CHAPITRE tit
8. Qaemadniodùni autem Jannes 8. Or, comme lannès et Membres rpet Membres restiterant Moysi , ità et sistèrent k Moïse , ceux-ci de même réhi resistunt yeritati , bomines cor- sistent à la vérité , comme des gens dont rupti mente , reprobt circa fidem (1). l'esprit est corrompu, qui ont le sens
réprouvé au regard de la foi.
Or comme Jannèt et Mamhrit réiiitêrent d àfc^e. An lieu âeMand>rèi, il y a dans le grec d'aujourd'hui la/i/ScfSc , Jambrêt. Hais saint Cyprien /. de Lapns , saint Optai l 7. eont, Parmen, saint Pacien Ep , 2. , et presque fous les latins ont lu Mamhrés , comme noire interprète. Saint Chrysostôme croit que ce sont les noms des magiciens que Pharaon fit Tenir pour les opposer à Moïse, comme il est rapporté au 7* chapitre dft l'Eiode. Mais dans cet endroit, Moïse ne rapporte point les noms de ces magiciens, ft il n'en est point parlé dans tout le reste de l'Ecriture II faut donc que l'apôtre oit eu là-dessus une révélation particulière, ou , ce qui est plus probable, qu'il ait appris ces noms par tradition. Car il n'y a guère d'apparence que saint Paul ait pris ces noms, on comme a pensé Origène, Tract, 35. in Matth. d'un livre secret intitulé , Jannee et Sfaffihretf qui dans la suite fut mis au rang des livres apocryphes par le pape Gelase , ou du Pythagoricien Numenius, cité par Eusèbe , {. 9. Prœpa, Etang, c, 3.
9. Sed ultrà non proficient : insi- 9. Mais leurs succès n'iront pas loin : pientia enim eorum manifesta erit car tout le monde reconnaîtra leur folie, omnibus, sicut et illorum fuit. comme on reconnut celle de ces deux
hommes.
MaisUun tuecêe n'iront pat loin. Ou bien , n'iront pas plus loin , ted ultrà non proficient. Cela ne paraît pas s'accommoder avec ce que l'apôtre a dit au chapitre précédent, que leur discours gagne comme la gangrène, et qu'ils font des progrès considérables dans Timpiété , muîtûm enim proficiuntad impietatem ; ni avec ce qu'il ajoute au verset 13 de ce chapitre , que Ui séducleurs croîtront deplui en plut dant le mal , ^'égarant ewc-mémet , et égarant les autret. C'est ce qui a donné lieu A différentes explications de ce passage. Saint Chrysostôme répond que les hérétiques feront du progrès dans l'impiété , en tombant dans de nouvelles erreurs plus monstrueuses encore , et plus insensées que les premières; mais que cela même fera connaître leur folie , et les empêchera de nuire aui autres ; et que c'est dans ce sens qu'ils n'iront pas plus loin,««d«2/râ non proficient. Hais cette explication est détruite par ces paroles du verset 13, erraïUet et in errorem mitientet. Selon saint Thomas, il faut dire qu'ils n'iront pas plus loin que Dieu le leur permet , et que leur folie sera découverte au grand jour do la manifestation : Deo detegente, quandà illuminabit àbtcondila , c*est-à-dire au Jour du jugement. Mais dans ce sens , il serait aussi vrai de dire des gens de bien que des hérétiques y qu'ils n'iront pas plus loin. Car ce ne sera pas alors le temps du progrès dans le bien ou dans le mal , mais celui de la récompense ou du châtiment. On peut accorder tous ces passages , en disant que les hérétiques se précipiteront d'abîmes en abîmes . comme l'apôtre le dit au chapitre 2, et qu'ils séduiront beaucoup de monde, comme il le dit au verset 13 { mais que cependant leur progrès aura des bornes, et et qu'ils n'iront pas à beaucoup près si loin qu'ils s'étaient proposé d'aller. Car il n'y a point d'hérésiarque qui ne se propose le renversement entier de la religion catholique. Cest ainsi que le fameux Luther se vantait , que sans qu'on prit les armes , et par sa seule prédication , le papisme allait bientôt tomljer devant lui. Mais Dieu qui veille a la sûreté de son Eglise, arrête la séduction en suscitant des docteurs éclairés qui démasquent Thérésie , et qui font connaître à tout le monde la folie et l'extravagance des hérétiques. C'est par ce moyen que dans tous les temps Dieu a arrêté le progrès des hérésies , qui semblaient devoir inonder toute la terre, et qu'il a ramené au sein de I Eglise une infinité de personnes que Terreur en avait séparées , ultrà non proficient, -^ Comme on reconnut celle de cet deux hommet , c'est-à-dire de Jannès et de Membres, pieu , comme il est rapporté au 7 et au 8 chapitre de l'Exode . permit d'abord que ces imposteurs , par le moyen de la magie « fissent quelques prodiges semblables a ceux de Xolse : mais au quatrième signe , ils furent obligés d avouer leur faiblesse , non potuerunt, Exod. 8. 8 , et de rendre hommage à la toute-puissance du Dieu de Moïse , Ipt^tfvt Dei hic ett , ibid. v. 19. C'est ainsi , dit saint Paul , que Dieu permet que les hérétiques répandent leurs erreurs ; mais il sait bien y mettre des bornes et en arrêter
(l) Exod. 7. 11.