine en elles-mêmes, et dont l'ensemble forme ce que nous appelons le texte S, ce que Hort nomme « texte Occidental » et Blass « Romain », lorsqu'il parle des deux livres de saint Luc. Un idéal plus parfait de fidélité textuelle existait en Egypte seulement (peut-être faudrait-il dire : surtout en Égypt, dans l'atmosphère littéraire d'Alexandrie et des
i. Handbook ta ihe tevtual CriticisiR ofthe New Testament, London.
a. Op. cit. p. 309 et ss. Pour l'intelligence de cette citation, nous observerons que Kenyon a distingué quatre types de texte • le texte a, le texte p, le texte y, le texte g.
autres grandes villes se conserva un texte relativement pur. Ce texte nous est parvenu — peut-être par Origène et ses disciples — dans le codex Vaticanus et les manuscrits de son groupe; c'est ce que nous avons appelé le texte fï et que Hort nomme « texte neutre ». Un autre texte qui repose aussi sur des autorités égyptiennes et diffère du précédent seulement par des détails de peu d'importance, est celui que nous appelons le texte y et Hort « texte Alexandrin ». Enfin, il y a un texte qui, après avoir pris naissance dans le voisinage d'Antioche vers la fin du me siècle, réunit un grand nombre des leçons diverses existantes à cette époque, avec des changements de rédaction nombreux mais de médiocre importance; il arriva à former un texte qui fut adopté par l'ensemble de l'Eglise d'Orient comme satisfaisant. C'est le texte a de notre nomenclature, le « texte Syrien » de Hort ; ce texte fut adopté dans toutes nos éditions imprimées jusqu'au xixe siècle, mais il est à présent abandonné de tous, sauf de quelques rares savants ; le peuple anglais l'affectionne entre tous parce qu'il forme la base de la version autorisée.
« Cependant, tout en revenant à la position de Hort et en acceptant comme exacte dans son ensemble son analyse du problème textuel , nous n'allons pas forcément aussi loin que lui pour le rejet de tout témoignage étranger au groupe. Le résultat des recherches, ainsi que les témoignages découverts depuis le temps où écrivait Hort, ont contribué à faire ressortir le caractère primitif et la grande diffusion du texte S, et à rendre probable qu'avec beaucoup de faux, il renferme aussi <I< s éléments originaux, qui n'auraient cependant été conservés dans aucun autre texte. Si haut que nous prisions la précision et le sens critique des scribes et des savants d'Alexandrie, auxquels le texte p doit son
origine, il est a priori très peu probable qu'ils aient toujours raison et les copistes du texte S toujours tort, lorsqu'ils sont en désaccord. Il est une classe particulière de leçons où, ainsi que Hort l'a montré, une probabilité a priori se trouve en faveur du texte 8 : cV>t dans le cas de ses omissions, comme celles que l'on rencontre dans les derniers chapitres de saint Luc. Une addition à un texte s'explique toujours beaucoup plus facilement qu'une omission, excepté quand on peut prouver que cette omission est purement accidentelle ou due à des considérations doctrinales : or, aucune de ces explications ne convient aux cas en question. Les passages que renferme le texte p en plus de ce que l'on trouve dans le texte S peuvent être des incidents ou des paroles authentiques ; deux d'entre eux au moins, la sueur de sang et l'ange du jardin de Gethsémani d'une part, les paroles de pardon prononcées sur la croix d'autre part, sont de telle nature qu'on ne voudrait pas facilement les abandonner; il reste cependant fort douteux qu'ils aient formé une partie de l'Evangile primitif. On peut en dire autant, avec des degrés variables de pobabilité, de nombreux passages contenus seulement dans le texte S. Mais il n'est pas prudent de condamner sans hésitation une leçon, simplement parce que les autorités en sa faveur appartiennent au type 8. Si ces leçons sont exactes comme elles le sont contre le texte p en omettant les passages signalés plus haut, il est probable qu'elles le sout quelquefois encore dans d'autres divergences. Il faut examiner les divers mérites de ces passages et leur appliquer les règles de critique textuelle qui permettent de déterminer laquelle de deux leçons doit être tenue pour originale. Sans doute, il y a présomption en faveur du texte p, puisque, dans l'ensemble, il a la meilleure réputation d'exactitude; mais il faut être
