‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 198 sur 364 · CHAPITRE IT. SS · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT. SS

anciennement de la sorte. II est certain par Pline, par iaint Justin et par saint Jérôme , que les Gaulois ont envoyé des colonies en Galatie, tiui pour cela a été appelée Galiogrèce. Au reste, soit qu'on lise in Galliam^ comme le prétend saint Epiphane, &oit que par la Galalatie on entende les Gaules, ou la province d'Asie qui porte ce nom ou ne peut guère douter que saint Crescent ne soit venu prêcher dans les Gaules. Eufièbe le dit en termes formels, l. 3. Hiit, c, 4., et il est suivi par Théodoret, saint Epiphane, Dorothée, Nicéphore et une infinité d'autres : ce qui a fuit dire à M. deTillemout, que le ienliment de l'Orient est assez indubitable sur la prédication de saint Crescent dans les Gaules , tom 1 , p. 615. Les martyrologes d'Usuard , d' Adon de Vienne, et le Romain disent pareillement qu'il prêcha dans les Gaules, et qu'il fonda l'Eglise de Vienne. Il s'en faut beaucoup, quoi qu'eu dise le Père Calmet, que les preuves qu'apportent messieurs de Launuy et de Tillemont, pour affaiblir ou détruire cette tradition , ne soient suffisantes.

11. Lucas est mecum sol us. Mar- It. II n'y a que Luc avec moi. Prenez cum assume , et adduc tecum : est Marc , et amenez-le avec vous : car il eoim mihi utilis in ministerium. m'est d'un grand secours pour Je ministère évangélique.

Prenez Mare , et amenez-le avec vous. Ce n'est pas saint Marc l'Evangéliste dont il est ici parlé , mais un autre nommé Jeau-Murc , dont il est parlé Act. 15. t^6. , et que saint Paul Col, 4. 10. appelle Marc, cousin de Barnabe, L'apôtre veut que Timothée lui amène ce Marc, parce qu'il lui est d'un grand secours pour le ministère évangélique : ce qui marque qu'il ne croyait pas encore sitôt finir sa carrière.

12. Tychicum autem misi Ëpbe* 12. P(Hir Tychique, je l'ai envoyé à sum. Ephèse.

Pour Tychique , je Vai envoyé à Ephèse. Saint Paul fait l'éloge de ce disciple. Ephés. 6. 21. et Col. 4. 2i . On voit lé avec combien de raison l'apôtre dit ailleurs de lui-même, qu'il était chargé du soin de toutes les Eglises j puisque se trou\ant dans les fers, il envoyait ses disciples en tant d'endroits différents. Ou peut encore conclure de là que lesé\éques ne sont pas tellement attachés à leurs Eglises^ qu'ils ne puissent les quitter pour un temps, lorsque celui que Dieu leur a donné pour supérieur l'ordonne, ou que le bien de l'Église le demande.

13. Penulam , quam reliqui Troade 13. £n venant , apportez avec vous le apud Garpum, veniensaffer tecum, manteau que j'ai laissé chez Carpus à et iibros » maxime autem membranas. Troade. Apportez aussi les livres , et surtout ce qu il y a d'écrits en parchemin.

En v^iani t apportez avec vous le manteau que fai laissé chez Carpus d Troade. Les iiiterprètes iie conviennent guère sur la signiûcutioii du mut penula. Quelques-uns croient que saint Paul entend par là une cassette de livres. Ce sentiment n'est proprement fondé que sur l'autorité de l'interprète Syriaque. Saint Chrysostôme le rejette et prononce nettement que saint Paul parle d'une espèce de vêlement, i/AArtov ivxav&a. Uyet, En quoi il est suivi par presque tous les Pères : mais ils ne conviennent pas tous de quelle sorte de vêtement suint Paul veut parler. L'auteur du commentaire attribué a saint Ambroise , Haymo et saint Anselme veulent que ce fut une robe de séuuteui : ce qui n'est en aucune manière probable. D'autres croient que c'était un habit sacerdotal, ou une chasuble : ce qui ne parait pas mieux fondé. Penula n'était donc autre chuse qu'uue espèce de manteau propre à se défendre du froid et de la pluie, et c'est ce manteau que i'apôtre charge Timothée de lui apporter II est probable qu'il l'avait laissé chez Carpus pendant l'été, uù il n'en avait pas besoin ; et il le redemande maintenant, parce que l'hiver approchait. C'est en partie pour cela qu'il l'avertit au verset 21. de faire dUigenee pour venir avant l'hiver. Mais tout cela prouve en même temps que saint Paul a écrit cette lettre pendant sa première détention , et qu'il n'était pas encore si près de sa mort. Troade, dont il est ici parlé, est une ville d'Asie, située vis-à-vis deXénédos, et qui n'est pas éloignée de Troye. Pour ce qui est de Carpus , il n'en est fait mention eu aucun endroit. Le prétendu saint Denis l'Aréopagite, dans sa lettre à Démophile, fait mention d'un Carpus qu'il fait évéque de Crète ou de Candie, et qui par eutiséquent est tout différent de celui-ci.

