TOME II
290 I. EPITRE DE S. PA.i:L a TllfOTHEE.
voyait de ses propres yeux ceux que les apôtres opéraient en prêchant l'EvangUe : mais son faux zèle lui fermait les yeux à la lumièie, et le retenait dans cette sorte d'igoorance, qui, sans excuser le pécheur, diminue pourtant son péché, comme l'enseigne saint Thomas, 2. 2. Q. 10. a. 3. il y en a cependant qui prétendent que l'apôtre parle ici d'une ignorance affectée , qui a sa source dans l'incrédulité même et qui angmeofe le péché, loin de le diminuer. Mais outre que cette explication ne s'accorde pas si naturellement avec le texte, il ne parait point que l'apôtre ait jamais été dans une si dangereuse disposition. Quoique son zèle ne fût pas selon la science , lorsqu'il persécutait les chrétiens, il était cependant sincère, et il croyait tout de bon rendre service é Dieu en persécutant les membres de son Fils.
14. Superabundavit autem gratia 14. Or, la grâce de Notre^Seigoeur a été Domini nostri , cum fide et dilectione , surabondante avec la foi et la charité sequaBestiuChristo Jesu. Ion Jésus-Christ.
Or la grâce de Noire-Seigneur a été surabondante avec la foi et la charité tehn Jésus^Christ. C'est>à-dire la grâce de Jésus-Christ a surpassé tous mes désordres. J'étais dans l'incrédulité, et il m'a éclairé des lumières de la foi; j'étais acharné contre ses disciples, et il m'a inspiré la charité.
15. Fidelis sermo , et omni accep- 15. C'est une parole de vérité , et digne tione dignus, quôd Christus Jésus d'être reçue avec une eitrémejoie, que venit in hune mundum peccatores Jésus-Christ est venu en ce monde , pour salvos facere , quorum primus ego sauver les pécheurs , dont je suis moisum (1). même le premier.
Jétuê-Christ est venu en ce monde , pour sauver les pécheurs. C'est-à-dire fous les hommes, puisqu'ils étaient tous iufectés du péché, ^aint Augustin conclut de là contre les pélagiens, que les enfants ont le péché originel, puisque Jésus-Christ n'est pas moins leur Sauveur que celui des adultes. — Dont je suis moi-même le premier. il y avait une infinité de pécheurs qui avaient précédé l'apôtre, dit saint Augustin. Quand donc il s'appelle lui-même le premier des pécheurs , il veut par là marquer qu'il est le plus grand et le plus criminel de tous. Ittais comment l'apôtre peut-il, avec vérité, s'appeler le plus grand des pécheurs? £t comment les saints peuvent-ils après lui tenir le même langage? C'est qu'ils sont persuadés qu'ils auraient commis plus de crimes que tous les autres, s'ils n'avaient pas été spécialement secourus. C'est encore parce qu'ils ferment les yeux sur les défauts des autres, et qu'ils ne les ouvrent que sur leurs propres égarements, qu'ils coudamnent toujours avec une extréms sévérité.
16. Sed ideô misericordiam con- 16. Mais Dieu m'a fait miséricorde, secutus sum , ut in me primo osten- afin que Jésus-Christ fit paraître toute sa deret Christus Jésus omnem patien- patience en moi qui suis le premier des tiam , ad informationem eorura qui pécheurs , et que cela servit d'eiernple à crediluri sunt illi in vitam œternam. ceui qui doivent croire en lui dans la vue
de la vie éternelle.
17. Régi autem ssculorum im- 17. Cependant , qu'au roi des siècles , mortali^ invisibili , soli Deo honor et immortel » invisible > seul Dieu , soit boogloria in sœcula saeculorum. Amen, neur et gloire dans les siècles des siècles.
Amen.
18. Hoc praeceptum commendo 18. Ce que je vous prescris ici, Tiraotibi , fîli Timothee » secundùm prœ- thée mon fils , je vous le recommande ccdenles in te propbetias ; ut milites selon ce qui a été prédit de vous autrein illis bonam militiam , fois ; afin que selon ces prédictions vous
combattiez en bon soldat»
Ce que je vous prescris ici. Cela peut se rapporter à ce qui précède, comme si l'apôtre disait ; Ce que je vous prescris, c'est de réprimer les faux docteurs qui spportent une doctrine nouvelle, et qui par leurs fables et leurs généalogies détruisent la charité, que vous devez sur toutes choses recommander. On peut encore rapporter ces paroles à ce qui suit, de cette sorte : ce que je vous prescris, c'est de cornbudre en bon soldat, -r- Selon ce qui a été prédit de vous autrefois. Dans le latin , secundùm
(l)Hatth. 9. 13. -Marc. 2. 17.