CHAPITRE I
qu'on a 9uiiri dans la traduction. On peut aussi rapporter Vin cœhtlihus aux chrétiens que Dieu comble de ses bienfaits pour le ciel, par rapport au ciel : en quoi la nouvelle lut diffère beaucoup de Tancienne, dont presque tontes les bénédictions semblaient rej^arder la terre, comme on le peut voir au Lévitique, et au Deutéronome. — En Jéius-CkriH. Dans le Grec, XpCçta sans préposition : Ce qu'il faudrait traduire ainsi , pour la gloire de Jésut^Christ. Mais saint Chrysostômi* , Théophilacto , saint Âmbroise, saint Jérôme et les autres anciens ont lu ^v Xpiçfti : Ce qui fait voir que le texte grec, tel que nous l'avons aujourd'hui est quelquefois corrompu, et ne peut pas toujours servir à eipliquer, beaucoup moins é coriiger la Vu1{i;ale Aussi Dèze s'est cru obligé dans cet endroit d^abandonner le flrec pour suivre l'ancien interprète. — En JésuS" Ckritt peut signifier la même chose que ;>ar Jésus-Christ : Et c'est ainsi que la plupart des interprètes l'entendent. Mais on peut conserver à la préposition in son sens naturel , et (lire que Dieu nous a comblés de toute sorte de bénédictions spirituelles en Jésus- Christ comme notre chef, de la plénitude duquel elles se répandent successivement nir tons ses membres. C'est ainsi que te même apofre dit au chapitre suivant , versets 5 et 6, que Dieu nous a vivifiés et ressuscites, et qu'il nous a fait prendre place au ciel dans la personne de Jésua-Christ , m Christo Jesu.
4. Sicnt elegit nos in ipso ante 4. De même qu'en lu! il noas a choisis mundi constitutionem , ut essemus avant la création du monde, afin que nous sanctiet immaculatiinconspectuejus fussions saints et sans tache en sa préio charitate : sence par la charité :
De même qu'en lui il nous a choisis avant la création du mor^. C'est-à-dire que les bénédictions spirituelles qui nous sont données dans le temps , nous avaient été destinées CQ Jésus-Christ de toute éternité. — Afin que nous fussions sainls et sans tache. Ce n'est ^s parce que nous étions saints, que Dieu nous a choisis, mais afin que nous le fussions. Par conséquent ce choix de Dieu vient de sa pure bonté, et n'est en aucune manière fondé sur nos mérites : Ce qui détruit manifestement l'erreur des seraipélagiens. — En '9 présence. C'est-à-dire véritablement et aux yeux de Dieu : Ce qui prouve que les dons de Dieu nous rendent véritablement agréables à ses yeux; et que la justice dont ooas lui sommes redevables, n'est pus simplement en nous par imputation , comme le prétendent les nouveaux hérétiques. C'est ce que l'apôtre marqueencore plusbas par ces paroles: gratificavit nos, ixxflruoeVf sibi gralos fecit, et non pas gratoshahuil , comme Calvin l'a traduit « si évidemment contre la signification du mot grec : En quoi Bèze l'a abandonné malgré l'intérêt qu'il avait de le suivre. ->- Par la charité. La charité répandue dans nos cœurs nous rend agréables à Dien , et irrépréhensibles à ses yeux , parce qu'elle est elle-même la plénitude de la loi. On peut aussi avec saint Chrysoetôme et Théophilacte rapporter ces paroles à Dieu , qui par sa charité nous a choisis et prédestinés pour être des saints.
5. Qui prsdestinavit nos in adop- 5. £t qui nous a prédestinés à l'adoptioDem filiorum per Jesum Christum tion des enfants par Jésus-Christ pour luiin Ipsum , secundùm propositum vo- même , selon que sa volonté en a disposé , ittoiatis su«e ,
Et qui nous a prédestinés à V adoption des enfants. Il parait évidemment par ce veryet et par le précédent, que saint Paul ne parle que de la prédestination à la grâce. Aussi le terme de prédestiné , comme il se prend ici , et en plusieurs autres endroits de l'Ecriture convient à tous les chrétiens , que Dieu par un décret éternel de sa divine volonté a résolu de taire ses enfants adoptifs, et de sanctifier sur le modèle de son fils. — <^^ que sa volonté en a disposé xark t^v i\^ioxlav toù OMfiaroç àuroD , seeundûm propositum voluntalis suœ. Le mot suooxia se trouve encore au verset 9, et la Vulgate le rend par beneplaeilum. Au verset 11 , la même chose est énoncée par ces mots *<XTk rhv po\j\^v roû OsÀihfiocTOç àvrov secundùm consilium voluntiUis suœ. Ce qui niarqne qu'en grec lu^oxix , npôOsatç , povX^ , et en latin propositum benepteuitum , consilium , signifient ici précisément la même chose , et doivent s'entendre du décret libre et purement gratuit que Dieu a formé d'appeler les hommes A la sainteté du christianisme, et de les rendre conformes à son Fils : Ce qui convient encore à tous les chrétiens sans exception.
