‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 60 sur 156 · IV. — MANUSCRITS DE LA VULGATE · texte numérisé non relu

IV. — MANUSCRITS DE LA VULGATE

Le nombre des manuscrits de la Vulgate dépasserait probablement 30.000, d'après Dom de Bruyne.

Gregory a catalogué 2.472 manuscrits du Nouveau Testament, Vulgate; nous parlerons seulement des plus importants au point de vue de la pureté du t Nous suivons la classification qu'a donrire White '. parce qu'elle indique tout à la fois la patrie et le ca-

i. Art. Vulijate dans Hastings, Diction, ofthe Bible, vol. IV, p. #*(i.

ractère des manuscrits. Le seul inconvénient qu'elle présente c'est qu'elle ne range pas les manuscrits par l'ordre alphabétique de la lettre majuscule qui les désigne. Pour remédier à ce défaut, nous donnerons plus loin cette liste alphabétique des manuscrits. Rappelons que les manuscrits de la Vulgate sont désignés par des majuscules romaines et grecques.

I. ANCIENS TEXTES ITALIENS. — F, Codex Fuldensis,actuellement à l'abbaye deFulda, Hesse-Cassel ; fut écrit en 541-546 par ordre de Victor, évoque de Capoue et corrigé par lui. Il contient tout le Nouveau Testament et en plus l'épître aux Laodicéens; le texte, très bon, est apparenté à celui de l'Amiatinus. Les évangiles sont disposés en narration suivie d'après le Diatessaron de Tatien. Il a été publié par E. Ranke, Marburg, 18G8.

M, Codex Mediolanensis, vi° siècle; à la Bibliothèque ambrosienne de Milan ; il contient les évangiles, de texte mixte, s'accordant tantôt avec A Y, tantôt avec Z. Il paraît avoir été quelquefois corrigé d'après le texte grec.

J, Codex Forojuliensis, vie ou vu0 siècle; texte très ancien, mais corrompu; apparenté à Z. La partie principale, Mt, Le et Jny est à Cividale, Frioul, et a été éditée par Bianchini, Rome, 1749 ; une autre partie, Me, XII, 31-XYI, 20, est à Prague et a été éditée par Dobrowski, Prague, 1778. Un fragment, contenant le reste de Marc, est à Venise, mais il est illisible.

P, Codex Perusinus, vi"-vir siècle; à Pérouse. Il contient Lcf 1-26-XIi, 7, avec des mutilations: le texte D'est pas très bon. Il a été édité par Bianchini, Rome, L749.

Z, Codex Harleianus, vr-vii« siècle; autrefois à Paris, actuellement au British Muséum parmi les manuscrits Eiarley. C'est une belle copie des ôvan-

giles, qui est la tête d'un groupe de manuscrits opposé au groupe A Y.

II. ANCIENS MANUSCRITS ESPAGNOLS. — Le Codex de Léon, vin' siècle, palimpseste, contient des fragments des Actes, II Cor., Col., I Jn; le texte est celui de la Vulgate pour les Actes et les épîtres pauliniennes ; pour I Jn, qui contient le verset des trois témoins; il est mélangé de leçons vieilles latines et d'espagnoles.

C, Codex Cavensis, ix* siècle; à l'abbaye de Corpo di Cava, près de Salerne, Italie. Il contient toute la Bible ; c'est le représentant type du texte espagnol : il porte des traces de revision pour les évangiles et il a beaucoup de leçons vieilles latines et syriaques.

T, Codex Toletanus, vin' siècle; d'abord à Séville. puis à Tolède, maintenant à Madrid; contient toute la Bible. Il est de type espagnol, avec de nombreuses interpolations; il est apparenté avec le Cavensis, mais son texte est moins bon pour les évangiles.

La Bible de Rosas, en Catalogne, xe siècle ; à Paris. 11 contient toute la Bible; le texte pour le Nouveau Testament est celui de la Vulgate, avec des variantes vieilles latines dans les marges des Actes.

