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CHAPITRE IV

Les autres versions du Nouveau Testament, que nous avons à examiner, sont d'importance secondaire, parce qu'elles sont moins anciennes, et surtout parce qu'elles ont été faites d'après des textes grecs récents, ou même d'après d'autres versions.

§ 1. — Version arménienne.

Les données, que rapportent sur cette version trois anciens historiens arméniens, Koriun, Lazar dePharpi et Moïse de Khorène, sont assez confuses. Voici ce qui nous paraît pouvoir en être dégagé de plus certain.

C'est de la Syrie que le christianisme vint en Arménie ; on n'y connut tout d'abord que des Livres saints en syriaque. Mais comme ils n'étaient pas compris de la population on se préoccupa de traduire ces Livres en arménien. C'est à saint Mesrob, aidé d'un scribe grec, Hrofanos (probablement Rufin), qu'on attribue ordinairement cette première traduction. Elle fut faite probablement d'après le texte syriaque, vers l'an 305-400. Il est cependant des critiques qui pensent qu'elle fut faite d'après le texte grec. Mais comme le grec et le syriaque

étaient connus en Arménie, et comme d'ailleurs il est dit qu'un scribe grec aida saint Mesrob, il est probable que la traduction arménienne a été faite d'après les deux langues. De quelle façon? Nous l'ignorons. D'autre part, saint Sahak avait traduit les livres saints en arménien, d'après le syriaque; notons que, d'après Lazar de Pharpi, ce fut d'après le texte grec. Conybeare H pense que la Bible a été traduite deux l'ois en arménien, une fois par saint Mesrob, d'après le grec, et une autre fois par saint Sahak, d'après le syriaque.

En 431, Koriun et Eznik apportèrent de Constantinople de bons exemplaires grecs de la Bible et les deux traductions arméniennes furent corrigées d'après ces exemplaires, ou peut-être même faites à nouveau d'après ces exemplaires grecs. Elles auraient encore été revisées d'après des manuscrits alexandrins, si nous en croyons Hyvernat 2.

Gregory 3 expose les faits d'une façon plus simple, mais assez différente. D'après lui. Mesrob et le patriarche arménien Isaac commencèrent, au v* siècle, à préparer une traduction arménienne de la Bible d'après le texte syriaque. En l'an 431, deux disciples de Mesrob, Jean Ekelensis et Joseph Palnensis, apportèrent d'Éphèse des manuscrits grecs. Mesrob et Isaac reconnurent la grande valeur du texte grec et mirent de côté la traduction qu'ils avaient faite d'après le syriaque. Jean et Joseph furent envoyés à Alexandrie pour apprendre à fond le grec, et alors ils traduisirent le Nouveau Testament d'après le grec. Ajou-

i. BcMVINER-MlLLBH, .1 pfai'fl Introduction t» thr Criticitm <</ the Pcatamtnt, vol. (I, i». 151 ; Armtnian Vtrêion, London, 1KU4.

tienne de la BibU dani !<• DictionnaiM dt in Bible d« \ n.'ii roi \, i. i. col. 1011, Paris, 1808. .). BtnleUung i p. 816, Leipzig, 190Ç.

tons que Gregory regarde cet exposé comme d'une historicité douteuse *.

Ce qui est certain, c'est qu'il exista une première traduction arménienne, faite d'après le syriaque, car A. Robinson a démontré qu'il y a une étroite parenté entre la vieille version syriaque et la version arménienne des évangiles et des épîtresde saint Paul. Est-ce celle de saint Mesrob ou une autre plus ancienne, antérieure au vie siècle? C'est ce que nous ne pouvons dire. Il est possible en effet qu'une traduction arménienne ait existé à cette époque, puisqu'un écrivain arménien du vne siècle, Théodore, parle d'une ancienne traduction arménienne du Nouveau Testament qui contenait les versets de la sueur du sang, Le, XXII, 43, 44, et la troisième épitre (apocryphe) de saint Paul aux Corinthiens, qui aurait été citée par saint Grégoire l'illuminateur, l'apôtre de l'Arménie, commencement du iv« siècle. D'une discussion du témoignage de saint Grégoire, Conybeare2 conclut que la première traduction arménienne a été faite au commencement du iv° siècle, bien que les historiens n'en parlent pas. Il nous semble que leurs récits paraissent plutôt contredire cette conclusion.

Des faits constatés il résulte que l'on doit trouver dans la version arménienne trois éléments distincts : 1° des textes vieux syriaques; 2° des textes grecs primitifs; 3° des textes grecs récents. C'est en effet ce que l'on constate; la base de la version est de type syrien, mais elle présente en outre des leçons en accord avec les vieilles versions syriaques et dans les épîtres pauhniennes des leçons qui s'accordent avec celles de Ke H:t et Euthalius, qui représentent le type grec de

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