CHAPITRE II
taiil ùts (emmêles — De Veêprit qui agit maintenant sur ht inerédulei. De l'esprit mauvais qui a(>,it sur les impies , en les purtaiit à suivre le penchant de leur nature corrompue.
3. In quibus et nos omnes aliquandô 3. Parmi lesquels nous avons aussi tous conversât! sumus in desideriis carnis vécu autrefois , selon les inclinations de noslrœ, facientes voluntatem carnis notre cbair, suivant les mouvements de et cogilationum : et cramus naturà ta chair et de nos pensées : et nous étions filii ira; , sicut et cœteri : par notre naissance enfants de colère,
comme le reste des hommes :
iVoM éliont par notre naissance enfants de colère. Le texte porte naturâ , par notre nalure, non telle que nous l'avons reçue de Dieu, mais telle qu'elle a été corrompue parle péché du premier père. Saint Chrysustôme et quelques autres Pères croient que naiurd est mis ici pour nativitate ; et c'est le sens qu'on a suivi dans la traduction. Enfants décolère est un hébraisme , qui signifie, dignes de colère, objets de colère.
4. Deus autem qui dives est in mi- 4. Mais Dieu qui est riche en miscrisericordià propter nimiam charitalem corde, par l'excès delà charité avec laquelle suam qu& dilexit nos ; il nous a aimés ;
S.Etcùmessemus mortui peccatis, 5. Lors, dis-je, que nous étions morts convivificavit nos in Christo, cujus par nos péchés , il nous a vivifiés en Jégratià estis salvatf sus-Christ et avec Jésus-Christ par la
grâce duquel vous êtes sauvés.
6.£tcoDressuscitavit,et consedere 6. Il nous a encore ressuscites avec fecit in cœlestibus in Cbristo Jesu : Jésus-Christ et nous a fait prendre place
au Ciel dans sa personne :
// nous a encore retsuscités avec Jésus-Christ ^ etc. Non-seulement parce qu'il nous B ressuscites de la mort du péché; mais encore parce qu'en ressuscitant Jésus-Christ notrechef, et le faisant asseoir é sa droite, il nous a donné un gage de notre résurreotion future, et de la gloire qui nous est préparée dans le ciel.
7; Ut ostenderet in sœrulis super- 7. Afin de montrer aux siècles suivants
Tenientibus abundantes divitias gra> les richesses abondantes de sa grâce, par
lis sus in bonitate super nos in la bonté qu'il a eue pour nous en Jésus-
Ciiristo Jesu. Christ.
8. Gratiâ enim estis salvati per 8. C'est la grâce en effet qui vous a sauvés
fîdem, et hoc non ei vobis, Dei enim par la foi : et cela ne vient pas de vous,
dooam est : car c'est un don de Dieu :
C|cil la grâce en effet qui vous a sauvés par la foi. C'est-à-dire qui vous a justifiés. (iSr il ne s'agit pas ici du salut consommé par la possession de la gloire, mais du salut commencé par la justification . qui est gratuite en ce sens, que tout ce qui la précède ne saurait la mériter. — Et cela ne vient pas de vous. El cela se rapporte à la foi , qui ttt un don de Dieu : non pas que l'acte de foi ne vienne de nous , puisqu'il est libre ; in>is parce que nous ne pourrions le produire , si Dieu ne nous prévenait par sa grâce toute gratuite.
,9. Non exoperibus , ut ne quis glo- 9. Ni des œuvres non plus, pour que "8tw- personne ne se gloriûe.
Ni des œuvres non plus. Des œuvres faites sans la foi , et par les seules forces de la nature. Les paroles suivantes, pour que personne ne se glorifie , font voir que ce sont ws œuvres que l'apôtre exclut ici.
10. Ipsius enim sumus factura, 10. Car nous sommes son ouvrage,
creati in Cbristo Jesu in operibus bo- ayant été créés en Jésus-Christ dans les
i)is, qus prsparavit Deus , ut in illls bonnes œuvres , à quoi Dieu nous a pré-
&0)bulemus. parés , afin que nous les pratiquions.
Car nous sommes son ouvrage. Calvin , insl. liv. 2. ch. 3. n. 6. et liv. 3. ch. 15 n. 7 , sbusedece passage pour prouver que tout le bien que nous faisons, est l'ouvrage de la S^ce seule : Quidquid est in voluntate, unius est gratiœ Dei opus. D'où il conclut que «ïos bonnes œuvres ne sont pas proprement des mérites; puisqu'ils sont le fruit d'une gf>|ce, dont nous ne pouvons bous empêcher de suivre l'impression. Et en cela , il est SUIVI par Bèze et tous ses autres disciples. Mais il faut qu'ils soient bien aveugles , pour nés apercevoir pas que l'apôtre parle de la première justification , et non pas des bonnes
