‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 53 sur 156 · I. Op. ••!■ I · texte numérisé non relu

I. Op. ••!■ I

,,mkc bénédictin*, octobre «'MO. p. 4M), Marnlsous.

2° Texte européen. — On trouve dans le nord de l'Italie et dans toute l'Europe occidentale des textes latins qu'on a qualifiés d'européens. Ce sont ceux dont nous possédons le plus grand nombre de manuscrits : pour les évangiles, a, Vercellensis ; a 2, Fragmenta curiensia, catalogués sous les lettres n o p ; b, Veronensis ; c, Colbertinus ; ff2, Corbeiensis ; gK , Sangermanensis pour saint Matthieu; h, Claromontanus; i, Vindobonensis ; r *, Usserianus 1; pour tes Actes, g, Codex Gigas; g2, Fragmentum Mediolanense; s, Palimpsestus Bobiensis; pour les épîtres catholiques, ff, Corbeiensis; pour l'Apocalypse, g, Codex Gigas.

Bien que d'ordinaire le texte latin des citations bibliques de saint Irénée soit indépendant d'un autre texte latin connu, et semble indiquer un texte de type gaulois, il a des points de rapport avec le texte du Vercellensis. Le texte latin du codex de Bèze est à peu près dans les mêmes conditions. Le meilleur représentant du texte européen est, d'après White, le Veronensis, car il a des affinités avec tous les membres du groupe.

D'après Souter *, les citations évangéliques de l'Ambrosiaster seraient en accord avec le Veronensis et celles des Actes avec le Codex Gigas, donc de type européen.

Il y aurait peut-être lieu d'établir des subdivisions dans le groupe européen. Les codex r, Usserianus I. et p, Fragmentum Sangallense contiennent des éléments bretons ou irlandais. Bonnassieux2 a démontré que le texte des évangiles synoptiques de saint Hilaire est en rapport étroit avec celui du codex Usserianus 1.

ft. A Study of Ambrosiaster, Cambridge, 1905, p. iOo. -207. •2. Les évangiles synoptiques desaint Hilaire de Poitiers, Lvon.1906. !>. US.

Il en conclut que saint Hilaire est un témoin très ancien de la recension qu'on peut qualifier d'irlandaise, laquelle serait indépendante du texte européen. Il croit, en outre, qu'elle a eu une extension beaucoup plus considérable qu'on ne l'avait supposé jusqu'ici, et qu'elle serait plus ancienne qu'on ne le croyait jusqu'à présent. Les citations de Priscillien font supposer une recension espagnole.

Il est possible que chaque région ecclésiastique ait eu sa propre recension. Il y aurait donc eu des textes nord-italiens, gaulois, irlandais, espagnols, qu'on a groupés sous le titre unique de textes européens. Il resterait à examiner si ces textes sont tellement différents les uns des autres qu'on ne puisse pas les ramener à un même archétype.

3° Texte italien. — Les manuscrits de ce texte sont : pour les évangiles, f, Brixianus ; q, Monacensis ou Frisingensis ; pour les épîtrcs catholiques, q, Fragmenta Monacensia, avec mélange d'autres éléments; pour les épîtres de saint Paul, r, Codex Frisingensis. D'après Samuel Berger1, le commentaire des épîtres de saint Paul qu'on appelle l'Ambrosiaster semble reproduire le texte italien.

Le texte italien était celui qui était en usage, au temps de saint Augustin, dans l'Italie septentrionale, dans le diocèse politique d'Italie qui comprenait alors Vérone, Aquilée, Brescia, Ravenne et Milan2. Nous le retrouvons dans les œuvres de saint Ambroise et des autres écrivains du nord de l'Italie, ainsi que dans les écrits do saint Augustin. Cependant, plus anciennement, ce devait être le texte européen, représenté para et b, qui devait «Hrccn usage en Italie.

i. mit»»-!- iif ht Vutgah pendant ht prtmttrt itèctu du moyen âge, p. :,. paris, I8M.

On a voulu établir un sous-groupe, qui dépendrait du texte italien et qu'on appellerait le groupe « africain récent ». Il se retrouverait dans le codex Floriacensis pour les épîtres catholiques, dans le codex Frisingensis pour la première épître de Jean et dans les écrits de Fulgence de Ruspe. Le texte du Sessorianus ou Spéculum appartiendrait probablement à ce groupe. D'après S. Berger ', « le texte biblique de Priscillien présente tous les caractères des textes « italiens » et il semble former la transition entre ces textes du jve siècle et leur rejeton, le texte « africain de basse époque » que nous retrouvons régnant à la fin du ve siècle dans l'empire des Vandales ».

