CHAPITRE II
De qaelle manière il doit enseigner les vieillards , les femmes âgées , et les jennes personnes de Tun et de Vautre seie, en donnant à tous Texemple d'une bonne vie : Quelles instructions noas lirons de la grâce de Dieu qui s'est manifestée. H parle aussi des biens que Jésus-Christ a obtenus.
1. Tu aufem loquere quae décent 1, Pour vous, enseignez des choses sanam doctrinara : qui conviennent à la saine doctrine :
Pour Vùus , enseignez. La particule adversative autem , qui se trouve ici , marque «ne liaison nécessaire de cet endroit avec ce qui précède. C'est comme si l'apôtre disait : Les faux docteurs dont je viens de vous faire le portrait , débitent des fables insensées: niais pour vous , vous devrez tenir une route tout opposée, et n'^enseigner que des choses qui soient convenables à la saine doctrine, soit en ce qui concerne la fui, soit 6n ce qui regarde les mœurs.
2. Senes, ut sobrii sint, pudici , 2. Aux vieillards à être sobres, chastes, prudentes , sani in fide , in dilec-. sages , sans reproche en ce qui regarde la lione , in patientiâ : foi , la charité , la patience :
3. Anussimiliterinhabitu sancto, 3. Pareillement aux femmes Agées à non criminatrices , non multo vino montrer de la sainteté en tout leur extéser>icntes , bené doceutes ; rieur , à n'être point médisantes , à boir^
peu de vin , à donner de bonnes instructions ;
Pareillement aux femmes âgées. Théophylacte croit que TtpeopvrtSxç signifie les Qiacoiiesses , qui étaient spécialement appliquées auserxice de l'Eglise, et entretenue» ■ ses dépens. ÛaisThéodoret pense avec plus de raison, que saint Paul parle des femmes «tancées en âge, et non pas de celles qui étaient employées au ministère de l'Eglise. aauit Paul veut donc que Tite exhorte les femmes âgées à montrer de la sainteté en tout
leur extérieur, in habitu saneto : c'est-à-dire qu'il n'y ait rien dans tout leur extérieur qui ne soit convenable à la sainteté de la religion qu'elles professent. Car c'est là proprement ce que signifie le texte grec, |v Kocraçififioiri UpOTtpsntiç, Ut ipte quoque eartim incettus et motus , eultus, sermo, silentium, quamdam decoris sacri prœ feront dignitatem, dit ici saint Jérôme. ~- A donner de bonnes instructions. xalo^iiaçnLiÀO'Jit benè doeentes , ou honestatis magistras. Dans la première Epitre à Timothée, c. 2, il défend aux femmes d'enseigner, au lieu qu'il leur ordonne ici de le faire. Mais il s'agit là de l'instruction publique, et il est ici question de l'instruction particulière qu'elles sont obligées de faire ; non pas indifféremment à toutes sortes de personnes , mais à leurs enfants, et surtout aux jeunes personnes du méuie sexe, comme l'upôtre le déclare au ▼erset suivant.
4. Ut prudentlam doc«ant adoles- 4. Et apprendre aux jeunes personnes à centulas , ut viros suos ament , filios avoir une conduite réglée, à aimer leurs suos dîligaot, maris , à cbérir leurs enfants,
5. Prudentes , caslas , sobrias , 5. A être sages , chastes , sobres , apdonnûs curam habentes , benignas , pliquces au soin de leur famille , pleines subditas virissuis; ut non blasphe- de douceur, soumises à leurs maris: de metur vcrbum Dei. peur qu'on ne blasphème contre la parole
de Dieu.
De peur qu'on ne blasphème contre la parole de Dieu, C'est-à-dire de peur que la doctrine chrétienne ne soit décriée parleur conduite. Si les femmes chrétiennes avaient paru sujettes aux vices dont l'apôtre tâche ici de les éloigner, cela ne pouvait manquer de donner mauvaise idée de leur religion aux Juifs et aux païens : au lieu que paraissant parées de toutes les qualités que l'apôtre exige d'elles, elles ne pouvaient que faire admirer une religion qui était le principe de tant de vertus. Un tel spectacle devait naturellement faire naître l'envie d'embrasser la même foi, ou du moins fermer la bouche à ceux qui ne l'embrassaient pas. C'est dans ce même sens que l'apôlredilau verset lO, que la soumission et la fidélité des serviteurs chrétiens /ont Aonneurd /^i doctrine de Dieu notre Sauveur,
6. Juvenes similiter hortare ut 6. Exhortez de môme les jeunes gens à sobrii sint. être sobres.
7. In omnibus teipsum prebeexem- 7. Faites qu'en toutes cboses Yons plum bonorum operum , io doctrine , soyez un exemple de bonnes œuvres, dans m integritate , in gravitate. ce qui regarde la doctrine, l'intégrité, la
sagesse.
Dans ce qui regarde la doctrine, l'intégrité, la sagesse. On petit rapporter ces paroles à ce qui précède de cette sorte : Il faut que vous serviez aux autres de modèle dans la manière d'enseigner , dans l'intégrité de vos mœurs , dans la sagesse et la gravité de votre conduite, indoctrind, in integritate, in gratitale. Il y a dans le grec h rv ^tia^xaUaàitafBopiav, csjiivôrrirK , in doctrind integritatem , gravitalem : ce que Theophylacte rapporte à la doctrine en l'expliquant ainsi : Enseignez une doctrine pure, et qui soit conforme à la gravité de votre ministère. On peut aussi le rapporter aux mœurs de cette sorte : Enseignez de telle manière , que vos leçons soient soutenues par l'intégrité de vos mœurs, et par la sagesse de votre conduite. Le grec ordinaire ajoute à ce que nous avons rapporté le mot à^da^c'av , qu'on ne trouve ni dans les Pères grecs , ni dans les latins, non plus que dans les anciens manuscrits de Clennont et d'Alexandrie : ce qui marque que cette addition n'est pas ancienne. Elle est d'ailleurs si visiblement inutile, que Bèze, malgré son attachement au grec ordinaire, a retranché ce mot de son nouveau Testament.
8. Verbum sanum , irreprebensi- 8. Que ce que vous dites soit saint et bile : ut is , qui ex adverso est , ve* irrépréhensible : afin que nos adversaires reatur , nihil habens raaium dicere de demeurent confus , n'ayant nul mal à dire nobis. de nous.
9. Servos dominis suis subditos 9. Recommandez aux serviteurs d'être esse , in omnibus placentes, non con- soumis à leurs maîtres, d'avoir pour eui tradicentes (j), de la complaisance en toutes choses, de
ne les contrarier point ,
(I) Eph. 6 6. - Col. 3. 22. - 1. Pet. 2. 18.