‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 4 sur 156 · Art. cit. p · texte numérisé non relu

Art. cit. p

sédions est une feuille de comptes du temps du roi d'Egypte, Assa, Ve dynastie, qui serait de Tan 3580-3536 avant J.-C, mais, d'après Meyer, seulement de l'an 2600 avant J.-C. L'atmosphère très sèche de l'Egypte était spécialement favorable à la conservation de ces matériaux fragiles.

Par l'examen des papyrus que nous possédons en grand nombre, on a pu se rendre compte de la façon dont les fibres de la plante étaient traitées pour rendre le papyrus apte à recevoir l'écriture. Les anciens Egyptiens découpaient la plante, dans le sens de la longueur, en bandes très fines. Ils les juxtaposaient de façon à en faire une première couche qu'ils plaçaient sur une surface plane et ils la recouvraient ensuite d'une seconde couche, de telle façon que les fibres se croisaient à angle droit. Ensuite, le tout était soumis à une pression énorme et la gomme naturelle de la plante collait ensemble les deux couches qui, désormais réunies, formaient une feuille extrêmement fine, lorsqu'elle était complètement desséchée. On la polissait ensuite à l'aide d'une dent ou d'un coquillage, puis on l'enduisait de colle pour éviter l'absorption de l'encre. Ces feuilles de papyrus, de 7 cm. 1/2 à 22 cm. 1/2 de large sur 15 cm. à 48 cm. de long, étaient utilisées pour les lettres, les contrats, les documents de peu d'étendue.

Pour la reproduction de textes étendus on collait les feuilles les unes à la suite des autres. D'ordinaire, on collait ainsi vingt feuilles qui formaient un rouleau d'à peu près 0 mètres; on pouvait en coller davantage et on avait des rouleaux qui dépassaient 40 mètres, témoin le papyrus Harris qui ;i à peu près 44 mètres.

On écrivait ordinairement sur le côté du rouleau Du les fibret étaient rangées horizontalement; c'était le recto. Quelquefois cependant, mais rarement, sur les

deux côtés, quand, par exemple, le rouleau n'était pas suffisant pour contenir toute la matière. L'écriture était disposée en colonnes de 5 à 7 centimètres, ou moins, 4 centimètres, ou plus, 8 cm. 1/2 de large, avec un intervalle à droite, sur 25 à 30 centimètres de long.

La forme ordinaire était le rouleau, mais de bonne heure on disposa les feuilles de papyrus sous la forme de codex. Il y a au British Muséum un codex de l'Iliade en papyrus, qui date probablement du uie siècle après J.-C. Plusieurs des papyrus trouvés à Oxyrhynchus sont disposés en codex.

Les premiers papyrus, 432 rouleaux et 1.800 fragments, ont été découverts, en 1752, sur l'emplacement d'Herculanum ; depuis lors, on en a trouvé un très grand nombre, une centaine de mille, dit Kenyon. et on en trouve encore tous les jours. La plupart sont de simples feuilles de contrats, de comptes, des lettres. Beaucoup cependant sont importants : tels, les papyrus hiéroglyphiques pour la connaissance des mœurs et des idées de l'ancienne Egypte ; les papyrus grecs qui contiennent des fragments ou même des œuvres entières des écrivains classiques, quelques-unes inconnues. Les papyrus bibliques sont aussi très nombreux: Prat en a catalogué dix-huit qui contiennent des fragments de l'Ancien Testament ; Gregory en catalogue quatorze qui offrent des fragments du Nouveau Testament. On en a encore trouvé d'autres que nous signalerons plus loin. En outre, on a découvert des papyrus qui nous donnent en fragments des écrits extra-canoniques : les Logia de Jésus, l'Ascension d'Isaïe, l'Apocalypse de Baruch, des fragments d'évangiles apocryphes. Des papyrus coptes nous ont transmis des portions de la version copte de l'Ancien Testament et plusieurs apocryphes du Nouveau Tes-

tament : Acta Pétri, Acta Pauli, Evangile de Nicodème, etc.*.

