Cf. ROBINSON, <>/'. cit. |). 8 et
2. DasNeue Testament Tertullian't, Leiptig, 1871. |«. ..; 7-2.
a-t-il empruntées à une ou même à plusieurs versions latines ou bien a-t-il traduit lui-même directement le texte grec néotestamentaire? Ou encore a-t-il tantôt cité une version latine et tantôt traduit le grec?
Rappelons tout d'abord que Tertullien possédait très bien le grec, puisqu'il a même écrit dans cette langue trois de ses traités, ce qui est une forte présomption qu'il traduisait lui-même le texte grec du Nouveau Testament. De plus, ses citations sont d'ordinaire peu littérales; elles sont faites souvent de mémoire et, ce qui est plus particulier, les citations d'un même passage ne sont pas concordantes entre elles; ce qui pourrait faire supposer qu'il ne reproduisait pas une traduction déjà existante, ou bien qu'il avait plusieurs traductions et citait tantôt l'une, tantôt l'autre, ce qui parait bien improbable. Il serait bien extraordinaire d'abord qu'il existât à Carthage plusieurs versions latines différentes et ensuite, s'il en existait plusieurs, que Tertullien n'en ait pas adopté une comme la meilleure.
Examinons maintenant plus en détail les écrits de Tertnllien. Dans son Adversus Marcionem, il réfute les preuves scripturaires que donnait Marcion de sa doctrine sur l'opposition entre le Dieu de l'Ancien Testament et le Dieu du Nouveau. Il se servait du Nouveau Testament tronqué de Marcion et de ses Antithèses, écrits grecs. 11 les traduisait en latin, les discutait et les réfutait à l'aide du texte grec orthodoxe int Luc et des épîtres de saint Paul. 11 cite de ceux-ci de longs passages en latin et il a dû faire lui-même la traduction, commo il avait fait pour Marcion '. Cela parait d'autant plus probable qu'il discute quelquefois les diverses traductions qu'on peut donner
1, Ad'-. Marciontm, IV, i».
d'un passage et qu'il donne deux traductions différentes d'un même passage ' .
Cette façon de procéder se retrouve dans les autres écrits polémiques de Tertullien et conduirait aux mêmes constatations. Quelquefois il semble faire allusion à des traductions dillerent.es d'un même terme, ou même à une traduction mauvaise : Quidam enim de graeco interprétantes, non recogitata dilferentia nec curata proprietate verborum, pro afllatu spiritum ponunt 2. Relevons ce passage qui paraît décisif à quelques critiques : Haec sunt enim duo testamenta. sive duae ostensiones, sicut invenimus interpretatum3. Il est possible que dans ces divers passages Tertullien ait fait allusion, non pas à une version latine, mais à l'interprétation que l'on donnait de ces textes dans l'église d'Afrique.
Monceaux a essayé de prouver qu'une partie des citations bibliques de saint Cyprien se retrouvaient parmi celles de Tertullien, et il en a conclu que tous les deux les avaient empruntées à une même version latine. Mangenot a examiné ces citations communes aux deux écrivains et a constaté qu'elles étaient peu nombreuses et loin d'être identiques. Il explique les ressemblances parce fait que saint Cyprien a beaucoup lu les œuvres de Tertullien et a pu lui emprunter des termes spéciaux. En outre, le traducteur de la Bible dont s'est servi l'évêque de Cartilage a pu s'inspirer des citations de Tertullien et adopter ses traductions. Enfin, on s'explique que deux auteurs traduisant un même texte clair et facile ont pu se rencontrer.
Si d'ailleurs on compare, ainsi que l'a fait Mangenot, les citations de Tertullien et de saint Cyprien
i. Adv. Marc. VI, 8.