‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 93 sur 156 · Itala und Vulgata, p · texte numérisé non relu

Itala und Vulgata, p

•2. Adv. Ru/inum, I.

commentariolis ubi libertas est disserendi. Il faut d'ailleurs se tenir en garde quand la citation vient d'un hérétique, de Marcion, par exemple, qui ne craint pas de tronquer les textes scripturaires quand ils sont opposés à ses erreurs.

Rappelons que la façon de citer des écrivains anciens n'était pas la même que la nôtre en ce qui concerne la littéralité. Les manuscrits primitifs de la Bible, sous la forme de rouleaux, n'étaient pas faciles à consulter pour retrouver un texte, et même lorsqu'ils furent disposés en codex plus manuels, il était encore assez difficile de trouver des citations, dont on n'avait pas comme nous des tables de références. Aussi, la plupart du temps, surtout pour les citations courtes, on s'en rapportait au souvenir que l'on en avait. Il n'en était pas de même pour les citations longues: l'écrivain les retrouvait plus facilement et d'ailleurs ne pouvait plus se fier à sa mémoire pour reproduire toute la citation. Nous avons déjà parlé de cette différence de littéralité entre les citations courtes et les longues et nous avons donné des exemples à l'appui *. Rappelons enfin que les paroles de Notre-Seigneur ou les épîtres de saint Paul sont citées beaucoup plus littéralement que les récits historiques.

Il faut tenir compte aussi du genre d'écrit dans lequel se trouve la citation. Dans un traité d'exégèse où les textes sont discutés, ceux-ci sont cités littéralement; il en est de même, mais peut-être à un degré moindre, dans les traités dogmatiques ou polémiques. Tertullien a, croit-on, cité exactement les écrits de Marcion. Mais dans les homélies ou les ouvrages d'édification, le prédicateur ne s'astreint plus à la littéralité

1. Le Nouveau Te»tament dans l'Église chrrtiennc, t. I, p. 11, Paris,

des textes qu'il cite. Les homélies de saint Chrysostome peuvent être données comme exemple. D'ailleurs, il est des écrivains plus soigneux les uns que les autres; l'un écrit avec exactitude, l'autre sans apporter à son travail tout le soin nécessaire.

Du fait que certains écrivains citent de mémoire, il résulte diverses conséquences dont il faut tenir compte dans l'estimation des citations. Il y a aussi combinaison de passages et ce cas est très fréquent. Nous en avons déjà donné des exemples *. En voici d'autres :

Dans l'épîtrc de saint Ignace aux Philadelphiens, VU , on trouve rassemblés dans une même sentence Jn, 111, 8 et I Cor. II, 10; et dans l'épître de saint Polycarpe aux Philippiens,I, sont combinés Actes, 1 1.25; [Pier. I. 8, 12. Dans saint Chrysostome, Hom. in Mt. I, 558, éd. Field, au milieu d'un passage de Mt, XIII 56, se trouve inséré un passage de Jn, VI, 42. Il en résulte aussi des transpositions : on en cite des exemples dans saint Irénée, V, 10 et 13; III, 38 et 13 et dans saint Jean Chrysostome — et surtout des changements de construction, des mots équivalents employés à la place d'autres.

Écrivains ecclésiastiques. — Nous devons dire quelques mots de chacun des écrivains ecclésiastiques qui fournissent des citations du Nouveau Testament, afin de fixer l'usage qu'on en peut faire pour la critique du texte. Nous renvoyons le lecteur à notre premier volume du Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, où l'on trouvera un exposé détaillé des citations néotestamentaires des premiers écrivains ecclésiastiques.

Observons cependant que beaucoup de ces citations, très importantes pour l'histoire du canon du Nouveau

l. Le Nouveau Testament dans l'Église chrétienne, t. J, p. 12, il, etc.

Testament, le sont beaucoup moins pour la fixation du texte, à cause de la manière dont elles ont été faites par les écrivains ecclésiastiques; elles ne sont pas assez littérales pour qu'on puisse en tirer des conclusions certaines sur telle ou telle leçon. Il y a aussi souvent lieu, surtout pour les premiers écrivains, de se demander si elles viennent de nos évangiles ou de la tradition orale.

