‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 184 sur 364 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

que de lui seul. — Le seul puistant. Et cooime il ajoute au verset suivant , le teulqui est immortel , toute puissance, en comparaison de celle de Dieu, n'est q ne faiblesse. Il n'y a que Uieu qui soit puissant par lui-même , et dont la puissance soit absolue et indépendante. Tout de même , les célestes tutellij'jences , et les âmes raisonnables sont immortelles : miiisc'estâ Dieu seul que toutes sont redevables de leur immortalité; et s'il cessait un moment de les conserver, elles retourneraient dans le néant, d'où il les a tirées. Dieu seul est immortel par sa propre essence. Au reste, quand l'apôtre dit que Dieu est seul puissant, seul immortel, il faut l'entendre a \ec saint Augustin, de toute la Trinité : ou si, comme saint Chrysostôme, on l'explique de Dieu le Père, alors il faut dire que ce mot seul n'exclut que les natures créées, et non pas le Fils de Dieu et le Saint-Esprit, qui ont la même essence que Dieu le Père. On peut dire encore que Dieu le Père est eeul puissanlf seul immortel de lui-même en ce sens, qu'il communique l'immortalité au Fils et au Saint-Esprit , et qu'il ne la reçoit d'aucune autre personne.

16. Qui solus habet immortalita- 16. Le seul qui est immortel , et qui a tem f el lucem inhabilat inaccessibi- sa demeure dans une lumière ioacces- Iera;quemnu1lushominumvidit, sed sible ; qui n'a été vu , et même ne peut nec videre potest; cul honor, et im- l'être d'aucun homme ; à qui appartient perium sempiternum. Amen (i). la gloire et l'empire éternel. Amen.

Qui a sa demeure dans une lumière inaccessible. Cette lumière est la splendeur de la majesté divine , c'est Dieu même. Cette lumière est appelée inaccessible ^ parce que la faiblesse de nos regards ne peut pas en soutenir l'éclat. C'est pourquoi l'apôtre ajoute que Dieu n'a été vu, et même ne peut l'être d'aucun homme. C'est ce qui fait dire au disciple bien-aimé, que jamais personne n'a vu Dieu. Joan. 4. 12 Quand donc il est dit dans l'Ecriture que Jucob, Moïse, et d'autres prophètes ont tu Dieu, on doit entendre par là qu'ils l'ont vu dans la personne de l'ange qui leur parlait de sa part, et qui le représentait. Il faut ajouter que Dieu ne peut être vu d'aucun homme, nonseulement des yeux du corps , mais encore des yeux de l'àme , si elle n'est élevée audessus d'elle-même par un secours surnaturel, que les théologiens appellent la lumière de gloire. C'est à la faveur de ce secours que les esprits bienheureux le voient à découvert dans le ciel, et que nous le verrons tel quil est^ comme dit saint Jean, 1. Ep. 3.2. Un auteur impie . qui a entrepris de christianiser , pour ainsi dire , l'athéisme , soutient que Dieu n'est autre chose que la vérité que nous apercevons, en considérant avec un esprit recueilli , par exemple , que trois et trois font six. Cet auteur donc doit avouer aussi conséquemment que nous voyons Dieu intuitivement dès cette vie , et que notre âme le découvre par les seules forces naturelles, ou mentis ratûmalis intuilu, comme dit un autre. Or pour se débarrasser du passage que nous expliquons, et où cette impiété est si clairement réfutée, il avance que l'apôtre veut seulement dire que Dieu n'a jamais été vu, et ne peut l'être des yeux du corps : qu'il faut pour cela que l'Âme cesse de vivre de la vie auimale , et qu'elle s'élève au-dessus des sens par la spécutalion ; que c'est dans ce sens encore que Dieu a dit , non videhit me homo , et vivet. Mais, en vérité, n'est-ce pas là se jouer ouvertement de Dieu , et abuser le plus indignement de sa parole , pour le détruire lui-même, s'il était possible 7

17. Divitibus hujus sseculi prsecipe 17. Recommandez aux riches du siècle non sublimé sapere, neque sperare de n'avoir point de trop hautes idées d'euiin incerto divitiarum, sed in Deo vivo mêmes , et de ne pas mettre leur espérance ( qui prsstat nobis omnia abundé ad en des richesses qui n'ont rien de solide» fruendum ) (2). mais au Dieu vivant, qui nous fournit abondamment toutes choses pour nos usages ;

Recommandez aux riches du siècle. Les riches du siècle sont ceux qui possèdent les richesses de ce monde. Suint Paul ne prétend pas que pour se sauver, ils soient obligés de renoncer à leurs richesses, comme le prétendait Pelage, mais d'en faire un saint usage, et d'éviter les vices qu'elles ont coutume de produire. — Qui nou4 fournit abondamment toutes choses pour nos usages. Comment Dieu nous fournif-il abondamment toutes choses pour nos usages , puisqu'il y a dans tous les temps des Laiares, qui n'ont pas le nécessaire? C'est , répond Théophylacte , que les riches retiennent pour eux-mêmes ce que la divine providence ne leur a confié que pour le distribuer aux autres. Car si ces fonds que Dieu donne aux riches, étaient bien lépartis, il y aurait de quoi fournir abondamment aux besoins de tous les hommes.

(1; Joan. 1. 18. - 1. Joan. 4. 12. —(2j Luc. 12. 15.

Page 1