disposé à examiner dans les cas particuliers les droits de son rival. Il serait sans doute plus aisé de supprimer toutes les leçons spéciales à S, comme nous supprimons toutes les leçons particulières du texte a ; mai s le moyen le plus facile ne conduit pas toujours à la vérité, et la tendance de la critique récente a été certainement de réhabiliter dans une certaine mesure le texte S, et de demander qu'on l'examine avec plus de soin et d'attention à l'avenir. »
Système de Herman C. Hoskier. — Herman C. Hoskier s'est adonné principalement à la collation des manuscrits ; il a publié quelques résultats de ses recherches dans les ouvrages suivants : A full account and Collation ofthe greek cursive Codex Evangelium 604 (Egerton 2610 in the British Muséum), London, 1890. The Golden latin Gospels in the library of J . Pierpont Morgan, New York, 1910. Concerning the Genesis ofthe Versions ofthe New Testament Gospels, London , 1910. Concerning the date of the Bohairic Version, London, 1911. Ces travaux ne nous donnaient pas une vue d'ensemble sur les principes de critique textuelle qu'avait adoptés Hoskier. Nous nous sommes adressé à lui, le priant de nous en communiquer un résumé. Le voici, tel qu'il nous l'a envoyé : « Je n'ai pas de parti pris . Je considère seulement que nous n'avons pas encore su appliquera la critique textuelle une méthode assez scientifique pour donner de bons résultats. Depuis vingt ans je cherche à démontrer par mes études de manuscrits île méthode qui puisse donner des résultats positifs. Klle consiste à rassembler les leçons de tous les manuscrits, à les grouper par familles afin de contrôler Lm erreurs de chaque famille (H ressort toujours parmi les familles un manuscrit qui a été fort bien copié et transmis, indépendamment dé sa date actuelle) et puis à confronter le résultat total de ce travail avec les
idiosyncrasies de nos onciaux du iv^-vi6 siècle, pour contrôler le residuum d'erreur qui existe par exemple dans kBCD etc. J'admets que nous ne pouvons pas rétablir les verba ipsissima des apôtres, vu les conditions textuelles qui existaient au 11e siècle, et la possibilité que saint Marc ou saint Luc, par exemple, aient laissé sortir des ateliers des copistes des deuxième et troisième éditions de leurs œuvres, avec quelques petites modifications faites aux textes originaux. Mais je prétends que par ma méthode on peut arriver à une différenciation entre ce que nous dit le scribe de n ou de B et ce que les évangélistes ont probablement écrit. Je dois ajouter que j'appelle aussi comme témoins de contrôle les versions syriaques, sahidique, bohaïrique, gothique et latine. (Nous n'avons pas encore pu déterminer exactement certaines relations entre le latin, le grec et le syriaque de Tatien). Si les minuscules groupés, soutenus par les versions groupées, accusent m B C ou D de mauvaise foi, je les admets comme arbitres définitifs, parce que parmi nos manuscrits du moyen âge il en existe plusieurs qui sont de la même famille que n B C D.
« Venons-en à la question du témoignage des Pères de l'Eglise. En fait de minuties on ne peut se servir de leur témoignage que lorsque leurs citations sont longues. Mais observons quel témoignage de haute valeur Lucifer de Cagliari (transmis dans un seul manuscrit du ixe siècle) nous apporte pour le texte des Actes, quand on le confronte avec le codex Gigas (xiii« siècle); ils diffèrent entre eux moins que a et B, écrits presque à la même époque.
« Je dirai plus. 11 nous faut étudier la relation des Pères avec les textes que nous avons aujourd'hui Saint Jérôme se servait de a, codex Vercellensis. ^uand il expose un verset à plusieurs reprises et que
a l'omet, je soutiens qu'il faut admettre le témoignage de saint Jérôme contre a et surtout quand la majorité des autres témoins est contre a, parce qu'alors il est prouvé scientifiquement que notre a d'aujourd'hui n'est pas exactement le même manuscrit que saint Jérôme avait entre les mains. Nous devons conclure de même pour saint Irénée et Lucifer etles textes des manuscrits a et b, Veronensis, qui leur étaient bien connus, et aussi pour Augustin et Philastre etles textes irlandais, pour Cyprien, Optât et Arnobe et les textes de e k r2, pour les Pères alexandrins et les textes de x B L T W S ff 1, famille 1, fam. 13 28 33 157 473 604, pour Tertullien, les auteurs de l'Opus imperfectum et du De Promissionibus et les Codex c ff 1.
