Corn, in Apocalypsim, Prol. Migne, gr. CTO, col. Hù
vêque de Cantorbéry, f 1089. Dans un manuscrit de la Bodléiennne, n° 487, écrit probablement en 1448. nous trouvons ce témoignage formel : 1228. Magister stephanus de langueton archiepiscopus cantuariensis obiit qui biblia apud parisium quotavit. D'après le Dictionnaire de Ducange, quotare signifie diviser en chapitres et versets. Ces mêmes mots se retrouvent dans le De eventibus Angliae, II, 34 de Henry ot' Knyghton, qui vivait vers 1395; c'est probablement à cet ouvrage que le susdit manuscrit les a empruntés. Un témoignage tout aussi formel et plus ancien est celui de Nicolas T rivet1 (1258-1328?) qui écrit sur Etienne Langton : Hic super totam Bibliam postillas fecit et eam per capitula, quibus nunc utuntur moderni, distinxit.
Otto Schmid - a rassemblé divers témoignages des manuscrits de la Bible, d'où il ressort très nettement qu'Etienne Langton a divisé la Bible en chapitres. Il aurait exécuté ce travail en 1204 ou 1205, lorsqu'il était professeur à l'Université de Paris. Il a été publié par Paulin Martin 3 qui l'avait retrouvé dans le manuscrit 14417 de la Bibliothèque nationale. Voici la capitulation des livres du Nouveau Testament : Matthieu, 28 chapitres; Marc, 15: Luc, 23; Jean, 20; Romains, 16; I Corinthiens, 16; II Corinthiens, 12; Galates, 5; Ephésiens, 6; Philippiens, 4; Colossiens, 4; I Theslaloniciens, 5; II Thessaloniciens, 3; I Timothée, 6 ; II Timothée, 4; Tite, 3; Philcmon, 1; Hébreux, 13; Jacquos, 5; I Pierre, 5; II Pierre, 3; 1 Jean, 5:
I. Annales tex regum Anyliae, éd. «le A. H au., Oxford, 171!», p, 163.
enchiedow. lUnteilungen ilcr hciliijrn Schrift, >'ns!>rsn,i-
itère ûbtf dié ÇapHtl • BinUilung Sttpfum Langions im XIII Jahr-
hu>idr,l\ p. M 100, GrftZ, IH'U.
I, I)iln»ttirlion à l>i rrili., dt VAfUttR Trstiunntl, I. II.
i M», Paria, IW7 1S88.
notions préliminaires. 57
II Jean, 1 ; III Jean, 1; Judo, 2: Actes, 27; Apocalypse, 22.
Cette division en chapitres a été introduite en 122(i dans l'édition de la Vulgate, appelée la Bible parisienne. Gilbert Genebrard ', professeur à Paris, 1579, avait attribué cette division aux théologiens scolastiques qui travaillaient avec Hugues de Saint- Cher à une concordance de la Bible, et même attribua à ce dernier la division de la Bible en chapitres : Primas in capitula libros sacros distinxit. 11 est plus probable qu'Hugues de Saint-Cher, ayant à sa disposition la capitulation de Langton, s'en est servi, tout en la modiliant. L'erreur vient probablement de ce que Hugues a subdivisé les chapitres de Langton en sept sections marquées par les lettres A B C D E F G.
Cette capitulation a été introduite dans quelques manuscrits grecs récents, transcrits en Occident. Elle a subi dans les Bibles latines divers remaniements et a abouti à celle qui est employée dans nos Bibles imprimées. Elle est loin cependant d'être parfaite. Ainsi : Mt, IX, 38 et X, 1 devraient être réunis; de même : Mt, X1X-30 et XX, 1. Plus d'une fois un récit ou une suite d'idées se trouvent dans deux chapitres différents. Ainsi, Mt, X, 39 devrait être le commencement du ch. XI; Marc, IX, i appartient à la fin du chapitre VIII; dans l'épître aux Hébreux, les trois premiers versets du chapitre XII devraient faire partie du ch. XL Aussi, dans les éditions récentes du Nouveau Testament, grecques ou latines, le texte est divisé en sections ou péricopes plus ou moins longues, de façon à donner un récit complet ou les développements partiels, mais qui se ressemblent, d'un discours ou d'une épître. La division ancienne en cha-
1. L'hronographiae Ubri quattuor, lilj. '», p. 97, Colonise Agripp., isai.
pitres et versets est toujours indiquée à la marge ou à l'intérieur du texte. C'est beaucoup plus rationnel et revient d'ailleurs au sectionnement d'Hugues de Saint-Cher, mais exécuté d'une autre façon.
