CHAPITRE XI
mihi deerat , suppleverunt fratres, qui à personne. Car pour ce qui me manquait,
venerunt à Macedonift : et in omnibus nos frères venus de Macédoine y ont
sine onere me vobis servavi, et ser- pourvu : et en toutes choses j'ai évité de
vabo, vous être à charge , et je l'éviterai.
10. £st Veritas Christi in me, quo- 10. J'atteste la vérité de Jésus-Christ , Diàm hcG ^loriatio non infringetur in laquelle est en moi , que dans toute me in regtonibus Achaïœ. l'Achaïe la gloire qu'il y a en cela ne rece>
vra nulle atteinte en ma personne.
XitUesfe la vérilé de Jésus-Christ, Je prends Jésus-Chriiit à témoin de la résolution où je suis, de me conserver toujours la gloire de prêcher rEvangile dsns l'Achaïe, sans y éUe jamais à charge é personne.
11. Quare? Quia non diligo vos? 11. Et pourquoi ? Est-ce que j« ne vous Deusscit. aime pas? Dieu sait ce qui en est.
12. Quod autem facio , et faeiam : 12. Au reste ce que je fais , je le ferai Ut amputem occasionem eorum , qui dans la suite , pour ne point laisser de volunt occasionem . ut in quo glorian prétexte à ceux qui cherchent un prétexte, Uir , inveniantur sicut et nos. afin d'être semblables à nous , comme ils
en font gloire.
U. 12. Et pourquoi? Pourquoi ne veux-je rien recevoir de vous? L'ap6treen rend la vraie raison au verset 12. C'est ainsi que les faux docteurs qui cherchaient a s'enrichir par la prédication de l'Ëvangile, ne puisent pas avoir prétexte de dire qu'en cela iklui resseiublaieut , et qu'ila ne faisaient que ce qu'il faisait. Quelques inte.rprètps •opposant que ces faux docteurs pour paraître désintéressés, ne prenaient eux-mêmes rien des Eglises , expliquent ces paroles de la Yulgate, ut in quo glorianlur , inveniantur tieut et nos, de la manière que voici : ?ious ne recevons rien , afin d'ôter tout prétexte i ceux qui cherchent à se préférer a pous, et afin qu'ils n'aient aucun sujet de se glorifier, que nous n'ayons nous-mêmes.
13. Nam ejusmodi pseudoapostoli , 13. Car ces sortes de faux apôtres sont sunl operarii subdoli transfigurantes des ouvriers artificieux qui prennent l'apse inapostolos Christi. parence d'apôtres de Jésus-Christ.
14. Et non mirum : Ipse enim Sa- 14. Et ce n'est pas merveille , puisque tanas transfigurât se in angelum lucis. Satan même prend l'apparence d'ange de
lumière.
15. Non est ereo magnum , si mi- 15. Ce n'est donc pas une chose rare oistri ejus transngurentur velut mi- que ses ministres prennent l'apparence de Distri jostitls : saints ministres :
Quorum finis erit secundum opéra Et la fin de ces gens-là sera telle que
ipsoraro. leurs œuvres.
16. Iterùm dico (ne quîs me putet 16. Je le répète (que personne ne me insipientem esse , alioquin velut insi- croie un insensé , ou en tout cas souffrezpientem accipite me, ut et ego modi- moi comme un insensé, afin que moi aussi cam quid glorier.) je me glorifie un peu : )
Que personne ne me croie un insensé. Si en me louant, je parle le langage d'un insensé, necroyes pas que je sois insensé pour cela. Mais après tout, dussiez- vous me traiter d'insensé , je ne puis me dispenser de dire quelque chose à ma louange . afin de soutenir i'honnear de mou ministère, et de confondre ceux qui s'en fout trop accroire paimi vous.
17. Quod loqnor , non loquor se- 17. Ce que je vais dire sur ce qui fait ici eondùm Deum , sed quasi in insipien- le fonds de ma gloire , je ne le dis pas selon lia, in hac substantià glori». Dieu , mais comme si j'étais un insensé.
Je ne le dis pas selon Dieu, L'apôtre , même en se louant , agissait sans doute par le Qiouvement et l'inspiratioQ de Dieu. Il veut donc seulement faire entendre qu'à ne regarder les louanges qu'il se donne qu'en elles-mêmes , et indépendamment du motif, on aurait sujet de croire qu'il ne parle pas selon Dieu , et de le regarder lui-même comme on in^nsé. On ne saurait au reste trop faire d'attention aux correctifs dont se icrt saint Paul dans tout ce chapitre , et aux précautions qu'il prend pour se mettre à couvert de tout soupçon de vanité.
