TOME II
194 IPITRE HE S. PAUL AUX CALATES.
Qui s'est donné lui-même pour nos péchés. C'est-à-dire qui s'est livré lui-même b (a mort, pour expier nos péchés, et non pas seuieiiieittpour nous en retirer par l'exemple (l'obéissance qu'il nous a donné, comme Grotius l'insinue dans ses remarques. TU.
5. Cui est gloria îd sscula S£cu- 5. Â.uque1 la gloire soit rendue dans lorum. Amen. tous les siècles des siècles. Amen.
6. Miror quôd sic tam cilô transfe- 6. Je m'étonne que vous quittiez sitôt, rimini , ab eo qui vos vocavit in gra- comme vous faites, celui par qui vous avez tiam Christi, in aliud evangelium^ été appelés à la grâce de Jésus-Christ,
et cela pour suivre un autre évangile,
Je m'étonne que vous quittiez si tôt. Il semble que lesGalates en s'assujeltissant aux cérémonies légales, ne quittaient pas pour cela la doctrine de Jésus-Christ qu'ils avaient embrassée. Mais ce point était contraire à ce que l'apôtre leur avait enseigné. £ri matière de foi , il ne faut que pécher dans un seul article , pour la perdre tout entière , et pour être censé suivre un autre évan^^ile. C'est ce qui renverse le système des Tolérants , et ce (jue Théophyiacte fait soigneusement remarquer contre ceux qui croient qiie dai:8 les questions de rcligiou on peut au moins céder quelque petite chose pour le bien de la paix.
7. Quod non est aliud, nisi sunl 7. N'y en ayant point d'autres. Mais atiqui , qui vos conturbant , et volunt c'est qu'il y a des gens qui mettent le convertere Evangelium Christi. trouble parmi vous , ei qui veulent altérer
î'Evangile de Jésus-Christ.
8. Sed licèt nos, aut angélus de 8. Cependant, quand ce serait nouscoelo evangclizet vobis praeterquàm mômes qui vous annoncerions un autre quod evangelizavimus vobis , ana- Evangile que nous avons annoncé , ou thema sit. quand ce serait un ange venu du ciel,
qu'il soit anathème.
Quand ce serait un ange venu du Ciel. Un ange venu du Ciel ne peut jamais enseigner une mauvaise doctrine. Mais suint Paul fait cette supposition quuiqu'impossible, pour faire sentir qu'on doit rejeter toute nouveauté dans la foi. quelle que puisse être l'autorité de ceux qui l'enseignent. — Qu'il soit anathème, Olte exprosion dans le langage ds l'Ecriture signifie ce qui est dévoué et destiné pour être entiêremeat exterminé.
9. Sicut prœdiximus , et nunc ite- 9. Comme nous venons de le dire , je le riim dico : Si quis vobis evangeliza- dis encore : Si quelqu'un vous annonce vcrit prapter id , quod accepistis, ana- un;;autre évangile que celui que vous avez thema sit. ireçu , qu'il soit anathème.
Vn autre évangile que celui que vous avex reçu. Par ces paroles du texte, prœler id quod accepistis, l'apôtre ne défend pas d'ajouter rien à ce qui avait été enseigné aui èalates : autrement, comme l'u remarqué saint Augustin (tract. 99. in Joânncm], tl ne serait pas assez d'accord a%ec lui-même, lui qui souhaitait d'aller chei les Thcissaloniciens pour suppléer à ce qui leur manquait encore de connaissances touchant la foi. Il ne prétend donc ici, que (je faire rejeter aux Galates toute doctriue contraire a celle qu'il leur avait enseignée.