« Nonobstant ses particularités le codex de Bèze, D, d, ne partage pas les erreurs d'autres manuscrits. Il a suivi, selon moi, depuis l'an 200 un chemin qui lui est particulier et par conséquent il possède une grande valeur. Le manuscrit original, sans aucun doute un gréco-syriaque, sinon un gréco-syriaque-latin, a été recopié au moins une fois par un scribe qui comprenait bien le syriaque. Il est donc difficile de pouvoir toujours préciser ce qui est original ou très ancien, d'avec ce qui a été le résultat d'une ou peut-être plusieurs revisions, exécutées par des gens qui avaient devant eux des manuscrits syriaques et latins, ou qui, du moins, connaissaient des variantes de ceux-ci.
« Voici maintenant ma position personnelle et les vues que je soutiens aujourd'hui. Après avoir étudié la question latine, j'ai trouvé qu'elle était inséparable de la question syriaque. Et la question se pose si nous devons ramener à l'influence de Tatien tous les rap- Lntimes qui existent entre les manuscrits des vieilles versions latines et les versions syriaques ounon. Je crois que non. Je crois voir dans les interprétations
des Latins un vieux manuscrit syriaque qui existait longtemps avant Tatien, mais qui est actuellement perdu et subsiste seulement dans la totalité des textes syriaques Sinaïtique, Curetonienne, syriaque Schaaf, Peschitto, et syriaque Hiérosolymitaine. Je suis donc avec Mme Lewis et Hjelt contre Burkitt, Bâthgen et autres. De plus, je n'admets pas que le Diatessaron arabe ait été revu entièrement sur la Peschitto et conformé à son texte. Je vois dans le Diatessaron arabe, contrôlé par le manuscrit latin Fdi,tes8-, une bonne traduction. Les quelques différences qu'a signalées Zaha et sur lesquelles Vogels et autres appuyent beaucoup aujourd'hui, ne sont pas assez profondes pour nous obliger à croire que le Diatessaron arabe diffère beaucoup du texte de Tatien lui-même. J'en ai trouvé des preuves dans la concordance de t, Brixianus et de la version gothique d'Ulfilas, un enchaînement du ive siècle, avec le texte du Diatessaron. De plus, je relève des rapports entre le Diatessaron et la Peschitto, et entre le Diatessaron et la syriaque Hiérosolymitaine, quelquefois contre les syriaques, Sinaïtique et Curetonienne, ce qui me semble prouver que le syriaque de la syriaque Hiérosolymitaine et celui de la Peschitto proviennent d'un fond aussi ancien que le syriaque de la Sinaïtique et de la Curetonienne.
« Arrivé à ce point j'ai constaté que les clefs de la situation paraissaient se trouver dans les deux minuscules grecs, le 28 (à Paris, un des trésors de cette merveilleuse collection de Colbert), commencement du xie siècle, et le 157 (à Rome, Vatican, Urb. 2), commencement du xne siècle. Je viens de terminer un nouvel examen de ces deux manuscrits qui unissent en eux un fond des plus anciens, intimement lié au syriaque et au latin, et par leurs leçons partagées par Origène, Tertullien et Clément d'Alexandrie, nous
offrent, sans doute possible, une base de la plus haute antiquité. Je sors de cet examen tout à fait convaincu, ainsi que je l'ai démontré dans ma Genèse des Versions, que les versions latines et syriaques sont antérieures à Tatien.
« Je n'ai rien dit d'Origène. Il est vrai que Westcott- Hort et l'école allemande représentée par Tischendorf et aujourd'hui par Nestlé et d'autres, croient avoir établi le vrai texte du Nouveau Testament en donnant surtout une reconstruction établie sur la concordance de ce texte avec Origène. Je n'admets pas que le texte de x B et d'Origène puisse fournir une base pour l'établissement du texte néotestamentaire. Je vois dans les « confiations » * d'Origène deux puissantes sources qui coulaient en Egypte avant lui et il faut tâcher de nous transporter à une époque plus reculée que celle d'Origène.
