CHAPITRE II. 2i
9. Propter quod et Deus exaltavit 9. C'est pour cela aussi que Dieu l'a illum , et donavit illi nomen quod est élevé, et lui a donné un nom qui est ausuper omne nomen (1) ; dessus de tout nom ;
Et lui a donné un nom, qui est au-dettut de tout nom. Selon la plupart des interprètes grecs, le nom de Fils de Dieu est ce nom au-dei>sus de tout nom , ce nom qui oblige toutes les créatures â fléchir le genou. C'est de ce nom , que parle saint Paul 1. Hebr. Quanta differentiut jyrœ illit nomen hœreditavit ? Dieu est censé Tavoir donné à Jésus-Christ, quand il a manifesté la gloire de sa divinité, et l'a glorifiée cause de ses souffrances, en le faisant connaître pour sou Fils. Il paraît plus naturel d'entendre ce passage du nom de Jésus, qui signifie Sauveur. Car, quoique ce nom ait été donné dans la circoncision , il n'a été donné que parce que le Fils de Dieu en «'incarnant, s'était anéanti et rendu obéissant jusqu'à accepter la mort pour la rédemption des hommes. Il n'a mérité et rempli ce nom , que par sa mort pour notre salut. Il n'a été donné, ce nom , â quelques hommes illustres de l'ancien Testament, que parce qu'ils étaient des figures du véritable Sauveur. Ce qui suit , ut in nomine Jesu , etc. confirme cette interprétation.
10. Ut in nomîne Jesu omne genu 10. Afin qu'au nom de Jésus tout ce peciatur , cœlestium , terrestrium , et qu'il y a dans le Ciel , sur la terre et dans iDfernorum , les enfers fléchisse le genou ;
Et dant let ^nfert. Les démons, chassés si souvent par la -vertu du nom de Jésus , reconnaissent malgré eux la vertu de ce nom adorable. Dœmonet eredunt , et contremiiciml, dit saint Jacques Quelques interprètes ont entendu par le mot infernorum , les âmes qui sont dans le Purgatoire.
11. Et omnis lingua confiteatur , 11. Et que toute langue confesse que le quiaDommus Jesus-Christus in gloriâ Seigneur Jésus-Christ est dans la gloire «s^.Jei Patris. de Dieu le Père.
12. Itaque,charissimi mei, (sicut 12. Ainsi, mes bien-aimés, comme scmper obedislis) non ut in prœsentiâ vous avez été toujours soumis, travaillez mei lantùm , sed mullô magis nunc à votre salut avec crainte et tremblement : m absentiâ meâ, cum metu et tre- non seulement comme vous le faites en ma more vestram salulem operamini. présence , mais bien plus encore mainle-
nant que je suis absent.
13. Deus est enim qui operatur in 13. Car c'est Dieu qui vous fait vouloir ▼obis, et velle, et perficere, pro bonâ et exécuter selon sa volonté bienfaisante, volanute.
Car cesl Dieu qui vous fait vouloir et exécuter. Par la grâce qui nous prévient , à laquelle nous pouvons toujours résister. Car, si nous ne pouvons pas empêcher l'effet «ela grâce, comme les novateurs s'efforcent de le prouver par cet endroit , pourquoi «ftint Paul recommande-t-il aux Philippiens dans le verset précédent de travailler à
ou CaWin , et ses sectateurs ne reconnaissent point de grâce , telle qu'ils voudraient I établir par l'autorité de ce passage. C'est donc très-inutilement que les novateurs repètent si souvent ce passage, comme décisif en faveur de leur grâce nécessitante.
14. Omnia autem facile sine mur- 14. Faites au reste toutes choses sans mamionibus et hœsitationibus ; murmurer et sans hésiter ;
15. Ut sitis sine querelâ, et sim- 15. Afin que vous soyez sans reproches puces hlu Dei, sine reprchensione , in et sans artifice , enfants de Dieu irrépréroedio nationis prav» et perversœ, hensibles, au milieu dune nation démterquos lucetis sicut luminaria in pravée et perverse , où vous luisez comme "*"°^® î des flambeaux dans le monde ;
(!) Is. 45.24. - Rom. 14. 11. — —
246 EPITRB DE S. PAL'L AUX PIlILIPPIENS.
16. Yerbuoi vit» continentes ad 16. Conservant la parole de vie , «fin gloriam meam In die Ghristi , quia qu'au jour de Jésus-Chrisl ma gloire soit non in vacuum cucurri , neque in va- de n'avoir point couru en vain , ni de n'acuum laboravi. voir point tra\aillé en vain.