18. Quoniàm multi gloriantur se- 18. Puisque plusieurs se glorifient selon cundum carnem , et ego gloriabor. la chair , je me glorifierai aussi moi-même.
J86 II. EPITRE DE S. V\Vt AUX CORUVTHIEHS.
Se ffloriflent telon la chair. Se glorifient des avantages naturels , ou extérieurs , comme de la naissance , de l'éducation , etc.
19. Libenter enirii suffertis insi* 19. Car vous qui êtes sages , toos souf" pientes : Cum sitis rpsi sapientes; frez volontiers ceux qui ne le sont pas :
20. Sustinetis enim si qais vos in 20. Puisque si Ton vous rédoit en serservitutem redigit , si quis dévorât , vitude , si l'on vous mange, si l'on vous si quis accipit, si quis extoUitur, si pille, si l'on s'élève contre vous, si ron quis in faeiem vos csdit. vous frappe au visage, vous le souffrez.
19. 20. Dans ces deux versets l'apôtre rutile les Corinthiens sur leur complaisauce aveugle pour de faux docteurs, de qui ils ne reçoivent que de mauvais traitements. Sages et modérés connue vous êtes , leur dit-il , vous ne devet pas avoir de peine à supporter mes égarements. Vous êtes accoutumés à supporter les airs impérieux , les hauteurs, les vexations de vos prétendus apôtres; ils ont pris soin de mettre votre patience à de plus rudes épreuves que noua ne la mettrons par les louanges que nous nous donnerons.
21. Secundùm igTK)bi)ltatem dico, 21. Je parle dans des sentiments peu quasi nos infirini fuerimus in hfte nobles, comme si nous avions eu du faible parte. de ce côté-là.
In quo quis audet (in insipientià De quelque chose qu'aucun d'eux ose dico) audeo et ego. se vanter (je parle peu sagement) j'ose
aussi m'en vanter moi-même.
Je parle dans des sentiments peu nobles, Seeundumignohilitatemdieo quasi nosinfirtni fuerimus in kdc parte. Ces paroles de la Vulgate étant obscures par elles-mémei, sont expliquées différemment. Voici le sens que quelques-uns y donnent: Je le dis é votre honte : â caUse que nous n'avons pas gardé à votre égard cette conduite tyranuique que gardent vos faux docteurs, voos noua méprises, comme si c'était par faiblesse que nous en usassions de la sorte , ou que nous n'eussions pas autant de droit qu'eux de prendre sur vous la même autorité. D'autres font rapporter secundùm ignobiUlatem à saint Paul. Je le dis à ma confusion: Pendant que vous montrez tant de déférence pour des imposteurs , vous nous regardez comme des gens faibles et méprisables. Les interprètes fournissent d'autres explications , qu'il serait trop long de rapporter.
22. Hebrst sunt, et ego : Israël it» 22. Ils sont Hébreux , et moi aussi. Us sunt , et ego : Semen Abrahs sunt, et sont Israélites , et moi aussi. Us sont enego : fants d'Abraham , et moi aussi.
Ils sont Hébreux j etc. Ces paroles nous apprennent que c étaient des Juifs nouvelle' ment convertis, qui troublaient ainsi l'Eglise de Gorinthe.
23. Blinistri Christ! sunt, (ut mi- 23. Us sont ministres de Jésus-Christ, nùs sapiens dtco) plus ego : in lebori- (je parle comme un homme qui n'a guère bus plurimis , in carceribus abundan- de sagesse) je le suis encore plus qu'eux ; tiùs , in plagts supra modum , in ayant essuyé plus de travaux et plus de mortibus uequenter. prisons ; ayant été battu avec excès , et
m'étant vu en plusieurs rencontres à deux doigts de la mort.
24. A Judsis quinquies , quadra- 24. Cinq fois j'ai reçu des Juifis trentegênas , una minus , accepi (1) : neuf coups de fouet :
Cinq fois f ai reçu des Juifs, ete, C'est-i-dire les Juifs m'ont fait fouetter cinq fois. Comme la loi leur défendait de donner plus de quarante coups de fouet, pour ne se point mettre en danger de la violer, ils ne passaient jamais le nombre de trente-neuf coups.
