‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 201 sur 364 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

3. Manifestavit autem temporibus 3. Et qui au temps marqué a manifesté suis verbura suum in prsdicatione, sa parole, m'en confiant la prédication, qus crédita est mihi secundùm prœ- suivant l'ordre de Dieu noire Sauveur : ceplum Salvatoris nostri Dei :

Et qui au temps marqué a manifesté sa parole. Saint Jérôme croit que la irie éternelle que Dieu a promise , n'est autre chose que Jésus-Christ , le Ver!)e du Père, suivant cette parole de Jésus-Christ même, Joan. 14. 6. Ego sum via, veritas et vtto. Dieu l'a manifestée , cette parole , lorsque le Verbe s'est fait chair , et a demeuré parmi nous. Sans recourir à cette explication , qui paraît un peu trop subtile , on peut entendre ici par la parole de Dieu , le dessein qu'il avait conçu de toute éternité de donner la vie éternelle aux fidèles qui croiraient au Sauveur. Ce dessein avait été déjà obscurément déclaré par les prophètes : mais il a été pleinement manifesté dans le temps que Dieu a jugé coDvenalile pour rincarnation de son Fils

4. Tito dilccto filio , secundîim 4. A Tite son cher fils, selon la fot communem fidem : gratia et pax à commune à l'un et à l'autre : que Dieu le Deo Pâtre et Christo Jesu Salvatore Père et Jésus-Christ notre Sauveur vous nostro. donnent la grâce et la paix.

A Tite son cher fils, selon la foi commune à Vun et à Vautre. 11 y a seulement dans le grec et dans le latin , selon la foi commune : ce qu'on peut entendre ou de la foi commune à tous les fidèles , ou de la fui commune A saint Paul et à Tite. Ce derniers sens , qui est suivi par saint Jérôme , paraît le plus naturel. — Vous donnent la grâce et la paix. Entre la grâce et la paix , il y a dans le {^rec que nous avons aujourd'hui , la miséricorde , x^p^î > '^^^os , lep^nvyj. Mais il paraît évident que ce terme a été ajouté ici dans les exemplaires grecs , et qu'on l'y a transporté de l'Epître à Timothée. Car l« les latins lisent constamment comme l'auteur de la Vulgate. 2" L'interprète Syriaque , le Cophte et l'Ethiopien ne lisent point non plus le terme de miséricorde. 3° Il est vrai que ce terme se trouve dans Théodoret, dans OEcumenius et dans Théophylacte , et par conséquent que le Père Calmet s'est trom|)é en prononçant généralement que les Pères grecs sofU tous conformes à la Vulgate. Mais il ne se trouve pas dans saint Chry- 80stôn\e , quoique Justiniani , qui n'a probablement lu que la version latine , ou il se trouve en effet, dise le contraire. 4« Origèiie , au commencement de son commentaire sur l'Epître aux Romains, où il remarque. soigneusement les différentes formules doitt se servait saint Paul en saluant ceux â qui il érrivait . manjue positivement que le terme de miséricorde ne se trouve pas dans l'Epître à Tite. Voici ses propres paroles : Àd Timotheum prima et secundo , gratia , misericordia et pax ; ad Titum verd gratia elpaxà Deo Pâtre. Peut-on douter après cela que la Vulgate ne soit ici préférable aa grec que nous avons aujourd'hui ?

5. Hujus rei gratia reliqui te 5. La raison que j'ai eue de vous laisser Crets, ut ea qus desunt corrigas, en Crète, c'est afin que vous mettiez ordre et constituas per ci vitales presbyteros, aux choses qui sont encore à régler, et sicut et ego disposui tibi : que vous établissiez des prêtres dans les

villes , selon ce que je vous ai marqué moimême :

La raison que fai eue de vous laisser en Crète, Crète , dont il est ici parlé, est une

île fort étendue, située au milieu de la Méditerranée, qui avait autrefois cent villes

considérables, et qui maintenant réduite sous la domination des Ottomans, n'en a pas

trois qui méritent de porter ce nom. Il est certain que saint Paul y avait prêché l'Evan-

g>'e, quoiqu'on ne sache pas bien en quel temps. Un savant interprète croit que ce fut

dans son voyage de Jérusalem à Rome. Il est vrai que saint Luc n'en dit rien : mais

