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mélangé de leurs textes, dont la traduction est peu littérale et qui ont été plusieurs fois revisés. A l'exemple de Burkitt, et nous aidant de son travail et de celui de Guidi, nous examinerons séparément les diverses parties du Nouveau Testament .
1° Évangiles. Il est possible que les évangiles aient été traduits avant Mahomet. Bar-IIebraeus semble dire qu'une traduction en aurait été faite entre 631 et
1. La plus ancienne traduction arabe que nous ayons des évangiles a été faite d'après le texte syriaque Peschitto; elle date du vme siècle et se trouve dans un manuscrit du Vatican, Arabus, 13, qui vient du couvent de Mar-Saba, près de Jérusalem. 11 contenait les Psaumes, les évangiles, les Actes et toutes les épîtres ; il ne reste plus que des fragments des évangiles et des épîtres de saint Paul. La traduction est paraphrastique. Nous avons encore une traduction arabe des évangiles, faite d'après la syriaque Peschitto, dans le manuscrit bilingue syro-arabe, du xe-xie siècle, catalogué 75 par Gregory.
A côté de ces versions arabes des évangiles nous devons placer la traduction arabe du Diatessaron syriaque, qui a été faite au commencement du xie siècle d'après un texte syriaque, assimilé, dit-on, au texte de la Peschitto; Hoskier n'est pas de cet avis.
2. Dans quelques manuscrits du xi* siècle nous avons une traduction arabe des évangiles, faite d'après le grec; ils proviennent probablement d'un manuscrit bilingue gréco-arabe.
3. Beaucoup de manuscrits de la version copte bohaïrique sont accompagnés d'une version arabe. Tel est le codex copte 9, au Vatican, écrit en 1202.
4. Aucune de ces versions n'était officielle; on comprit en Egypte, où l'arabe était devenu la langue
nationale, la nécessité d'avoir un texte unique. La première revision fut faite à Alexandrie, en 1250, par Hibat Allah ibn el-'Assât. Cette revision des évangiles était accompagnée de variantes du grec, du syriaque et du copte.
Vers la fin du xme siècle, elle fut remplacée par une seconde revision, dont le texte était une reproduction du texte arabe qui accompagnait la version copte dont nous avons parlé plus haut ; il était plus complet, car on y avait inséré certains mots qu'on trouvait dans les textes syriaque ou grec, mais non dans le copte. Ce texte est la Vulgate alexandrine.
D'après Guidi, certains manuscrits du x°, xive, xviie siècle contiennent des versions arabes, pour la plupart dérivées du syriaque, qui se distinguent par leur style, en prose rythmée ou en élégant arabe. Il y aurait aussi des manuscrits, écrits en Espagne, dont le texte arabe serait une traduction de la Vulgate latine.
2° Epîtres de saint Paul. 1. Des traductions arabes des quatorze épîtres de saint Paul, faites sur le grec, se trouvent dans le codex du Vatican, mentionné plus haut, et dans un manuscrit du ix° siècle, publié en 1894 par Mrs Dunlop Gibson; il contient les épîtres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates et une partie de l'épître aux Éphésiens. Cette version représente un texte grec de type syrien avec mélange de bonnes leçons.
2. La version arabe des épîtres pauliniennes faite d'après le syriaque se trouve dans le codex 134, actuellement à Saint-Pétersbourg, et daté de l'an 892 ; elle paraît avoir été traduite d'après une copie nestorienne de la PeschittO, avec un mélange de gloses et d'additions.
3* Actes et èpltreê catholiques. — On ne connaît aucune traduction arabe des Actes et des grandes
épîtres catholiques, Jcq., I Pier., I Jn, faite d'après le grec. Dans les éditions de ces écrits la version est un mélange de textes dérivés du grec, du syriaque et du copte. La traduction des épîtres catholiques contestées parait avoir été faite directement d'après le grec
En 1899, Mrs Dunlop Gibson a publié un manuscrit arabe, contenant en traduction arabe les Actes des apôtres, du ch. VII, 37 à la fin et les épîtres catholiques ; elle est assez libre. Celle des Actes et des trois grandes épîtres est faite d'après la Peschitto ; celle des epitres contestées est faite d'après la syriaque philoxénienne, non revisée.
4° Apocalypse. - Cet écrit n'était pas canonique chez les chrétiens Arabes; il s'ensuit que les traductions en sont différentes suivant les manuscrits.
Gregory' a catalogué 144 manuscrits arabes du Nouveau Testament; 35 sont en Angleterre, 3 à Vienne, 13 à Leyde, 1 à Amsterdam, 1 à Leuwarden, 10 a Pans, 19 en Allemagne, 52 en Italie, 3 à Saint- Pétersbourg, 1 chez Epiphanius, évoque du Jourdain Dans son troisième volume, p. 1324, il a catalogué
CFe 7? mfuscrits ««bes, dont 45 sont au Mont binai et 21 a Londres.
