‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 166 sur 364 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

II réitère Tordre qa*il avait donné à Timolhée de retirer quelques personnes de h mauvaise doctrine, et de leur en marquer une qui fût sainte, la loi a été faite pour des gens sans probité. Paul rend grâces à Dieu , qui de persécuteur de TEglise Ta fait apètre. 11 a obtenu miséricorde , afin que la patience de Dieu parût , et que cela servit d'instruction aox pécheurs. U avertit Timothée de combattre en bon soldat.

1. Paulus apostolus Jesu Christi 1. Paul apôtre de Jésus-Christ , sui> secuDdùm imperium Dei Salvatoris vent l'ordre de Dieu notre Sauveur , et oostri, et Christi Jesu spei nostrs : de Jésus-Christ, notre espérance ,

Paulj apétredeJéiUM-Chritt guivant V ordre de Dieu, Ce dernier mot doit s'entendre de Dieu le Père , puisque saint Paul , au même endroit , le distingue de Jésus-Christ, douane lisons cependant dans aucun endroit de l'Ecriture , que Dieu le Père ait donné à saint Paul la commission de prêcher TEvangile. C'est Jésus-Christ, Aci, ix. xacij; et ailleurs, c'est le Saint-Esprit, Âet, xiij, qui le charge de ce ministère. Mais, répond nint Chrysostôme , et après lui Théophylacte , les œuvres de la sainte Trinité étant indivisibles , ce qui est dit du Fils ou du Saint-Esprit , peut être également attribué au Père. — De Dieu noire Sauveur. La qualité de Sauveur est ici donnée d Dieu le Père. Il est en effet l'auteur de notre salut , puisqu'il nous a aimés , jusqu'à nous donner son Fib unique pour nous sauver.

2. Timotheo dilecto filio in fide. 2. A Timothée son cher 61s en la foi. Gratia , misericordia , et pai à Dec La grâce , la miséricorde , et la paix de la l^&tre , et Christo Jesu Domino nos- part de Dieu noire Père , et de Jésusiro (2). Christ Notre-Seigneur.

(1) A TIIOTHÉE. Timothée fut un des plus fidèle» et de» plut cher» disciples de saint Paul. Il avait été éleré dès sa plus tendre jeunesse dans la religion de Jésus-Christ , par sa mère Eunice , et son •ieule Lois. Quand l'apôtre Tint à Lystres, tous les fidèles de celte ville et d'Icdne lui en rendirent un témoignage très-avantageux. C^est ce qui engagea saint Paul à le prendre pour compagnon de ses |nvsax. Il imita si bien les vertus de son maitre , que saint Chrysostôme ne fait point de difficulté de ' appeler ob hovvxa.ii saiht Paul. Aussi l'apMre , dans plusieurs de ses lettres , marque la tendresse quil «Tsit pour ce disciple, et l'estime qu'il faisait de sa vertu. En partant pour la Macédoine, il établit évéque d'Epbèse , métropole de toute l'Asie mineure. C'est pour soutenir toute sa ferveur dans cet important ministère, qu*il lui écrivit cette lettre et la suivante , où l'apôtre a prétendu , non- •ealeinent instruire Timothée , mais encore donner en sa personne à tous les év«*ques qui devaient dans '• suite des temps gouverner l'Eglise de Dieu , des leçons de la plus haute perfection.

(2)Act. 16.1.

288 I. EPITRE RE S. PAUL k TIMOTHEB.

A Timotkéet ton cherfih en la foi. Il y a dans le grec urdliiaire yvvj^^/) rsxvu, son ▼rai fils, son fils légitime : mais on lit dans plusieurs manuscrits, àyan^^râ rexvu, sun cher fils , son fils bien-aimé, comme a lu l'auteur de la Yulgate. Au reste , saint Paul n'appelle pas ici Timothée son fils dans la foi , pour l'avoir converti à Jésus-Christ , comme les Corinthiens qu'il dit avoir engendrés à Jésus-Christ par TËvaiigile. Car nous avons déjà remarqué que Timothée était au nombre des fidèles, lorsque saint Paul vint à Lystres, où il le vit pour la première fois. Il l'appelle donc son fils, ou parce qu'il l'avait plus pleinement instruit dans la foi; ou parce que Timothée le servait dans la prédication de l'Evangile , avec toute l'afiection et toute l'obéissance d'un fils poursoa père, comme saint Paul lui-même l'écrit aux Philippiens.