Les écrits des Pères apostoliques nous offrent peu de citations du Nouveau Testament et dans l'épître de saint Clément aux Corinthiens, 96-98, nous trouvons des mélanges de textes et quelques citations littérales, surtout des épîtres pauliniennes. La Doctrine des apôtres est beaucoup plus riche en citations textuelles, principalement de l'évangile de saint Matthieu; on y trouve aussi des combinaisons de textes évangéliques qui proviennent peut-être d'une ancienne harmonie des paroles du Seigneur.

L'épître de saint Barnabe, les épîtres de saint Ignace, le Pasteur d'Hermas contiennent de nombreux passages qui rappellent ceux du Nouveau Testament, mais, pour la plupart, ils ne fournissent pas des citations littérales. L'épître de saint Polycarpe, 110-117. en possède quelques-unes, mais aussi le même mélange de textes que celle de saint Clément. L'épître dite de Clément, mais qui est probablement une homélie du iie siècle, est plus riche en textes littéralement cités.

Si nous passons aux Pères apologistes, laissant de côte Quadratus et Aristide, les presbytres et Papias, nous arrivons à saint Justin dont les ouvrages, 150-100, nous offrent de nombreux textes néolestamentaires dont la teneur est importante pour déterminer ïàgo et les caractéristiques du texte occidental. Son disciple Tatien est surtout très important à cause do l'influence

qu'a exercée son Diatessaron sur le texte du Nouveau Testament. Son témoignage serait très précieux si nous le possédions en entier et dans la langue originale. Il en serait de même pour Marcion si nous n'en étions pas réduits à colliger des fragments de son évangile de saint Luc et des épîtres pauliniennes dans les ouvrages des écrivains qui l'ont combattu. Ce que Tertullien nous en a transmis suffit pour établir que Marcion est, lui aussi, un témoin du texte occidental. Pour ces écrivains : Justin, Tatien, Marcion, d'origine orientale mais vivant en Occident, il est difficile de préciser la patrie du texte qu'ils nous ont transmis. De plus, leur témoignage et celui de leurs prédécesseurs est fragmentaire ou peu littéral: mais à la fin du n cle nous trouvons des œuvres d'une importance capitale pour la critique du texte du Nouveau Testament.

En première ligne vient saint Irénée, 135-202, dont le témoignage est d'autant plus important qu'il implique tout à la fois la tradition orientale et l'occidentale. Né en Asie, il a vécu la plus grande partie de sa vie en Gaule. Autant qu'on en peut juger, les citations du Nouveau Testament qu'on relève en très grand nombre dans ses œuvres, représentent un texte de type occidental. 11 est nécessaire qu'une étude attentive de son texte du Nouveau Testament soit faite pour savoir si les citations que nous avons en grec n'ont pas été modifiées par ceux qui nous ont transmis des fragments de son œuvre, et si, d'autre part, le traducteur latin n'a pas conformé son texte latin à celui des versions latines de son temps. Nous pensons que ce travail se trouvera dans l'introduction de l'ouvrage de Sanday sur le texte néotestamentaire de saint Irénée.

Clément d'Alexandrie, 150 ou 160 à 212 ou 220, sera aussi d'une grande utilité pour la critique du texte du

Nouveau Testament, si Tonarrive à démontrer que, dans l'ensemble de ses œuvres et pour toutes les parties du Nouveau Testament, il cite des leçons de type occidental, ce que l'on a établi pour les évangiles seulement.

Le témoignage d'Origène est de beaucoup le plus important que nous possédions sur le Nouveau Testament. Il ne cite pas toujours, il est vrai, littéralement les textes, mais il en est beaucoup qu'il a discutés et dont il a jugé la valeur en examinant et en discutant les diverses leçons des manuscrits. Il nous apprend qu'il les a trouvées dans un grand nombre de manuscrits, ou dans les meilleurs ou dans les plus anciens. Il est en fait le premier critique textuel du Nouveau Testament. Par lui nous apprenons quelles étaient les leçons admises de son temps et celles qu'il préférait lui-même. Elles sont de type différent dans plusieurs de ses écrits et nous essayerons plus loin d'en donner la raison. En général, elles sont du type neutre, soit que ce soit le type dominant de son temps en Egypte, soit qu'il en soit l'auteur principal comme reviseur d'un texte antérieur, par exemple le texte occidental. La plus grande partie des œuvres d'Origène sont perdues ; toutes celles que nous avons en grec ont été publiées d'après les méthodes critiques, sauf les commentaires sur saint Matthieu.

