‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 138 sur 156 · Cf. op. cit. p. 1456-1 «w · texte numérisé non relu

Cf. op. cit. p. 1456-1 «w

et du parallélisme se retrouve aussi dans Tatien à qui Eusèbe a reproché d'avoir poli le texte des épîtres de saint Paul, ce qui serait un indice de l'origine de cette recension K. En outre, elle a été, comme nous l'avons dit, le texte commenté par saint Jean Chrysostome, Victor d'Antioche, Titus de Bostra, les Pères cappadociens et Théodoret de Cyr; elle a été l'original d'après lequel a été traduite la version gothique par Ulfilas, un Cappadocien, qui, au point de vue ecclésiastique, se rattachait à Antioche. C'était donc la recension des évangiles répandue en Syrie et en Asie Mineure vers le milieu du ive siècle. Tout indique Antioche comme son lieu d'origine et, comme d'autre part, ainsi qu'on le verra plus loin, elle a exercé une influence marquée sur les manuscrits Vaticanus et Sinaiticus, on en doit conclure qu'elle date au moins de la première moitié du ive siècle.

Von Soden rappelle qu'une revision du texte du Nouveau Testament a été attribuée au prêtre Lucien d'Antioche, mort martyr en 312. Le texte K1 serait le texte de Lucien. On ne saurait s'étonner que cette recension ait subi l'influence de Tatien, puisque Lucien, né à Samosate, a été formé à Edesse, où a vécu Tatien, et a été prêtre et didascale à Antioche, où dominait aux ine et iv° siècles le Diatessaron de Tatien.

Cette recension d'origine syrienne a dû avoir des rapports avec les versions syriaques. En effet, on relève entre ce type K et les vieilles syriaques, Sinaïtique et Curetonienne, des leçons identiques; celles-ci ne les ont pas empruntées à K, mais si K

i postérieur, proviennent-elles de ces versions ou du Diatessaron, c'est ce qu'on ne peut dire? Mais les rapports de K avec la Pcschitto sont plus compliqués. Celle-ci a conservé des leçons de type occidental qui lui venaient des anciennes versions syria-

ques et qui ne sont pas dans K. Cependant, il y a entre K et la Peschitto des points de ressemblance ; mais on peut se demander si l'origine de ces rapports ne vient pas d'une source commune. D'autre part, la Peschitto a été revisée d'après K, et K a subi à un certain degré l'influence de la Peschitto.

On remarquera que, d'après von Soden, ce texte K. presque analogue au texte syrien de Westcott-Hort, ne serait pas comme l'ont soutenu ces derniers, le résultat d'une combinaison des textes neutre et occidental. Au contraire, dans sa plus ancienne forme, il aurait influencé les manuscrits Vaticanus et Sinaiticns, les protagonistes du type neutre de Westcott-Hort.

II. Le type H est ainsi dénommé de la première lettre du nom d'Hesychius, prêtre d'Alexandrie, à qui von Soden attribue la formation de ce type de texte. Ce type répond aux groupes neutre et alexandrin de Westcott-Hort, qui ne sont plus distingués.

On trouve ce type H dans les manuscrits suivants : SI (B), 82 (m), 83 (C), 84 (W), 848 (33), e26 (Z), £5G (L), e76 (A), «101G (892), 8371 (1241), s 376 (579). Tous ces manuscrits sont indépendants les uns des autres, sauf les deux premiers, 81 et 82, qui ont des liens de parenté tellement étroits qu'on peut les considérer comme provenant d'un môme archétype 8<-2. Cet archétype serait le meilleur représentant du type H. Cependant, il aurait été contaminé à un certain degré par les versions égyptiennes, quelquefois par des textes de type K et I et par Origène. Cela ressort de l'examen des deux représentants de cet archétype, 81 et 82. De ces deux manuscrits, 81 (B) a mieux conservé le type primitif 8 '-2, bien qu'il ait été influencé par les types K, I, la version Sahidique et Origène. Quant à 82 (m), il est moins bon, par suite de nombreuses omissions, de l'assimilation des passages parallèles.

Il a été davantage influencé par K, I, par la Sahidique par Origène et contient des éléments qui lui sont communs avec 85(D)et qui doivent provenir de Tatien'.

Les autres manuscrits du type H sont de moindre valeur critique que ol et 82. Ils ont subi à un plus haut degré l'influence des types K, I, et ont admis encore plus l'assimilation des passages parallèles. Quelquesuns présentent moins de contaminations égyptiennes.

Ce type H se retrouve dans les Pères alexandrins à partir du ive siècle, saint Athanase, saint Didyme l'Aveugle, saint Cyrille d'Alexandrie. Les écrivains égyptiens antérieurs reproduisent le texte I-II-K, c'està-dire le texte antérieur à toute revision, dont il sera parlé plus loin.

Von Soden a examiné les rapports qui existent entre le type H et les versions égyptiennes, Bohaïrique et Sahidique. D'après lui, elles ont à leur base le texte H ; la plus ancienne, la Sahidique, reproduit plus exactement le texte H, tandis que la Bohaïrique a subi l'influence de K. Bousset n'est pas de cet avis : la Sahidique reproduirait un texte antérieur au texte H, mais aurait été retouchée plus tard d'après le texte H. La priorité de la version Sahidique ressort de ses rapports avec le texte occidental, tel qu'on le trouve dans le codex de Bèze, les vieilles latines et les vieilles syriaques et avec Clément d'Alexandrie.

D'une manière générale, les manuscrits du type H et les versions égyptiennes ont subi fortement l'influence d'Origène, ainsi qu'on peut le constater en les confrontant avec ses commentaires de saint Matthieu et de saint Jean. Ceux-ci reproduisent assez exactement le texte I-Il-K, sauf pour certaines form< IS ^l<langage ou pour les passages parallèle

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