« Je me demande maintenant, en utilisant les clefs que j'ai trouvées et qui me ramènent à Clément d'Alexandrie et à une école critique d'Alexandrie qui a flori entre 175 et 450, si ce n'est pas la recension de x B, qui a revu le texte, et si nous n'avons pas dans les minuscules 28 et 157 une tradition d'Antioche, si l'on veut plus pure, quoique étant un texte plus rapproché du premier texte imprimé, et contenant en plus des leçons anciennes perdues, si l'on veut, dans une espèce de revision Antiochienne, tradition plus pure que dans le texte complet de n B.
« La conclusion est que nous ne sommes pas encore en état de publier des textes du Nouveau Testament ; il y a encore beaucoup de documents à étudier. La publication des documents syriaques, coptes et latins
i. M.lange de texte», les uns de type occidental, les autres de type neutre.
nous fait entrer dans une période plus scientifique que la précédente qui a été trop de spéculation. Je crois que nous obtiendrons des résultats plus sûrs si nous nous consacrons maintenant à l'étude des documents ecclésiastiques grecs, qui sont très abondants.
« Enfin, j'affirme que le principe de Burgon reste inébranlable, qu'il faut chercher le vrai texte à travers le témoignage de toute l'antiquité chrétienne e1 ne pas se fier à un seul manuscrit, que ce soit le Vaticanus ou tout autre. Nous trouvons dans le manuscrit 157 une accumulation de leçons très anciennes, éclectiques, si l'on veut, mais nous indiquant que la formation de ce texte n'eut pas lieu au ive ou au ve siècle, mais bien antérieurement. Ce manuscrit 157 nous présente par conséquent un moyen de contrôle qui n'est pas à dédaigner, quoique la date de transcription soit de 1128. »
Système de Gregory 4. — Le texte du Nouveau Testament se présente, d'après Gregory, en des états différents.
Il y eut d'abord le texte original, qui fut le seul existant jusqu'à la fin du ier siècle. Ce texte reproduisait sans altérations intentionnelles le texte autographe; les scribes copiaient simplement le texte qu'ils avaient sous les yeux sans faire œuvre de correcteurs. Ils n'ajoutaient ni ne retranchaient rien à leur texte. Ce n'est pas à dire que ces copistes n'aient pas fait les fautes ordinaires, que nous avons signa-
1. Le système de Gregory est exposé dans les ouvrages suivants : Canon and Text of the New Testament, p. 497-528. EdinJbtugh, 1907. — Einleitung in das Neue Testament, p. 402-t>45, Leipzig, 1909. — Tertkritik des Neuen Testamentes, Leiprig, 1900-iWW. — Die çriechischen Eandschriften des Neuen Testaments, Leipzig, 1908 et le 3« vol. de Yeditio Octava major du Novum Tcstamentwn grtee de Tucaonxttr : Prolegomena, Lipsiae, 1884-1894.
lées, mais ils ne changeaient pas consciemment le texte. Ce texte original, Urtext, est celui que Westcott-Hort appelaient le texte présyrien.
Au 11e siècle, le Nouveau Testament fut souvent copié. Partout où les missionnaires prêchaient l'Evangile et établissaient des communautés chrétiennes, on voulait avoir une copie du Nouveau Testament. Il y en eut donc dans toute l'étendue du monde connu alors, mais ces copies n'étaient pas surveillées. On ne se fit aucun scrupule d'ajouter, à la marge surtout, mais quelquefois dans le texte, ce que l'on avait appris par la tradition orale. Il y avait encore des chrétiens qui avaient entendu saint Paul ou d'autres apôtres et qui se rappelaient la catéchèse orale. Ils consignèrent donc par écrit sur leur exemplaire ce qu'ils savaient de plus sur l'histoire évangélique et sur la prédication apostolique. Ils corrigèrent aussi les passages qui leur parurent moins bons ou moins exacts. On ne se faisait aucun scrupule de modifier ainsi le texte du Nouveau Testament, car ce texte n'était pas, à cette époque, regardé comme divin.
