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Après avoir constitué ces trois types do textes, I, II, K ri précisé leurs caractères respectifs, von Sodcn
i. in libro PoraHpommon Pratfatio, Bp* ad Vhromatiwn.
essaye à leur aide de constituer leur archétype qu'il appelle I-H-K, lequel garde ce que ces textes ont en commun et ce que chacun d'eux a de meilleur. Il le dégage de toutes les interpolations qu'ont subies les textes I, H, K, d'après les principes suivants :
1° La variante qui est due à l'influence des passages parallèles dans les évangiles doit être rejetée à cause de la tendance des copistes à assimiler les textes parallèles et surtout à cause de l'influence exercée par les leçons harmonisantes de Tatien. Nous aurons à revenir sur ce point.
2° On rejettera spécialement la leçon qui ramène le texte de l'un des trois évangiles, Marc, Luc et Jean, à celui de Matthieu, à cause delà tendance des scribes de cette époque à ramener le texte des trois derniers évangélistes à celui de Matthieu, qui était le plus populaire.
3° On adoptera la leçon qui a pour elle d'être soutenue par deux types de textes contre un, à moins qu'elle ne soit à rejeter pour des raisons de critique interne ou en vertu des deux règles précédentes.
La comparaison des trois recensions prouve que le type K est le moins fidèle à l'archétype, tandis que I est le plus fidèle. Cependant, II a beaucoup de valeur aussi. D'ailleurs, dans la majorité des cas I et H s'accordent contre K.
A l'aide de ces règles et de l'examen des formes grammaticales et lexicologiques, von Soden arrive à reconstituer l'archétype I-H-K, dont quelques leçons cependant sont douteuses. Cet archétype devait exister à peu près vers la fin du mc siècle, puisque c'est à cette époque qu'ont été constituées les trois recensions, qui l'ont utilisé chacune à leur manière. C'est dans les œuvres d'Origène qu'on trouverait le mieux cet archétype; si de son texte on rejette les leçons
citées librement, de mémoire, et celles qui lui sont spéciales, celles qui viennent des combinaisons de passages parallèles et les additions pour relier le texte à celui des commentaires, on a le texte I-H-K. Il s'en est servi, mais il ne l'a pas créé. On relève aussi chez lui des harmonisations de textes qui lui viennent probablement de Tatien ' .
Les écrivains ecclésiastiques du me siècle, et postérieurs à Origène, Denys d'Alexandrie, Alexandre d'Alexandrie, Methodius, offrent aussi un texte passablement identique à celui de I-H-K. Le texte de saint Jérôme est le texte italien retravaillé à l'aide du texte I-H-K2.
Von Soden examine ensuite la position des écrivains antérieurs à Origène et des vieilles versions par rapport à cet archétype I-H-K.
Il étudie en premier lieu le Diatessaron de Tatien, parce qu'il croit que c'est lui qui a contaminé presque tous les témoins du texte du Nouveau Testament. C'est lui, dit-il, qui est la source de tous les changements de texte des évangiles3. Il croit que le Diatessaron a été formé par Tatien d'après l'archétype I-H-K, et que les différences entre le Diatessaron et l'archétype proviennent de sa méthode de combiner les textes. Tatien a placé dans un évangile des leçons d'un autre évangile, qu'il citait de mémoire. Il a modifié les formes grammaticales d'après ses goûts de puriste; il a ajouté, mais rarement, quelques mots peu importants; plus rarement il a supprimé des mots ou choisi d'autres expressions. Ses changements ont plus rarement encore modifié le sens. Au point de vue des mots, le Diatessaron reproduirait d'assez près I-H-K;
. cit. |». i 140 ni. p. l.v.'l 108t.
t. Op. cit. p. ie
c'est par son mélange des textes évangéliques, par leur harmonisation qu'il a exercé une mauvaise inlluence sur les témoins subséquents du texte1.
Nous avons déjà relevé ces assimilations des passages parallèles dans les témoins du texte occidental. Nous n'avons pas à les rappeler. Von Soden attribue, ces assimilations à l'influence du Diatessaron. Ne pourrait-on pas supposer qu'un certain nombre d'entre elles seraient le fait des copistes? Copiant un évangile, ils auraient par inadvertance glissé dans cet évangile le texte d'un autre évangile qui s'en rapprochait presque textuellement. Il est possible aussi, ainsi que nous l'avons déjà fait observer, que le copiste ait introduit dans l'évangile qu'il copiait, des passages d'un autre évangile, afin de compléter son évangile - .
Von Soden recherche ensuite à quel degré les versions latines représentent l'archétype I-H-K. Il distingue deux vieilles versions latines, l'africaine et l'italienne, qui est celle que nous avons appelée l'européenne-italienne. Ces deux versions sont indépendantes l'une de l'autre; elles sont des témoins distincts pour le texte grec. Pour la reconstruction de la version africaine nous avons le codex le, codex Bobiensis et e, codex Palatinus, et les citations de saint Cyprien ; k est meilleur que e. Ce texte africain, quoique influencé par le Diatessaron, représente avec quelques déviations l'archétype I-H-K.
La version italienne, qui n'a pas été faite à Rome, mais en province, serait représentée parles manuscrits que nous avons cités p. 152 et qui peuvent être classés en groupe de la façon suivante : ff ' I — abc — g* h fff- q