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CHAPITRE IV

Aîaal la naissaoce de Jésus-Christ les Juifs étaient sous la coodoite de la loi , conme un papille sous la c4mdDite d'un lolenr. Paul travaille à les retirer de Tesdavage de la loi , puisqu'ils sont devenus par la foi enfants d'adoption . Il les fait souvenir avec combien de ferveur ils Tavaient re{u lui et TEvangile qu'il leur annonçait. Sur quoi il rapporte ce qui est dit all^oriqnement des deux fils d'Abraham, qui marquent les deux Testaments, par OH il montre que ceux qui sont trop attachés à la loi , seront chassés de l'héritage d« iésns^lhrist.

1. Dico aiiiem : Quanto tempore 1. Voici donc te que je dis : Tout le beres parvulus est nihil differt à temps que l'héritier est enfant, il n'est servo, cùm sit dominus omnium : distingué en rien de l'esclave, quoiqu'il

soit le maître de tout :

Voici donc ce que je dis. C'est comme si Tapôtre disait : j'explique encore ce que je viens de tous enseigner, par un autre exemple. — Tou4 le temps que V héritier est nfant, il nest distingué en rien de l'esclave. Parce qu'il ue peut pas plus disposer de lui-même , ni de son bien , que s'il était esclave. Il s'ensuit de cette comparaison que fait l'apôtre, que les Juifs sous l'ancienne loi n'étaient pas véritablement esclaves , quoiqu'ils fussent traités comme tels. Car ils étaient véritablement héritiers des mêmes promesses, dont nous sommes maintenant en possession. Mais parce qu'ils étaient encore faililps , et comme dans une espèce d'enfance, Dieu pour les conduire plus sûrement à riiéritage qui leur était promis, les avait mis sous la tutelle de la loi, en les assujettissant â la pratique gcnant€ des cérémonies légales.

2. Sedsub(utoribus,etactoribusest 2. Mais il dépend des tuteurs, et de usque ad prœtinitum tempus h pâtre, ceux qui agissent pour lui, jusqu'au temps

marqué par son père.

3. lia et nos cùm essemus parvuli , 3. Nous aussi de même , lorsque nous sub elementis mundi eramus ser- étions des enfants , nous vivioos comme vieotes. des esclaves sous les premiers éléments

qui ont été enseignés au monde.

Ifous aussi de même , lorsque nous étions des enfante. Nous avons dit que saint Paul met eotre le Juif et le chrétien la même différence qui se trouve entre un enfant qui est encore en tutelle , et un homme fait qui est en majorité. Mais cela ne parait pas iaccorderavec ce qu'il enseigne ailleurs. Car écrivant aux Ephésiens, chap. 4. ▼. 13 , il les exhorte à avancer dans la connaissance du Fils de H'ieu ^ jusqu'à être dans l'état tf'uA homme fait , et à atteindre la mesure de l'âge complet de Jésus-Christ. Il dit encore dans sa première Epitre aux Corinthiens, ch. 3. v.i. qu'il n'a pas pu leur parler comme d des hommes spirituels; mais comme d des gens qui sont encore enfants en Jésus-Christ, et qui ont besoin de lait ., n'étant pas encore capables d'une nourriture solide. Et au verset 19 du présent chapitre , il regarde les Galates comme des enfants , qu*U enfante *ne seconde fois, jusqu'à ce que Jésus-Christ soit formé en eux. Il parait duoe qu'il y a une enfance dans le christianisme aussi bien que dans l'ancienne loi ; et par conséquent il n'y a par cet endroit aucune différence entre l'un et l'autre. Pour faire disparaître cette apparente contradiction, il faut dire que dans les endroits qu'on %ient de citer , saint Paul parle de la foi des particuliers ; au lieu que dans celui que nous examinons, il parle de l'état de l'ancienne et de la nouvelle alliance. 11 y a des particuliers engagés dans le mariage, dont la sainteté surpasse de beaucoup celle d'une infinité de vierges consacrées à Dieu. Cela n'empêche pas que l'état de virginité perpétuelle ne soit beaucoup plus excellent que celui du mariage. Tout de même , il y a dans le christianisme des particuliers qui sont encore faibles et enfants, et il s'en est trouvé dans l'ancienne

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loi de conKomniés en vertu : ce qui ne détruit point la différence essentielle qu'on doit mettre entre ces deux éfato. Car ceux qui daii9 le christianisme sont faibles rt enfants, ue sont tels que parce qu'ils n'ont pas encore acquis la perfection de leur état : et cent qui dans l'ancienne loi ont été paifaits, n ont pus tiié leur perfection de l'élat où ili AÎTaient sous la loi, mais de la giàre du nouveau Testament qui leur a été communiquée par avance. — Sous les premiers éléments qui onl élé enseignés au monde Saint Paul nomme ainsi ta loi de lUuliie, la(|uelle a été comme les premiers éléments de la doctrine concernant la religion. On trouve la même expression dani» l'Ëpitreaux Colot»- KÏens, ch.2. v. 8. mais pour signifier les fausses maximes du monde.