Les éditions arabes du Nouveau Testament sont nombre .uses. Voici les principales : 1° une édition à Rome des évangiles, reproduisant la Vulgate alexandnne, publiée en 1590-1591 par J. Baptista Raymundi; 2» une édition de tout le Nouveau Testament publiée à
dl 1 p61,8' r TlTaS ^ 3° une version arabe dans la Polyglotte de Paris, 1645, reproduite avec peu de changements dans la Polyglotte de Londres, J£ 4 Une édition de tout le Nouveau Testament en caractères carshuniques, Rome, 1803, pour les chré
*• Op. rit. p. 58;{.
tiens maronites. 5° Une édition des évangiles par de Lagarde, Leipzig, 1864. avec un appareil critique.
Des églises orientales nous passons aux églises d'Occident où nous trouvons d'autres versions anciennes du Nouveau Testament.
S 6. — Version gothique.
La version gothique a été faite dans le milieu du ivc siècle par un Cappadocien Wulfila ou Ulfilas, 310- 380, ou 311-381, ou 313-383, évêque arien des Goths, alors établis en Mœsie. Il s'est servi pour sa traduction d'un texte grec, de type syrien, mais ayant aussi des leçons de type neutre ; il serre de près le texte grec. Il n'avait pas traduit l'épître aux Hébreux. Il ne semble pas qu'il se soit glissé dans cette traduction des traces de l'hérésie arienne. Cette version a été modifiée dans une certaine mesure sous l'influence des versions latines, du type italien, lorsqu'elle fut portée par les Goths en Italie. Il en résulte que son témoignage doit Atre utilisé avec précaution. Il en est même qui, en présence de ces leçons vieilles latines, ont cru que la version gothique avait été faite en Italie ou en Espagne. Burkitt a soutenu que des codex vieux latins, comme le codex Brixianus, auraient été écrits d'après un manuscrit gotho-latin, où la version latine aurait été revisée d'après la version gothique. 11 a rassemblé un certain nombre de leçons de ce manuscrit qui diffèrent de la vieille version latine et de la Vulgate pour s'accorder ta version gothique.
On ne possède <|u<> des fragments de cette version. Le manuscrit le plus connu est le Codex argenteus, actuellement à l'Université* d'Upsal, du v° ou vr lièelej en belles majuscules gothiques, en lettres d'argent,
quelquefois en lettres d'or; il contient des fragments des évangiles, rangés dans Tordre occidental, Matthieu, Jean, Luc, Marc.
Les autres manuscrits sont les Codices Ambrosiani, fragments palimpsestes de cinq manuscrits du vi9 siècle ; ils contiennent des fragments de Matthieu , Jean (quelques-uns de Luc et de Marc) et des épîtres pauliniennes. Il y a d'autres fragments à Turin et à Rome.
Le Codex Carolinus, dans la bibliothèque Wolfenbttttel, manuscrit du vi° siècle, contient des fragments de l'épitre aux Romains, environ 40 versets.
Tous ces fragments ont été réunis et publiés par Conon von der Gabelentz, par J. Loebe, à Altenburg et Leipzig, 1836-1843 etpar Massmann, Stuttgart, 1857. La meilleure édition de la version gothique paraît être celle de H. Balg, The first TeutonU [Germanie] Bible, translated chiefly irom the greek by the gothic bishop Wullila in the fourth century and the other remains of the gothic language.edited with an introduction, a syntax and a glossary, Milwaukee, Wisconsin, 1891. La plus récente édition est celle de W. Streitberg: Die gotische Bibel; Ier Teil : Die gotische Text und seine griechische Voilage, Heidelberg, 1908. Von Glaue a publié récemment des fragments gotho-latins.
Tous les livres du Nouveau Testament sont représentés dans la version gothique par des fragments plus ou moins étendus, sauf les Actes, l'épitre aux Hébreux et l'Apocalypse.
S 7. — Version slavone.
Cette version a été faite par les frères Cyrille, 827-869, et Méthode, f 885. Les deux apôtres des Bul-
gares voulurent donner à ceux-ci dans leur langue les parties de la Bible qui étaient lues dans les offices publics. Vers l'an 864, peut-être même plus tôt, ils commencèrent leur traduction. Cyrille aurait traduit d'abord l'évangile de saint Jean et les parties liturgiques de la Bible. Méthode et d'autres après lui auraient complété la traduction. D'après certains slavisants, la traduction aurait été faite en vieux bulgare ; d'après d'autres, en vieux slovène.