Ces papyrus grecs fournissent des données très intéressantes au point de vue lexicographique, historique. En ce qui concerne notre étude présente, ils établissent que le texte en usage en Egypte pendant les premiers siècles était celui qui est représenté par les manuscrits Vaticanus et Sinaiticus. Ils ont aussi quelques traces du texte occidental 2.

Le papyrus étant au commencement de l'ère chrétienne la matière usuelle pour les écrits étendus, nous devons présumer que les auteurs du Nouveau Testament ont écrit sur papyrus. Le parchemin cependant était le plus communément employé ; jusqu'au nie siècle on s'en servait pour les notes et les livres de classe, parce qu'il était bon marché et durable 3. Nous pouvons connaître par les papyrus de cette époque, que nous possédons, ce que devaient être ces autographes.

L'écriture de quelques-uns, tels que le troisième évangile et les Actes, était probablement en lettres majuscules. Mais la plupart d'entre eux étaient écrits en lettres intermédiaires entre les majuscules et les minuscules, écriture dont nous avons un exemple dans un papyrus de la fin du ier siècle, contenant le discours d'Isocrate. De pace. Il n'y a pas de doute pour les épitres de saint Paul ; elles étaient écrites par des secrétaires, xayÛYpaçoç, notarius, qui écrivaient en sténographie et copiaient ensuite. A la fin l'apôtre adjoi-

i. oi.I'ivat, Dictionnaire delaBible de Vicoimont, t. IV, col. SOJH», Paris I9W. Krm\.in, DiCtitmary ofthe Bible de IUsriNi;s, Extra Volume, p. Ut, Bdinburgb, I

étbde rar le texte DéoteetameoUire dea papyrus a été publiée

daOI l.i />'<■! ■'<(■ <lr l'Uneiii i -hu tirn par BavàRT, Paris, 1!>ll, t. VI, p. '.IV et su.

f. T. Ilini. lias antiki Ihfttuis. ,,. l'.nliii, 188*.

gnait quelques mots en grandes lettres (probablement des majuscules) et sa signature, Gai. VI, 11. Remarquons que l'on trouve la même façon de procéder dans les papyrus : le corps du document était écrit par un ami ou un scribe et l'auteur ratifiait à la fin en lettres plus grandes.

Dans ces autographes du Nouveau Testament les lettres, presque des minuscules, n'étaient pas séparées ; les accents n'étaient placés que sur les mots longs ou difficiles. Les pauses importantes étaient marquées ou par un petit espace en blanc dans le texte, ou par un point au-dessus ou à l'intérieur de la ligne, ou par un trait placé au-dessous de la ligne.

Kenyon nous apprend quelle devait être la longueur des rouleaux de papyrus concernant chacun des écrits du Nouveau Testament. L'évangile de saint Matthieu aurait eu 9 mètres ; celui de saint Marc, G mètres ; celui de saint Jean, 7 mètres; le troisième évangile et les Actes, 10 mètres; l'épître aux Romains, 4 mètres; l'Apocalypse, 5 mètres. Une copie du Nouveau Testament complet aurait eu 70 mètres de long, ce qui n'eût pas été pratique, et nous explique pourquoi les écrits du Nouveau Testament ont été divisés en quatre sections, et même chaque évangile publié en cahiers séparés.

Parchemin. — L'emploi de la peau des animaux pour l'écriture remonte à une haute antiquité ; d'après Ctésias(, les livres sacrés des Persans remplissaient douze cents peaux de bœuf. On a au British Muséum un rituel égyptien écrit sur peau, datant de l'an 2000 avant J.-C. Les Juifs écrivaient aussi leurs livres sacrés sur des peaux d'animaux.

Il ne faut donc pas considérer le parchemin comme

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