4. At ubi Tenit plenitudo temporis , 4. Mais quand les temps ont élé accommisit Deus Filium suum , factum ei plis , Dieu a envoyé son Fils né d'une muliere , factum sub lege ; lemme , né sujet à la loi ;

Né sujet à la loi, Jésus-Christ est né sujet à la loi par un assujettissement volontairp; et parce qu'il est venu , comme il dit lui-même , pour accomplir la loi , et non pour l'abolir.

5. Ut eos, qui sub lege erant , redî- tf . Pour racheter ceux qui étaient sujets meret, ut adoptinnein filiorum reci- à la loi, afin que nous devinssions des peremus. enfants d'adoption.

6. Quonièm antem estis filii. misft 6. Et parce que vous êtes les enfants de Deus Spiritum Filii sui in corda Tes- Dieu , il a répandu dans vos coeurs l'Esprit tra , clamantem : Abba , Pater. de son Fils, lequel crie : mon Pt^re, m. o

Père.

Lequel crie : mon Père , mon Père, L'Esprit saint étant le sceau de notre adoption, nous donne droit d'appeler Dieu notre Père. Il erie^ c'est-a-dire il nous fait crier. Saint Paul écrivant aux Romains d'.t au même sens, ch. 8 v. 15. In quo elamamus, j4bba, Pater. Le second de ces mots u'e&t que Texpltcation du premier, qui en Syriaque signifie Père»

7. Itaque jam non est servus, sed 7. Ainsi on n'est plus esclave, mais on filius. Quôd si filius, et hxres per est fils. Que si Ton est fils , ou est héritier Deum. par la grâce de Dieu.

8. Sed tune quidcm ignorantes 8. Il est vrai qu'autrefois que vous ne Deum, iis qui natur& non sunl dii, connaissiez point Dieu, vous serviez des serviebatis. dieux, qui d'eux-mêmes ne le sont point.

9. Nunc autem cùm cognoveritis 9. Mais présentement que vous con- Deum , imm6 cogniti sitis à Deo , naissez Dieu , ou plutôt que vous êtes quomodè convertimini iterùm ad in- connus de Dieu , comment retournez-vous firma et egeua elementa, quibus denuô à ces éléments faibles et inutiles, auxquels servire vultis? vous voulez vous soumettre tout de nouveau comme des esclaves?

Ou plutôt que vous êtes connus de Dieu Saint Paul veut par là faire entendre aux Galates, que ce n'est pas par eux-mêmet qu'ils sont venus à la connaissance de Uieo ; mais que c'est Dieu qui par sa miséricorde les a prévenus et conduits é la foi. — Comn ment retournez-vous d ces éléments faibles et inutiles ? Comment saint Paul dU-il que les Galatcs retournaient aux éléments faibles et inutiles de la loi. puisqu'il a dit auparavant qu'ils n'avaient pas connu le vrai Dieu, c'ect-é-dire qu'ils avaient été idolâtres? ('.'e«t qu'il prend ici le nom à*élémenls dans la signification la plus étendue, pour tout principe de doctrine fausse et inutile, ce qui embratise tout A la fois et les superstitions païennes et les observances judaïques.

10. Dies observatis et menses. et 10. Vous observez les jours et les mois, tempora et annos. les saisons et les années*

Vous observez les jours , etc. En célébrant le sabbat, les 'Véoméniet, et les autres fêtes des Juifs. Calvin prend de là occasion d'inveoti^er contre le jeûne des Quatre- Temps et du carême, et contre les fêtes ({ui s'observent dans l'Eglise catholique. C'e^it lA , selon lui, une impiété abominable qui règne dans la papauté, et qui en bannit .Îésus-Chri&t et l'Evangile. Cùm ialis impietas hodiè regnet in papatu, qualis iUic Chrisius f et quale Evangelium restât? H y a déjà plus d'ontc cents ans que saint Grf^goire de Naiianze et saint Jérôme ont réfuté cette frivole objection , en faisant voir que les jeun' s et les fêtes de l'Eglise chrétienne n'avaient rien de commun avec irs

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