Il reste encore un certain nombre do manuscrits qui ne peuvent être classés dans les trois groupes types, parce qu'il contiennent un mélange de textes, et même ceux que nous avons catalogués plus haut ne fournissent pas toujours un texte parfaitement pur. Ne pouvant entrer dans le détail, nous signalerons seulement les particularités suivantes. Nous avons déjà signalé les manuscrits vieux latins pour un écrit, et Vulgate pour d'autres.

Il faut mettre à part les codex gréco-latins, D d, pour les évangiles et les Actes; E e pour les Actes; Da d2, K e3, F2 f2, G3 g3, pour les épîtres pauliniennes. dont le texte latin a été influencé par le texte grec, sauf cependant d2. Comme manuscrits de textes mélangés, citons le codex Colbertinus, le codex Sangermanensis, le codex Rehdigeranus, le Sangallensis, le codex p des Actes, le Palimpsestus Bobiensis, s. Nous signalerons plus loin les manuscrits de la Vulgate qui ont des traces de leçons vieilles latines.

Discussion des faits. — Nous venons de catalo-

l. Op» cit. p. 8.

guer trois types différents de versions vieilles latines, un type africain, un européen et un italien. Nous nous sommes même demandé si ces types ne pourraient pas être encore subdivisés en sous-types, c'est-à-dire si chacun d'entre eux n'offre pas des textes trop divergents pour être ramenés à un seul. De là suit nécessairement la question suivante :

Est-ce que ces types reproduisent une version primitive originale, dont ils seraient des recensions différentes ou bien est-ce que chacun d'eux représente une traduction indépendante? En d'autres termes, y a-t-il eu primitivement une ou plusieurs versions latines originales ? Il n'est pas question de savoir s'il y a eu une version officielle latine une ou multiple ; en ces temps primitifs, l'autorité ecclésiastique n'intervenait pas pour déclarer que tel ou tel texte devait être accepté. La question porte sur les versions vieilles latines, dont nous constatons l'existence vers le commencement du m0 siècle.

Les spécialistes sont en désaccord sur la réponse à donner. Les uns, Sabatier, Bianchini, Vercellone, Tischendorf, Scrivener-White, soutiennent qu'il n'y eut primitivement qu'une version latine qui, corrigée ou altérée, s'est reproduite en plusieurs types différents. D'autres, au contraire, Gams, Rônseb, Xicgler, Nestlé, Kaulen, von Soden, Delisle, Robert, Gaston Paris, Monceaux, Méchineau, croient à l'existence de plusieurs versions latines indépendantes les unes des autres. Gregory* prend une position intermédiaire ou plutôt indécise. Il présume qu'un prêtre ou un diacre • pu écrire une traduction latine des passages des Ecritures qu'il devait lire dans les assemblées du culte; mais en dépit de l'existence de ces travaux partiels, il vint un

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temps où une seule traduction complète a vu le jour en un endroit ou que deux ou trois traductions ont vu le jour à la même époque et dans différentes provinces. Et plus loin, il ajoute : « C'est dans l'Afrique du nord que probablement la première traduction latine a été faite. Elle a dû être portée de bonne heure à Rome et dans le nord de l'Italie, et, s'il n'existait pas déjà là une traduction latine, le clergé de ces provinces a accepté avec empressement ce texte africain et l'a corrigé en y introduisant des expressions provinciales et y a même changé tout ce qui n'était pas en accord avec les textes dont il avait coutume de se servir. »

Les deux spécialistes qui ont étudié de plus près la question, Hort et Sanday, déclarent qu'ils ne peuvent pas se prononcer. Kenyon les suit et nous avouons que nous en faisons autant, tout en estimant très probable l'opinion qui soutient l'indépendance des versions africaine et européenne ; l'italienne dépend de l'européenne.

Cependant, examinons les arguments mis en avant par les tenants des deux opinions. Il y a lieu tout d'abord de rapporter ce que les anciens écrivains ont dit à ce sujet. Tertullien * semble faire allusion à plusieurs traductions latines : « Quidam enim de graeco interprétantes, non recogitata differentia nec curata proprietate verborum pro afllatu spiritum ponunt. »

Il en est de même de saint Hilaire de Poitiers- : « Aliqui translatores nostri; latini quidem interprètes transtulerunt. » Saint Ambroise 3 examine les traductions divergentes de certains passages. Saint Jérôme'

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