Cette version nous a été conservée dans de nombreux manuscrits. Pour le Nouveau Testament nous mentionnerons le codex Zographensis et le codex Marianus, écrits en caractères glagolitiques, tous deux du xe-xie siècle et dans le dialecte bulgaro-slovène; ils ont été édités à Berlin, 1879 et 1883, par Ignaz Jagic. Le codex Ostromir, écrit en caractères cyrilliques, et en dialecte russo-slovène, 1056-1057, a été publié par A. Vostokov à Saint-Pétersbourg, en 1843. Ces trois manuscrits contiennent les évangiles seulement. On a édité encore d'autres manuscrits slavons *.
La seconde partie du Nouveau Testament, l'Apostol, comme disent les Slaves, a été étudiée par Voskressenski qui a publié, à Moscou, en 1879, une monographie sur les manuscrits qui le contiennent; en 1892 il a donné une édition critique de la version slavonc de l'épître aux Romains.
Pour l'Apocalypse, le plus ancien manuscrit remonte au xme siècle.
Cette version slave est très importante pour l'histoire de la langue ; elle l'est assez peu pour la critique textuelle. Elle a été faite d'après le texte grec du type syrien: cependant les manuscrits offrent des variantes
i. i.i tkritik, p. 735,
qui prouvent que leurs textes ne dérivent pas tous du même texte grec * .
§ 8. — Versions plus récentes.
La version saxonne ou anglo-saxonne. — D'après Gregory, les évangiles paraissent avoir dû être traduits plusieurs fois en saxon. En 735, le Vénérable Bède a traduit l'évangile de saint Jean. Tischendorf datait du vme siècle des évangiles saxons qu'il avait vus à Londr.s. D'après Scrivener, on ne connaît qu'une version anglo-saxonne des évangiles; le reste du Nouveau T tament n'a pas été traduit. Cette version a été faite dans le dernier quart du xe siècle dans le sud-ouest de l'Angleterre. On en a quatre manuscrits, deux à Cambridge, deux à Oxford. Il en existe aussi deux copies au British Muséum.
Cette version a été faite d'après un manuscrit de la Vulgate d'un type que l'on n'a pas pu déterminer exactement. Comme on y rencontre des leçons vieilles latines, il est certain que c'était un texte mixte. Elle n'a donc aucune importance pour la critique du texte grec, mais peut être utile pour déterminer quels étaient les manuscrits latins dont on se servait en Angleterre au x8 siècle.
Il existe plusieurs éditions de cette version ; la plus ancienne est celle de Parker, Londres, 1571. Tous les manuscrits ont été publiés par \V. Skeat : The Holij Gospels in Anglo-Saxon, Northumbrian, and Old Mercian Versions synoptically arranged, with collations exhibiting ail the readings of ail mss; together with the early Latin-Version as contained in the Lin-
VOl"HUnle/finCf«fCtO,'iSti</UOS,!eS manUSC>'ilS. Cf. SCRIVENER, Op. Cit.
nuscr t'.'tf?. : P°Ur le" <;,"t,ons de la Bible sla™°e et les manuscrits, cf. Gregory, op. cit. p. 734-743 et 1341-13',:;.
28fi VERSIONS ANCIENNES.
disfarne ms, collated with the Latin Version in the Rushworth ras, Cambridge, 1871-1887.
J. \V. Bright a publié une édition critique de la version anglo-saxonne.
La version franque. — La traduction de l'évangile de saint Matthieu en dialecte franc, branche du teutonique, a été publiée en 1827 par J. A. Schmeller, Stuttgart et Tubingen, d'après un manuscrit de Saint- Gall, ixe siècle. Tischendorf ne sait pas si la traduction franque a été faite d'après le texte grec ou le texte latin; il est plus probable que c'est d'après le latin.
La version teutonique. — Cette version en dialecte franco-bavarois se trouve dans un manuscrit du ix6 siècle, actuellement à Vienne, primitivement au couvent de Monsee. Elle a été publiée plusieurs fois et en dernier lieu par G. Allison Hench, Strassburg,
La version bohémienne. — J. Dobrowsky distingue une recension ancienne et une récente de la version bohémienne; la plus ancienne se trouve dans un manuscrit de Dresde, écrit entre 1390 et 1410.
La Bible bohémienne a été publiée pour la première fois en 1488. Ungar, Allgemeine Bôhmische Bibliothek, Prag, 1786, croit que le Nouveau Testament avait été édité en 1475, peut-être à Prague ou à l'ilsen, ou à Nuremberg.
Nous ne parlerons pas des traductions modernes, françaises, anglaises, allemandes, italiennes ; elles peuvent avoir de la valeur au point de vue de la langue de L'époque à laquelle elles ont été laites; elles n'en ont aucune pour la critique du texte du Nouveau tament.