14. Âlexander erarius multa mala 14. Alexandre qui travaille en cuivre, mihi ostendit : reddet illi Dominus m'a fait beaucoup souffrir : le Seigneur lui secundùm opéra ejus. rendra selon ses œuvres.

Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres. Le Seigneur le punira comme il le mérite. Il y a duns le grec ordinaire, àTro^&iv], reddatf que le Seigneur lui rende seiun ses œuvres : ce qui marque une imprécation qui n'est guère du génie de l'apôtre. Il est vrai que ces sortes d'imprécations dans le style des prophètes , ne signifient qu'une prédiction du mal qui doit arriver : mais les autres écrivains sacrés n'ont pas coutume de s'exprimer de la sorte. 11 vaut donc mieux retenir la leçon de la Yuigate, qui est appuyée sur le manuscrit Alexandrin, sur deux d'Etienne, sur ceux de l'interprète Syriaque et du marquis de Vêlez , qui lisent àito$ôiaet , reddet. Photius a lu de niêaie dans les extraits d'Eulogius d'Alexandrie, l. 5. Cont, Novat, Il parait qu'on ne lisait pas non plus autrement au temps de saint Augustin. Car il remarque positivement que l'apôtre ne dit pas reddeU, mais reddet, l. \. de Serm. Dom. in monte ^ c. 21. n. 12. Apostolus mm aH, reddat, soi, reddei illi Dominus secundûm opéra ejus : qwd verhv/m prœnuntiarUis est , non impreeaniis. On ne voit pas après cela pourquoi Estius s'acharne à défendre le texte grec, jusqu'à attribuer à des copistes ignorants le prétendu chaugemeot qui s'est fait ici dans la leçon de la Vulgate.

15. Quem et tu devita : valdè enim 15. Donnez-vous aussi de garde de lui : resUtit verbis nostris. car il s'est fort déclaré contre ce que nous

disions.

16. In prima meâ defensione nemo 16. La première fois que j'ai parlé pour mihi affuit , sed omnes me derelique- ma défense , personne ne m'a tenu conirunt : non illis imputetur. pagnie ; tout le monde m'a abandonoé :

que cela ne leur soit point imputé.

La première fois que fai parlé pour ma défense. Il parait par là^ comme remarque Sedulius, que saint Paul comparut plusieurs fois au tribunal de Néron. Gela prouve encore que cette lettre a été écrite pendant la première détention de l'apôtre. Car il n'écrirait pas une chose qui serait arrivée dix ans auparavant , et que Timothée n'aurait pu ignorer. Quand l'apôtre ajoute que tout le monde l'a abandonné, il semble que cela doive s'entendre de ceux qui pouvaient le protéger à la cour de l'empereur. Car il n'est guère probable que tous les fidèles, et surtout saint Luc^ dont il loue si souvent la fidélité, l'eussent quitté d'une manière si lâche.

17. Dominus autem mihi astilit, et 17. Mais le Seigneur m'a accompagné , confortavit me , ut per me prœdicatio et m'a donné de la force , pour que j'achève impleatur , et audiant orones gentes : de prêcher , et que toutes les nations m'enet liberatus sum de ore leonis. tendent : j'ai été enfin délivré de la gueule

du lion.

Pour que f achève de prêcher , et que toutes les nations m'entendent. Saint Jérôme conclut de là que saint Paul a prêché l'Evangile en Espagne, et dans les autres provinces occidentales. Mais s'il devait encore achever de prêcher l'Evangile à tant de nations, c'est une preuve convaincante qu'il ne se croyait pas si près de sa mort, qu'il avait même des assurances du contraire ; et par conséquot que cette lettre a été écrite pendant sa première détention. C'est ce qui parait encore évidemment par ce qu'il ajoute , qu'tï a été enfin délivré de la gueule du lion. Suint Chrysostôme , et la plupart des interprètes croient que saint Paul entend par là Néron. On peut dire aussi que c'est une façon de parler proverbiale, pour dire : Uieù m'a délivré du danger qui me menaçait, et de la mort à laquelle je devais être condamné.

IS. Liberavlt me Dominus ab omni 18. Le Seigneur m'a délivré de toutes opère malo : etsalvum faciel in regnum les entreprises des méchants : et il me con* suum cœleste, cui gloria in ssecula servera pour son royaume céleste, lui à sœculorum. Amen. qui appartient la gloire dans les siècles

des siècles. Amen.

Le Seigneur m'a délivré de toutes les entreprises des méchants, ànb 7r«vTÔ« é/jyou 'Kovnpoîjf ab omni opère malo. Outre le sens qu'on a suivi dans la traduction , on peut encore entendre ainsi cet endroit : Dieu m'a délivré de toute mauvaise œuvre, c'est' à-dire de tout péché; il n'a pas permis que je me sois oublié dans les épreuves où je rae suis trouvé ; ni que j'aie rien fait d'indigne de la sainteté de mon ministère. t> second sens est le plus suivi, et s'accorde fort bien avec ce que saint Paul ajoute : it il me conservera pour son royaume céleste. Il y a dans le grec, pù^srat, liberalnt, Mail il y a d'anciens manuscrits qui autorisent la leçon de la Vulgate.

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