Ces copies n'avaient rien d'officiel et ne reproduisaient pas un texte unique. Elles étaient faites dans toutes les provinces de l'Empire et il en résulta que le texte fut différent suivant les lieux où il avait été établi. Ce fut un texte caméléon, car ses variations ne furent pas identiques dans tout le monde chrétien. On l'avait appelé d'abord le texte occidental, parce que ses principales leçons se retrouvaient surtout dans les versions vieilles latines et chez les écrivains occidentaux, mais on a retrouvé partout, en Syrie, en Kgypte, les mêmes variantes ou d'autres analogues. Il y a donc lieu de lui donner une épithète plus < umpréhensive; Gregory l'appelle : texte retravaillé, der ûberarbeitete Tort. Il croit qu'il était le texte le
plus en faveur, au 11e siècle, parce qu'il était plus complet, plus populaire, qu'il avait plus de suc. Il n'avait pas cependant complètement remplacé le texte original, surtout dans l'usage public. En définitive, ce n'était pas un texte homogène, mais plusieurs textes par le fait de leurs leçons divergentes.
Lorsque le christianisme fit des recrues parmi les savants, la situation changea, soit à Antioche, soit à Alexandrie, et surtout il y eut des écoles dont les maîtres possédaient toute la science grecque ; ils connaissaient à fond la langue grecque. Ils constatèrent que le texte du Nouveau Testament était assez souvent défectueux au point de vue de la langue, soit par suite de l'ignorance ou de la négligence des copistes, soit à cause de l'inhabileté des écrivains primitifs ; ils corrigèrent donc toutes les défectuosités grammaticales du texte. Il en résulta un texte plus élégant, un texte poli, politer Text. C'est ce texte que Westcott-IIort ont appelé le texte alexandrin. Gregory pense que l'école d'Antioche a pu contribuer à la correction du texte.
Vers le milieu du m» siècle, on se trouvait donc en possession de trois textes du Nouveau Testament assez différents les uns des autres. Frappé de ces divergences, un théologien, probablement d'Antioche, peut-être le prêtre Lucien, mort en 312, essaya d'établir une meilleure forme de texte, en tenant compte de ce qui lui paraissait bon dans chacun des trois textes. Il voulut d'abord que son texte fût aussi complet que possible; il garda donc tout ce qu'il croyait faire partie du texte original. Il chercha à rendre le texte clair et choisit toujours entre deux leçons celle qui était la plus facile à comprendre. Il changea même le texte pour le rendre plus compréhensible, quand il avait des leçons difficiles à comprendre. Enfin, il continua
le travail des grammairiens alexandrins et revisa de nouveau le texte pour le rendre plus conforme à la bonne langue grecque et même plus élégant. Ce texte revisé ne semble pas avoir eu tout d'abord une grande extension et ne supplanta pas, en dehors de la Syrie ou peut-être du nord de la Palestine, les textes précédents.
Vers le milieu du iv* siècle, et encore à Antioche, ce texte revisé fut de nouveau revisé, mais dans le même sens. Le second reviseur accumula tous les mots des autres textes, que n'avait pas admis la première revision et qu'il put ajouter; il rendit le texte encore plus coulant et moins rude. On eut ainsi le texte le plus éloigné du texte original. Adopté par l'Eglise grecque, il devint le texte officiel et rejeta dans l'ombre les autres textes. Ces derniers, n'étant plus dans l'usage public, ne tardèrent pas à disparaître et c'est un pur hasard que des manuscrits du Nouveau Testament, puis des revisions syriennes nous soient parvenus.
Gregory, on le voit, se rattache d'assez près à l'école de Westcott-Hort, et en adopte les lignes principales. Pour lui, les manuscrits ** et B représentent un bon texte du 11e siècle et reproduisent à peu près exactement le texte original. Il n'a pas d'ailleurs établi les règles d'après lesquelles il fallait choisir les variantes, ni déterminé quels étaient les représentants de chacun des textes qu'il a établis. Cependant, il a expliqué comment il entendait établir le texte du Nouveau Testament dans l'édition qu'il promet •. Il ne reproduira pas un manuscrit, pas même le Vaticanus, qu'il aurait fallu purifier de ses fautes ; il donnera le texte qui lui paraît le meilleur. Son texte, nous dit-il, ne s'éloignera pas beaucoup de celui de
I, Vor$Chtâg$ fur tint kritische Ausgabe des t/ricchischai Ncitcn Trutrtmriilx, Loiptig, l'»H.
DE LACHMANN JUSQU'A NOS JOURS. m
Tischendorf et de Westcott-Hort, sauf pour les changements qui lui paraissent nécessaires.