" y Q plusieurs autres actions de i'apôtre que nous avons apprises de ses lettres , et dont

Mint Luc n'a fait nulle mention dans les Actes. Parce qu'il y a dans le latin , reliqui te

^relœ, quelques-uns ont cru que Crète était ici le nom d'une ville, et non pas de l'île

e^liève. : niais c'est sans aucun fondement; et saint Paul marque assez qu'il parle de

I ile entière, en disant qu'il a lais.sé Tite en Crète, |30ur établir des prêtres dans les

^dles An reste , quoique l'expression de l'auteur de la Vulgate soit moins usitée, elle

n^sl cependant pas sans exemple, comme Grotius l'a remarqué. Car elle se trouve

dans Vdrron et dans Vir^^ile , dont ta latinité était sans doute aussi pure que celle de

n«e et de Calvin. — Afin que vous mettiez ordre aux choses qui sont encore à régler,

t-t ea quœ desunt conigas. i.e u'e^l pas qu'il y eût rien à corriger dans les rèjjlemcuts

340 EPITRE DE S. PAri A TITE.

que l'apôtre avait faits en Candie -. mais comme il y avait resté fort peu de temps, il n'avait pas pu régler toutes choses, ni corriger tous les abus. C'est pourquoi il avertit son disciple d'achever do mettre ordre à ce qui manque, et de perfectionner ce qu'il n'avait fait qu'ébaucher. — Et que eout établissiez des prêtres dans les villes. Saint Paul ne dit pas à son disciple d'avoir soin que le peuple se choisisse des ministres , mais il lui ordonne de les établir lui-même dans le saint ministère. D'où il est aisé de conclure que le peuple n'avait aucun droit à l'élection des ministres qui devaient le gouverner. Saint Chrysostôme et plusieurs autres Pères croient que saint Paul sous le nom de prêtres entend ici les évêques , toù$ imcxônoui «ydâura fnvL C'est ce que Tapôtre parait confirmer au verset septième, où après avoir marqué plusieurs qualités ((ue doivent avoir ces prêtres, il ajoute : car il faut qu'un évêque soit sans reproche : ce qui fait voir que c'était des prêtres évêques dont il parlait immédiatement auparavant. On doit tire ici saint Jérôme avec beaucoup de précaution. Car il semble dire que dans ces premiers temps, il n'y avait point de différence de prêtres et d'évéques ; et que ce n'est pas tant par l'institution divine que par l'usage de l'Eglise, que ceux-ci sont supérieurs à ceux-là : qu'alors les Eglises étaient gouvernées en commun par les prêtres, avant qu'on entendit dire au peuple, je suis à Paul , je suis à Apollo ; mais que l'esprit de parti s'étant glissé parmi les fidèles, on fut obligé d'ordonner dans tout le monde , qu'on choisirait un des prêtres dans chaque église pour être à la tête des autres, afin d'ôter par là toutes les semences de schisme. Estius ne craint point dédire que cet endroit de saint Jérôme est aussi peu conforme à l'Ecriture qu'a Thistoire de l'antiquité. Je sais que les théologiens ont coutume de l'expliquer favorablemeot : mais on ne peut nier au moins qu'il n'ait parlé trop durement; et d'ailleurs la supériorité des évêques au-dessus des prêtres est si clairement marquée dans PEcritureet dans toute la tradition, que l'autorité seule de ce saint docteur, quelque grande qu'elle soit, ne peut y donner atteinte.

* 6. Si quis sine crimine est , unius 6. Qui est que chacun d'eux soit sans uxoris vir , filios habens fidèles , non reproche; qu'il n'ait été marié qu'une in accusatione luxurijB , eut non sub- fois ; que ses enfants fassent profession ditos (1). de la foi ; qu'ils ne puissent être accusés

de débauche, et qu'ils ne soient poiot

désobéissants.

