CHAPITRE II
N, Codex Sinaiticus, 01, S 2 ». — Dans une visite qu'il lit en 1844, au monastère de Sainte-Catherine, sur le mont Sinaï, Constantin Tischendorf découvrit parmi des papiers, destinés à être brûlés, 43 feuilles de vélin, contenant des fragments des Septante. On les lui donna et, en 1846, il les publia. Deux fragments ont été trouvés en 1845 dans des reliures de manuscrits. A un second voyage, 185.'î, il essaya, mais en vain, de recouvrer le reste du manuscrit. 11 put mettre la main seulement sur trois fragments. A un troisième voyage, 1859, on lui montra, enveloppées dans une serviette, des feuilles mutilées, qui étaient le manuscrit qu'il cherchait. Outre une grande partie des Septante, il contenait tout le Nouveau Testament, l'épître de Barnabe et un fragment considérable du Pasteur d'Hermas. Après des négociations laborieuses, restées assez mystérieuses, le codex a été offert au tsar Alexandre II ; il est actuellement à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. En 1862, il a été publié en facsimilé par Tischendorf : />/'■ hliorum Codex Sinaiticus Petropolitanus, Petropoli, et en 1863 : Novum Tcstamentum Sinaiticum, Lipsiae.
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En 1911, Kirsopp Lake l'a publié sous ce titre : Codex Sinaiticus Pelropolitanus : The New Testament, the Epistle of Barnabas and the Shepherd of /fermas, now reproduced in facsimile, 4°, Oxford.
Le Sinaiticus est un manuscrit en vélin très mince, préparé avec des peaux d'ànes ou d'antilope, en feuilles de 43 cent, de hauteur sur 38c8 de largeur; il a 346 feuilles 1/2, arrangées en quaternions ; 199 feuilles contiennent des parties des Septante, 147 1/2 le Nouveau Testament, l'épître de Barnabe et le fragment du Pasteur. Les pages ont 4 colonnes de 48 lignes à la colonne. A la marge sont notés les sections ammoniennes et les canons d'Eusèbe, mais non par le premier scribe. Les sectionnements du texte sont indiqués par une ligne laissée en blanc. Le commencement des paragraphes est marqué souvent par un petit trait ou par une lettre placée en avant de la ligne dans la marge; il n'y a ni accents, ni esprits.
Ce manuscrit a été assez négligemment copié; il offre beaucoup d'homœoteleuton, d'itacismes, de formes grammaticales d'origine alexandrine. Cronin a donné de nouvelles preuves de cette négligence du copiste1. On y distingue la main de quatre copistes et celle de sept correcteurs, outre le premier, le oiop- Owtt);, désignés dans l'apparat critique de Tischendorf par les sigles : Na, Nb, Nc, Ncb, N00, kcc*, n*. Le plus ancien correcteur serait contemporain du manuscrit; la plupart des autres seraient du vie-vne siècle; le plus récent du xne siècle2.
Le Sinaiticus aurait été écrit vers la fin du ive siècle, peut-être môme un peu auparavant si l'on en juge par
i. An examinât ion of some omissions of the Codex Sinaiticus, in St John's Gospel; Journal of theol. Studifs, roi. XIII, p. BBS, London, l'.Mi.
•2. Cf. Gkecoiiy, Textkritik des Neuen Test. I, p, SI, Leipzig, 1900.
les caractères paléographiques qu'il présente : sa forme le rapproche des rouleaux; la forme des lettres est ancienne, ainsi que les titres et souscriptions; la place qu'il donne aux épîtres pauliniennes immédiatement après les évangiles, l'addition de Barnabe et du Pasteur. Les uns le croient plus ancien que le Vaticanus, les autres moins. Plusieurs critiques pensent qu'il fut, ainsi que le Vaticanus, parmi les cinquante manuscrits de la Bible qu'Eusèbe de Césarée lit copier sur l'ordre de l'empereur Constantin'. Tischendorf croit que le scribe qui a copié le Vaticanus a copié aussi sept feuilles du Sinaiticus. Ililgenfeld reportait la date du Sinaiticus au vie siècle. Gregory. au contraire, le daterait de l'an 391.
Les critiques ne s'accordent pas sur le lieu d'origine du Sinaiticus; Hort pense qu'il a été copié à Rome, Ceriani dans le sud de l'Italie, Hoskier et d'autres en Egypte, mais la plupart croient qu'il vient de la bibliothèque de Pamphile, à Césarée de Palestine J.
Le texte du Sinaiticus est de caractère un peu mélangé. Le fond est du type neutre, mais il est additionné de nombreuses variantes occidentales et alexandrines 3. D'après von Soden, c'est un des bons représentants du type II.
A, Codex Alexandrinus, 02, 8 2. — Ce codex, copié BO l'gypte, ainsi que le prouve la forme copte des lettres A et M, a été apporté d'Alexandrie à Constantinople par Cyril Lucar, qui, en 1627, en fit présent ;m poi d'Angleterre, Jacques Ier. Déposé dans la bibliothèque
i. iisir.il ^. M i rka, i. éd. Rkikh., b. 134, 181.
