‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 209 sur 364 · A PHILÉMON · texte numérisé non relu

A PHILÉMON

Il renvoie à Philémon Onésime son escIaTe , dont il loae la charité et la foi. Il le lai recommande , et prend sur lui-même sa faute , marquant qu'il aurait souhaité de le reteuir auprès de soi , pour s'en servir dans la prédication de TEvangile.

1. Paulus vinctus Christi Jesu,, 1. Paul enchaîné pour Jésus-Christ, et et Tiniotheas frater, Philemoni di- Timothée son frère, à Philémon noire bieolecto, ci adjutori nostro , aimé , et le compagnon de nos travaux t

Paul enchaîné pour Jésus-Chrisi. Saint Paul omet ici ses autres qualités, et ne fait mention que de ses liens, afin de toucher par là le cœur de Philémon, et de le disposera accorder la grâce qu'il veut lui demander. C'est encore afin de faire plus d'impression sur Tesprit de Philémon , qu'il s'associe Tiniothée, et qu'il Pappelleson frère pour lui donner plus d'autorité. — A Philémon notre bien-aimé , et le compagnon de nos travaux. <rjyepy& ^^âv. Saint Paul a coutume d'appeler ainsi tous ceux qui favori' saient en quelque manière que ce fût, la propagation de l'Evangile. Il parait par la suite que Philémon le faisait par ses grandes aumônes, et par la protection qu'il donnait a tous les fidèles. Il ne s'ensuit donc pas de là que Philénion ait été é^équede Colosses, ni même qu'il ait été dans le ministère sacré ; puisque saint Paul donne le même nom à Priscilla , Rom. 16. 3. et à plusieurs autres femmes. Philip. 3. 3.

2. £t Appiœ sorori charissimae , 2. A notre très-chère soeur Appie , à et Archippo commilitoni nostro, et Arcbippe qui est dans la mC'me milice Ecclcsiac^ qus in domo tuâ est. que nous , et à l'Eglise qui est dans votre

maison.

(1) A PHILEMON. Thilémon , à qui cette Epître eit adressée, était un homme fort riche de la ville de Colosses , qui avait été converti à la foi par saint Paul. Onésime , un de ses esclaves , s'enfuit à Rome, iiprès avoir volé quelque chose à son maître. La Providence voulut que cet esclave fugitif tombât entre les mains de saint Paul , qui le gagna a Jésus-Christ, et en tira de grands services dans ses fers. M l'aurait volontiers retenu plus long>temps auprès de lui: mais il se crut obligé de le renvoyer à soa maître avec celte lettre , où il n'épargne rien pour engager Philémon a pardonner à Onésime, et à 1« recevoir avec bonté. On peut dire que cette lettre est une pièce achevée dans son genre. Erasme, auwi bon juge en cette matière qu'il est fautif dans l'explication des Ecritures, y trouve un art merveilleux, jusqu'à dire que Cicéron lui-même n'a jamais rien écrit de plus éloquent. Quoique cette lettre loit très-courte , et qu'elle ne soit pas dogmatique , elle contient cependant de grandes instructions , qa« saint Chrysostôme et saint Jérôme expliquent dans leurs commentaires. Elle a toujours été reçue comme canonique par toutes les Eglises , quoique saint Jérôme assure que quelques particuliers en aient douté. Saint Paul l'écrivit sur la fin de sa première détention à Bome , et l'envoya par Onésime ca même temps que celle qui est écrite aux Colossiens. On est persuadé que cette lettre fit sur l'esprit ds Philémon toute l'impression que saint Paul pouvait en attendre. Lus Pères grecs assurent qu'Ooésime fut non-seulemont charitablement reçu , mais encore mis en liberté. Il fut dans la suite promu soi •rdrtïs sacrés, et succéda à Timothée dans l'évôché d'Ephèse, comme il paraît par la lettre de ssiol Ignare martyr , aux Ephésiens , où il en parle comme de leur évéquc , et en fait une mention trè«honorable.