Que chacun d'eux soit sans reproche Voyez ce que nous avons dit sur le troisième chapitre de la première Epitre à Timothée. Comme les qualités que demande saint Paul dans les ministres de l'Evangile sont les mêmes dans ces deux endroits, nous ne nous arrêterons poiut ici plus longtemps a les expliquer.

7. Oportet enim episcopum sine 7. Car il faut qu'un évêque soit sbds c rimine esse, sicut Dei dispensatorem: reproche» comme étant l'économe de Dieu : non superbum , non iracundum , non non pas su|)erhe, ni colère, ni aimant vinolentum , non percussorem , non le vin , ni sujet à frapper, ni attaché à uu turpis lucri cupidum : gain sordide :

8. Sed hospiialem , benignum , S. Mais qu'il exerce l'hospitalité; qu'il sobrium, justum , sanctum, conti- ait de la bonté, qu'il soit sobre, équitable, nentem ; saint , maître de ses passions ;

9. Amplectentem eum , qui secun- 9. Qu'il s'attache a la véritable parole, dùm doctrinam est , fidelem sermo- telle qu'il convient de l'enseigner ; afin nem : ut potens sit cxhortari in doc- qu'il soit en état d'exhorter suivant la trinâ sanâ , et eos, qui contradicunt , saine doctrine, et de réfuter ceux qui la arguere. combattent.

Qu'il s'attache à la véritable parole. àvrsxô/Asvov , tenacem illius sermonis, comme traduit le commentaire attribué à saint Âmbroise. Saint Paul ne veut pas seulement qu'un é\éque soit vertueux , mais encore qu'il soit fervent; qu'il possède la science de la religion , et qu'il y soit fermement attaché. C'est ce que l'apôtre, dans sa première Epitre à Timothée, avait compris dans ce seul mot, doctorem , qui signifie qu'un évêque doit être instruit pour enseigner aux autres la véritable doctrine, et confondre ceux qui la combattent.

(1) l.Tim. 3.2.

CUÀFITRB I. 341

10. SuDt enim muUi etiam inobe- 10. Car il se trouve beaucoup de gens , dientes , \aniloqui , et seductores ; surtout parmi ceux de la circoncision , qui maxime qui de circumsiooe suut. manquent même de soumission , qui ne

tiennent que de yains discours, et qui séduisent le monde.

Surtout parmi ceux de la circoncision, C'est-â-dire parmi les Juifs qui avaient embrassé la religion chi^tienne, et qui en corrompaient la pureté par les fables qu'ils y Diêlaient ; ou qui ne croyant pns en Jésus^brist , combattaient ouvertement sa dor> trine. Comme tousces judaîsansse donnaient pour des bommes très-verf^és dans l'étude delà religion , il fallait que les évéques qu'on devait établir eu Candie fussent instruits à fond, afin d'être en état de les convaincre, et de leur fermer la boucbe.

11. Quos oportet redargui , qui 11. Il faut convaincre ces gens-là, qui universasdomos subverlunt , docentes pervertissent les maisons entières , enseiqu£ non oportet , turpis lucri gratié. gnantdans la vue d'un gain sordide toute

autre chose qu'il ne faut.

12. Diilt quidam ex illis , proprius 12. Un de leurs compatriotes , qui est ipsoTum propheta : Cretenses semper comme leur prophète a dit : Ceux de Crète mendaces , mais bestia: , ventres toujours menteurs , des bètes malignes , pigri. ventres ennemis du travail.

