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CHAPITRE III

S 1.— Dialectes égyptiens.

Il existe plusieurs versions égyptiennes très différentes les unes des autres par la langue, mais leurs divergences ne sont pas telles qu'on ne puisse pas les regarder comme des expressions dialectales d'une même langue. Cette langue, d'où sont dérivés ces dialectes, était l'ancien égyptien, que nous connaissons par les inscriptions hiéroglyphiques et par les textes des papyrus. Elle se diversifia peu à peu en plusieurs dialectes que l'on a appelés du nom générique de coptes, qui n'est que l'abréviation du terme grec désignant l'Egypte, AXfuizxoç.

L'accord n'est pas encore établi entre spécialistes sur les divisions à établir entre ces divers dialectes, sur les noms qu'il convient de leur donner et sur les caractères qui les distinguent. Nous nous en tiendrons à ce qui paraît certain et surtout à ce qui intéresse le texte du Nouveau Testament.

Observons tout d'abord que le nombre des versions coptes dépend du nombre de dialectes que l'on reconnaîtra. Il faut donc parler en premier lieu de ceux-ci.

Les coptisants s'accordent sur l'existence de deux dialectes coptes principaux, le sahidique et le bohaïrique. 1° Le sahidique, ainsi appelé de l'arabe Es-saeid, l'Egypte supérieure, était parlé dans toute la Haute- Egypte. On l'a longtemps appelé thébain, pensant qu'il était originaire de Thèbes, mais comme cela n'est pas certain, on préfère maintenant l'appeler sahidique.

2° Le bohaïrique, du nom arabe Bohaïrah, Egypte inférieure, était parlé originairement dans le Delta et plus spécialement dans le district d'Alexandrie; seul connu autrefois des savants, on le désignait sous le nom générique de copte. Lorsque l'on connut le dialecte du sud on l'appela memphitique pour le différencier du thébain, ce qui était une mauvaise appellation, puisque ce n'est que tardivement qu'il fut parlé à Memphis. On aurait mieux fait d'adopter les dénominations d'Athanase, évèque de Kos, Thébaïde, xie siècle, dans sa Grammaire copte : « Sache que la langue copte est divisée en trois branches. Une d'elles est le copte de Misr, qui est le sahidique ; une autre est le copte bohaïrique, qui tire son nom de El-Bohaïrah, et un autre est le copte bashmourique, qui est parlé dans la contrée de El-Bashmour, mais maintenant on ne parle plus que le copte bohaïrique et Le sahidique. Et leur origine est une seule langue. »

Hyvernat ' distingue ensuite trois autres dialectes :

1° Le fayoumien est peut-être le dialecte qu'Alexandre de Kôs appelait bashmourique, mais Quatremère et Stern ne sont pas de cet avis. Giorgi a trouvé des fragments de ce dialecte dans les papiers coptes de la collection Borgia.

t. VêTiiont CoptU ''•■ hi Mble, dans le Dictionnaire de la llil>lc de VlOOOftOOX, VOl. II. <■<>!. 031, PâTli, Il

2° Le moyen égyptien, qui aurait été parlé dans la province de Memphis. Revillout a publié des papyrus coptes écritsvdans ce dialecte. On devrait plutôt l'appeler memphitique, pour éviter toute confusion, et réserver le nom de moyen égyptien aux divers dialectes de l'Egypte centrale.

3° L'akhmîmien, ainsi appelé parce qu'on a découvert à Akhmîm des documents qui en contiennent des spécimens. Ils sont écrits dans un autre dialecte que les précédents. Kenyon fait remarquer qu'il est possible qu'on trouve d'autres documents de dialectes différents ; il y a eu entre ces dialectes du centre des mélanges de caractères qui auront besoin d'être étudiés, quand les documents seront plus nombreux, afin de les distinguer exactement les uns des autres.

llyvernat ' fait observer que ces cinq dialectes forment deux groupes bien caractérisés : le groupe du nord représenté pour le moment par le bohaïrique seulement et celui du sud représenté par les quatre autres dialectes connus. La transition d'un groupe à l'autre n'est pas brusque ; ceux des dialectes du sud qui sont le plus rapprochés géographiquement du bohaïrique s'en rapprochent aussi davantage au point de vue phonétique. Le bohaïrique et le sahidique marquent les deux extrêmes a.

Forbes Robinson 3 reconnaît, outre les dialectes sahidique et bohaïrique, un dialecte moyen égyptien dont il donne deux variétés : la memphitique et la fayoumienne. A cette dernière se rattacheraient les fragments trouvés à Akhmîm.

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