Versets. — Nous avons déjà parlé de la division du texte du Nouveau Testament en <rn-/oi et en xtôXa. Cette division, maintenue dans trois ou quatre manuscrits pour les cola, dans aucun pour les or^oi, ne l'a pas été dans les éditions imprimées. On en a adopté une autre par chapitres et versets. Le premier qui paraît avoir divisé le texte imprimé en versets est le dominicain Santés Pagnino, 1470-1541, dans sa traduction latine des textes hébreu et grec de la Bible, publiée à Lyon en 1528. Sa numérotation en versets a été conservée pour les livres protocanoniques de l'Ancien Testament. Pour les écrits du Nouveau Testament on suit à peu près celle qui a été exécutée par Robert Estienne. Le fils de celui-ci, Henri Estienne, nous apprend que la plus grande partie de cette division en versets a été laite « inter equitandum », pendant un voyage de son père, allant de Paris à Lyon. 11 est à croire que c'est pendant les haltes du voyage que fut opérée cette division. Robert Estienne avait entre les mains la Bible de Santés Pagnino ', puisqu'il en conserva les divisions en versets pour les livres protocanoniques, mais il ne la suivit pas pour le Nouveau Testament. Le nombre des versets est chez lui d'ordinairo le double de celui de Pagnino. Ainsi il divise Matthieu en 1071 versets, tandis que Pagnino n'en a que 577.
Que œtte division en versets ait été mal exécutée, personne n'en doute; il sullit de lire une page du Nouveau Testament pour s'en essorer. A chaque instant
i, Cela n't'gt pa pCUl ètW NT i &t In HiMo h' -l>r:iHiuo.
le sens de la phrase est interrompu ou le récit coupe en deux. Lloyd, dans son Monitum ad editionem Novi Testamenti, parlant de la division de Robert Estienne. s'exprime ainsi : At nemo est qui neget, per eam divisionem sententiarum nexum, historiarum seriem et argumentorum ordinem distrahi atque disrumpi. C'est dans son édition grecque-latine du Nouveau Testament publiée en 1551 à Genève, que Robert Estienne donna sa division en versets. Elle a été adoptée par les autres éditeurs du Nouveau Testament, mais avec diverses variations que nous n'avons p;. noter ici. On les trouvera relevées dans un travail d'Ezra Abbot, qu'a publié Gregory *.
Nous citerons seulement les classifications qui sont le plus souvent employées. Nous parlerons en premier lieu de l'ensemble du Nouveau Testament et en second lieu de chacune des sections du Nouveau Testament.
1° Ensemble du .Nouveau Testament. — La classification : Evangiles, Actes, épîtres catholiques, Paul, Apocalypse se trouve dans les codex majuscules AB C et dans les minuscules, dans Athanase, Cyrille de Jérusalem, le canon 60 du Synode de Laodicée, la IVschitto, la version latine de Cassiodore, Jean Damascène, dans neuf manuscrits latins, dans les éditions de Lachmann,Tischendorf, Tregelles, Westcott-IIort.
Evangiles, Paul, Actes des Apôtres, épîtres catholiques, Apocalypse, dans les minuscules 61 69 90 20, etc., Épiphane, un manuscrit de la Peschilto, Jérôme, Eucher de Lyon, quelques manuscrits latins, etc.
\. Textkritik des N. T. p. M
Évangiles, Paul, épîtres catholiques, Actes, Apocalypse, dans les canons apostoliques, les versions Bohaïrique et Sahidique, Augustin, Innocent I, le 3e concile de Tolède, Bar Hebraeus, 2 manuscrits latins, etc.
