Ei-sèbk, Vie de Constantin, IV
Palimpsestes. — Le parchemin était relativement assez rare ; de là vint la pratique de gratter l'écriture sur un parchemin et d'y écrire un second texte ; quelquefois même on grattait encore cette seconde écriture pour y écrire par-dessus un troisième texte. On appelait palimpseste, du grec iraXiv, de nouveau et ^dw, racler, gratter, les manuscrits usagés. Déjà au temps de Catulle on grattait, probablement le papyrus, mais cela se pratiqua surtout du vne au ixc siècle pour les parchemins. La première écriture apparaît quelquefois faiblement sous la seconde, mais d'ordinaire on est obligé d'employer des réactifs chimiques pour la faire réapparaître. Un des plus employés, parce qu'il ne laisse pas de trace sur le manuscrit, est le sulfhydrate d'ammoniaque; seulement la reviviscence de l'écriture n'est que temporaire. On emploie aussi l'acide gallique, qui a l'inconvénient de noircir le manuscrit, ou la teinture de Gioberti, moins corrosive, mais qui teint le manuscrit en bleu '.
Nous avons plusieurs manuscrits palimpsestes du Nouveau Testament; le plus célèbre est le codex Ephraemi rescriplus, actuellement à Paris, qui, sous des traités de saint Kphrem, contient des parties de l'Ancien Testament et les deux tiers du Nouveau, mais en fragments. On trouvera indiqués dans la liste des manuscrits majuscules ceux qui sont des palimpsestes. Nous avons aussi plusieurs palimpsestes contenant les vieilles versions latines, le Bobiensis palimps., le Guelpherbytanus, le palimpseste de Fleury. Le manuscrit syriaque découvert au Sinaï et publié par .Mrs Lewis est aussi un palimpseste. Comme double palimpseste nous citerons les deux feuilles, au
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tchtn Mittelalter, p. n>7. Lelpslg, IWli
British Muséum, cataloguées F et actuellement 068 par Gregory et e3 par von Soden.
Papier. — D'une manière générale, le parchemin resta la matière employée pour la transcription des Livres saints ; par exception on se servit du papier. Les Chinois ont su, dès la fin du ier siècle, faire du papier avec des chiffons, des débris de chanvre et des écorces d'arbre, ou d'autres matières végétales fibreuses, mûrier, bambou. La fabrication du papier resta l'apanage des Chinois jusqu'au milieu du vin0 siècle où elle fut introduite à Samarkand par des prisonniers de guerre chinois, tombés au pouvoir du Khalife. De là elle se répandit en Europe par l'intermédiaire des Arabes. Au moyen âge, on l'appelait charta damascena, de son lieu d'origine, Damas, un des centres de fabrication du papier. On l'a appelé aussi charta bombycina, gos sypina, cultunea, xylina et en grec SuXoyaptiov ou ÊuXoteuxtov. En Espagne, où les Arabes fabriquaient du beau papier, on le nommait pergameno de panno pour le distinguer du vélin, pergameno de euero.
Vers 1130, Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, connaissait le papier, fabriqué avec de vieux chiffons, ex rasuris veter umpannor uni .
On a cru longtemps qu'au moyen âge il y avait deux espèces de papier : le papier de coton, fabriqué avec de la bourre de coton à l'état naturel, et le papier de chiffe fabriqué avec des chiffons réduits en bouillie. Les fibres du chanvre et du lin, examinées au microscope ne peuvent être confondues avec celles du coton. L'examen qu'ont fait MM. Briquet et Giry des documents, qu'on croyait jusqu'ici écrits sur papier de coton, les autorise à déclarer que tous les papiers, conservés dans les bibliothèques et les archives d'Europe, ne contiennent que du chanvre et du lin1. D'après Thomp-
. Cf. Prou, op. cit. p. 30.
son1, le coton pouvait être employé par occasion, mais aucun des papiers examinés n'a été fabriqué avec du coton.
Le papier a été rarement employé pour les manuscrits de la Bible avant le xnie siècle ; cependant Tischendorf 2 signale un Lectionnaire dans lequel ont été insérées deux feuilles de papier. C'était l'usage de remplacer, dans un manuscrit en parchemin, les feuilles perdues par des feuilles en papier. Ainsi, le codex Leicestrensis, xive siècle, est composé de parchemin et de papier, dans la proportion de deux feuilles de parchemin, suivies de trois feuilles de papier, et ainsi tout le long du volume. Il en est de même des codex minuscules 206 et 233.
Le parchemin resta en usage conjointement avec le papier, tant qu'on transcrivit manuellement les livres ; les belles copies des Livres saints étaient toujours sur parchemin. C'est l'invention de l'imprimerie qui assura la victoire définitive du papier.
§2. — Instruments pour écrire.
Stiles et calâmes. — Le stile, a-riïXo;, Yp*<feîov, yp*?^, Ypacptèiov, stilus, graphium, tige pointue de fer, de bronze, ou d'un autre métal, d'ivoire, d'os, était employé dans l'antiquité et au moyen âge pour tracer les caractères sur les tablettes de cire. L'extrémité oppola pointe se terminait par une palette, qui servait à effacer lefl caractères pour les corriger ou les raturer complètement; de là l'expression vertere stilum, corriger. Pour écrire à l'encre sur les papyrus et le parchemin, on employait le calame, xàAajxoç, SôvaÇ,