‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 190 sur 364 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

naissaient point d'autre qiio la génération des enfants, par le moyen de laquelle l'hitinmeise perpétue en quelque sorte, et survit à lui-même. Saint Augustin pense plus vraisemblablement, que ces hérétiques séduits par tous ces endroits, où l'apôtre répète si souvent que parle Baptême nous sommes moits et ensevelis avec Jésus^Christ, et que nous ressuscitons avec lui , ne reconnaissaient que cette résurrection mystique de l'âme , et niaient qu'il y en eût une autre qu'il fallût attendre. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'ils niaient la résurrection future du corps; et que par là, comme remarque saint Chrysostôme , ils détruisaient toute l'économie de la religion.

19. Sed firmura fuDdamentura Bel 19. Mais le solide fondement de Dieu stat, habens signaculum hoc : cogno- subsiste , étant marqué de ce sceau : ceux vitDominus qui sunt ejus; et disce- qui appartiennent au Seigneur, sont condat ab iniquitate , omnis qui nominal nus de lui ; et encore , quiconque prononce Domen Domini. le nom du Seigneur , qu'il renonce à

l'iniquité.

Mais le solide fondement de Dieu subsiste. On pouvait dire à l'apôtre : Si dès la naissance du christianisme il se trouve des hérétiques, comme Hymeuée et Pbilète qui ont perdu la foi, et qui travaillent avec succès à la faire perdre aui autres; n'est-ii pas à craindre que la séduction ne gagne de telle sorte, que l'Eglise tout entière tombe eu ruine? C'est à cette objection tacite que l'apôtre répond , en faisant voir que le fondement sur lequel Dieu a bâti son £glise est si solide, que rien ue sera jamais capable de le renverser. Ce qui rend ue fondement si solide, c'est en premier lieu, que ceuœ qui appartiennent au Seigneur sont connus de lui : ce qui doit s entendre d'une connaisance accompagnée d'amour et de bienveillance. Car c'est ainsi qu'il est souvent dit dans l'Ecriture, que Dieu connaît les justes, et ne connaît pas les pécheurs. Dieu donc connaît de cette sorte ceux qui lui appartiennent d'une manière particulière, et qui sont sincèrement attachés à son service; il les chérit, il les protège, il les soutient au milieu de toa.« les périls et de toutes les tentations de cette vie. C'est en second lieu que ces fidèles ainsi prévenus de Dieu , et qui fout profession de lui appartenir, renoncent d l'iniquité : c'est-é-dire qu'ils ne s'oublient pas de leur côté; et que prévenus de la grâce de Dieu , ils s'appliquent à éviter soigneusement tout ce qui pourrait lui déplaire. C'est là le double sceau dont ce fondement solide est marqué ; et c'est ce que saint Thomas a exprimé en ces termes dans son commentaire : Hujusfirmitas depmdet primo ex divind prœdestiwUione , secundo ex libero arbitrio nostro.

20. In magnâ autem domo non so- 20. Au reste, dans une grande maison liim sunt vasa aurea et argeutea , sed il n'y a pas seulement des vases d'or et eulignea, et fictilia : et quaedam qui- d'argent » mais il y en a aussi de bois et dem iu honorera , quœdam autem in de terre ; et quelques-uns sont pour des coQiumeliam. usages honorables , d'autres pour des

usages abjects.

Au reste, dans une grande maison. Saint Paul veut encore par cette comparaison , faire entendre qu'on ne doit pas être surpris que parmi les chrétiens , il s'en trouve qui déshonorent la religion par leur chute et leur apostasie. Car comme dans une grande maison il y a des vases d'or et d'argent , et qu'il y en a aussi de bois et de terre qui se rompent aisément : de même il y a dans l'Eglise des hommes forts et constants dans la foi, qui se rendent illustres par la sainteté de leur vie : mais il y en a aussi de faibles et d'inconstants, que la moindre chose est capable d'abattre. Il n'est donc pas surprenant que quelques-uns succombent, déshonorent l'Eglise par leur chute, et de\ieiinent des vases vils et méprisables. Saint Augustin, 1. 2. Retract. c. 18., marque qu'il avait autrefois cru qu'il n'y avait que les vases d'or et d'argent qui fussent pour des usages honorables, et qu'il n'y avait tout de même que les vases de bois et de terre qui fussent pour des usages vils et abjects. Mais après y avoir plus niûiement pensé, il approuve le sentiment contraire. Sed magis approbo, dit-il , quod (ipud Tichonium posteà reperi vel adverii , in utrisque intelligendum quœdam in ho- 'torem , non sola scilicet awrea et argentea ; et rursûs in utrisque quœdam in coniume- ^tam , non uOque sola lignea et fictilia, H s'ensuit de là que l'Eglise est composée nonseulement de justes, mais encore de pécheurs. Car les vases abjects et méprisables sont dans la grande maison, qui est l'Eglise, aussi bien que les vases honorables, in magnâ domo sunt. Quelques interprètes par rasa in honorem^ entendent les prédestinés; et parvafatn contumeliam, les réprouvés. Mais ce qui suit détruit entièrement cette

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