‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 192 sur 364 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Il prédit qu'il y aura àîs hommes engagés dans différents vices , et qa ils résisteront à la vérité, en sédoisanl de certaines femmes. Il exhorte Timothée d'embrasser les marnes vérins que lui , et d'être patient dans les persécutions. Il lui parle de l'avantage des saintes lettres.

1. Hoc autem scito, quôd in novis- 1. Or sachez que dans les temps à simis diebus instabunt tempora péri- venir il se trouvera des occasions dangecQlosa (1) : reuses :

Or , sachez que dans les temps à venir. Dans les derniers jours, in novissimus dtehiis. Nous avons déjà remarquésurla première £pitre, que cela signifie tout l'espace compris entre tes deux avènements de Jésus-Christ, («ar c'est ainsi que les prophètes avaient parlé du temps de l'Eglise chrétienne. Isuîe 2. 2. Et erit in novissimis diebus, Pfceparatus mons domûs Uomini. Et le prophète Joël cité par saint Pierre, Act 2. 17. El crit in noviss^'m's d ebiis^ dic't Dominus , eff'urtdam de spiritu meo super omnem ''arnem. Il y a dans Joël. c. 2. 28. Et eritposl hase, au lieu de, et erit in novissimis diebus : ce qui marque que ces deux expressions signifient ici précisément la même chose. L'apôtre prédit donc ici à Timothée, qu'à commencer de son temps jusqu'à la fin du monde , il y aura dans l'Eglise des hérétiques qui attaqueront la foi , et qui tâcheront d'entraîner après eux tout le monde. Mais afin que les fidèles puissent plus aisément éviter la séduction, il fait dans les versets suivants une peinture si vi\e des séducteurs, qu'il n'est pas possible de les méconnaître.

2. Erunthominesseipsos amantes, 2. Qu'il y aura des hommes amateurs rupidi , elati , supcrbi , blasphemi , d'eux-mêmes , avides de bien, hautains ,

(l)l,Tim. 4. 1.-2. Pet. 3. 3.-Jud. 18.

parentibus non obedientes , ingrati , orjçueilleui , médisants , désobéissants i

scelesti, leurs pères et à leurs mères , pleins d'ingratitude , de méchanceté,

3. Sine affectione , sine pace , cri- 3. Sans nulle amitié, ennemis de la minatores , incontinentes , immites , paii , calomniateurs , dissolus , cruels , sine benignitate» sans nulle bonne inclination,

4. Proditores, prolervi , tumidi, et 4. Traîtres , insolents , bouflBs d'orvoluptatum amatores magis quèm gueil , et ayant plus d'amour pour la to- Dèi ; lupté que pour Dieu:

5. Habentes speciem quidem pieta- tf. Prenant à la vérité les dehors delà tis , virtutem autem ejus abnegantes. piété , mais renonçant à ce qu'elle a de Et hos devita. solide. Evitez encore ces sortes de gens.

Prenant à la virile les dehors de la piété. Si l'hérésie paraissait à découvert, elle ne séduirait personne. 11 faut donc que pour plaire, elle se pare des dehors de la piété. C'est ainsi que dès le temps de Jésus-Christ, lea pharisiens pour combattre avec plus de succès sa doctrine , accusaient ses disciples de ne garder pas exactement la loi, et faisaient un crime à Jésus-Christ lui-même de sa facilité à recevoir les pécheurs, et à manger avec eux. Luc. 15. 2. Quia hie peccaiores reeipit, et manducat cumillit. ta gitostiques, les cathares, et tous les autres jusqu'à nos prétendus réformés, en ont usé de même. Mais qu'on examine de près les novateurs, on verra bientôt que tout cet appareil de réforme n'est qu'une vaine montre et que cette piété masquée n'a rien de solide.

6. Ex bis enim sunt , qui pêne- 6. Car il y en a parmi eux , qui s'intrant domos , et captivas ducunt mu- sinuent dans les maisons, qui s'attachent lierculas oneratas peccatis , quae du- comme leurs esclaves certaines femmes cuntur variis desideriis; chargées de péchés , lesquelles se laissent

aller à diverses passions;

Qui s'attachent comme leurs esclaves certaines femmes chargées de péchés. Les hérétiques n'ont jamais manqué de s'attacher les femmes, pour insinuer par leur moyen plus facilement leurs erreurs : et saint Chrysostôme remarque qu'en cela ils imitent le démon , qui par ses artifices gagna la première femme, pour perdre le genre humain. Tous les Pères qui ont parlé des hérésies, ont remarqué cette conduite des hérétiques ,* mais il n'y en a point qui se soit plus étendu sur cette matière que saint Jérôme, dont il est à propos de traduire ici les propres paroles tirées de sa lettre à Ctesiphon. Simon le magicien établit son hérésie avec le secours d'Hélène, une pros' tittiée, Nicolas d'Antioche , inventeur de toute sorte de saletés , méfiait à sa suite des troupes de femmes, Marcion se fit précéder à Rome d'une femme , pour y préparer les esprits à la séduction. Appelle s'associa Pilomèle pour établir ses dogmes. Montan . le prédicateur de l'esprit impur , par le moyen de deux femmes nobles et riches ., Prisca et Maximilla ^ corrompit d'abord par argent plusieurs Eglius, qu'il souilla ensuite été son hérésie. Je laisse ce qui est plus éloigné de nos temps , pour venir à ce qui en est plus proche. Arius , pour séduire le monde , commença par séduire la sœur de l'empereur. Donat dans l'Afrique fut aidé des richesses de Lucille, pour salir de ses eaux corrompues je ne sais combien de malheureux. En Espagne , ^gape conduisit Elpidius dans le précipice; c'était une femme qui menait un homme f une femme aveugle qui menait un homme aveugle. H eut po^r sttccesseur Priscillien f très-zélé disciple du magicien Zoroastrey et qui de magicien devint évéque. Une nommée Galla se joignit à Priscillien , et laissa une sasur héritière d'une autre hérésie à peu près semblable y et courant le monde pour la répandre. Ce mystère dHniquité s'opère encore aujourd'hui. C'est ici une traduction littérale du texte de saint Jérôme, d'où nous pouvons juger que tous les hérétiques te ressemblent en ce point.

7. Semper discentes , et numquam 7. Qui sont toujours à apprendre , sans ad scientiam veritatis pervenientes. parvenir jamais à connaître la vérité.

Qui sont toujours à apprendre. Ceci doit s'entendre des femmes dont il est parlé su verset précédent, comme il parait évidemment par le texte grec, où le participe yuavdâvovra au neutre ne se peut rapporter qu'à -^wonxApicc^mulierculas. Ces femmes donc sont toujours à apprendre, parce que leur curiosité les porte toujours é savoir quelque chose de nouveau et d'autant qu'elles ne prêtent loreille qu'à des imposteurs, et qu'elles n'ont point de principes, elles ne parvieuneut jamais à connaître la vérité.

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