224 SPITRE DE S. PAUL àUX ephesiehs.
œiiyres qui la suivent. Or, dans la justificalion , c'est de Dieu seul que nous recevons la grice sanctifiante qui nous justifie : ce qui n'empêche pas qu'étant une fois justifiés, nous ne fassions, avec le secours de la grâce, des œuvres véritablement méritoires. Il y a encore par rapport aux adultes cette différence entre la création et la justification, que dans la première Dieu agit tout seul , et sans demander notre consentement ; au lieu que dans la seconde , il demande notre libre coopération, que nous pouvons toujours accorder ou refuser, si nous le voulons : Qui te ereavit sine te , non te sahahit tine te, dit saint Augustin, 11 est donc hors de raison de penser que ces deux opérations se ressemblent parfaitement, et que l'idée de Tune soit la juste idée de l'autre. — Ayant été créés en Jésus-Christ dans les bonnes œuvres. La justification par laquelle nous sortons du néant du péché, est ici nommée création. Ce que saint Paul ajoute, que nous sommes créés dans les bonnes oeuvres , ne signifie point que Dieu les fasse en nous sans nous : mais qu'il nous y prépare en nous donnant par sa grâce le pouvoir de les pratiquer.
H. Propter quod memores estote 11. C'est pourquoi souvenez-vous qu'aa-
qoôd aliquandô vos geiites in carne, trefois vous autres gentils selon la chair,
qui dicimini prsputium, ab eâ qus qui êtes appelés incirconcis par ceux qui
dicitur circumcisio in carne , manu prennent leur nom de la circoncision faite
facta : dans la chair avec la main ;
12. Quia eratls illo in tempore 12. Souvenez-vous qu'en ce temps- là sine Christo , alicnati à conversatione vous étiez sans Christ, séparés du com- Israël, et hospites testamentoruni , merce d'Israël, étrangers au regard des promissionis spem non habentes, et alliances , n'espérant rien de ce qui avait sine Deo in hoc mundo. été promis , et n'ayant point de Dieu eo
ce monde.
N'ayant point de Dieu en ce monde. Comme les gentils n'adoraient pas le vrai Dieu , a proprement parler , ils n'avaient pas de Dieu, puisqu'il n'y a qu'un seul vrai Dien. Saint Paul ne prétend donc pas que les gentils fussent absolument athées, quoiqu'il y ait dans le grec âOsot»
13. Nunc autem in Christo Jesu, 13. Mais maintenant, vous qui étiei vos qui aliquandù eratis longé, facti autrefois éloignés, vous avez été rapproegtis propè in sanguine Christi. chés en Jésus-Christ, par le sang de Jésus- Christ même.
14. Ipse enim est pax nostra, qui 14. Car c'est lui qui est notre paii ; c'est fecit utraque unum , et médium pa- lui qui de deux n'a fait qu'un ; qui a dérielem maceriae solvens, inimicitias truit dans sa propre chair le mur de sépain carne suà : ration » c'est-à-dire leurs inimitiés ;
Qui de deux n'a fait qu'un. C'est-â-dire qui du peuple juif et du peuple gentil n'a fait qu'un peuple, qu'une Eglise, en détruisant le mur de séparation qui les divisait Des interprètes croient que ce mur est la loi de Moïse : mais saint Paul s'explique luimême, et nous marque qu'il entend par ce mur de séparation , les inimitiés réciproques qui divisaient les Juifs et les gentils. On ne peut nier cependant que la loi dont se glorifiaient les Juifs, n'ait donné occasion à ces inimitiés.
15. Legem mandalorum decretis 15. Qui a abrogé la loi des préceptes evacuans , ut duos condat in semé* par ses ordonnances , pour faire en loitipso in unum novum hominem , même des deux un seul homme tout noufaciens pacem : veau , pour faire la paix :
Lui qui a abrogé la loi des préceptes par ses ordonnances. Gela se doit entendre des cérémonies légales, que Jésus-Christ a abrogées par la doctrine de l'Evangile. Car pour la loi morale , Jésus-Christ a déclaré lui-même qu'il n'était pas venu pour la détruire, mais pour la remplir et la perfectionner : Non veni sohere , sed adimplere.
16. Et reconciliet ambos in uno 16. Et pour réconcilier avec Dleo par corpore , Deo per crucem , interficiens la croix l'un et l'autre en un même corps, inimicitias in semetipso. étouffant leurs inimitiés en sa personne.
Etouffant leurs inimitiés en sa personne. Notre interprète â lu sans doute jy avrf avec un esprit âpre, m semetipso. Mais on lit aujourd'hui dans la plupart des éditiooi jy àuTû f in illo , que saint Jérôme , la version syriaque , et Erasme rapportent A çoivpbç y crux. Hais soit qu'on dise que Jésus-Christ a étouffé les inimitié des deux peuples sur sa croix , ou en sa personne , le sens est le même.