Vnde leurs compatriotes ^ qui est comme leur prophète , a dil, etc. Le témoignage désavantageux aux Cretois, que cite ici saint Paul, est pris d'Eumenide, comme l'a remarqué saint Ghrysostôme , dont Toici les propres termes : EnijuevUra oOv içtv o itpvjnùç Ïip9iç Ttal àxnbç dSv , Epimenides igitur est qui hoc dicit; Cretensis et ipse. On ne sait donc pas où un nouveau commentateur a pris que saint Chrysostôme l'ait attribué à Callimaque, dans qui le vers cité par saint Paul ne se trouve point, mais seulement la première partie. D'ailleurs, on ne peut douter que l'auteur que cite saint Paul ne soit de Crète ou de Candie : ce qui convient à Epimenide, et non pas à Gallimaque, qui était de Cyrène en Egypte. On est encore surpris d'entendre dire au même commentateur, quAristote parlant d'Epimenide, semble en faire un prophète, autsi bien que saint Paul, Car si saint Paul en avait fait un prophète, nous ne pourrions nous empêcher de le regarder comme tel , et de révérer ses prophéties, au lieu que nous les tenons pour fabuleuses. Aristote même n'en fait pas proprement un prophète, puisqu'il lui refuse la connaissance des choses futures : rapl râv loro/xévuv oùx iuxvTéuero, futura non prœdieébal. 1. 3 Reth c. 17. Saint Paul ne semble pas en faire un prophète; il dit seulement qu'il était le prophète des Cretois, c'est-â-dire qu'il était regardé comme prophète par ceux de sa nation. La plupart des anciens ont effectivement parlé d'Epimenide comme d'un homme extraordinaire, à qui l'avenir o'était pas plus caché que le présent. Cicéron , de Divin. , le met au nombre de ceux qui prophétisaient par enthousiasme ; et Platon , dans son traité des lois , en rapporte des prophéties surprenantes, aussi bien que Diogèoe-Laërce. Maison doit regarder tout cela comme de pures fables, et il faut ajouter bien plus de fui A Aristote, qui assure que toute la science prophétique de cet imposteur ne s'étendait que sur le passé qui n'était pas connu , et dont il avait l'art de s'instruire, ou par des voies secrètes , ou par son commerce avec les démons. Quoi qu'il en soit, il est bien certain que saint Paul n'a jamais songé à faire d'Epimenide un prophète; à moins qu'on ne dise qu'Elie fit aussi des imposteurs qu'il fit mourir du temps d'Achab, autant de prophètes, parce qu'il les appela les prophètes de Baal. 3. Reg. 18.

13. Testimonium hoc verum est. 13. Ce lémoignagne est véritable. C'est Quam oh causam increpa illos duré , pourquoi reprenez-les avec force , afin ut sani sint in fide : qu'ils conservent leur foi saine :

Ce témoignage est véritable. Epimenide avait composé un poëme des Oracles, où eotr'aotres choses il célébrait l'immortalité de Jupiter. L'approbation de l'apôtre ne tombe donc pas sur cette fable, ni sur toutes les autres dont ce poème était rempli, mais seulement sur l'endroit qui en est ici rapporté. C'est comme si l'apôtre disait : Le poète a fait un portrait véritable de ses compatriotes, eo disant qu'ils étaient tou^ jours menteurs , des bêtes malignes ^ et des ventres ennemis du travail, c'cst-é-dire des bommes adonnés à la bonne chère et à l'oisiveté. — C'est pourquoi reprenex-les avec force. ZA«yx« àuTouç kfcoràfjifaç , increpa illos duré. Nous avons vu que saint Paul recommandait à Timothée de traiter tout le monde avec douceur, mansueium esse ad

omnes, 2. Timotli. 2. 24. Ici il exhorte Tite de traiter avec rigueur ceux qui sont commis à ses soins. Quelques interprètes ont cru que Timothée était naturellement trop sévère , et Tite au contraire trop porté à la douceur; et que l'apôtre par ces différents avis, a voulu corriger les défauts de l'un et de l'autre. Mais il est plus nature! d'attribuer ces différents conseils aux différents caractères des peuples que les deux disciples a\ aient à conduire. Les Asiatiques que gouvernait Timothée, étaient d'un naturel doux et pliant : il était donc à propos de les conduire avec douceur. Les Cretois au contraire étaient naturellement fourbes et intraitables ; et c'est pour cela que l'apôtre dit à Tite» qu'il doit les reprendre avec sévérité, qiMm ob causam. C'est pour cette même raison que Jésus-Christ, qui était si doux et affable à l'égard des plus grands pécheurs , traitait les scribes et les pharisiens avec tant de rigueur et de sévérité.