Système de von Soden. — Hermann von Soden ; exposé son système de critique textuelle dans le premier volume de son ouvrage : Die Schriften des jS'emn Testaments in ihrer àltesten erreichbaren Teztgestalt, hergestellt auf Grund ihrer Textgeschichte. Berlin, 1902-1910. Sous le titre de Untersuchungen, il recherche d'abord les témoins du texte et établit leur histoire. Dans le second volume, qui n'est p;is encore publié, il éditera le texte du Nouveau Testament avec un appareil critique.
1° Evangiles.
Von Soden traite en premier lieu des témoins du texte des évangiles. Il distingue trois types de textes : KHI, qui sont le résultat de revisions des textes, altérés pendant le cours des trois premiers siècles.
Il établit ses types divers de textes par la présence ou l'absence de la péricope de la femme adultère, par la forme quelle revêt dans chacun des manuscrits. Il y reconnaît un type primitif, qu'il appelle (a0, lequel a été altéré et a pris sept formes différentes. Voici le type primitif1 :
Kai £Tropeu6r)<jav exaa-coç eiç xov tottov auxou, Iï)<jouç Se eiropeuôï] eiç xo opoç xiov eXauov. Opôpou Se 7raXiv TrapeY«vexo eiç to tspov. otYouat Se ot ap^iepeiç (Ypafifxaxeiç?) xat oi «paptuatot Y uvaixa ein (xoiyeia xaxeiXy)|jt.[jt.ev7]v xai <ixY]aavxe<; auxr,v ev (xeato X eYOUffiv auxw SiSotffxaXe, auxr, t\ v\j\iy\ etXïy7rxai £7rauxoa>oJûi*) aoi^euojjievYi- Mwuo7)ç Se ( add. rjuiv?) ev xw vofxto SiocxeXeuet (exeXeucev? — ev Se tw vo[agj ï;[/.iv Mwuoyjç evexeiXaxo?) xaç t oiauxaç XtôaÇetv cru ouv xt^et;; xouxoSe eX«Y°v (entov?) exTretpaÇovxeç (7retpaÇovTe;?) auxov iva <r/u>at xax7)Yopetv auxou. O Se
i. Op. cit. p. 300. Dans l'exposé de ce système nous supprimons l'accentuation des mots grecs, ainsi que l'a fait von Soden.
Iy]<tou; xoctco xu^aç tw SocxtuXw xotTEypacpsv sic ttjv y*)v5 w<! oz S7re[jisvov spwTwvisç auTov avexu^e xai eittev auxoiç' o avatxapttjto; u{jlu)v irpwroç ère' outyiv BocXetw XiÔov. Kai îtaXiv xu^j/aç SYpacpevEtçTir]VY*)v. axouaavteç See^rjpyovTO (eStjXOov ?) EiçsxadTOç auxwv apÇajAevoi orrto twv 7rpe<i6uTepiov xat xaTEXeicpOrç (aovoç xat rj Y^vy) sv [ae<ïco Effxwffa. AvaêXs'^aç Se o lr)<rouç Etuev ty) Yuvauxt (auT7] Y"^*'?)" TC0U eieriv; ouSei; as xatsxptve ; v) Se eitcev ouSsiç xupie. o 8e eittevouSe eyio <re xaxocxpivw, 7topsuou, jjnrjXETi afxapTtxvE. Ce type jx° a été modifié dans les divers manuscrits et a pris des formes qui ont réagi les unes sur les autres. Voici un schéma de ces formes et de leurs réactions. La lettre M est la première de uoiyaXi;, (femme) adultère.
Von Soden établit encore ses types suivant le sectionnement qu'il relève dans les manuscrits, les textes des chapitres, les titres et les signatures. Examinons les trois types issus du type primitif, qu'il a distingués.
I. Le type K, ainsi appelé de la première lettre du mot grec Kotvvi (commune), est celui qui est représenté par les manuscrits du type qu'on appelait jusqu'à présent syrien ou antiochien. Par un examen des manuscrits du type K, au moyen des caractères susmentionnés, von Soden établit les diverses recensions de ce type qu'il désigne par les sigles : k', k\ k'\ k1, k*.