III. TEXTES ITALIENS TRANSCRITS DANS LA GRANDE-BRETAGNE ET L'IRLANDE. — 1° Manuscrits northumbriens. — A, Codex Amiatinus, commencement du vme siècle. Il a été copié à VVearmouth ou à Jarrow, par ordre de l'abbé Ceolfrid, sur des manuscrits apportés d'Italie par lui ou par Théodore de Tarse, devenu archevêque de Cantorbéry en 669. Il fut porté à Rome, pour en faire hommage au pape, par Ceolfrid, qui mourut en route. Donné au monastère du Monte Amiata, il fut reporté à Rome pour servir à l'établissement de la Bible Sixtine, et enfin déposé à la Bibliothèque Laurentienne. Florence. L'Amiatinus con-

tient toute la Bible en très bon état et il est tenu pour le meilleur représentant du texte de la Vulgate. Pour le Nouveau Testament il a les traits caractéristiques des manuscrits bretons. Dom Chapman 1 a essayé de prouver que par Cassiodore et Eugipius, le texte de ce manuscrit remonte à saint Jérôme. Le Nouveau Testament a été édité par Tischendorf en 1850 et 1854.

A, Codex Dunelmensis, vnc et vme siècle; à Durham; contient les évangiles et a été copié, comme l'Amiatinus, à Wearmouth ou à Jarrow; son texte est apparenté à celui de A.

Un autre manuscrit du vme siècle apparenté au précédent et contenant Jn, Me et Le, mais incomplets, est aussi à Durham.

S, Codex Stonyhurstensis, vne siècle; autrefois à Durham, maintenant au collège des Jésuites de Stonyhurst; contient un très bon texte de l'évangile de Jean ; il est apparenté à l'Amiatinus, mais il est moins bon.

Y, Codex Lindistarnensis, fin du vne ou commencement du vme siècle ; d'abord à Lindisfarne, puis à Durham, maintenant au British Muséum; contient les évangiles. Son texte est très étroitement apparenté à celui de l'Amiatinus et le suit même dans ses erreurs. Ils doivent avoir été copiés tous les deux sur des manuscrits apportés de Naples. Il a été édité par Stevenson et Waring, 1854-1865, et par Skeat, 1887.

U, Fragmenta Ultratraiectina, vne-viue siècle; à Utrecht; contiennent Mt, I, l-III, 4 et Jn I, 1-21. Ils sont d'une écriture ressemblant à celle de l'Amiatinus. Ils ont été publiés en 1873 avec le Psautier d'Utrecht, à l.i (in duquel ils se trouvent.

2» Manuscrit» de Canterbury. — O, Codex Oxonien-

I, Op. < ,i. ,.

sis, vnc siècle ; d'abord à Canterbury. maintenant à Oxford ; contient les évangiles. Le texte est apparenté à celui de l'Amiatinus, mais avec des variantes anglo-saxonnes et irlandaises, d'après Berger. Dom Chapman déclare qu'il n'a rien d'irlandais.

X, Codex Corporis Christi Cantabrigiensis, vnasiècle; d'abord à Canterbury, actuellementà Corpus Christi Collège, Cambridge; connu sous le nom de « St. Augustine's Gospels », contient les évangiles. 11 est analogue au précédent ; son texte a été corrigé pour le rapprocher de l'Amiatinus.

3° Manuscrits irlandais et anglo-saxons. — D, Codex Dublinensis, de l'an 812; à Dublin; connu sous le nom de « Book of Armagh » ; il contient tout le Nouveau Testament, et en plus, l'épître aux Laodicéens. Le texte est apparenté à celui de l'Amiatinus, mais avec les caractéristiques irlandaises, petites interpolations,explications et restes de leçons vieilles latines.

Q, Codex Kenanensis, vu» ou viif siècle ; à Dublin ; connu sous le nom de « The Book of Hells », contient les évangiles. Le texte est analogue à celui du précédent avec une tendance à admettre les doublets.

L, Codex Lichfeldensis, vne ou viiic siècle; à Lichfield; contient Mt, Me et Le, I, 1-111. Le texte est de type irlandais, avec des corrections peut-être d'après le grec.

Oa, Codex OxoniensisII, vn°-vme siècle; à Oxford ; connu sous le nom de « Selden Acts », contient les Actes des apôtres. Le texte est de type irlandais.

