‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 109 sur 364 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

(>. Sicut scriptam est : Abraham 6. Comme il est écrit : Abraham crut credidit Deo; et reputatum est iili ad à la parole de Dieu , et cela lui fut imputé justitiam (1). à justice.

Comme ile*t écrit : Abraham crut, etc, Yoyes ce que nous avons dit sur le troisième chap. del'Epitre aux Romains , v. 3.

7. Cognoscite ergo quia qui ex Gde 7. Reconnaissez donc que ce sont les sunt, ii sunt Glii Âbrabs. fidèles qui sont les enfants d'Abraham.

Reamnaittez donc que ce sont les fidèles qui sont les enfants d* Abraham C'est-à-dire , reconnaissez que ce n'est point à ceux qui descendent d'Abraham selon la chair, mais à ceux qui imitent sa foi , que les promesses ont été faites.

8. ProTidens autem Scriptura , quia 8. Or , dans la vue que Dieu devait jus* Dde justificat gentes Deus, prsnun- tifier les gentils par la foi, l'Ecriture fait tiavit Abrabs : Quia benedicentur in cette promesse à Abraham : Toutes les le omnes gentes (2). nations seront bénies en votre personne.

Taules les nations seront bénies en votre personne. C'est-à-dire , en imitant votre fui;ouplu(ôtdansceluiquLdoit descendre de vous, insemineluù^ comme il est marqué au chapitre 22 de la Oenèse, v. 17 , c'est-à-dire dans Jésus-Christ qui devait descendre de ce patriarche. C'est ainsi que saint Paul l'explique lui-même au >erset 16 du chapitre que nous commentons,

9. Igitur qui ex fidesunt, benedi^- 9. Ainsi les fidèles seront bénis avec cenlur cum fideli Abraham. Abraham , cet homme fidèle,

10. Quicumque enim ex operibus 10. Car tous ceux qui sont attachés legis sunt, submaledicto sunt. Scrip- aux œuvres de la loi, la malédiction tum est enim : Maledictus omnis qui tombe sur eux ; puisqu'il est écrit : Maunon permanserit in omnibus , quœ dit tout homme qui ne sera pas constant scripta sunt in libro legis, ut faciat k pratiquer tout ce qui est écrit au livre ea(3). de la loi.

Car tous ceux qui sont attachés aux œuvres de la loi, etc. Voici le raisonnement de taint Paul. Quiconque n'est pas constant à pratiquer toute la loi, est maudit. Or ceux qui s attachent aux œuvres de lu loi, sans croire avoir besoin de la grâce de Jésus- Cbrist, ne sont pas constants à les pratiquer , la loi ne donnant pas par elle-même les forces pour le faire. L'apôtre n'exprime point cette seconde proposition : mais il la laisse assez entendre en ajoutant que la loi ne peut justifier, la loi , dis-je , entendue ainsi que dessus, v. 2

11. Quoniàm autem in legc nemo 11. Du reste, que personne ne soit jusjustiâcatur apud Dcum , manifcstum tifié devant Dieu par la loi , c'est une chose <^st : quia justus ex fide vivit (4). évidente : parce que le juste vil de la foi.

Le juste vil de la foi. Voyez ce que nous avons dit sur le premier chapitre aupi Romains, v. 17.

12. Lex autem non est ex fide : sed 12. Or la loi n'a pas les avantages de la qui fecerit ea , vivet in illis (5). foi : mais , celui qui pratiquera ces choses,

en tirera la vie.

Celui qui pratiquera ces choses , en tirera la vie . Voyez la note sur le v. 5. du chapitre 10 aux Romains , où saint Paul cite ce même endroit du Lévttique.

13. Christus nos redcmit de maie- 13. Jésus-Christ nous a affranchi de la (^ictolegis, factus pro nobîs maledic- malédiction de la loi , étant devenu pour lum, quia scriptum est : Maledictus l'amour de noua un objet de malédiction, ornais qui pendet in ligno (6) : suivant ce qui est écrit : Maudit tant

homme qui est attaché à une croix :

Maudit tout homme qui eH attaché à une croix. Saint Paul cite ees paroles, pour "montrer que Jésu8-Chris% a été pour notre salut un objet de malédiction. Elles sont ti-

'l)ncn. 15 6. -Rom. 4. 3 - .Tac. 2. 23 — 2) Gen. 12. 3. - Eccli. 44 20. — (3,Deul.27.26 — (4) lleb. 2. i.-Rom 1. 17.— (5) Le^it, 18. 5. — (6. Deut. 21.23.

204 EPITRE DE S. PkVL AUX CALiTfiS.

rées du c\\ 21 du Deutérononie , ▼. 23, excepté qu'on lit en cet endroit dans l'iiébrru et dans toutes les versions, malediclus d Deo. Et Goninie saint Paul dit seulenienf maledic- (a<, saint Jérûiuo a cru que ces paroles à Deo sont une addition et une faisificution fuite par les Juifs en haine de Jésus-Clirist. Quoi qu'il en soit , on peut dire que Jésus-Christ en tant que chargé des péchés des hommes , et attaché pour cela à la croix , est un o: jet de malédiction aux yeux de Dieu même.