6> In laadem gloris gratiie su» , 6. A l'honneur et à la gloire de sa srâce, in quà gratificavit nos in dilecto filio par laquelle il nous a comblés de ra\eur Buo : en son fils bien-aimé :
220 EPITRE DE S. PAiL AUX EPRESIEI^S.
7. In quo habemus redempiionem 7. Ed qui nous avons été racheiés par per sanguinera ejus , remissionem son sang , pour que nos péchés nous peccatorum , secundùm divitias gra- soient remis selon les richesses de sa tiae ejus , grâce .
8. Qus superabundavit in nobis in 8. Qui a été surabondante en nous par omni sapientiâ et prudentiâ ; toute sorte de sagesse et de prudence :
Qui a été surabondante en nout par toute sorte de sagesse et de prudence, (;'est-à-dire qu'il l'a répandue sur nous avec abondance, en nous donnant une sagesse et une prudence, qui est infiniment au-dessus de toute la sagesse et la prudence du monde. Le terme de sagesse se prend ici pour la connaissance des mystères de la religion , et celui de prudence pour la coonaissance pratique des devoirs qu'elle impose.
9. Ut notum faceret nobis sacra- 9. Afin de nous découvrir le mystère mentum voluntatis suœ, secundùm' de sa volonté, selon son bon plaisir qu'il beneplacitum ejus , qued proposuit a résolu d'exécuter en lui ,
in eo,
Afin de nous découvrir le mystère de sa volonté. C'esf-à-dirc le dessein qu'il avait d'appeler les gentils aussi bien que les Juifs à la foi de Jésus-Cbrist et de les réonir ensemble sons un même chef; dessein caché, que l'esprit humain n'aurait pu pénétrer, •i Dieu n'avait eu la bonté de nous le révéler. — Selon son bon plaisir qu'il a résolu d'exécuter en lui. C'est-à-dire dans Jésus-Christ. Ce qui marque que l'auteur de la Vulgate a lu dans le grec «v kvt& , in ipso, avec un esprit doux ; au lieu qu'on y lit maintenant Iv «urù , in sese avec un esprit âpre : ce qui signifie que Dieu a pris ce dessein dans lui-même, et qu'il n'y a rien au dehors de lui, qui l'ait déterminé à le former Mais le sens de l'interprète latin est plus conforme au texte de l'apôtre qui rapporte ici tout à Jésus-Christ, et qui dans les versets précédents et dans les suivants répète plusieurs fois, que c'est dans Jésus-Christ, dans son Fils bien-aiiné , qu'il a résolu de remettre aux hommes leurs péchés, et les appeler à l'adoption de ses enfants, in Christo, in dileclo,
10. In dispensatione plenitudinis 10. Suivant le plan qu'il s'était formé de temporum instaurare omnia in Chris- rétablir en Jésus-Christ , quand les temps to , quae in coelis, et qus in terra sunt seraient accomplis , tout ce qui est au ciel in ipso , et sur la terre : en lui , dis-je ,
De rétablir en Jésus-Christ,.,, Tout ce qui est au ciel et sur la terre. Saint Jérôme traduit le mot grec àvexs^a}.oLt&oaaBat , par recapilulare , et il parait surpris qu'on lise dans les exemplaires latins instaurare : Ce qui pourrait faire croire que l'on n'a pas suivi toutes les corrections qu'il avait faites a la version latine. Recapilulare présente en effet un fort bon sens. Maison demande en quel sens on peut dire que Dieu arétabli en Jésus-Christ ce qui est au Ciel? C'est que Jésus-Christ nous en a ouvert la porte, et a mis les hommes en état de remplir les places que la chute des anges y avait laissées vides.
11. In quo etiam et nos sorte vocati 11. En qui nous avons été aussi nous sumus , prœdestinati secundiim pro- autres appelés à l'héritage , ayant été prépositum ejus, quioperatur omnia se- destinés selon qu'en a disposé celui qui cundùnLConsilium voluntatis sus : fait toutes choses suivant les desseins de
sa volonté ;
Nous avons aussi été appelés d Vhéritage. Il y a dans le tente , sorte vocati sumus. C'est que sors dans l'Ecriture signifie héritage; parce que les héritages temporels étaient autrefois paitagés au sort.
12. Ut sîmus in laudem glori» ejus 12. Pour que nous fassions éclater sa nos, qui ante speravimus in Christo : gloire , nous qui auparavant avons espéré
en Jésus-Christ ;
Nous qui auparavant avons espéré en Jésus^Ckrist. Wous Juifs , à qui Jésus-Chri^t a été promis avant toutes les autres nations ; nous qui avons espéré en lui avant qu'il fût né, et qui avons été les premiers a croire en lui après qu'il est venu. Il parait clairement par l'antithène du verset suivant que c'est là le sens de l'apôtre.
13. In quo et vos, cùm audissetis 13. En qui vous avez été appelés vousverbum veritatis (Evangelium salutis mêmes , après avoir entendu la parole de