‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 95 sur 156 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Nous avons étudié tous les documents qui nous donneront les variantes du texte du Nouveau Testament; nous trouverons celles-ci relevées en partie dans les appareils critiques de Tischendorf, Gregory, von Soden, ou dans ceux qui accompagnent les divers commentaires récents des écrits du Nouveau Testament. Nous pouvons nous-mêmes en trouver de nouvelles dans les manuscrits, les versions et surtout dans les écrivains ecclésiastiques, dont on a jusqu'à présent assez peu examiné le texte pour relever les variantes néotestamentaires. Nous avons maintenant à faire d'après tous ces matériaux un travail personnel pour juger quelle variante, dans chaque cas particulier, est celle que nous devons choisir entre plusieurs comme la bonne leçon. Cette étude nous apprendra d'ailleurs quelles règles ont suivies les critiques pour l'adoption de telle variante, plutôt que dételle autre.

Établissons la marche à suivre pour obtenir ce résultat.

N'oublions pas cependant qu'il ne s'agit pas ici de faire des conjectures, mais de juger quelle est, en fait, parmi les leçons existantes, celle qui a le plus de chances d'être la bonne. Il est possible, quoique assez peu probable, que ce ne soit aucune de celles que fournissent les documents, mais nous devons accepter l'une de celles-ci en attendant que de nouveaux documents nous en apportent une meilleure. Vouloir proposer des corrections qui n'ont pour elles le témoignage d'aucun document, manuscrit, version ou écrivain ecclésiastique, c'est faire œuvre d'imagination et non de critique. Toutes les fois que même des critiques exercés, au temps où les manuscrits du Nouveau Testament étaient peu nombreux et de médiocre valeur, ont tenté des restitutions de passages défectueux, il est rare que les documents découverts dans la suite aient justifié ces conjectures. Havet' croit cependant que les faits établissent la légitimité de la critique conjecturale. Son affirmation ne porte que sur les écrivains classiques.

La correction conjecturale n'est justifiée que lorsqu'elle est nécessitée par une faute évidente de copiste, ainsi que nous allons le dire.

Ceci posé, passons aux règles de la critique textuelle. Lorsqu'un texte se présente sous plusieurs formes, on peut 1° examiner les variantes en ellesmêmes, cVst-ù-dire juger quelle est celle des deux ou trois variantes qui a pu être le fait de celui qui a topié li- manuscrit, ou bien on peut chercher à déteriniiu'i' la variante qui répond le mieux à l'ensemble du texte. Doue, 7, il faut étudier les variantes diverses

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