Le témoignage de Tertullien doit être utilisé avec précaution, parce qu'il citait souvent de mémoire et quelquefois lus mômes textes d'une façon différente, de sorte qu'on ne peut savoir s'il se servait d'une version latine déjà existante ou s'il traduisait lui-même le texte grec. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser sur celte question. Saint Cyprien est le témoin de la version latine africaine. Son Nouveau Testament a été restitué par rleidenreich et par llans von Soden et celai de Tertullien par Rônsch.

Les citations du Nouveau Testament qu'on trouve dans les œuvres d'Hippolyte, principalement dans les Philosophoumena, sont nombreuses, mais elles sont trop inexactes pour que l'on doive en tenir compte. Nous apprenons dans ce livre à connaître la façon dont les hérétiques de son temps traitaient les Écritures. Nous citerons d'autres écrivains de cette époque dans la liste ci-dessous. Mentionnons cependant Pamphile de Césarée, -j- 309, à cause des nombreux manuscrits de l'Ancien et du Nouveau Testament qu'il avait rassemblés dans la bibliothèque de Césarée, et qui ont joué un grand rôle dans l'histoire du texte néotestamentaire. A Pamphilenous devons joindre son contemporain, Eusèbe, évêque de Césarée, 270-340, qui partagea ses travaux et prépara les copies de la Bible que lui avait demandées Constantin. 11 cite les textes assez inexactement mais les citations qu'il fait dans ses ouvrages des écrits des anciens auteurs, nous apprennent quels textes citaient ceux-ci.

Les écrivains syriens Aphraates et saint Ephrem seront interrogés pour savoir quel était le texte syriaque existant de leur temps, probablement une forme de la vieille version syriaque, mais avec des leçons de la Peschitto, dans le second.

Saint Jérôme est un témoin de première importance pour la critique du texte du Nouveau Testament et cela d'autant plus que, dans ses commentaires, il discute les variantes des manuscrits. Son témoignage n'est pas indépendant de celui d'Origène.

Saint Augustin, qui a cité un grand nombre de textes, les épitres pauliniennes plus exactement que les évangiles, est un témoin delà vieille version latine. Cependant Burkitt ' a démontré qu'à la fin de sa vie,

\. The old Latin and the Ilala, p. 57-59, Cambridge, 1896.

s'il citait cette version dans les passages courts, de mémoire par conséquent, pour les passages longs des évangiles il se servait de la Vulgate.

Il suffira de mentionner Tyconius, un donatiste du ive siècle, qui, même après que la Vulgate a été acceptée dans l'Eglise d'Occident, se sert encore de la vieille version latine, et Primasius, évêque d'Adrumète, au vie siècle, dont le commentaire sur l'Apocalypse contient le texte presque complet de ce livre dans la vieille version latine de type africain. Ambrosiaster s'accorde ordinairement pour ses citations avec les codex D F Qpaui Grégoire de Nazianze, comme les autres Pères grecs depuis 350, a un texte mélangé. Basile le Grand a discuté des variantes des manuscrits. Apollinaris donne des leçons anciennes. Athanase représente le texte, dit alexandrin par Hort, mais dans sa forme la plus ancienne. Sauf en de rares citations, à partir du ve siècle, les Pères grecs citent le texte de type syrien, et les Latins celui de la Vulgate.

Voici rangés par régions et dans l'ordre chronologique les noms des écrivains ecclésiastiques, grecs et syriens, que l'on trouve d'ordinaire dans les apparats critiques du Nouveau Testament. Les écrivains latins ont été mentionnés p. 146. On trouvera dans Gregory 1 une liste plus complète avec indication des ouvrages de chaque autour et la mention des écrits sans noms d'auteurs, tels que les Acta apostolorum, Acta martyrum, Praedicatio Pétri. Les dates marquées sont celles de la vif. des œuvres ou de la mort de chaque auteur.

Egypte :

Barnabe (épître de), vers 130.

Clément d'Alexandrie, didascale, 150(160)-212(220).

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