CHAPITRE I
Testre) , in quo et credentes signati mérité , l'Evangile de votre salut : en qui estis spiritu promissionis sancto , aussi ayant cru , vous avez été marqués
comme d'un sceau de l'Esprit saint qui
était promis :
14. Qui est pignus hsreditatis nos- 14. Et qui est le gage de notre héritage trc, in redemptionem acquisitionis , pour le rachat de ce qui était acquis , afin io laudem glori» ipsius. de faire éclater sa gloire«
Pour le rachat de ee qui était acquit, L'Esprit saint qui nous rend témoignage que nouitomfftet enfants de Dieu. (Rom. 8.) nous est un gage de l'héritage qui nous est promis, et comme un sceau qui confirme la promesse, en attendant que le rachat que Jésus-Christ a fait de nous par son sang, soit consommé par la possession de la vie éternelle, où nous mettra ce gage, si nous sommes fidèles à le conserver.
15. Proptereà et ego audiens fidem 15. C'est pour cela qu'étant moi-même Testram, qujB est in Domino Jesu, et informé de la foi c|ue vous avez en Jésusdilectionem in omnes sanctos, Christ Notre-Seigneur, et de votre charité
à l'égard de tous les saints ,
De votre charité d V égard de tous les saints. A l'égard de tous les fidèles , de tous les chrétiens, qui sont appelés à une vie sainte.
16. Non cesse gratias agens pro 16. Je rends sans cesse des actions de ▼obis , memoriani vestri faciens in grâces pour vous » me souvenant de vous orationibus meis : dans mes prières :
17. Ut Deus , Domini nostri Jesu 17. Afin que Dieu , qui est le Père glo- Chrisli Pater gloris , det vobis spiri- rieux de Jésus-Christ Notre-Seigneur , tuni sapientiœ et reveiationis, in agni- vous donne l'esprit de sa sagesse et Fin- UoneejQs: telligence des mystères, pour se faire
connaître de vous :
Afin que Dieu qui est le Père glorieux de Jésus-Christ Notre-Seigneur. Quelques interprètes ont cru qu'il y avait une transposition dans le texte, et qu'il fallait lire, poifr Domini nosiri, Deus gloriœ, Mais comme pater gloriœ n'est qu'uo hébralsme , <}ui signifie paier gloriosus , on ne voit nulle nécessité d'admettre aucun changement dans le texte.
18. Illuminâtes oculos cordis vestri, 18. Qu'il donne à votre cœur des yeui Ql sciatis qu» sit spes vocationis ejus, clairvoyants , pour que vous sachiez ce que et qus divitiae gloriae haereditatis ejus vous avez à espérer étant appelés de lui , in sanctis : et quelles sont les glorieuses richesses de
son héritage dans les saints :
19. Et quae sit supereminens ma- 19. Quelle est aussi la grandeur infinie gpitado virtutis ejus in nos , qui cre- de son pouvoir sur nous , qui croyons en dimas secundùm operationem poten- vertu de son opération toute-puissante , Us virtutis ejus (1) ,
Qui croyons en teriu de son opération toute-puissante , elc. La résurrection de Jésus-Christ dont parle ici saint Paul , est le fondement le plus solide de notre foi , ^ le miracle qui nous fait le mieux connaître le pouvoir infini qu'il a pour nous tirer lassi du tombeau. C'est l'explication de Salmeron. On peut dire encore que la puislance par laquelle il a ressuscité son Fits , et nous doit ressusciter nous-mêmes, n'est pas différente de celle qu'il emploie pour nous amener é la foi et nous convertir. Saint Chrysostôme sur ce passage va encore plus loin , et soutient que la puissance de Dieu éclate bien davantage dans la conversion d'un pécheur que dans la résurrection d'un mort, parce que le mort ne résiste point à Dieu , qui veut le ressusciter , au lieu que le pécheur résiste souvent à Dieu qui veut le convertir. Jésus-Christ, continue ce Père, <lit à un mort , Lazare, sortez dehors , et il obéit ; Pierre dit à Tabithe , hvez-vous , et elle ne résiste point.... Il n'en est pas de même par rapport à la foi. Combien de foi4 , dit Jésus-Christ, ai-je voulu rassembler vos enfants, et vous ne l'avez point voulu ? Il s'ensuit de là que c'est la même puissance qui agit, et dans la conversion du pécheur; et dans la résurrection d'un mort : Car il n'y a point deux puissances en ^iau. Hais cela n'empêche pas que ces deux opérations ne soient différentes. Dans l'une , il agit indépendamment de notre volonté ; et dans l'autre, il demande sa coopé^ ration , qu'elle peut toujours refuser , et qu'elle ne refuse que trop souvent.
(l)lnf.3.7.
222 EPiTRE DE S. PAUL AUX £P7I£SIE7tS.
20. Quaiii operalus est in Christo , 20. Par laquelle il a agi en Jésus-Christ,
suscilans illum à mortuis, et consti- le ressuscitant et le mettant à sa droite
tuens ad dexteram suam in cœlestibus, dans le Ciel ,
2t. Supra oranein principatum , et 21. Au-dessus de toutes les principau-
poiestatcm , et virtutem , et domina- tés, de toutes les puissances, de toutes
tionera, et orane nomen quod nomi- les vertus, de toutes les dominations, et
nalur, non soliim in hoc saeculo , sed de quelque nom que ce soit qui puisse
eliara in futuro. être nommé dans ce siècle ou même dans
le siècle à venir.
22. Etomnia subjecit sub pcdibus 22. Il lui a -mis encore toutes choses ejus, et ipsum dédit caput supra om- sous les pieds, et il l'a établi chef sur nem Ecclesiam (i). toute l'Eglise ;
23. Quœest corpus ipsius, et pie- 23. Laquelle est son corps, et le reprénitudo ejus , qui omnia in omnibus sente tout entier , lui qui a dans tous enadimpletur. semble toute sa perfection.
Le représente tout entier^ lui qui a dans tous ensemble toute sa perfection» L^giise e«t la plénitude de Jésus-Christ; parce qu'elle le représente tout entier, et qu'en qualité de chef il tror.ve sa perfection dans les membres qui composent le corps de l'Ëglise. C'est le sens le plus naturel de ces paroles, qui omnia in omnibus adimpletur; car c'est un hellénisme , et comme s'il y avait secundûm omnia. Quelques interprètes ont pris adimpletur dans une signification active. Mais outre que c'est faire violenre au texte, le sens ne s'accorde pas si bien avec ce qui précède.