CHAPITRE YIII
ne faut pas croire non plus que les Juifs aient été dans rimpuissance d'observer la loi par amour, et d'avoir part à cet esjprit d'adoption des eufaiits de Dieu. Quoique la loi de Hoîse ne pût par elle-méuie les élever jusque-lé , la gràte ne leur a jamais manqué dans le besoin pour y arriver; et Tesprit de rEvangile était dès-lors communiqué par anticipation en vue des mérites de Jésus-Christ, quoiqu'avec plus de réserve qu'il ne Ta été depuis. — Père, Père, Abba, pcUer, k^^ijh ncux^p» Le premier root est syriaque : c*est comme si l'apôtre disait : Nous crions nous autres hébreux abba , c'està-dire en Totre langue, pater, père. Les Juifs, dans l'ancien Testament, ne donnaient guère à Dieu que le nom de Seigneur. Quand ils lui donnaient celui de Père , c'était plutôt par rapport à la création et à la Providence particulière dont il usait envers eux, que par rapport à l'adoption dont il est ici parlé.
16. Ipseeniraspiritustestimonium 16. Car cet esprit même rend témoireddit spiritui nostro, quod sumus gnage à notre esprit que nous sommes filii Dei. enfants de Dieu.
Cet etprit même rend témoignage à notre esprit. Cela veut dire t c'est le Saint-Esprit lui-même qui nous autorise dans cette confiance, d'appeler Dieu notre père ; c'rst Itii qui nous rend intérieurement témoignage que nous sommes enfants de Dieu : ou bien selon la signification la plus naturelle de l'expression grecque, c'est lui qui rend ce témoignage conjointement avec nous, ffu/x/xaprupsl. L'apôtre dit ailleurs : Dieu a répandu dan* vos coeur t V etprit de son Fils, lequel crie. Père, Père, Gai. 4. 6 , et cps deux passages doi\ent servir à s'expliquer l'un l'autre. Au reste , il ne s'ensuit pas de là, ainsi que le prétendent les hérétiques , que ce témoignage d'une bonne conscience puisse ou doive aller jusqu'à nous donner une certitude entière et absolue de notie justice. L'apôtre veut seulement dire que cette confiance qu'ont les vrais fidèles, d'être du nombre des enfants de Dieu, n'est ni vaine, ni présomptueuse; puisqu'elle est fondée sur l'inspiration et sur le témoignage du Saint-Esprit. Le même saint Paul déclare d'un autre côté que Satonpren(2 quelquefois Vapparence d'ange de lumière ^ et que personne ne sait s'il est digne d'amour ou de haine. Tous ceui à qui le Saint-Esprit rend intérieurement ce témoignage , sont véritablement enfants de Dieu : mais personne ne sait avec une entière certitude que le Saint-Esprit lui rend ce témoignage.
17. Si autem filii , et hsredes : haeredes quidem Dei , cohsredes autem Christi : si tamen compatimur , ut et conglorificemur.
18. Eiistimo enira quôd non sunt condigns passioncs hujus temporis ad futuram gloriam , qua» revelabitur in nobis.
17. Que si nous sommes enfants , nous sommes aussi héritiers; je dis, héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Cbrist ; si toutefois nous avons part à ses souffrances, pour avoir aussi part à sa gloire.
18. Car je suis persuade que les afilictions du temps présent n'ont aucune proportion avec la gloire future qui éclatera en nous.
Car je suis persuadé, Qao' que la gloire de l'autre vie n'ait aucune proportion avec nos souffrances prises en elles-mêmes. Dieu cependant a voulu que cette gloire immense y fût attachée à titre de récompense et de justice. INais pour nous la faire mériter, il nous fait entrer en participation des mérites de Jésus-Christ, et relève par sa grâce le mérite de nos souffrances.
19. Aussi , ce qu'attendent le plus les créatures, c'est que cette gloire des enfants de Dieu éclate ;
20. Parce qu'elles sont assujetties à la vanité , non de leur gré , mais par l'ordre de celui qui les y a assujetties , dans l'espérance ;
21. Qu'elles seront elles-mêmes affraiiturà servitutecorruptionis , inliber- chies de la corruption à laquelle elles tatem glori» filiorum Dei. étaient assujetties , pour passer à la liberté qui fait la gloire des enfants de Dieu.
22. Scimus enlm quôd omnis créa- 22. Car nous savons que jusqu'à cette tura ingemiscit , et paturit usque heure , toutes les créatures gémissent et adhuc. souffrent les douleurs de l'enfantement.