14. Utingentibusbenediclio Àbra- 14. Afin que la bénédiction que reçut bas fieret in Chrislo Jesu, ut polli- Abraham, se répandit sur les gentils par cilationem Spiritûs accipiaraus per Jésus>Christ , et que nous reçussions par fidem. la foi l'Esprit promis.

15. Fratres, (secundîim hominem 15. Mes frères, (je parle à la manière dico) tamen hominis confîrmaium des hommes) quand un testament est autestamentum nemo spernit , aut super thentique , quoique ce ne soit que le testaordinal (1). ment d'un homme , personne ne le rejette

et n'y change rien.

Mes frères t je parle à la manière des hommes. G'est-â-dire , après vous avoir apporté des raisons sublimes et divines , pour vous prouver que c'est par la foi en Jé8u»-Christ, que vous devez être justifiés; je vais me servir d'un exemple famitiery pour confimer la même vérité. — Quand un testament est authentique. Voici le raisonnement que saixt Paul coin:ncnce dans ce verset, et qu'il continue dans les versets suivants jusqu'au 19. Quand un testament est authentique , quoiqu'il no soit fait que par un homme , c'est une chose sacrée , et il n'est pas permis do le rejeter, ni d'en chan5er les dispositions. Or Dieu a fait un testament ou une alliance avec A.braham, en lui promettant de le combler de bénédictions, lui et la postérité par Jésus-Christ. Cette alliance doit donc être inviolable, et ne peut pas être anéantie parla loi, qui n'est venue que longtemps après. C'est ce qui arriverait cependant , si nous obtenions par la loi la bénédiction que Dieu a promis de nous donner par Jésus-Christ.

16. Abrahae dicls sunt promis- 16. Les promesses ont été faites à siones, et semini ejus. Non dicit: Abraham et à celui qui naîtra de lai. II et seminibus, quasi in multis : sed n'est pas dit : et à ceux qui naitroDt, quasi in uno: et semini tuo, qui est comme s'ils étaient plusieurs : mais €bristus. comme s'il ne s'agissait que d'un : Et à

celui qui naîtra de vous, c'est-à-dire au Christ.

Et à celai qui naîtra de lui. Il n* est pas dit , et d ceux qui naîtront. On croit communément que saint Paul parle ici de la promesse faite à Abraham au chapitre l2 delà Genèse, Jn te henedicentur omnes cognationes terrœ : parce que cette prouiesse regarde particulièrement le ittrssie. Dlaiscoiuuie saint Paul insiste sur cette expression, et semini, il est plus probable qu'il parle de la promesse faite aux chapitres 13 et 17. Omnem terram quam conspicis , tibi daho et semini tuo ; ou bien de celte qui est répétée au chapitre 22. Benedicenlur in semine tuo omnes génies terrœ. Saint Paul regarde toutes ces promesses comme des suites de la première, ou plutôt comme étant la premièrp, même plusieurs fois réitérée, puisque dans le verset suivant il compte les années depuis cette première promesse. Si Ton prétend que saint Paul parie de la |)romes8e : Terram tibi dabo et semini tuo , il faudra dire que cette promesse regarde non-seulement la postérité d'.\braham qui devait posséder la terre de Chanaau, mais spécialement Jésus- Christ, qui devait établir son règne sur toute la terre. Il se présente uno autre difficulté f.ur la justesse du raisonnement de saint Paul en ce qu'il insiste sur ce qu'il e^t dit et semini , et non , et seminibus ., comme s'ils étaient plusieurs ; quoique semen soit un nom collectif, qui signifie la postérité. On peut répondre que semen se dit quelquefois d'une seule personne, et quelquefois aussi et plus souvent de plusieurs, mais que saint Paul, inspiré de Dieu, a connu que dans la promesse dont il s'agit, ce mot ne désignait qu'une seule personne qui est Jésus-Christ, lequel devait naître d'Abraham , et que quand il remarque qu'il n'a point été dit seminibus , mais semini , il ne fonde pas son raisonneuient sur la signification grammaticale de ce dernier mut , mais sur le sens qu'tl a daus la promesse de Dieu.

17. Hoc autem dico : Testamen- 17. Voici donc ce que je dis : L'alliance tum confîrmatum à Deo, qus post que Dieu a lui-même ratifiée, la loi qui est

(1} lleb. 9. 17.

CHiPITRE ni. âOI)

quadriogentos et triginta annos farta venue quatre cent trente ans après , ne fstlei, non irritum facit ad evacuau- l'annule pas, eu sorte que la promesse dam promissionem. soit vaine.

