‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 173 sur 364 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Il apprend à Timolhée quelle doit être la coiidoile des Evêques , des diacres et des femmes ; afin qu'il sactie comment il doit se comporter daus TEglise qui est la colonne de la vérité. h ffléme temps il relève la grandeur du mystère de rincarnation.

!• FiDEus sermo : Si quis episco- 1. C'est une parole de vérité : Si quelpaium dcsidcrat, bonum opus desi- qu'un désire l'épiscopat. Il désire un mi- ^^^^^' nistére d'une grande perfection.

C'est une parole de vérité. Les interprètes grecs rapportent ceci à ce qui précède. Mais il est plus naturel de le rapporter à ce qui suit, comme si l'apôtre disait : les choses qne je vais ajouter, sont très-dignes de foi. Ce n'est pas que tout ce qu'il avait

(»)Gen. 1.27. — ^2) Gen. 3. 6.

296 I. EPITRB DB S. VkVL A TIMOTHiE.

dit jusqu'ici, ne fût également véritabie; mais il veut par lé exciter une attention singulière pour ce qu'il va dire, conaine étant de la plus grande importance. C'est ainsi que l'ange voulant rendre saint Jean attentif au grand é\ènement qu'il lui allait an* noncer, commence par lui dire : Hœc verba fidelissima sunt^ et vera, Apoc. 22. 6. — Si quelqu^un désire Vépiteopat. Dans la primitive Eglise, c'était une bonne chose que de désirer l'épiscopat, parce qu'il n'y avait alors à gagner que des travaux, des persécutions et des supplices. Aussi les plus saints ne se croyant pas es»ez de vertu , pour soutenir un si redoutable ministère, le fuyaient, et ne s'en chargeaient qu'avec frayeur.

2. Oportel ergo episcopum irrepre- 2. Il faut donc que l'évêque soît Irréhensibilem esse, unius uioris virum ». préhensible, qu'il n'ait été marié qu'une sobrium , prudentenrr, ornatum , pu- fois , que ce soit une personne sobre, sage, dicura , hospitalem , doctorem (1). bonnête, chaste , qui exerce l'hospitalilé ,

qui soit propre à enseigner :

Il faut donc que Vévéque soit irrépréhensible. C'est déclarer, en un mot, dit saint Chrysostôme, qu'il fout qu'un évêque ait toutes les vertus. Ce n'est pas, dit saint Jérôme, l. I. contra Pelag » , que pour être évêque, on doive être né absolument exempt de défauts : car où pourrait-on en trouver de semblables parmi des hommes tout environnés d'infirmités. Mais un évêque ne doit avoir au moins aucun vice considérable, qui lui attire du mépris, et qui lui ôte la réputation nécessaire, pours'ac« quitter avec fruit de son ministère. — Qu*il n'ait été marié qu'une fois, /itâç yuvatxèç xv^poLy unius uxoris virum. Ce n'est pas ici , dit ORcumenius , un précepte que l'apôtre fait aux évéques d'avoir chacun une femme. II était bien éloigné de cette pensée, lui, qui n'était pas marié, et qui souhaitait que tous les autres fussent comme lui. Mais il veut que si la nécessité oblige d'élever à Tépiscopat des gens mariés, on cboisisse ceux qui n'ont épousé qu'une femme. Au reste, cette nécessité était très-ordinaire au commencement du christianisme : car tous ceux qui embrassaient la religion chrétienne, étaient ou des Juifs , ou des gentils, chez lesquels le célibat était également inconnu. Quelques interprètes ont cru que l'apôtre n'excluait de l'épiscopat, que cenx qui étaient dans le cas de la polygamie simultanée , c'est-à-dire qui avaient tout à la fuis plusieurs femmes. Mai», comme remarque judicieusement saint Thomas, il n'était pas nécessaire de défendre spécialement aux évéques une chose défendue à tout le monde par les lois romaines, et encore plus positivement par la loi de Jésus-Christ. D'ailleurs, dans cette même épitre, c. 5. 9., l'apôtre veut qu'on n'élise point de veuve, qui n'ait au moins soixante ans, et qui ait eu plus d'un mari, quœfuerit unius viri uxor» Cela sans doute ne signifie pas que la veuve qu'on choisissait, dût n'avoir eu qu'un mari é la fois, comme s'il avait été permis aux autres d'en avoir plusieurs ensemble. Quand donc l'apôtre veut que celui qu'on élève à l'épiscopat, n'ait été marié qu'une fois, il en exclut non-seulement ceux qui auraient eu plusieurs femmes à la fois , mais encore ceux qui en auraient épousé plusieurs successivement. C'est encore la raison de saint Thomas, qui aurait dû faire plus d'impression sur Cajt-tan. On était donc souvent obligé, dans ces premiers temps, d'élever à l'épiscopat des hommes mariés. Vais si leurs femmes vivaient encore, il fallait, dit OEcumenius, qu'ils observassent ce précepte de l'apôtre ; qui uxores habent^ tamquam non kabentes sint , 1. aci Cor, 7. C'est là le sens qu'Cusèbe de Césarée donne à ce passage de l'apôtre, dans son ouvrage de la démonstration évangélique, l. 2. c. 7, où après avoir dit que les ministres de la religion chrétienne gardent soigneusement le célibat, pour n'être occupés qu'à engendrer spirituellement des enfants à Dieu, il prouve par ce passage, que s'ils sont mariés, ils ne peuvent plus, depuis leur promotion , avoir de commerce avec leurs femmes. Voici ses propres paroles : Oportere enim, ait Dei sermo , episcopum esse unius uxoris virum; ita ut eonsecralos , Deique ministerio semper occupatos deeeat se ipsos deinceps à eo«mercio uxoris continere. Aussi saint Jérôme, dans son premier livre contre Jovinien , assure que c'était là la pratique des Eglises d'Orient, d'Egypte et de Rome : QHœaiU virgines Clericos, aut continentes ; aut si uxores halmerintf desinerent esse mart'lt. Le second concile deCarthage, Can. 2. en assujettissant à cette loi les évéques, et les autres ministres inférieurs, se fonde sur le précepte des apôtres et sur la pratique de toute l'antiquité : Ut quod aposloli docuerunt, et ipsa servavit antiquilas, nos quoque custodiamus. — Chaste, Le mot pudicum ne se trouve point dans le grec ordinaire.

(l)Tit. 1.7.

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