17. Sed et si immolor supra sacri- 17. Mais si par-dessus ]e sacrifice et ficium et obsequium fidei ^estrs, la soumission de votre foi, je dois être gaudeo, et congratulor omnibus vobis. immolé , j'en ai de la joie, et je m'en réjouis avec vous.
Maii , ii par~des»U9 le sacrifice et la ioumûtion de voire foi , je doit être immolé. Il y a dans le grec, àA).' «< xal aTcivâo/Jiai ^ sed sipro lihamenlo offèror. L'apôtre fait ici allusion aux sacrifices de l'ancienne loi, dans lesquels, après avoir iainiolé la victime, ou offrait des libations. Il regarde la foi des Phiiippiens, conaroe une victime qu'ils déjà offerte à Dieu ; et il considère l'effusion de son sang , comme la libation de c<^ même sacrifice. Cela revient donc à dire : s'il me fallait répandre mon sang pour la foi que je vous ai préchée, et que vous avez embrassée, je m'en réjouirais, et je vous exhorterais à vous en réjouir avec moi.
18. Idipsum autem et vos gaudete, 18. Ayez-en de la joie vous-mêmes, et et congratulamini mihi. réjouissez-vous-en avec mol.
19. Spero autem in Domino Jesu 19. Or, j'ai cette espérance dansleSei-, Timotheum me cilô mlttere ad vos ; gneur Jésus que je vous enverrai bientôt ut et ego bono anime sim , cognitis Timothée ; afin que de mon côté je sois qu« circa vos sunt (1). content aussi, étant informé de ce qai
vous regarde.
20. Neminem enim habeo tam una- 20. Parce que je n'ai personne qui s'acnimem , qui sincerft affectione pro corde si bien avec moi , ni qui s'intéresse vobis soUicitus sit. si cordialement pour vous.
21. Omnes enim qus sua sunt quae- 21. Car tous cherchent leurs intérêts, runt, non qus suut Jesu Christi (2). et non les intérêts de Jésus- Christ.
22. Experimentum autem ejus co- 22. Mais jugez de lui par votre propre gnoscite : quia sicut palri filius , expérience : car il m'a aidé dans le minismecum servivit in Evangelio. tère de l'Evangile, comme un fils ferait à
son père.
23. Hune igitur spero memittere 23. J'espère donc vous l'envoyer, dès ad vos, mt)x ut videro qu» circa me que j'aurai vu comment vont mes affaires. sant.
Dès que j'aurai vu comment vont mes affaires. C'est-à-dire quand j'aurai va le opuw que prendront mes affaires. Saint Paul était encore arrêté : mais il espérait bientôt ion entière délivrance. Peut-être même que Timothée u'était pas non plus tout-â-fait libre.
24. Confido autem in Domino quo- 24. J'espère aussi, avec l'aide du Seiniam et ipse veniam ad vos citô. gneur , vous aller voir bientôt moi-même.
25. Necessarium autem existimavi 25. Au reste , j'ai cru qu'il Allait vous Epaphroditum fratrem et cooperato- envoyer Epaphrodite mon frère , qui a rem et commilitonem meum , vestrum eu part à mes travaux et à mes combats , autem apostolum, et ministruraneces- qui est votre apôtre, et par les mains sitatis mex, mittere ad vos : auquel j'ai reçu ce qui m'était nécessaire;
Qui est votre apôtre , et par les mains duquel j'ai reçu ce qui m'était nécessaire. Saint Paul était, à proprement parler, l'apôtre de Phi lippes, où nous voyons, par les Actes, qu'il avait porté le premier J'£vangile. Epaphrodite avait cultivé ces preuiièressemeaoes de la foi : on croit même qu'il était évoque de cette ville , et les fidèles l'avaieot députe .i Rome avec des aumônes, pour soulager saint Paul dans ses fers, ainsi, apétreà» Phiiippiens, ne signifie peut-être en cet endroit, que leur envoyé, leur député.
20. Quoniam quidem omnes vos 26. Parce qu'il souhaiterait de vous voir
desiderabat , et mœstus erat , prepte- tous, et qu'il avait du déplaisir qu'4Hi vous
rcà quôd audieraiis illum infirmaUim. eût fait savoir qu'il avait été malade.
27. Nam et iofirmatas est usque ad 27. Il « été en effet malade à la mort :
mortem ; sed Deus miser tus est ejus ; mais Dieu a eu pitié de lut ; et non pas
(l) Act. 16. 1. — (2) I. Cor. 13. 5.