R, Codex Rushworthianus, ixe siècle; à Oxford ; connu sous le nom de « Gospels of Mac Regol », contient les évangiles. Le texte est de type irlandais avec de nombreux changements d'ordre dans les mots.

E, Codex Egertonensis, ixe siècle; d'abord à Tours; actuellement au British Muséum; contient les évan-

giles. Son texte est de type irlandais avec des variantes qui lui sont particulières.

Citons encore comme manuscrits de cette classe : un manuscrit des évangiles appelé « The Book of Moling ou Mulling1 », vme ou ixe siècle; le « Stowe St. John », portions des évangiles, vme ou ixe siècle ; un manuscrit de Cambridge, contenant Luc et Jean presque complets, vne-vme siècle. Le texte des huit premiers chapitres de Luc est moitié Vulgate, moitié vieux 4atin.

IV. MANUSCRITS CONTINENTAUX ÉCRITS PAR DES SCRIBES IRLANDAIS OU SAXONS ET CONTENANT UN M É LANGE DES DEUX TYPES DE TEXTES. — Gatianum, vme siècle; à Paris; contient les évangiles. Le texte est de type irlandais avec un apport de leçons vieilles latines, en partie africaines. [Il s'accorde quelquefois seul avec le minuscule 157. IIoskier.] 11 a été publié par Heer, Freiburg im Br., 1910.

3^, Codex Epternacensis, probablement du vme siècle ; d'abord à Echternach, maintenant à Paris ; contient les évangiles. Nous avons déjà signalé la note d'après laquelle il aurait été corrigé sur un manuscrit d'Eugipius et dit que dans cette note il ne pouvait être question que de l'archétype de ce manuscrit. Le texte est un mélange d'un bon texte Vulgate, de variantes irlandaises et continentales.

'►P, Codex Bigotianus, vtu'ou i\° siècle; d'abord à I'Vm imp, actuellement à Paris; contient les évangiles. Le texte est un mélange de leçons irlandaises et continentales.

ÎF, Codex Beneventanus, vin6 ou ix« siècle; d'abord a Bénévent, actuellement au British Muséum; contient

i. Cf. RottiM, ' onctrning thê Qtn$9t$ <>l th$ Vêr ions of Un- New Testait ■ Londuo, 1011.

les évangiles. Bien que copié, dit-on, en Italie, le texte est un mélange de leçons bretonnes et gauloises. D'après S. Berger il aurait été copié en Gaule.

Z2, Codex Harleianus II, vine siècle; d'abord à Paris, maintenant au British Muséum ; contient les épîtres (sauf III Jn et Judé) et l'Apocalypse. Le texte, d'après Westcott, serait vieux latin; il présente en effet de nombreuses leçons vieilles latines et quelques leçons espagnoles.

G, Codex Sangermanensis, vme ou ixe siècle ; autrefois à Saint-Germain-des-Prés, actuellement à Paris, contient, outre des livres de l'Ancien Testament, tout le Nouveau Testament. Le texte de Matthieu est Tiens latin (voir codex g"1, p. 140) ; pour les autres évangiles il est de type irlandais avec des leçons vieilles latines; celui des Actes est bon, avec des leçons espagnoles; celui des épîtres catholiques est de type espagnol. Le texte de l'Apocalypse est bon ; celui des épîtres pauliniennes, bon aussi, mais avec addition de leçons vieilles latines.

W'hite cite encore plusieurs manuscrits de la bibliothèque de l'Université à Wurzburg, quelques-uns de type irlandais et d'autres qui n'ont pas ce caractère *. Il cite aussi un manuscrit des évangiles, à Angers, et un autre au British Muséum connu sous le nom « Gospels of Aethelstan ».

V. TYPE DE TEXTES COMMUNS EN LANGUEDOC. — Codex Coïbertinus, xne ou xnr9 siècle; à Paris; contient le Nouveau Testament. Le texte des évangiles est vieux latin (voir codex c, p. 140); celui des autres livres est Vulgate.

Codex Perpinianus, xme siècle ; autrefois à Perpignan, maintenant à Paris ; contient le Nouveau Testa-

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