‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 3 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous pensons être utile au lecteur en plaçant en tète de cette étude sur les manuscrits des notions générales qui s'appliquent à tous les manuscrits sacrés ou profanes; nous aurons soin, cependant, quand il y aura lieu, de mentionner ce qui est particulier aux manuscrits bibliques et de les avoir toujours en vue. Nous passerons donc rapidement sur les notions qui ne leur

I. On trouvera des spécimens de manuscrits grecs, majuscules et minuscules, dans l'album de Franchi i>k Cavalikui et J. Lietz.mann : Spôcimina Codicum Vntieanorum, llonnae, MCMX.

sont pas applicables. Nous étudions dans ce chapitre principalement ce qui concerne les manuscrits grecs et latins. Faisons remarquer que bon nombre de ces notions s'appliquent aussi aux manuscrits syriaques, égyptiens, arméniens, éthiopiens. Pour ce qui est particulier à ceux-ci nous le signalerons quand nous en serons venu à la description de ces divers manuscrits. Nous insisterons surtout sur les notions qui permettent de fixer l'âge des manuscrits, c'est-à-dire la date à laquelle ils furent écrits.

$ 1. — Matériaux sur lesquels on a écrit.

On a écrit sur toute surface plane ou courbe, quelle qu'en soit la matière ou la forme : feuilles de plantes ou d'arbre, écorce d'arbre, la pellicule entre le bois et l'écorce, le liber — d'où est venu le nom de liber, livre — , la toile de chanvre ou de lin, les briques, les poteries, les murs, la pierre, les divers métaux, or, argent, mais surtout plomb, bronze; on employait encore le bois, disposé en tablettes couvertes de cine, le papyrus, les peaux, parchemin et vélin, le papier. Nous parlerons seulement des matériaux sur lesquels on trouve des écrits néotestamentaires.

Fragments de poteries. — On utilisait pour écrire la surface convexe des débris de pots ; quelquefois aussi la surface concave. Seize cent vingt-quatre de ces fragments, trouvés en Egypte et en Nubie , qui s'espacent sur une période de mille ans, du 111e siècle avant J.-C. aux vn«-vnie siècles de notre ère, ont été catalogués par Wilcken * . De son côté G. Lefebvre 2 a publié vingt ostraka qui

i. <;;•//■, in-.,-!,, o*troka aut A*gypUn uni Nubien, I vol., Lelpiig,

S. Fragments fjrea àeê évangile* sur ostraha ; Ilullrtin d'arcltro-

i,„,ii orientale, t. 1\, i .•• Ctire, iîmh.

contenaient des fragments des évangiles. Les plus importants de ces ostraka ont été examinés par Bludau ' . Ce sont des fragments grecs des quatre évangiles: Mt, XXVII, 31,32; Me, V, 40, 41 ; IX, 17, 18, 22; XV, 21; Le, XII, 13-15; 16; XXII, 40-45 ; 45-49, 49-53; 53-54 ; 17; 55-59; 59, 60; 61; 61-64; 65-69; 70, 71; Jn, I. 1-9; 14-XV1I1, 19-25 ; XIX, 12-17, de trois mains difiïrentes, mais tous du viie-vme siècle après J.-C. On remarquera que l'on a en dix fragments le récit completde l'agonie de Jésus au Jardin des Olives, de son arrestation, du reniement de Pierre, de la comparution de Jésus devant le Sanhédrin. Les y 43, 44, de Luc, XXII. sur la sueur du sang, ne s'y trouvent pas, comme dans s A B, version sahidique, Athanase, Cyrille d'Ali drie. Ces ostraka ont été catalogués par Gregory sous lesigle 0153. Leur texte se rapproche de celui du Sinaiticus et diffère ordinairement de celui du cod. v h. En certains passages, tantôt il est en accord avec celui de l'Alexandrinus, du Vaticanus, tantôt il en dinère. Maintenant que l'attention des chercheurs tété poftéfl sur ces débris de poteries, il est à espérer que l'on 00 trouvera encore des fragments, qui nous donneront d'autres textes néotestamentaires. Bludau cite aussi 2 des fragments de l'Oraison dominicale, Mt, VI, 11-13, inscrits sur une tablette d'argile du ive siècle. Ils ne présentent pas de variantes nouvelles. Gregory a catalogué ce fragment sous le sigle 0152.

Les Papyrus. XdtpTY);, charta, charta Aegyptiaca. — Dès la plus haute antiquité les Egyptiens ont utilisé pour l'écriture un roseau libreux de quatre à cinq mètres de hauteur qui croissait en abondance dans le Delta du Nil, le papyrus. Le plus ancien papyrus que nous pos-

l.Griechische Evangelien fragmente auf Ostraka; Biblische Zei schrift, Freiburg Br., 1906, p. 38C.

Page 1