25. Ter virgis cœsussum (2), 25. J'ai été trois fois battu de verges, Semel lapidatus sum , ter naufra- J'ai été lapidé une fois, j'ai fait naufrage
gium feci , nocte et die in profonde trois fois, j'ai été un jour et une nuit dans maris fui (3) : les abîmes de la mer :
J'«t été trois fois batUt de verges. Par les Romains. Ceux-ci se servaient le plus souvent de verges, au lieu que les Juifs se servaient pour l'ordinaire de courroies. — J'ai fait naufrage trois fois. Saint Luc ne nous a rien appris de ces trois naufrages. Celui duiit il est parlé au ch. 27 des Actes, n'était pas encore arrivé , lorsque saint Paul écrivait cette épitre. Pour ce qui est de ce que rajrôtre ajoute, qu'il a été un jour et une nuit
0) Deut. 25. 3. — ^2) Act. 16 22. — (3) Act. 14. 18 et 27. 41.
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au milieu de Iq mer, in profundo maris , cela signifie seulement, selon la plupart des meilleurs interprètes, qu'il se trouva pendant un jour et une nuit au milieu de la mer fans vaii«eau , nageant et luttant contre les fiuts qui étaient prêts à l'engloutir. Il est pourtant vrai que quelques-uns prétendent qu'il demeura réellement un jour et une nait enfoncé et caché au fond de la mer, et ce dernier sentiment paraîtrait plus rece- Table, que certaines autres explications forcées, auxquelles d'autres auteurs ont eu recours.
26. In itineribus saepè, periculîs 26. J'ai fait quantité de voyages, et fluminiim , periculis latronum , péri- couru des dangers sur les rivières, dangers rulisex génère, periculis ei gentibus, du côté des voleurs , dangers du côté de periculis in civitate , periculis ro soli- ma nation , dangers du côté des gentils , tudine , periculis in mari , periculis dangers dans la ville , dangers dans la iii falsis fralribiis : solitude , dangers sur la mer , dangers
parmi les faux frères :
27. In labore et srumnà, in vigiliis 27. Dans la fatigue et dans la misère , makis, in famé et siti , in jejuniis dans des veilles sans relâche, dans la faim multis , in frigore et nuditate , et dans la soif, dans des jeûnes continuels,
dans le froid et dans la nudité ,
28. Prster illa quae extrinsecùs 28. Outre ce qui est au-debors, l'accable* sunt, insiantia mea quotidiana , sol- ment d'affaires où je suis chaque jour , Ueiludo omnium Ecclesiarum. le soin de toutes les Eglises.
Outre ce qui est au-dehors, A toutes ces peines extérieures, ajoutez les peines d'esprit, l'accablement d'affaires dont je suis comme assiégé. On doit remarquer que le mot «Mtonftd de la Vulgote est uo substantif féminin, qui répond au mot grec im^iiçccatç.
Î9. Quis inGrmatur , et ego non 21^. Qui est faible , que je ne sois moiinfirmer ? quis scandalizatur , et ego même affaibli ? Qui fait un faux pas , que non uror ? je n'en aie une douleur cuisante ?
Que je ne soit moi-même affaibli. Que je ne compatisse à sa faiblesse. Quelques-uns traduisent : Qui est affligé , que je ne le sois moi-même ? On pourrait aussi entendre par ces paroles, qui scandalizalur ^ non une chute entière, mais le danger de tomber auquel expose le scandale : Qui scandalise-t-on ? etc.
30. Si gloriari oportet, quœ infir- 30. S'il est besoin de se gloriGer , je me initaiis mes sunt gloriabor. glorlGerai des choses qui m'humilient.
Des choses qui m^hum^ient. Des choses où je pourrais paraître avoir donné quel(|ue niarquede faiblesse. Ceci a rapport à ce qui est dit ensuite de la manière dont il sortit (le Damas.
31. Beus et pater Doraini uostri 31. Dieu qui est le Père de Jésus-Christ ^suChrisli, qui est benediclus in Notre-Seigueur, et qui est béni dans tous sccala» scit quôd non mentior. les siècles , sait que je ne mens point.
32. Bamasci prspositus gentis 32. A Damas, celui qui commandait Areue régis , custodiebat civitatem dans le pays pour le roi Arctas , faisait Daroascenorum , ut me comprehen- garder les portes de la ville pour me <»wet (1) : prendre :
Celui qui commandait , etc. Ce furent les Juifs qui excitèrent cette persécution contre uint Paul ; et ce furent vraisemblablement eux, qui se chargèrent du soin de garder ies portes, ainsi qu'il est rapporté au ch. 9 des Actes.
33. Et per fenestram in sportft di- 33. Mais on me descendît de la muraille missus sum per murum , et sic effugi par une fenêtre dans une corbeille, et ainsi niftous ejus. je m'échappai de ses mains.
l») Act. 9. 24,
1B8 n. EPITRE DE S. P4UL AUX CORINTHISIfS.