3. Sicut ro^ayi te ut reroaneres 3. Je vous prie de demeurer à Ephèse, Ephesi cura irem in Macedoniam , ut comme je vous en priai partant pour la denuntiares quibusdam ne aliter do- Macédoine, et d'enjoindre à certaines percèrent , sonnes de n'enseigner point de doctrine

nouvelle ,

Et d'enjoindre à certaines per tonnes de n'enseigner de doctrine nouvelle. En gret, fji^ irpo^iioia3iaXtiv,ne éditer doeeant, comme traduit la Yulgate : ce qui ne tutube pas tant sur la manière d'enseigner, que sur la substance de la doctrine même. C'est comme si l'apôtre disait : Enjoignez-leur de ne pas enseigner une doctrine différente de la nôtre , ou contraire à celle que j'ai enseignée. Erasme traduit, ne diversam seqtKmtur doetrinam : en quoi il s'éloigne évidemment du sens de l'apôtre, lequel ne parle ici que des faux docteurs, qu'il ordonne à Timothée de réprimer.

4. Neque intcnderent fabulis, et 4. Et de ne s'attacher point à des fables, genealogiis inlerminatis ; qu« quaes- et à des généalogies dont on ne voit point tiones prœstant magis quàm , sdifi- le bout; qui font plutôt naître des coDleseationem Dei, qua; est in fîde ( J). tations, qu'elles n'édifient selon Dieu , ce

qui se fait par la foi.

Et de ne s'attacher point à des fables et à des généalogies dont on ne voit point le bout. Les fables dont parle ici l'apôtre , sont les contes ridicules dont les Juifs remplissaient leurs explications de la loi, et qui sont passés dans le Thalmud , la Cabale, et les autres livres des rabbins. Les Juifs avaient aussi grand soin de faire leurs généalogies et de les pousser jusque dans les temps les plus reculés pour se faire descendre des hommes les plus illustres. C'est là ce que blâme ici l'apôtre. Saint Chrysostôme croit aussi qu'il a en vue la théogonie fabuleuse des payens. Tertullien prétend qu'il a voulu condamner toutes les généalogies des simoniens et des valentiniens. Il est plus probable que l'apôtre u'uttaque ici que les judaisants.

5. Finis autem prœcepti est chari- 5. Or, la fin du précepte, c'est une chatas de corde puro, et conscientift bonâ, rite qui parte d'un cœur pur , d'une bonne et fide non fictft. conscience, et d'une foi qui n'ait rien de

faux.

Or la fin du précepte , c'est uns charité, ete. Le mot de précepte se prend ici pour la loi tout entière. Les Juifs débitaient leurs fables, et étalaient leurs généalogies comme conformes à l'esprit de la loi. Saint Paul prouve au contraire qu'elles y sont opposées; parce que le but de la loi est de porter à la charité : au lieu que ces fables judaïques font naître et entretiennent des contestations, qui détruisent cette reine de toutes les vertus.

6. Â quibus quidam aberrantes , 6. Quelques-uns s'en étant écartés , converst sunt in vaniloquium , ont tourné leur esprit du côté de la vaine

doctrine ,

7. Yolentes esse legis doctores, non 7. Prétendant être docteurs de la loi , intelligentes , neque quae loquuntur , quoiqu'ils n'entendent, ni ce qu'ils disent, neque de quibus aflSrmant. ni sur quoi ils décident.

8. Scimus autem quia bona est 8. Or, nous savons que la loi est bonne, lex, si quis eà légitimé utatur (2) : pourvu qu'on en fasse un usage légitime :

Or nous savons que la loi est bonne. Les juda'isants d'Ephèse , pour rendre saint Paul odieux, publiaient qu'il parlait mal de la loi, et qu'il avait intention de la décrier.

(1) Tnf. 4. 7. - 2. Tim. 2. 23. - Tit. 3. 9. ^ [2, Rom. 7. 12.

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