CHAPITRE III
Il leur recommande de prier Dieu pour lui , et il espère qu'ils olserveroDt ses enseignements. Il les avertit de se séparer de quelques chrétiens qui ne veulent , ni garder ce qu'il avait prescrit , ui s*appliquer au travail des mains ; quoique s*y fût appliqué lui-même étant ehez eui : néanmoins il ne Yent pas qu'ils les regardent comme ennemis , mais qu'ils les reprennent comme leurs frères.
1. De cxtero, fratres, orate pro 1. Du reste, mes frères, priez pour nobis , ut sermo Dei currat , et clari- nous , afin que la parole de Dieu ait cours , ficetur , sicut et apud vos (1). et qu'elle soit dans l'estinie, comme elle
l'est parmi vous.
2. Et ut liberemur ab importunis, 2. Et afin que nous soyons délivrés de et matis hominibus : non enim om- certaines ^ens , qui sont sans raison, et niuîtj est fides. pleines de méchanceté : Car la foi ne se
trouve pas en toute sorte de personnes.
Car la foi ne se trouve pat en toutes sortes de personnes. C'est qu'il y en a beaucoup qui sont rebelles aux lumières que Dieu leur présente; et qui, loin de recetoir la foi , la combattent de toute leur force.
3. Fidelis autem Deus est , qui con- 3. Mais Dieu qui est fidèle, vousafTerfirmabit vos , et custodiet à malo. mira et vous défendra du malin esprit.
Mais Dieu qui est fidèle , nous affermira. C'est cooime .si l'apôtre disait : Des hointnes pleins de méchanceté font ce qu'ils peuvent pour arracher la foi de vos cœurs; mais Dieu vous affermira par sa grâce. Les hérétiques concluent de là , que l'homme fidèle peut être assuré de sa persévérance et de son salut. Car Dieu, diseot-ib, lui a promis par saint Paul de l'affermir; et saint Paul ne lui permet pas non plus de douter que Dieu ne soit fidèle dans sa promesse. Mais, reprend ici saint Chrysostôme. il est vrai que Dieu est fidèle , et qu'en nous promettant le salut , il nous le donnera certainement, mais de la manière qu'il l'a promis. Or , comment Ta-t-il promis? C'est si nous voulons , et si nous obéissons , et non pas absolument , et sans coo[)ération de notre part. Fidelis quidem, inquit^ est et Deus promiitens salutêm dare,omnind dabit, led utpromisit, Quornodô autem promisil ? Si veîimus , et eum audiamus : nequetanquam ignis et lapidibus ottosis. C'est pour cela, selon le même Père, que l'apôtre ajoute dans le verset suivant, qu'il a confiance que de leur côté ils feront ce qu'illeur prescrit. Confiance , dit encore saint Thomas sur ce même endroit , qui dépend, et de Dieu qui donne la giâce , et des hommes qui ont le libre arbitre pour y coo|)érer. Fiducia autem pendet ex eo qui gratiam dat , et ex hominibus qui sunt liberi arhilrii, ut dirigantur tn gradd. Mais comme notre libre arbitre ne peut pas même coopérer avec la grâce sans son secours , de là vient, selon les mêmes Pères, que tout dépend de Dieu , et qu'il n'y a aucun bien dans nous dont nous puissions nous glorifier , oomrae si nous ne l'avions pas reçu , et que nous nous le fussions dooué.
4. Confidimus autem de vobis , in 4. Aussi , pour ce qui vous regarde, Domino , quoniam quas prscipimus , nous avons cette confiance au JSeigoear , et facitis , et facieiis. que vous faites , et que vous ferez dans la
suite ce que nous vous prescrivons.
5. Dominus autem dirigat corda 5. Cependant, que le Seigneur porte vos vestra in cbaritate Dei et patientià coeurs à l'amour de Dieu et à la patience Christi. de Jésus-Christ.
Que le Seigneur porte vos cœurs d l'amour de Dieu , et d la patience de Jésus^rist. Il y a dans le grec {c$ vnofiv/hv toû X/^eçov; et selon ce texte, on peut traduire:
(IjEphes. 6. 19. Col. 4. 3.
CBAPitnB m. 281)
Que le Seigneur porte vos cœurs à aimer Dieu , et à attendre patien^ment Jésus-Christ ; (>u bien, à souffrir patiemment comme Jésus-Christ. Saint Chrysostôme l'explique en ces deux manières.