, i:\nriui.. Diction. <iv in BibU de Viooi roui : Codes Simiitiow, i. \. col. 1783-4786.
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royale, il fut transféré plus tard au British Muséum, où il est coté : Royal M s, I, D, V-VI1I. L'écriture est en petites majuscules; le vélin est très mince. 11 est actuellement divisé en quatre volumes petit in-quarto; les pages de 32 cent, de haut sur 26e 3 de large portent deux colonnes de texte, de 49 à 51 lignes chacune. 11 n'y a pas d'accents, rarement des esprits ou des apostrophes; certains signes y suppléent. La ponctuation est marquée simplement par des points; de gr initiales placées à la marge annoncent le commencement des paragraphes ou des sections. Le manu>t rit contient au total 773 feuillets dont 030 pour 1A Testament et 143 pour le Nouveau. 11 manque à celuici les chapitres 1 à XXV, 0 de saint Matthieu; VI VIII, 52 de saint Jean et IV, 13 à XII, 0 de la Moondfl épître aux Corinthiens. Après l'Apocalypse se trouvent les deux épîtres de saint Clément Romain, dont il manque des parties ; toutes ces lacunes sont accidentelles.
Le manuscrit a été écrit par un copte, probablement au milieu ou vers la fin du ve siècle, à Alexandrie. Trois scribes différents ont copié le Nouveau I ment; on y distingue deux correcteurs, A* qui était le scribe original et A*. D'après une note de Cyril Lucar, la tradition rapporte que ce Codex a été écrit par Thecla, noble dame égyptienne, peu de temps après le concile de Nicée, 325; d'après une autre note arabe, par Thecla, martyre. Ces notes sont de peu d'autorité.
Au point de vue de son texte, le codex Alexandrinus présente une curieuse particularité. Le texti1 des giles est de type syrien, tandis que les Actes, les épîtres et surtout l'Apocalypse sont de type neutre avee corrections alexandrines. Cette anomalie peut être facilement expliquée. Primitivement, les diverses parties du Nouveau Testament étaient écrites sur des rouleaux se-
parés. Les évangiles de ce codex ont été copiés d'après des rouleaux qui avaient un type de texte différent de celui que donnaient les rouleaux qui ont été utilisés pour la copie des autres parties du Nouveau Testament. D'après von Soden, l'Alexandrinus est du type H.
Le codex Alexandrinus, Ancien Testament, a été publié par Grabe, 1707-1720 et Nouveau Testament par Woide, 1786. En 1879, sir E. Maunde Thompson a donné un fac-similé photographique du Nouveau Testament H . La photographie de l'Ancien Testament a été publiée plus tard. En 1909, a été publié par Kenyon : The Codex Alexandrinus... in reduced photographie facsimile, New Testament, London.
B, Codex Vatïcanus, 03, S 1. — Ce manuscrit a dû entrer dans la bibliothèque du Vatican, entre 1475 et 1581 ; il y est coté 1209. Par l'entremise de son correspondant Sepulveda, Erasme avait eu communication de quelques variantes de ce manuscrit, mais trop tard pour les utiliser. En 1669, Bartolocci, bibliothécaire du Vatican, fit une collation de ses leçons, mais son travail ne fut pas publié. D'autres collations ont été faites, mais très imparfaitement. Hug, quil'examina à Paris, où il avait été apporté par l'ordre de Napoléon avec d'autres trésors du Vatican, en reconnut l'importance. Tischendorf et Tregelles essayèrent, mais en vain, d'examiner ce codex, après qu'il eut été rapporté au Vatican; on ne le leur permit pas. Tischendorf obtint cependant de l'examiner pendant quarante-deux heures, à l'effet de collationncr les leçons les plus remarquables. On voulait laisser l'avantage de la priorité à l'édition de ce manuscrit que prépar.iil l<etrdinal Mai. Elle fut imprimée entre 1828 et 1838,
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mais parut seulement en 1857, trois ans après sa mort. L'édition était mauvaise. Il en fut donné une meilleure, en 18G8, par Vercellone, Cozza-Luzi, Sergio et Fabiani. En 1889-1890, par les soins de Cozza-Luzi, le codex Vaticanus a été reproduit photographiquement, mais assez mal, en cent exemplaires, dont 60 ont été détruits par un incendie. Pie X en a ordonné une nouvelle reproduction par la photographie. Le tome IV, 302 pages en phototypie, contenant le Nouveau Testament, a paru en 1904 *. La couleur du parchemin et de l'encre, tous les petits détails de l'écriture, la forme des lettres, les taches, les ratures, tout ressort parfaitement.
