I. Doctrine of Addai, éd. Pbilups, i.i melon, 1876, p. M
I Studia 8inaUiea, i : i Catalogue ofth» Syriac Itêt in the Con-
t'eut of SI. -K'tt/irriiir on MOUni Simn, p, 11-14, I.i>ii<Ioii.
l'autre. Il n'est pas certain d'ailleurs que nous ayons deux versions différentes; la seconde n'est peut-être que la revision de la première. Nous devons nous borner à rapporter les faits, tels qu'ils paraissent se dégager de l'ensemble des documents.
En l'année 508, Xenaya, en grec Philoxenos, évêque monophysite de Mabbogh, Hiérapolis, aujourd'hui Menbidsch, sur l'Euphrate, ordonna à son chorévêque, yu>pEiri<ixo7to;, évêque rural, Polycarpe, de faire, d'après le grec, une traduction syriaque plus littérale du Nouveau Testament. Si nous en jugeons par la version syriaque de l'Apocalypse, que Gwynn a publiée en 1897, et qu'il juge philoxénienne, cette version était écrite en un syriaque idiomatique et littéraire. Elle était basée sur un texte grec de type syrien. C'est tout ce que nous pouvons dire de cette version, car nous n'en possédons peut-être pas d'autre manuscrit, à moins qu'il ne s'en trouve parmi ceux que l'on croit être de la Pcschitto ou de l'Harkléenne. Nous en parlerons plus loin.
En 616, une autre version syriaque, ou peut-être une revision de la précédente, fut faite par Thomas de Harkol, Héraclée, en Syrie, plus tard évêque de Mabbogh. Elle était aussi littérale que possible ; dans le choix et l'arrangement des mots, dans la construction de la phrase, dans le style, elle se rapprochait tellement du grec qu'elle ne tenait aucun compte du génie de la langue syriaque ; elle est donc très obscure. On pourrait dire qu'elle est pour le Nouveau Testament ce qu'a été pour l'Ancien la traduction grecque d'Aquila.
Cette version a pour base un texte grec de type occidental et neutre. L'auteur lui-même nous apprend quel fut son travail : « Ce livre des quatre saints évangiles a été traduit du grec en syriaque dans la cité de Mabbogh (Hiérapolis), dans l'année 869 d'Alexandre de
Macédoine (508 après J.-C). — 11 parle là de la version philoxénienne. — Elle fut ensuite collationnée avec beaucoup de diligence par moi, le pauvre Thomas, au moyen de deux ou trois manuscrits grecs, approuvés et exacts, dans Antonia, de la grande cité d'Alexandrie, dans le saint monastère des Antoniens (probablement le monastère d'Enaton, c'est-à-dire du 9e mille). Il a été encore écrit et collationné de nouveau au même lieu dans l'année 927 d'Alexandre (616 après J.-C). Combien de peines ont été dépensées pour lui et ses compagnons (probablement les autres livres du Nouveau Testament), le Seigneur seul le sait! »
Le résultat de ces travaux a été consigné surtout à la marge des manuscrits. Thomas s'est servi, pour marquer les variantes des manuscrits, du même procédé qu'Origène dans les Hexaples, c'est-à-dire d'astérisques et d'obèles. Il est probable que l'astérisque indiquait que la leçon était une addition à faire au texte et l'obèle que les mots marqués devaient être rejetés. Il s'ensuit qu'au point de vue de la critique textuelle, les marges des manuscrits de la version harkléenne sont très précieuses pour établir quel était le texte grec d'Egypte. Or, les leçons de ces manuscrits sont nettement occidentales, quelquefois neutres. Il en faudrait donc conclure que Thomas s'est servi de manuscrits grecs anciens et non des manuscrits grecs contemporains du temps où il était en Egypte. A cette époque, le texte grec était, à Alexandrie, de type neutre.