6. DeDuntiamus autem vobis , fra- 6. Mais nous ^ous enjoignons , mes très, in nomine Domini nostri Jesu frères, au nom de Jésus-Cnrist Notre- Cbristi , ut subtrabatis vos ab omnt Seigneur » que vous ayez à vous séparer fratre ambulante inordinatè , et non de qui que ce soit d'entre nos frères » qui secundùm traditionem , quam acce- a une conduite déréglée » et peu conforme perunt à nobis. à la tradition qu'ils ont reçue de nous.
7. Ipsi enim scitîs quemadmodùm 7. Car vous savez bien vous-mêmes comoporteat imitari nos ; quoniam non meut il faut nous imiter ; puisque nous inquieti fuimus inter vos > n'avons point causé de trouble parmi vous»
8. Neque gratis panem manduca- 8. Et qu'il n'y a personne dont nous ayons vimus ab aliquo y sed in laboreyetin reçu gratuitement de quoi vivre; mais fatigaiione > nocte et die opérantes > qu'en travaillant jusqu'à la lassitude penne quem vestrùm gra^aremus (1). dant la nuit aussi bien que pendant le jour,
nous faisions quelqu'ouvrage, pour ne charger aucun d'entre vous de notre subsistance.
Nous fttiiiont quelque ouvrage pendant le Jour et pendant /a nuit. Il parait par le 18. chap. des Actes, verset 3, que le travail auquel saint Paul s*occupait, était à faire des tentes. On ne doit pas être surpris que l'apôtre, qui était d'une famille considérable , et qui avait été éle%é dans l'étude des saintes lettres, eût appris un métier pour s'occuper du travail des mains. Car outre que sa charité le portait à entreprendre tout ce qui pouvait contribuer à la plus grande gloire de Dieu; c'était la coutume des ancieos docteurs Juifs , comme nous l'apprenons des Rabbins Samahala et Gamaliel.
9. Non quasi non habuerimus po- 9. Non que nous manquassions de droit teslatem y sed ut nosmetipsos formam pour cela , mais afin de vous donner en daremus vobis ad imitandum nos. nos personnes un modèle à imiter.
lu. Nam et cùm essemus apud vos, 10. Et de fait , voici ce que nous vous hoc denuntiabamus vobis : quoniam déclarions étant chez vous : si quelqu'un siquisnon vultoperari, necmanducet. ne veut pas travailler , qu'il ne mange pas
non plus.
Si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pat non plut. Saint Paul parle du travail des mains ; et il dit que "ceux qui ne veulent pas travailler pour vivre, sont indignes d'être nourris par la libéralité des fidèles. Il ne prétend pas, comme nous 1 avons déjA dit , mettre de ce nombre les ouvriers évangéliques qui ne travailleraient l'as des mains ; puisqu'en faisant souvenir les Thessaloniciens qu'il a travaillé des mains jour et nuit, pour ne leur être point à charge, il les avertit cependant qu'il avait droit de tirer d'eux sa subsistance.
11. Audivimusenîm inter vos quos* 11. Car nous avons appris qu'il y en a dam arobulare inquiété , nihil ope- quelques-uns parmi vous qui causent du rantes , sed curiosè agentes, trouble par leur conduite ; qui ne s'adonnent à aucun travail , mais qui veulent se mêler de tout.
12. lis autem , qui ejusmodi sunt , 12. Or , à ces sortes Se gens , nous leur denuntiamus , et obsecramus in Do- enjoignons , et nous les prions par Jésusmino Jesu Christo , ut cùm silentio Christ Notre-Seigneur , de travailler en opérantes suum panem manducent. paii , et de manger le pain qu'ils auront
gagné.
13. Vos autem , fratres , nolite de- 13. Mais vous , mes frères , ne cessez ncere bencfacientes (2). point de faire du bien.
14. Quôd si quis non obedit verbo 14. Que si quelqu'un n'obéit point à ce Qosiro per epistolam , hune notate, que nous disons par notre lettre» observez- ^ ne commisceamini cum illo , ut le , et n'ayez aucune communication avec fonfundatur. lui , afin qu'il en ait de la honte.
{') Act. 20. 34. - 1. Cor. 4. 12. - 1. Thess. 2. 9. — (2j Gai. 6. 9.