10. Modo enim hominibus suadeo, 10. Car maintenant est-ce les hommes, an Deo? An quœro hominibus pla- ou Dieu, que je veux engager dans ma cere? cause? Est-ce que je cherche à plaire auï
hommes ? Si adhuc hominibus placcrepa , Si j'avais encore envie de plaire aui Christi servus non essem. hommes, je ne serais pas serviteur de
Car maintenant est^e les hommes, Kpri yitp ivBpùnovç tts^Ôw, vi rbv Qshv ? C'est-à-dire, selon Théophyiacte, est-ce In doctrine des hommes, ou celle de Dieu que je prèclie- Mais cette explication parait forcée. Celle qu'on a adoptée dans la traduction , s'accorde mieux avec ce qui suit Voici donc le sens de l'apôtre : ne soyez pas surpris, si je prononce anathème avec si peu de ménagement contre les Judaisants, après m être si fort distin<',ué par mon zèle ponr le judaïsme. Car ce n'est pus des hommes, mais de Dieu ^ue je désire maintenant d'être approuvé. — Si j'avais encore envie de plaire aux
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kmmet. Cela doit s'entendre d'une iàche complaisance, qui ferait sacrifier les intérêts (Je Dieu au désir de plaire aux hommes. Quant à cette autre sorte de complaisance que l'un a pour les hommes, dans le dessein de les porter é Dieu, l'apôtre en a donné l'pxeraple , en se faisant tout é tous , pour le^ gagner tous à Jésus-Christ (1 . Cor. 9. 22).
11. NotuiD enim vobis facio, fra- 11. Or, je vous avertis, mes frères , que très, Ëvangehuni , quod evangeliza- TEvangile que je vous ai annoncé , ne vient tum est à me , quia non est secundùm point de l'homme :
homlDem (1) :
12. Neque enim ego ab homine ac- 12. Car ce n'est point d'un homme que cepi illud, neque didici , sed per re- je l'ai reçu, ni que je Vai appris, mais \elationera Jesu Christi (2). c'est par la révélation de Jésus-Christ.
13. Àudistis enim conversationem 13. En effet, vous avez ouï dire quelle meam aliquandô in Judaïsmo : Quo- était autrefois ma conduite dans le Juniàm supra modum persequebar Ec- daïsme : Comme sans garder aucune meclesiamDei, et expugnabam illam; sure, je persécutais l'Eglise de Dieu , et
cherchais à la ruiner :
Je cherchais à la ruiner. Enàprovv, je raimgeais : ce qn« la Vu1g«te rend par ce terme, expugnabam» Laurent Valle, et après lui Théodore de Bexe rejettent cette version dp l'interprète latin , sous préteiiteque l'Eglise ne peut pas plus être détruite que Dieu même, qui l'a fondée et qui la soutient. Mais rien n'est plus frivole que cette critique. Car il est très-ordinaire dans l'Ecriture d'exprimer par l'effet même , la volonté qu'on a de le produire. C'est ainsi que se prend le terme expugnare dans le psaume 32. Sœvê €xpugnaverunt me. Saint Paul en parlant des^ endurcis qui demeurent dans leur endurcissement, dit que Dieu les amenait à pénitence : ce qui ne marque pas l'événement de leur conversion, mais le dessein miséricordieux que Dieu avait de les convertir, ainsi que Beze lui-même en convient. Quand donc saint Paul dit qu'il ruinait l'Eglise, cela n'en marque pas effectivement la ruine, mais le désir que l'apôtre a\ait de la ruiner; et c'est ce qu'on a heureusement exprimé dans la traduction française par ces 'es , je cherchait à la ruiner.
14. Et proficicbam in Judaïsmo 14. Comme je faisais dans le Judaïsme
supra multos coœtaneos meos in ge- de plus grands progrés que beaucoup
nere meo, abuiidantiiis œmulator d'autres de mon âge et de ma nation, étant
eiistens paternarum mcarum Iradi- bien plus zélé qu'eux pour les traditions
lionuni. de mes Pères.
