IMPORTANCE DES VERSIONS POUR LA CRITIQUE
qui est plus grammaticale, à cause de nua^piov, placé avant; elle est attestée par le codex de Bèze, par les vieilles latines, la Vulgate et les Pères latins,' Hilaire, Ambroise, Augustin, qui ont quod.
Si nous nous occupions de l'Ancien Testament il nous serait facile de faire ressortir l'importance de la version des Septante pour la critique du texte hébreu. Et même, en nous en tenant au Nouveau Testament, cette version peut nous rendre les plus grands services, puisque c'est elle qui est citée d'ordinaire par les écrivains du Nouveau Testament.
Il n'est pas besoin d'insister sur l'utilité des versions pour l'exégèse de certains passages difficiles et surtout pour l'histoire du texte. Elles peuvent aussi être très importantes, au point de vue dogmatique. Il nous suffira de citer la façon dont les versions vieilles syriaques présentent le texte de Mt, I, 16; nous en parlerons plus loin.
Principes de critique pour l'usage des versions. — Nous devons examiner séparément ce qui concerne l'auteur, le caractère, les manuscrits, les revisions et les éditions des versions.
1° La difficulté de retrouver le texte grec sous la version peut provenir du fait de l'auteur de la version. Ainsi, il a quelquefois omis les mots difficiles à traduire ; par exemple, Le, VI, 1, SeuTepoirpcn™ ne se trompas dans les vieilles versions latines b ce fc J q r les versions syriaques, Peschitto et Harkléenne - nous n avons pas ce passage dans les vieilles svriaques Sinaïtique et Curetonienne — dans les versions bohaïrique, éthiopienne. Ou bien, le traducteur a omis les expressions qui lui ont paru inconvenantes ou tautologiques, telles que certains mots araméens, talitha coum, Golgotha, etc., nécessaires en grec mais inutiles en syriaque. Le traducteur syriaque a supprimé
NOUVEAU TESTAMENT. — II. jf
aussi les mots qui lui ont paru superflus, tels que
e06Éu>;, îSoû, irdtXtv, tots, Àaêwv, Xsytov, àvaff-caç, àrcoxpiôeiç dans l'expression : oTroxpiôslç eItte. D'autres fois, il a ajouté les mots nécessaires pour suppléer aux ellipses du grec; il a expliqué certaines expressions, remplacé le pronom par le nom. Dans la version syriaque on lit 'HptoSri; ô !3acrtXeu;; ôSov ffaêSotrou est traduit par sept stades, lv cpuXaxvi par dans le Sheol, etc. Le changement est quelquefois nécessité par le caractère de la langue de la version. Le traducteur a quelquefois rendu le même mot grec par des mots différents : ttjp&o, 1 Jn, 3, 4, 5, est exprimé dans la Vulgate, dans ces trois versets consécutifs, par observare, custodire, servare. yAvo|/.o; est traduit ordinairement par iniquus Le, XXIJ, 37; Act. II, 23, mais aussi par sine lege, I Cor. IX. 21 ou par injustus I Tim. I, 9. Lorsque le mot traduit différemment n'est pas dans les mêmes écrits, on peut expliquer ces divergences par le fait que tous les livres du Nouveau Testament n'ont pas été traduits par un même auteur. Au temps où eurent lieu ces traductions, les écrits du Nouveau Testament étaient encore à l'état divisé; il existait des collections séparées des évangiles, des épîtres. Jusqu' au vii-\ihc siècle nous ne trouvons aucun manuscrit contenant une traduction de la Bible entière. Les manuscrits des vieilles versions n'ont tous qu'une partie du Nouveau Testament.
Il faut s'assurer aussi que le traducteur connaissait bien les deux langues et qu'au besoin il était capable de saisir les finesses de la langue grecque. Et l'on remarquer.! encore que le traducteur des épîtres paulinfoanesnedevail pasêtretrès versé dans la grammaire du grec, car souvent il méconnaît la valeur ou le sens <>ix des verbes, en particulier de la voix moyenne.
Il faut encore •'aiHirer que le traducteur savail bien