Ib. V
qu'on dit provenir d'une même traduction latine, on constate les différences les plus profondes. Les citations de Tertullien ont dû être traduites par lui sur le • grec, car elles ont la saveur particulière de son style et celles de saint Cyprien paraissent empruntées à une version faite avant lui, qu'il reçoit telle qu'elle est et sur laquelle il n'imprime pas sa propre marque.
Hermann von Soden { affirme qu'au temps de Tertullien, vers 190-220, le texte africain n'existait pas encore, ou tout au moins ne possédait aucune autorité, ainsi que le prouvent les nombreuses divergences qui existent entre ses citations bibliques et les représentants les plus autorisés du texte africain. Et il en cite de nombreux exemples. Il en conclut que Tertullien a pour fondement de ses citations le texte grec qu'il a traduit lui-même en latin. Il croit, ainsi que Vogels 2, qu'une version latine du Diatessaron est la première version latine des évangiles.
Tout bien examiné, Mangenot 3 se rallie à la conclusion de Zalm ' : « Au temps de Tertullien, la Bible latine était encore à l'état embryonnaire ; elle n'était pas encore née. Il y avait seulement une manière Traditionnelle dont la forme était comme stéréotypée d'expliquer et d'interpréter oralement l'Ecriture. Quelques livres étaient déjà traduits; les martyrs de Scilli avaient dans leur boîte les épi très de saint Paul. L'usage liturgique avait peut-être introduit la traduction en latin des péricopes ecclésiastiques. »
Zalm émit que la Bible a été traduite entre les Années Ul«> H 2\(). On doit renconnaître que 1rs épîtres
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de saint Paul étaient déjà traduites en l'an 180; quant aux évangiles, on n'a pas de preuve directe d'une version latine, mais seulement des vraisemblances. On peut se demander si le fait qui paraît établi que Tertullien a traduit lui-même du grec ses citations bibliques, prouve jusqu'à l'évidence qu'il n'existait aucune version latine avant lui. 11 est fort possible que Tertullien, qui connaissait très bien le grec et par conséquent lisait le Nouveau Testament dans la langue originale, n'ait pas eu recours à une version latine lorsqu'il le citait, soit qu'il la jugeât insuffisante, soit qu'il ne crût pas qu'il lui fût nécessaire d'y recourir.
Citons en terminant l'opinion des spécialistes sur le lieu et la date d'origine des versions latines. Kenyon 4 assure que, pour le moment, lhypothèse de l'origine africaine de la Version latine de la Bible est celle qui compte le plus d'adhérents. Tertullien connaissait une traduction latine des Écritures ; c'est donc probablement vers le milieu du ne siècle qu'elle a dû être faite. Scrivener adoptait l'opinion de Wiseman sur l'origine africaine de la Bible latine ; White a fait remarquer que l'argument philologique sur lequel il appuyait son hypothèse est actuellement discuté et en partie rejeté. Gregory3 croit que la version latine a été faite par plusieurs traducteurs et à des époques différentes. C'est en Afrique qu'elle a été faite en premier lieu et on la retrouve surtout dans les écrit de Tertullien, Cyprien, Hilaire diacre, Hilaire de Poitiers et Lucifer.
Il est nécessaire de tenir compte dans la détermina-