CHAPITRE IV
Il leor recooiniaude de prier ponr loi , et de se conduire avec sagesse el avec discrélion à %rd des infidèles. Il leur envoie des'geus pour les informer de Téial où il se trouve. Il les salue de la part de différentes personnes , sonhailant que celte lettre el celle qui ^ pour les laodicéens , soient lues dans Tune et Tautre des deui Eglises.
^•Domine, quod justum est et squum , servis prœstate ; scientes Quôd et vos Dominum habetis in Cœlo.
2. Orationi instate, vigilantes in ^^ in graiiarum actione (6) ;
1. Maîtres , rendez à vos serviteurs ce qui est de la justice et de l'équité ; sachant que vous avez vous-mêmes un maître dans le Ciel.
2. Appliquez- vous constamment à la prière , y employant le temps de ta nuit dans des actions de grâces ;
('^ Bph. 5. 22. - I . Pet. 3. 1 . — (2) Eph. 6. l . — (3» Eph. 6. 4. — (4) Tit. 2. 9. - 1 , et 2. 18. — (5) Rom. 2. 6. — (6; Luc. 18. l. - 1. Thess. 6. 17.
3. Oraiïles simul et pro nobis , at 3. Priant aussi tous ensemble pour Deus aperiat nobis ostium sermonis nous, afin que Dieu nous ouvre la porte à ad loquendum mysterium Chrisli la prédication, pour prêcher le mystère (propier quod etiam vinctus sum) (1). de Jésus-Christ (c'est pour cela aussi que
je suis moi-même dans les fers).
Priant aussi tous ensemble pour nous. Nous avons déjà remarqué sur le chap. 6 aux Ephésiens, et nous aurons occasion de le faire dans la suite, que saint Paul demande couvent aux fidèles le secours de leurs prières auprès de Dieu : ce qui prouve que nous pouvons, à plus forte raison, demander aux saints qui jouissent de Dieu , de nons aider auprès de lui de leur intercession. Calvin , sur cet endroit, appelle cela un argument puéril, ittais quelque confiance que cet hérésiarque fasse paraître, cette preuve est certainement assez forte, pour faire voir la faiblesse de toutes celles qu'il emploie pour combattre l'invocation des saints , et qu'il tire de la médiation de Jésus-Christ. — Afin que Dieu nous ouvre la porte à la prédication. Ou bien, selon Théo]ihylacti>, afin que Dieu nous ouvre la bouche, qui est la porte du discours, ostium sermonis; c'est'é-dire nous fasse parler librement, pour annoncer l'Evangile jusqu'au milieu des fers.
4. Ut roanifestem illud ila ut opor- 4. Afin que je le fasse connaître de la tel me loqui. manière dont il faut que j'en parle.
5. In SBpientiâ ambulate ad eos qui 5. Conduisez-vous sagement avec ceax foris sunt , tempus redimentes (2). qui sont dehors, rachetant le temps.
Gonduisez-vous sagement avec ceux qui sont dehors. C'est-à-dire avec les gentils et les Juifs, qui ne sont point dans l'Eglise. — Rachetant le temps. ràvKcttpbv «^«yopocÇô/tevoe, cherchant avec soin l'occasion de les gagner à Dieu , et d'avancer le progrès de l'Evaugile aui dé(>ens même de vos biens.
6. Sermo vester semper in gratiâ 6. Que dans vos paroles il y ait toujoars sale sil condiius; ut sciatis quomodô une certaine grâce, et un sel qui les asoporteat vos unicuique respondere. saisonne ; de manière que vous sachiez
répondre à chacun comme il convient.
7. Qus circa me sunt , omnia vobis 7. Tout ce qui me regarde , vous le saunotafacietTychicus, charissimusfra- rez de Tychique , notre très-cher frère, ter, et fidelis minister, et conservus qui est un fidèle ministre du Seigneur, et in Domino. qui le sert avec nous.