14. Non intendentes judaïcis fa- 14. Sans s'amuser aux fables judaïques, bulis , et mandatis homloum , aver- ni à ce que prescrivent des hommes qui santium se à veritate. d'eux-mêmes s'éloignent de la vérité.

Sans s'amuser aux fahUs judaïques. Ce ne sont pas les cérémonies de l'ancienne loi que saint Paul traite ici de fables, mais toutes les fausses interprétations et les traditior:s puériles que débitaient les docteurs judaïsans, comme nécessaires pour avoir une intelligence parfaite de la loi. Acquiescumus paulisper Judœis , dit ici saint Jérôme, et eorum qui apud eos sapientes vocantur, patienter ineptias audiamus;ti tune intelligemus quœ sunt judatcœ fahulœ sine aucloritate Scripturœ , sine ulld assertione rationis. Ce sont ces mêmes fables dont le Thalmud et les autres livres juifs sont encore aujourd'hui remplis. — Ni à ce que prescrivent des hommes , etc. Calvin conclut de là que toutes les fêtes, tous les jeûnes, et toutes les autres pratiques que l'Eglise ordonne à ses enfants, sont de pures superstitions, auxquelles on ne peut s'assujettir sans corrompre la pureté du christianisme, et renoncer à la liberté des enfants de Dieu. Mais si cela est, on ne pourra donc plus aussi s'assujettir aux luis des princes, auxquelles cependant l'apôtre veut qu'on soit soumis par principe de conscience. Car res lois des princes do la terre sont pour le moins autant des ordres des hommes que les commandements de l'Eglise, et no sont pas plus marquées dans l'Ecriture. Ce u'e&t donc point aux commandements des hommes positivement que saint Paul nous défend de nous assujettir, mais aux commandements des hommes qui s'éloignent de la vérité; et qui par les commandements qu'ils nous font , tâchent de nous en éloigner nousmêmes. Tels étaient les docteurs judaïsans, qui voulaient imposer le joug des cérémonies légales aux Juifs et aux gentils qui embrassaient la foi de Jésus-Christ. Les cérémonies n'étaient plus des commandements de Dieu , mais des commandements des hommes; puisque ce n'était plus Dieu, mais des hommes qui les autorisaient contre la volonté de Dieu méuie.

15. Omnia mucda mundis : coin- 15. Tout est pur pour ceux qui sont quinatis autem , et iniidelibus nihil est purs : et rien n'est pur pour ceux qui sout muudum , sed inquinats sunt eorum souillés et infidèles , mais leur esprit est et mens et conscientia (1). souillé aussi bien que leur conscieDce.

Tout est pur pour ceux qui sont purs, Luther infère de là que la fornication même n'a rien d'impur pour un homme qui a la foi ; parce que comme il n'y a rien qui nous justifie que la foi , de même il n'y a rien qui nous souille que l'infidélité. Ainsi quand un homme se prostituerait à tous les crimes imaginubles, il serait toujours assuré, avec cette merveilleuse doctrine, de se conserver toujours pur et sans tache. Il était bien digne d'un tel apôtre d'allier la pureté avec les plus infâmes voluptés, c'est-à-dire Jésus-Christ avec Belial, et la lumière avec les ténèbres. Mais c'est à quoi l'apôtre de Jésus-Christ u'a jamais pensé. Car suivant l'interprétation des Pères, il nes'agitici que des docteurs judaïsans, qui voulaient que depuis l'établiEsement de l'Eglise, il y eût des viandes immondes dont on fut obligé de s'abstenir , aussi bien que sous l'ancienne loi. Pour combattre ces faux docteurs, saint Vau\ élahVii que toutes choses soni pures pour ceux qui sont purs , c'est-à-dire que pour les chrétiens pitrifiés par le sang de Jésus-Christ, il n'y a aucune viande impure, ou par elle-même, ou par la défense de la loi, qui ne subsiste plus. Cela ne combat en aucune sorte, comme a prétendu Calvin, les jeûnes et les abstinences qui sont en usage dans l'Eglise catholique. Car, dit saint Augustin , I. 31 . cont. Faust, c. 40 , si les serviteurs de Dieu s'abstiennent de

0)Rom. 14.20.

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