1° Le type K 1 est le plus ancien et celui qui présente la meilleure forme du texte, bien que quelquefois il doive être corrigé par les autres types de la même famille. Ce type K1 se trouve dans un grand nombre de manuscrits. Le plus ancien des manuscrits de K' serait le codex c 61 (il) 4 qui serait du vur9 siècle ; après lui, viendraient s 75 (V), e92 (461), e94 (non catalogué précédemment), «1027 (S), «177 (655), el79 (661), s 1126 (476) et d'autres manuscrits qui s'échelonnent du ix« au xue siècle. Ce type K1 est celui qui a servi de base pour le commentaire antiochien des évangiles, qui reproduit pour Matthieu et Jean le commentaire de saint Jean Chrysostome, pour Marc celui de Victor d'Antioche et pour Luc celui de Titus de Bostra. Le texte de ce commentaire antiochien, désigné par A*, se trouve dans la Catena de Cramer. Il paraît probable que K1 a omis la péricope de la femme adultère ou l'a marquée d'un astérisque, pour indiquer son origine douteuse. Les copistes subséquents l'ont introduite dans leurs manuscrits en des formes très variables.
A. Les lettres entre parenthèses désignent les manuscrits d'après la notation que nous avons donnée p.72 et ss.
Après le type K' viennent d'autres types altérés sous diverses influences.
2° K1 est une variété de K où les copistes ont introduit des corrections empruntées aux légionnaires , ou provenant des commentaires, et ont assimilé les versets parallèles. On y relève aussi par rapport à K4 des variantes orthographiques, NaÇap", des variantes grammaticales, provenant du défaut daugment, de l'emploi de l'indicatif dans l'interrogation au lieu du subjonctif, ti TroiYjaoïxev, l'emploi fréquent de l'article et des particules, des changements de mots, u7to pour airo, eêaXXov pour eXaêov. Von Soden catalogue les manuscrits de Kx en quatre groupes suivant qu'ils contiennent ou non la péricope de la femme adultère. Il en compte 51 qui ne la contiennent pas ; les autres l'ont sous diverses formes. Les manuscrits en sont très nombreux à partir du xie ou xiie siècle.
3°Kr est une variété subséquente, le dernier stade du type K. C'est un texte pour l'usage liturgique, ainsi que le prouvent les indications pour la lecture publique, et aussi pour l'usage des particuliers par ses notices, ses souscriptions, les références marginales à l'Ancien Testament. Kr est représenté par de nombreux manuscrits du xne au xvie siècle; il n'a aucune valeur critique pour le rétablissement du texte des évangiles.
Les autres représentants du type K, K' et Kik sont une combinaison de K* ou de Kx avec des textes d'autres types.
4° K' serait représenté par les manuscrits e55 (E), eS(; (F), e87 (('.), i£8 (H) qui auraient un texte du type K1 mais influencé surtout par des textes du type 1, par ceux du type J, groupe Ferrar, dont il sera parlé plus loin.
5° Kik serait une combinaison des types K1 et Jk, une des formes du type I, dont il est question plus loin.
Ainsi donc K\ Kx, Kr représentent le développement normal du type K, tandis que K' et KiW en seraient des textes contaminés par d'autres types de textes.
Von Soden a catalogué aussi 10Î manuscrits, parmi lesquels o4, c'est-à-dire l'Alexandrinus, viendrait en première ligne, et qui auraient pour base un texte de la forme I, mais tellement contaminés par les textes K, qu'il y a lieu de les placer dans le groupe K avec le sigle K*. Nous le retrouverons dans les groupes du type I.
Les caractères généraux du type K se retrouvent à travers les modifications de ses divers groupes; ils sont très particuliers et différencient nettement ce groupe de manuscrits. Le type K est très reconnaissablé en ce qu'au point de vue de la forme il a corrigé les barbarismes réels ou prétendus du type primitif, représenté par un type idéal I-H-K ; il a ramené le style au pur classicisme, en remplaçant etç «Stjv par ne <x8ou ; il a changé un grand nombre de mots pour rendre la phrase plus coulante; dans l'intérieur dune même phrase les temps des verbes ont été uniformisés. Pour embellir le style, on a établi, autant que possible, une construction parallélique entre les divers membres de la phrase; on a évité volontiers la répétition des mots, même quand la clarté l'exigeait; on a changé aussi la construction de la phrase. D'autres fois, on a visé à éclaircir le sens, de diverses manières, par l'introduction de conjonctions, par le changement des temps des verbes. On peut relever aussi des changements ou des abréviations de textes. Enfin, l'orthographe des textes est plus correcte * .
Von Soden fait remarquer que ce souci du purisme