Vous le saurez de Tychique, Quand saint Paul écrivit la seconde lettre à Timothée, il avait déjà envoyé Tychique à Ëphèse, apparemment pour porter la lettre aux Ëpbésieiis. Si Tychique n'était pas encore revenu de ce voyage, quand saint Paul écrivit aux Colossiens, il put lui adresser sa lettre à Ephèse, afin qu'il allât lui-même la porter à Colosses.
8. Quem misi ad vos ad hoc ipsum, 8. Je vous l'ai envoyé exprés , afin quMl ut cognoscat quse circa vos sunt , et s'instruise de ce qui vous regarde vousconsoletur corda vestra. mêmes , et qu'il vous console.
9. Cum Onesimo, charissimo et fi- 9. Je lui ai joint Onésime , notre frère deli fratre , qui ex vobis est. Omnia bien-aimé et fidèle, qui est votre coaipaqua; hic aguntur nota facient vobis. triote. Ils vous informeront de tout ce qui
se passe ici.
10. Salutat vos Aristarchus con- 10. Aristarque, qui est dans les fers captivus meus, et Marcus consobri^- avec moi, vous salue, aussi bien que nus Barnabs , de quo accepistis man- Marc, cousin de Barnabe, pour lequel data , si venerit ad vos, excipile illum, vous avez reçu des lettres de recommandation , (s'il va chez vous , faites-lui un bon accueil) ,
MarCf cousin de Barnabe, Il avait été compagnon des courses apostoliques de saint Paul et de saint Barnabe, mais il les avait quittés : et à son occasion, il s'éleva on petit différend entre saint Barnabe, qui voulait le recevoir de nouveau, et saint Paul qui ne le jugeait pas à propos. Mais Marc était dans la suite revenu joindre l'apôtre à Rome avec Timothée, à qui saint Paul avait mandé de l'amener : Mfarcum assume^ d adduc tecum, 2. Ttmoth, 4. 11.
(I) Ephes. 6. 19. - 2. Thess. 3. 1. — (2) Ephes. 5 15.
cn.\piTRB IV. 26^
11. Et Jésus qui dicîtur Justus : 11. Kt Jésus , qui porte lé nom àe Justo : qui sunt ex circumcisione. Hi soli lesquels viennent de la circoncision. 14s suot adjulores naei in regnoDei,qui sont les seuls qui m'aident k établir le mihi fuerunt solatio. royaume de Dieu, et c'est d'eux que j'ai
reçu de la consolation.
Letqueli viennent de la cfrcon«tfto». C'est-à-dire lesquels sont chrétiens, conTertis du judaïsme qiiMIs professaient auparavant. — > Ht tant let wtdt qui m'aideni d établif kroyaume de Dieu, Si saint Pierre eût été alors à Rome, disent Calvin et Bèze sur cet endroit, saint Paul n'aurait pu le passer tous silence, sans lui faire injure. 11 n'y était donc pas, et par conséquent, il est faux qu'il ait tenu ce siège vingt-cinq ans. Hais l* saint Paul ne fait ici le dénombrement que de ceux qui lui étaieilt attachés en qualité de ministre» et de subalternes, pour l'aider dans la prédication de rEv«ngili\ Il n'est donc pas surprenant qu'il ne fasse aucune mention de saint Pierre, quand même on supposerait qu'il se fût trouvé à Rome dans ce temps-lé. 2^ Quoique salut Pierre eût établi son siège é Rome, il n'y était pas cependant tellement attaché, qu'il oepût faire des courses apostoliques , pour porter ailleurs la lumière de TEvangilé. On a souvent vu ses successeurs entreprendre de longs voyages à Constantinople, en France, et ailleurs : ce qui n'empêche point qu'on ne dWe qu'ils ont tenu le siège de Rome tant de temps. Rien n'est donc plus frivole que cet nr^umeut de rbérésiarpto et de son disciple.
12. Salutat vos Epaphras, qui ex 12. Epaphras, votre compatriote, yous vobis est , servus Christi Jesu, semper salue : c est un serviteur de Jésus-Christ, sollicilus pro vobis in orationibus , ut toujours plein de zélé pour vous dans ses stetis perfeeti , et pleni in oroni vo- prières , afin que vous soyez constamment luQiale Dei. parfaits et accomplis en tout ce que Dieu
veut de vous.
