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CHAPITRE III

PRINCIPES DE CRITIQUE EXTEHNi:.

Les documents qui nous fournissent le texte du Nouveau Testament sont les manuscrits grecs, les vieilles versions, les écrivains ecclésiastiques Ces autorités sont de valeur très inégale; il y a donc lieu de rechercher les principes qui serviront de guide dans le choix des variantes fournies par les documents.

Il est inutile de faire remarquer que, lorsqu'une leçon a pour elle toutes les autorités, elle doit t adoptée et, au contraire, que, lorsque la leçon n'est qu une conjecture, on ne peut la donner que comme telle, si plausible qu'elle soit.

La question se pose lorsque les variantes ont chacune des documents en leur faveur. Laquelle faut-il adopter? Il serait enfantin de compter simplement les autorités et de donner la préférence à la variante soutenue par le plus grand nombre des témoins. Ces autorités sont de valeur trop inégale pour que l'une compense l'autre. Ce procédé ne pourrait avoir d ailleurs de valeur que si nous possédions tous les témoins; ce qui n'est certainement pas, puisqu'on découvre encore de temps en temps de nouveaux manuscnts.

Devons-nous alors donner toujours la préférence

aux documents les plus anciens? Pas nécessairement, car s'il est possible de déterminer exactement l'ancienneté d'un manuscrit, c'est-à-dire l'âge de sa transcription, il ne l'est pas toujours d'établir exactement l'âge du texte que contient ce manuscrit. Un codex du vie siècle, par exemple, peut être, relativement à son texte, moins ancien qu'un codex du xe siècle. L'ancienneté du texte d'un manuscrit dépend du nombre de copies qui le séparent de l'original. Il peut y avoir dix copies entre un manuscrit du vie siècle et l'original, tandis qu'il peut n'y en avoir que deux ou trois entre l'original et le manuscrit du xe siècle. C'est donc le texte de celui-ci qui est relativement le plus ancien. Il s'ensuit que ce n'est pas l'âge du manuscrit qu'il faut considérer, mais l'âge du texte qu'il contient. C'est le problème le plus important de la critique textuelle.

Pour arriver à connaître l'âge d'un texte, il faut rassembler les leçons à peu près exactement datées, telles que celles des versions et des écrivains ecclésiastiques, et les comparer aux diverses leçons du texte que présentent les manuscrits et, suivant qu'elles s'accorderont avec tel ou tel témoin daté, on conclura que le texte du manuscrit est de l'époque de ce témoin. On obtiendra ainsi un texte assez exactement daté, qui pourra être ancien, du il6 siècle par exemple. 11 n'est pas certain cependant que le texte du u" siècle soit le meilleur. La plupart des critiques le tiennent pour un texte sans homogénéité et dont certaines leçons sont à adopter et les autres à rejeter. Cette question de la valeur des divers textes sera étudiée plus loin dans le détail.

Quelques critiques ont pensé qu'il valait mieux s'en rapporter pour l'adoption «1rs variantes, fournies par U manuscrit, à la valeur absolue du manuscrit. C'est,

en particulier, le principe directeur du système de B. Weiss dont nous aurons à parler lorsque nous étudierons les systèmes de critique textuelle du Nouveau Testament.

Arrivons au point capital. Les documents, si nombreux qu'ils soient, se groupent en un certain nombre de familles, pour fournir les mômes variantes qu'ils tiennent d'un ascendant commun. C'est la tâche de la critique textuelle de déterminer ces familles, formées même de sous-familles, d'établir la valeur de chacune d'elles, d'en préciser l'origine et de déterminer lea rapports qu'elles ont entre elles et ainsi d'établir les règles à suivre pour l'adoption des variantes fournies par chacune d'elles.

C'est le travail qu'ont fait les principaux critiques pour l'établissement du texte du Nouveau Testament, travail qui avait été exécuté avec beaucoup de soin et de logique par Westcott-Hort, et qui vient d'être repris et poussé jusque dans ses dernières limites par von Soden. Nous en parlerons lorsque nous exposerons les systèmes de critique textuelle.

Signalons les observations qu'a faites Havet sur les difficultés d'une généalogie. « Elles sont de quatre espèces : 1° au lieu de diverger toujours, il arrive que les rameaux de l'arbre convergent; 2° dans un texte donné, certains morceaux, voire certains courts passages, parfois certains mots, peuvent avoir une généalogie particulière, autre que la généalogie de l'ensemble; 3° entre manuscrits, comme entre personnes, il peut se produire des rencontres de ressemblance qui ne viennent pas d'héritage ; 4° les surcharges comportent des interprétations multiples, dont le classement spécial peut contredire le classement généalogique'. »

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