La loi qui est venue quatre cent trente ans après. Il faut justifier en peu de roots cette chroQologie de saint Pitul, qui depuis la première promesse faite é Abraham jusqu'à la loi, laquelle fut donnée sur le mont Sinal, cinquante jours après la s<»rtie d'Egypte, compte quatre cent trente ans. On voit par la Genèse que, depuis cette promesse faite à Abraham âgé de soixante-dii ans jusqu'à la naissance d'isaac , on doit compter vingtcinq ans; depuis la naissance d'isaac jusqu'à celle de Jacob, aoiiante ans ; et depuis la naissance de Jacob jusqu'à la transmigration en Egypte, cent trente ans : ce qui fait deux œut quinze ans depuis la promesfp jusqu'à l'arrivée des Uébreux en Egypte. Ainsi pour avoir le nombre de quatre cent trente ans, il faut reconnaître que les Hébreux u'oot demeuré en E»;ypte qtie deux cent quinze ans. Les générations que rapporte Moïse , font assez voir qu'ils n'ont pu y demeurer beaucoup plus longtemps. Car (laat aïeul de flolse vint en Egypte a\ec Jacob son aïeul, et vécut cent trente ans : Amram père de Muûe vécut cent trente-sept ans; et la quatre-vingtième année de Moïse les Israélites sortireut d'Egypfe. Tous ces nombres joints ensemble feraient à la vérité trois cent cinquante ans. Mais il en faut ûter, et les années que vécut Caat avant que d'aller en Egypte, et celles qu'il \écut après la naissance d'Ainram, aussi bien que celles que vécut Amram après la naissance de Moïse. Cela montre la nécessité d'expliquer quelques endroits de l'Ecriture, qui semblent dire que les Israélites ont demeuré eu Egypte quatre cents ans, ou même quatre caiit trente an». Le premier passage c^u'un objecte, est celui où Dieu d<t à Abraham Gen. 15.) Scilo pi-œnoscens quùd peregrinum futurum tit semen tuum in terrd non sud , et subjicienl eos serviluli , et affligent quadringentis annis, Mais ces qiinfre cents ans se mpportei.t non-seulement au temps de la servitude , eialjligent eos , mais encore au temps que la postérité d'.Abrabam fut comme étraiigëre dans la terre de Clianuan, peregrinum fulurum sil : et ils ne doivent se compter que depuis la naissance d'isaac semen tuum. Or, depuis cette naissance jusqu'à lu sortir d'Egypte, il y a quatre cect cinti ans, que l'Ecriture par un usai^e assez ordinaire nomiue du nombre complet, quatre cents aits. Un autre passage (Exod. 12.) Ilabilalio fiUorum tsraèi qud manserunt in Egypio , fuit quadringen arum et iriginta annorutn , doil aussi s'expliquer de la demeure dans la terre de Cbanaan et dans rE{',yple , quoiqu'il n'y ait d'exprimé que la demeure en Egypte ; parce qu'elle a été le terme de ces quatre cent trente années. La version des Septante ne laisse aucune difficulté, car la terre de Cbanaan y est marquée a\ec l'Egypte.

18. Nam si t\ lege haereditas, jatn 18. Car si le droit d'héritier est fondé r.ûQ ei promissione. Abraham auiern sur la loi , ce n'est plus sur la promesse, perrepromissionem donavit Deus. Or, c'est parla promesse que Dieu l'a

donné à Abraham.

19. Quid igitur lex? Propter tran- 19. Que sert donc la loi? C'est à cause gressiones posila est, donec veniret des crimes qu'elle a été établie, pour semen , oui prumiserat , ordiuata per jusqu'à la venue de celui qui devait naître , angeios in manu mcdiatoris. en faveur de qui la promesse avait été

faite, et les anges l'ont intimée par le ministère d'un n:édiateur.

Cest à cause des crimes qu'elle a été établie. C*efit-à-dire, selon saint Chrysostôme et saint Jérôme, pour réprimer et punir les crimes; et selon saint Augustin , pour les faire counaitre. -> Par le ministère d'un médiateur, Jésus-Christ dans un certain sens est le vrai et le seul médiateur aussi bien de l'ancien testament que du nouveau ; parce que c'est lui dans l'un comme dans l'autre, qui a réconcilié les hommes, et par les mérites ou futurs ou passés de qui toute grâce leur a été donnée, Mais cela n'empêche point que saint Paul ne parle ici de Moïse comme du seul médiateur de l'ancien testament et de Jésus-Christ dans l'Epitreaux Hébreux chap. 9, comme du médiateur seulement du testament nouveau ; parce que ce fut Moïse seul qui reçut l'ancienne loi et qui l'annonça , comme Jésus-Christ a reçu et annoncé seul la loi nouvelle» Moïse dit de luiniênie (Deuter. 5. : Ego sequester et médius fui inter Dominum et vos in temporeillo , ^t annunliarem vohis verba ejus. Jésus-Christ a dit depuis : Magister vester unus est Chrittus (Matth. 23 )

20. Mediator autem unius non est : 20. Or, un médiateur ne l'est pas d'un Deus autem unus est. seul : et Dieu pourtant n'est qu'un.

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