Les manuscrits de la version philoxénienne sont très rares, du moins ceux que l'on croit, pour le moment, représenter cette version. Adler avait cru retrouver la version philoxénienne dans Cod. $9*ng. mediceo-llorent. an. 757. On lui a démontré qu'il se trompait. Isaac II. Hall a soutenu, 1887, qu'un manuscrit du collège américain de Beyrouth contenait la
version philoxénienne des évangiles; il en a publié 4 feuilles, à Philadelphie, 1884 ; il ne semble pas que son opinion sur ce manuscrit ait été adoptée. Gressmann soutient que cette version du manuscrit de Beyrouth n'est certainement pas philoxénienne, ni même vraisemblablement harkléenne. Bernstein avait cru aussi retrouver la version philoxénienne des évangiles dans un codex de l'Angelica à Rome; Hall a démontré que les preuves de cette identification étaient insuffisantes. En 1630, Pococke avait publié, d'après un manuscrit d'Oxford, les épîtres catholiques contestées et 1 Apocalypse * . Hall a publié aussi ces épîtres d'après un manuscrit de la collection Williams '-. Hall et Gwynn croient que les manuscrits utilisés par Pococke et par Hall contiennent la version philoxénienne des épî! antilégomènes. Gwynn a donné les variantes de ces épîtres d'après les seize manuscrits les plus anciens qur nous ayons de ces épîtres 3. En 1892, J. Gwynn a découvert dans la collection Crawford un manuscrit du xii" siècle contenant une version vieille syriaque de l'Apocalypse; il l'a publié en 1897. En 1909, il a publié encore : liernnants of the la ter Syriac Versions of the Bible. I, The four minor calholic Epistles in the original Philoxenian Version of the sixtJi Century and the History ofthe Woman taken in adultery, London. Donc nous ne possédons de la version philo | nienne que cinq écrits du Nouveau Testament, les quatre épîtres catholiques antilégomènes et l'Apocalypse. Et encore, cela n'est pas certain si nous en croyons Lebon4, qui pense que Gwynn ne nous a rendu ni une Apocalypse, ni quatre épîtres catholiques
i. GftSOOUT, op. cit. p. 498.
■i. Baltimore, issu. Gkegory, op. cit. p. :;oo.
;i. (iUECOKY, op. cit. p. 507.
■». Revue d'histoire ecclésiastique, t. XII. l'Ml, I.ouvaiu : La version philoxénienne de la Bible, p.
de provenance philoxénienne. White a publié, en 1778- 1799-1803, les évangiles et les Actes des apôtres d'après les manuscrits de Ridley *, qu'il croyait philoxéniens; en réalité ils sont harkléens.
Les manuscrits de la version harkléenne sont très nombreux; Gregory 2, qui les a catalogués, fait observer qu'il est à peine possible de distinguer s'ils contiennent la version philoxénienne ou l'barkléenne. Pour les évangiles, il en catalogue 1 en Amérique, 16 en Angleterre, 7 en France, 2 en Allemagne, 1 en Irlande, 8 en Italie et 1 en Russie. 10 de ces manuscrits contiennent aussi les Actes des apôtres et les épîtres catholiques; 5 ont les épîtres de saint Paul. Pour l'Apocalypse il en compte 5 en Angleterre, 1 en Hollande, 1 en France, 1 en Irlande, 5 en Italie. Le codex 25, Vatic. Syr. 266, serait du vne siècle ; le codex 26, Vatic. Syr. 267, serait du vin0 siècle. Le codex 22, à Florence, est daté de l'an 747. Ce serait probablement, d'après Nau 3, le manuscrit le plus ancien de la version harkléenne; il en est plusieurs du ixe siècle. D'après Kenyon*, le manuscrit le plus soigneusement et le plus correctement écrit est le codex la, qui est à Cambridge, sous la cote Univ. Add. 1700. Il contient les évangiles, les Actes, les épîtres catholiques, les deux épîtres de Clément Romain, les épîtres de saint Paul, moins Philémon et Hébreux.
La version harkléenne de l'Apocalypse avait été publiée en 1627 par De Dieu dans son édition de la Peschitto. En 1730, Samuel Palmer envoya d'Amida, en Mésopotamie, deux manuscrits au Dr Gloucester Ridley; ils ont servi à la publication de J. White