CHAPITRE 1. ^iZ
est nécessaire , et utile à TEglise, et que d'ailleurs , ce soit pouir moi un gain que de mourir, je ne sais lequel des deux je dois choisir.
23. Coarctor autem è duobus : desi- 23. Et que je suis dans une trés-grande derium habens dissoivi , et esse cum peine des deux côtés : souhaitant de ne Chrislo muliô magis meiiùs; plus vivre et d'être avec Jésus-Christ , ce
qui serait bien le meilleur;
24. Permanere autem in came ne- 24. Et d'ailleurs de demeurer dans la cessarium propter vos. chair, ce qui est nécessaire pour vous.
25. El hoc confidens scio , quia 25. Aussi ce que j'ai tout sujet de manebo, et permanebo omnibus vo- croire, c'est que j'y demeurerai , et même bis, ad profectum vestrum et gau- longtemps avec vous tous, pour votre dium fidei : avancement , et pour que l'accroissement
de la foi vous cause de la joie :
26. Ut gratulatio vestra abundet 26. En sorte que retournant chez vous, in Christo Jesu in me , per meum je vous donne lieu de vous réjouir pleiadventum iterùm ad vos. nement en Jésus-Christ.
27. Tanlùm digne Evangelio Chris- 27. Seulement ayez une conduite digne ti conversamini : ut sive cùm venero de l'Evangile de Jésus-Christ, aûn que, et videro vos , sive abscns audiara de soit allant vous voir , soit éloigné de vous , vobis, quia statis in uno spiritu una- j'apprenne que vous conservez un même ninies, collaborantes fidei Evange- esprit, travaillant de concert pour la foi de lii (1) : l'Evangile :
28. Et in nuUo terreamini ab ad~ 28. Sans vous laisser intimider en rien versariis : qu» illis est causa per- par ceux qui se déclarent contre vous : ce diiionis, vobis autem salutis ; et hoc qui est la cause de leur perte, au lieu à Deo. qu'à vous c'en est une de salut; et cela
vient de Dieu.
Ce qui est la cause de leur perle; au lieu qu'à vous , c'en est une de salut. Bèze accuse ici l'auteur de 1« Vulg«ie , pour avoir rendu le mot grec svân^tç , par causa ; au lieu qu'il devait traduire indicium. Mais ce téméraire censeur aurait dû savoir que souvent evo£t|a{ signifie non seulement montrer , mais encore faire, comme dans ces endroits, 2. ai Timoth. 4. 14. Alexander œrarius muUa miki mala ostendH, Psal. 4. Oslende nohis^ Domine, misericordiam tuam. Eccles.2. 24. Ostendere animœ suœ hona de iaboribussuis. Tout de même, il est certain que le mot, ï)>ist^iç , se prend ici, nou pas tant pour la marque, que pour la cause. Car Bèze lui-même ne doute pas que les persécuiioBS , que les gentils suscitaient aux fidèles, ne fussent pour ceux-là une véritable cause de damnation. Mais Thérétique ne peut souffrir que ces mêmes persécutions, souffertes avec patience et pour l'amour de Jésus-Christ , soient méritoires et la cause du salut.
29. Quia vobis donatum est pro 29. Car il vous a été donné à l'honneur Chrislo, non solùm ut in eum cr«da- de Jésus-Christ, non-seulement de croire tis, sed ut etiaui pro illo patiamini : en lui , mais aussi de souffrir pour lui :
Car il nous a été donné , etcu Cet endroit prouve manisfestement contre les pélagiens, que la foi et la patience dans les persécutions sont des dons de Dieu, comme saint Augustin le remarque souvent. C'est même selon saint Chrysostôme sur cet endroit , un don plus admirable , que celui de ressusciter les morts , et d'opérer d'autres prodiges. Nam ibi quidem , dit-il , ego sum dehiîor : h\c vprà dehiiorem hàbeo Christum. Aussi il ajoute que, quoique la fui et les autres vertus soient des dons de Dieu , aussi bien qu« le pouvoir de faire des miracles, elles ne le sont pas cependant de la même manière. Car le don des miracles, dit-il , vient entièrement de Dieu seul: au lieu que les vertus «ont tellement desdons de Dieu , quelles sont aussi des mérites de notre propre volonté. Mais, continue-t-il , parce que la grâce de Dieu en est la principale cause , c'est pour cela que l'apôtre attribue tout à Dieu ; ne voulant pas en cela détruire la liberté, mais rendre humbles et modesles ceux qu'il instruit.
30. Idem cectamen habentes, quale 30. Etant engagés dans le même comet vidistis in me, et nunc audistis bat où vous m'avez vu, et où vous venez de me. d'entendre que je suis encore.
(1) Eph. 4. 1. - Col. 1. 10. - 1. Tbcss. 2. 12.