Évangiles, Actes, Paul, épîtres catholiques, Apocalypse, qui est l'ordre actuel des versions occidentales, se retrouve dans le canon de Muratori. Eusèbe, Grégoire de Nazianze, les conciles de Carlhage, 397 et 419, le manuscrit de la Vulgate, Amiatinus, les minuscules des Actes 4 68 119, etc., dans les éditions d'Érasme, Estienne, de Bèze, Elzevier, dans les éditions de la Vulgate après le concile de Trente qui a adopté cet ordre.
On trouve encore ici et là d'autres classifications : Évangiles, Actes, épîtres catholiques, Apocalypse, Paul; Evangiles, Actes, Paul, Apocalypse, épîtres catholiques; Évangiles, Actes, Apocalypse, épîtres catholiques, Paul, et huit autres classifications qu'on trouvera dans Gregory*.
2° Sections particulières du Nouveau Testament. Évangiles. —La classification: Matthieu, Marc, Luc, Jean est la plus fréquemment employée. On la trouve dans presque tous les manuscrits grecs, dans le canon de Muratori, Irénée, Origène, dans le concile de Laodicée, 363, le concile de Carthago, 397, Augustin, Jérôme, Cassiodore, le décret de Gélase, concile de Trente, la Vulgate.
La classification : Matthieu, Jean, Luc, Marc, qui place m première ligne les évangiles écrits par des apôtres, est donnée par le codex de Bèze, le majuscule X, le minuscule 594, les manuscrits vieux latins a, b, e, f, ffa, q, les Constitutions apostoliques, etc.
La même classification, avec une transposition :
i. "y/, cit. p, v... 1 1. in in. m. HUMrt ii>- hi \tiigUf (Apptndlot ■
Matthieu, Jean, Marc, Luc, se trouve dans la list. stichométrique du Claromontanus.
Elle est aussi modifiée de la façon suivante : Jean. Matthieu, Luc, Marc, dans saint Jean Chrysostome, et dans le texte de Tertullien ' : Fidern ex apostolis Johannes et Matthaeus insinuant, ex apostolicis Lucas et Marcus instaurant.
On a encore les classifications suivantes : Jean, Luc, Matthieu, Marc; Jean, Luc, Marc, Matthieu; Matthieu, Marc, Jean, Luc. Cette dernière se trouve dans le manuscrit syriaque publié par Cureton et dans le catalogue de Cheltenham.
Les épîtres catholiques. — La plus ancienne classification des épîtres catholiques qu'on trouve dans tous les manuscrits grecs, sauf 9. dans Athanase, le concile de Laodicée, Grégoire de Nazianze, Épiphane, Jérôme, Jean Damascène, Nicéphore, le concile de Trente, etc., est Jacques. Pierre, Jean, Jude.
D'autres classifications sont anciennes aussi : Jacques, Jude, Pierre, Jean; Pierre, Jacques, Jean, Jude: Pierre, Jacques, Jude, Jean; Pierre, Jean, Jude. Jacques; Pierre, Jean, Jacques, Jude; Pierre, Jude, Jacques, Jean; Jean, Pierre, Jude, Jacques. C'est en Occident surtout qu'on trouve les épîtres de Pierre en tête des épîtres catholiques.
Les èpttres de saint Paul. — Les épîtres de saint Paul sont presque toujours rangées dans le même ordre, sauf lépître aux Hébreux, dont la place varie suivant les manuscrits. Dans les manuscrits orientaux n A B C H P 17 23 47 57 etc., la version memphitique, Athanase, le concile de Laodicée, Cyrille d'Alexandrie, Euthalius, Jean Damascène, cette épître se trouve après les épîtres aux Thessaloniciens
\. A h\ Marcioïiem, IV.
et avant celles à Timothée. Dans les manuscrits occidentaux D E K L, le concile de Carthage, 397, An- Justin, Jérôme, les codex de la Vulgate, Amiatinus, Fuldensis, le concile de Trente, elle est placée à la lin des autres épîtres. Nous avons vu que le codex Vaticanus a été copié sur un manuscrit qui la plaçait après l'épître aux Galates.
Quelques autres classifications disposent l'ensemble des épîtres différemment. Signalons seulement la plus ancienne que nous connaissions, celle du canon de Muratori : Corinthiens, Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Galates, Thessaloniciens, Romains, l'hilémon, Tite, Timothée, Laodicéens, Alexandrins. On trouvera les autres classifications dans Gregory ' .