‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 170 sur 364 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

11 veut qa^on fasse des prières, el qu'on rende des actions de grâces ponr les rois et pour les nagistrats. 11 dit qu'il y a on senl Dieu et un seul Médiateur. 11 marque de quelle sorte le mari et la femme doivent prier ; comment cell($-ci doit se parer , et que ce n'eist point à elle à enseigner, mais à écouter rinstruction en silence.

1. Obsbcro igitur pritntim omnium 1. Je vous conjure donc surtout , qu'on

fieri ohsecrationes , orationes , postu- fasse des supplications , des prières , des

lationes, gratiarum actiones pro om- demandes et des actions de grâces pour

nibus faominibus : tous les hommes :

^e tous conjure âonc surtout , qu'on fasse des supplication» , des prières , des demandes.,, pour tous les hommes. Saint Thomas lie ces paroles avec le 15« verset dn chapitre précédent, où l'apôtre a dit que Jésus-Christ était venu sau\er les pécheurs : car il s'ensuit de \à qu'on doit prier pour tous. Parmi les anciens interprètes , il y en a qui cherchent soigneusement une différence entre supplications, prières et demandes. ^aint Chrysostôme au contraire croit que l'apôtre s'est servi de ces différentes exprès- Kinns, pour signifier la même chose On peut dire au moins avec saint Augustin , que (i la signification en est différente, il est très-difficile de la trouver. Ceux qui veulent s'instruire plus à fond de cette différence , peuvent lire OËcumenius et saint Thomas sur cet endroit, saint Augustin dans sa lettre à Paulin, el Rhaban , L, 2. de Clericor, htlilut. c. 12.

2. Pro rcgibus , et omnibus» qui in 2. Pour les rois , et pour tous eent qui sublimitate sunt, ut quietam et tran- sont dans un baut rang , afin que nous quillam vitam aganaus^in omni pie- menions une vie paisible et tranquille, tate et castitate. avec toute sorte de piété et de pureté de

mœurs.

3. Hoc enira bonum est , et accep' 3. Car c'est une bonne chose, et cela est tum coram Salvatore nostro Deo , agréable aui yeui de Dieu Notre Sauvear,

4. Qui omnes homines vult salvos 4. Qui veut que tous les hommes se fieri , et ad agnitionem veritatis vc- sauvent , et qu'ils parviennent à la connire. naissance de la vérité.

Quiveut que tous les hommes se sauvent. Si Dieu veut que tous les homnies se sauvenf, d*où vient que tous ne sont pas sauvés; puisque, selon rEcriture, Dieu fait tout ce qu'il veut dans le ciel et sur la terre? C'est là i'écueil contre lequel sont venus se briser Calvin , Bèze , et tous leurs sectateurs , en enseignant que cette volonté de Dieu pour le 'salut des hommes ne regarde que les élus, et ne s'étend point â aucun de ceux qui se damnent. Ils auraient pu aocordcr les textes de l'Ecriture , en distinguant dans Dieu une volonté antécédente et conditionnelle, et une volonté conséquente. Cette dernière s'accomplit toujours infailliblement, mais non pas la première : et c'est de celle-là , et non de celle-ci , que doit s'entendre le passage de l'apôtre. Au reste, cette distinction c'est pas nouvelle ; puisqu'on la trouve dans saint Chrysostôme , dans «aint Jean Damascène , dans saint Thomas, et dans tous les théologiens qui l'ont suivi. Saint Augustin Ta faite lui-même. Dieu, dit ce Père, l, deSpir. e. 32. veut que tous les hommes soient sauvés; non pas cependant de telle sorte, qu'il leur été le libre arbitre : c'est sur le bon ou le mauvais usage qu'ils en font, que Dieu les punit , ou qu'il les récompense très-justement. Les hommes, continue le saint docteur, peuvent bien aller contre cette volonté bienfaisante , mais cependant ils ne la surmontent pas ; parce qu'il sait bien trouver le moyen de les réduire , en leur faisant éprouver dans leurs supplices toute la sévérité de sa puissance , pour punir le mépris qu'ils ont fait des dons de sa miséricorde. C'est ce qui fait dire ailleurs au même Père , que Dieu a envoyé son Fils au monde , dans le dessein de délivrer des peines éternelles tous les hommes, s'ils ne sont pas ennemis d'eux-mêmes, si sibi ipsi non sint inimici. Saint \ugustin , dans d'autres endroits, rapporte encore trois autres expliciitions de ce passage. La première : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés , c'est-à-dire tous les hommes qui se sauvent : en sorte que parmi tous ceux qui se sauvent, il n'y en a aucun qui soit sauvé autrement que parce que Dieu le veut. La seconde : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés], c'est-à-dire que des hommes de tous les états, de toutes les conditions, soient sauvés. La troisième : Dieu veut, c'est-à-dire Dieu nous fait vouloir que tous les homines soient sauvés. Voilà les trois explications que les Calvinistes ont saisies avec beaucoup d'avidité , pour soutenir leur erreur. Mais ils ne se sont pas aperçus qu'en attirant ainsi saint Augustin à eux, ils le mettent en contradiction avec lui-même. Car enfin^ la première explication que nous avons donnée, n'est pas moins de ce Père que les autres. Il ne fallait donc pas la rejeter, mais la concilier avec les trois dernières, qui étant entendues de la volonté absolue et conséquente, peuvent très-bien s'accorder avec ce qui est dit dans la première de la volonté antécédente et conditionnelle. Pour ce qui regarde le sens littéral du passage de l'apôtre dont il s'agit, on ne peut douter que la première explication de saint Augustin que nous avons suivie, ne suit préférable aux autres. 1» Parce qu'elle est plus conforme au raisonnement de l'apôtre. Car il veut qu'on prie non<^seulement pour ceux qui se sauvent , ou pour quelques-uns de tous les âges, mais généralement pour tous les hommes, sans en excepter un seul ; et il le prouve, parce que cela est agréable à Dieu , qui veut que tous les hommes soient sauvés. Il faut donc que l'objet de cette divine volonté n'ait pas moins d'élendue que celui de nos prières : autrement le raisonnement de Tapôtre serait défectueux. 1" Varve que cette première explication de saint Augustin , qui donne un sens général aux paroles de l'apôtre, est appuyée du suffrage de tous les Pères qui l'ont précédé ; au lieu qu'on n'y trouve aucun vestige des autres. C'est ce qu'ils expriment ordinairement, en disant que Dieu , autant qu'il est en lui , quantum in ipso est, veut que tous les hommes te sauvent. £t il est bien surprenant qu'un novateur ait voulu taxer cette expression de pélagieone; puisqu'on la trouve non-seulement dans tous les Pères grecs, mais encore dans les latins, comme saint Ambroise , saint Paulin^ dans saint Augustin lui-même, et dans saint Tliomas.

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