Le manuscrit, de forme carrée de 27 centimètres, est en beau vélin. L'écriture continue est en petites majuscules, rappelant l'écriture des papyrus du ier et du ii9 siècle ; elle n'a pas la lourdeur ordinaire de l'écriture sur vélin. Malheureusement, un correcteur a tracé les lettres à nouveau pour les renforcer, sauf dans les passages qu'il jugeait incorrects. Chaque page contient trois colonnes de 40 à 44 lignes chacune. Le texte n'a ni esprits ni accents, mais quelquefois, dans le Nouveau Testament, des apostrophes. D'après Tischendorf, trois scribes ont écrit ce manuscrit; le Nouveau Testament est tout entier de la même main. Il y a eu deux correcteurs : Ba, contemporain ou presque de la confection du manuscrit et B3 qui serait du xe ou xi" siècle.
Le Vaticanus contenait primitivement toute la Bible grecque; actuellement, il y manque, pour l'Ancien Testament : Genèse I-XLVI, 28 ; Ps. CV, 27- CXXXVI1, 6; les livres des Macchabées, qui n'y ont
1. Bibliorum SS. Graecorum Codex Vaticanus i-209 (Cod. B) deiiuo phototypice expressus jussu et cura praesidum H\l>liotliecue Yaticanac. Pars altéra. Testamentum Xovum. Mediolani, Apml 11. Boepli, V»o;.
jamais été ; pour le Nouveau Testament : Hébr. IX, 14 à la fin, les épîtres pastorales, Philémon et l'Apocalypse. Les évangiles sont divisés en sections qu'on retrouve seulement dans le codex Zacynthius, 3 : Voir p. 47.
Les paléographes s'accordent à placer la date du Vaticanus vers le milieu du iv' siècle. Rahlfs ' croit qu'il a été écrit après 367, parce qu'il contient tous les livres canoniques mentionnés dans la lettre festale de saint Athanase publiée cette année-là. Ce serait le codex écrit pour l'empereur Constant sous la direction de saint Athanase. Von Gebhardt2, au contraire, pense qu'il a été écrit avant 367 parce que, ne tenant pas compte de la distinction que saint Athanase a établie entre les livres canoniques, xavoviÇôfxeva, et les livres non canonisés, mais qui ont été placés par les Pères pour être lus, «vaYiYvwffxdjjieva, ce codex a rangé ces derniers livres parmi les Ecritures canoniques.
Les critiques attribuent au Vaticanus le même pays d'origine qu'au Sinaiticus : Hort croit qu'il a été écrit à Rome, Ceriani dans le sud de l'Italie, les éditeurs romains du manuscrit et Hoskier en Egypte, Kendel Harris à Césarée, ce que l'on devrait admettre, si l'on suppose qu'il est un des cinquante manuscrits qu'Eusèbe de Césarée fit écrire sur l'ordre de l'empereur Constantin. Mais cela est impossible puisque tëusèbe ne se sert pas du texte neutre, mais du texte occidental. Les arguments pour l'Egypte et pour tant également puissants, il est dil'iicile de se prononcer*.
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. 188 i. ML ok lo ihc tcstu.it i nticism «/' Ihr \ew Testa- , p. 1.7, LoodOD, I80i.
Le Vaticanus est considéré par la majorité des critiques comme le meilleur des manuscrits du Nouveau Testament. B. Weiss a consacré aux codex des évangiles une étude très détaillée1, d'où il ressort que le Vaticanus est celui qui contient le moins de fautes ; il en relève cependant 400 pour les évangiles, lesquelles sont pour la plupart des négligences ou des inadvertances. On y constate aussi des itacismes, des homœoteleuton et des formes grammaticales alexandrins.
Tischendorf, Westcott-liort, Gregory estiment que le Vaticanus représente un bon texte du Nom «m tament, du 11e siècle ; dans les évangiles et les Aci serait du type neutre, mais dans les épîtres pauliniennes il y a de nombreuses leçons du type occidental. D'autres pensent que c'est un texte corrigé ; Bousset et récemment von Soden soutiennent qu'il est un des témoins de la recension d'Hesychius. Von Soden le tient pour le meilleur représentant du type II.
B*. Codex Vaticanus, 2066, auparavant Basikanus, 105, 046, a 1070. — L'Apocalypse manquant dans le codex B, 1209, on a donné aussi la même lettre B à un autre codex du Vatican, coté 20G6, qui contient l'Apocalypse et les écrits de saint Basile, de saint Grégoire de Nysse et d'autres Pères de l'Eglise. C'est un manuscrit du vme siècle, 27°5xl9ci, écrit en majuscules un peu penchées ; le parchemin est de moyenne beauté et épais. Il a été publié en 1857 par Mai dans son édition du Vaticanus et publiéà nouveau, en 1869, par Tischendorf. Son texte est de moindre valeur que celui de la plupart des manuscrits minuscules. Pour von Soden il est du type K.
C, Codex Ephraemi rescriptus, 04, o 3. — Ce manuscrit a dû être écrit en Egypte, vers le milieu