13. Cùin autem placuit ei , qui me 15. Mais quand il a plu à celui qui m'a
scgregavit ei utero matris mes , et distingué dès le ventre de ma mère, et qui
vocavil per gratiam suam , ma appelé par sa grâce ,
16. Ut revelaret Filium suum in 16. De me donner la connaissance de
nie, ut evangeliza rem illum in genti- son Fils, pour que je l'annonçasse aux
bus:Continuô non acquievi carni et gentils: Dès ce moment- là je n'ai plus
sanguini. écouté la chair et le sang.
Je n'ai plus écouté la chair et le sang. C'est-à-dire, aussitôt que Dieu m'eut révélé ^on Evangile, quelque zélé que je fusse auparavant pour les traditions de mes pèies, je n'écoutai plus les raisons de sang et de proximité qui eussent pu me tenir attaché *ux sentiments de ma nation.
n. Neque veni Jerosolyraam ad 17. Je ne fus pas même à Jérusalem
antecessores meos aposlolos ; sed abii vers les apôtres qui m'ont précédé; mais
inArabiam, et iterîim reversus sum je m'en allai dans l'Arabie, puis je re-
Damascum. tournai encore une fois h Damas.
Je ne fus pas même à Jérusalem vers les apôtres. Saint Luc semble dire le contraire, ^cl.^.Car après avoir décrit comment saint Paul s'échappa, de Damas, il ajoute: CUm autem venisset in Jérusalem , tenlahat jungere se discipulis ; et omnes timebant eum^non credentes quod esset discipulus. lUats ce que saint Luc rapporte ici, n'arriva «lue trois ans après la conversion de saint Paul, et après son séjour en Arabie, dont soint Luc ne nous apprend rien. D'habiles interprètes croient que saint Paul vint en effet à Jérusalem , en s'enfuyant de Damas , et que c'est pour cela que les fidèles qui
U) l. Cor. 15. 1. — [2] Ephes. 3. 3.
103 EPITnE DE S. PAtl AUX CALATES.
n'avaient pas en le temps de s'assurer de sa conversion , s'en défiaient encore. Mais ils prétendent que saint Paul , n'étant venu alors à Jérusalem que pour se soustraire é ses persécuteurs , cela ue Ta pas empêché de dire qu'il n'y était pas «enu Toir les apôtres.
18. Deindè post annos ties veni 18. Trois ans après, j'allai à Jérusalem Jerosolymam videre Petrum, et maiisi pour voir Pierre, et je demeurai quiuze apud eum diebus quindecini : jours auprès de lui :
19. Alium autcin apostolorum vidi 19. Mais je ne vis nui autre des apôtres, neminem , nisi Jacobum fratrein hormis Jacques, le cousin du Seigneur. Domini.
Hormû Jacques^ le eoutin du Seigneur. C'est Jacques le Mineur . cousin de Jësui> Christ selon lu chair: Fratretn Domini; les JuiTs donnaient le nom de frètes aux neveux et aux cousins. Quelques auteurs anciens et modernes distin<;uent saint Jacques é\éque de Jérusalem et cousin du Seigneur, des deux apôtres rie ce nom : mais saint Paul fait ici assez entendre qu'il met Jacques cousin du Seigneur au nombre des \rais apôtres.
20. Qus autem scribo vobis, ecce 20. Pour ce que je vous écris. Dieu est coram Deo quia non mentior. témoin que je ne mens pas.
21. Deindè veni in partes Syri» et 21. De là j'allai dans la Syrie et dans la Clliciae. Cilicie.
22. Eram autem ignotus facie Ec- 22. Or, les Eglises de Judée qui suiclesiis Judœ» , qu» erant in Cbristo : valent Jésus-Christ, ne me connaissaient
point de vue :
23. Tantùm autem audilum habe- 23. Voici seulement ce qu elles avaient bant : Quoniàm qui persequebatur ouï dire : Celui qui nous persécutait, il y nos aliquandô , nunc evangelizat fi- a quelque temps , prêche maintenant la dem , quam aliquandô eipugnabat : foi qu'il corobailalt en ce temps-là :
24. Et in me clarificabaut Deum. 24. Et ils glorifiaient Dieu sur ce qui
me regardait.