13. Testimonium enim illi perhi- 13. Car je lui rends ce témoignage , beo, quôd habet multum laborem pro qu'il se donne beaucoup de peine pour vobis, et pro ils qui sunt Laodicise et vous , et pour ceux qui sont à Laodicée et qui Hierapolis. à Hiérapolis.
14. Salutat vos Lucas Medicus 14. Luc le médecin, qui m'est très-.cher , cbarissimus , et Demas (1'. vous salue , et Démas aussi.
Et Démas auni. L'amour du siècle lui avait fait abandonner saint Paul , lorsque cet apôtre écrivit la seconde lettre à Timothée. Mais comme la lettre aux Colossiens est postérieure, cet endroit prouve que Uémas avait réparé sa faute, et était revenu auprès de saint Paul.
15. Salulate fratres , qui sunt Lao- 15. Saluez les frères qui sont à Laodidici», et Nympham, et qua; indomo cée, et Nymphas avec l'Eglise qui est ejus est, Ecclesiam chez lui.
16. Et ciim lecta fuerit apud vos 16. Après que cette lettre aura été lue epistola hsc , facile ut et in Laodi- parmi vous , faites qu'on la lise aussi dans censium Ecclesià legatur, et eam , l'Eglise de Laodicée, et que vous-mêmes quxLaodicensium est , vos legatis. vouslisiez celle qui est pour les Laodicéens.
El que vous-même vous lisiez celle qui est pour les Laodicéens. Ces paroles ont fait croire a quelques-uns, que suint Paul avait en effet écrit une lettre aux Laodicéens ; et <p>e comme cette lettre ne s'est point conservée , on en a supposé une. Celle-ci ne parait composée que des expressions tirées des autres épîtres de saint Paul, mais qui ètani déplacées , perdent leur force , et forment un style bien différent. On pourrait croire que c'est celle dont saint Jérôme a dit : Legunt quidam Episio'am ad Laodi~ censés, sed ah omnibus exploditur. Mois rien n'oblige absolument de croire que saint ^aul ait en effet écrit aucune lettre aux Laodicéens. Il y a dans le texte latin , eam quœ I-aodicensium est; et dans le grec, t^v |x rf,ç Aao^exetas, ce qui ne veut pas dire une lettre écrite à Laodicée, mais écrite de Laodicée. Ce pourrait être, disent plusieurs i il ter prèles , une lettre que les Laodicéens eussent écrite à saint Paul ^ et que saisit Paul jugea à propos de faire lire aux Coiossieus , parce que les sentiments en étaient tout édifiants.
11)2. Tim. 4. 11.
TOMR II. ^ 2S
266 KPITRB DB S. PAUL kVX COLOSSIENS.
17. Et dicite Archippo : vide minis- 17. Pour Àrchippe , vous lui direz : terium , quod accepisti in Domino , ut faites réflexion sur le ministère que vous illud impleas. avez reçu au Nom du Seigneur, afin de
vous en acquitter parfaitement.
Pour Archippe voui lui direz ^ ete. Cet Ârcbippe faisait la fonction de pasteur auprès des Colossiens, â la place d'£paphras, leur évéque, qui était alors reteuu à Rome, comme il parait par l'épitre à Philémon , ▼. 3.
18. Salutatio, me& manu Pauli. 18. Moi Paul, j'écris ceci de ma propre Memores estote vinculorum meorum. main pour vous saluer. Souvenez-vous de Gratia vobiscum. Amen. mes fers. La grAce soit avec vous. Àmeo.
Moi Paul, j'écrit ceci de ma propre main, pour vout taluer. C'est-à-dire ces deui lignes. L'apôtre avait dicté cette lettre, et s'était servi d'une main étrangère pour l'écrire : mais il y ajouta ces deux mots de sa propre main , pour saluer les GolosiieDs.
PREIIERE EPITRE DE
SAINT PAUL
AUX THESSALONiClENS (1).