BPiTRS DE S. pjiuL A. vmhinoTi. 8S^

A Mire. très-chère tœur Appie, Le mot de tmur ne se trouve point dans le grec ordl" naire : mais on le trouve dans le manuscrit de Clermont, dans celui d'Alexandrie , et dans celui de Tabbaye de Saint-Germain. Saint Jérôme ne l'oublie pas non plus dans sa traduction. Saint Gbrysostôme et les Grecs croient qu'A.ppie était femme de Philémon, Saint Paul en fait ici mention, aussi bien que d'Ârcbippe , et des autres fidèles , afin de les intéresser à solliciter avec lui la grâce qu'il voulait obtenir. Saint Jérôme croit qu'Arcbippe était évêque de Colosses. On ne peut au moins douter qu'il ne fût dans le saiot ministère, comme il parait évidemment par le 4* chap. del'Ëpitre aux Colossiens t. 17. — El à VEglite qui est dans voire maison. G'est-é-dire tous les fidèles qui demeurent chez vous, ou qui s'assemblent chez vous pour y célébrer les saints mystères. Car an commencement de l'Eglise, les chrétiens n'ayant pas la liberté de construire des temples publics , ils étaient obligés de faire leurs exercices de religion dans des maisons particulières, où tous lesfiddes se rendaient, comme font encore aujourd'hui les catholiques en Angleterre. La maison de Philémon servait à cet usage , et Théodoret dit que dans la suite elle fut changée en Eglise, et qu'on la montrait encore de son temps.

3. Gratia vobis et pax à Deo Pâtre 3. Que Dieu notre Père , et Jésus* Christ Dostro , et Domino Jesu Cbristo. Notre-Seigneur \ous donnent la grâce et

la paix.

4. Gratlas ago Deo meo , semper 4. Je me souviens continuellement de memoriam tui faciens in orationibus vous en mes prières, et je rends grâces à meis, mon Dieu,

5. Audiens charitatem tuam et fi- 5. Apprenant quelle est votre foi envers dem , quam habes in Domino Jesu , le Seigneur Jésus , et votre charité pour et in omnes Sanctos : tous les Saints :

Apprenant quelle est votre foi envers le Seigneur Jésus, et votre charité pour tous les Saints, Plusieurs interprètes , après saint Jérôme , s'efforcent do montrer ici comment notre Toi peut avoir pour objet, non-seulement Jésus-Christ , mais encore les Saints. Mais il est plus naturel d'assigner ici à chaque vertu son objet particulier, selon la traduction, qui rapporte la foi à Jésus-Christ , et la charité aux Saints , c'est-â-dire aux fidèles ; comme si lapôtre disait : entendant parler de votre foi à l'égard de Jésus» Christ , et de votre charité envers les fidèles Que ce soit là le sens des paroles de lapôtre , on ne peut guère en douter , si l'on compare cet endroit-ci avec cet autre de l'Epître aux Collossiens , qui fut écrite et envoyée en même temps. Gratias agimus Deo et Patri Domini nostri Jesu Christi , semper pro vohis orantes , audientes fidem ^stram in Chrislo Jesu , et dilectionem quam habelis in Sanctos omnes. On aperçoit , <lis-je, aisément que l'apôtre a voulu dire la même chose dans les deux endroits : mais les termes sont plus clairement arrangés dans l'Epitre aux Colossiens , et confirment l'explication que nous avons suivie après Théodoret.

6. Ut communicatio fidei tus evi- 6. En sorte que les largesses que vous dens fiât in agnitione omnis operis fait faire votre foi , sont connues de tout boni , quod est in vobis in Christo le monde , et qu'on sait toutes les bonnes Jesu. œuvres qui se font chez vous au nom de

Jésus-Cbrlst.

En sorte que les largesses que vous fait faire votre foi. On peut expliquer cet endroit en deux manières différentes. Premièrement en le rapportant au v. 4. de cette sorte : Je me souviens de vous tous les jours dans mes prières , et j'ai soin de demander à Dieu que la foi qui vous est commune avec nous, soit agissante, et se fasse recou'» naître par vos bonnes œuvres. C'est à peu près ainsi que Grotius et Justiniani expliquent cet endroit. Mais il parait que communicatio fidei ne signifie pas ici la foi qui vous est commune avec les autres , mais les largesses et les aumônes que la foi vous fait faire. Car c'est dans ce sons que le terme de communiquer se prend ailleurs dans les Epitres de saint Paul. Rom. 12 , 13. Gai. 6 . 6. Phil. 4 , 15. Hebr. 13 , 16. D'ailleurs , l'apôtre est ici uniquement occupé à étaler les vertus que Dieu a mises dans Philémon , et non pas à demander celles qui pourraient lui manquer. Il est donc plus naturel de dire que ce verset 6 est aue suite et une explication du précédent , et que saint Paul con> tinue é apporter la cause des actions de grâces qu'il rend à Dieu. Je rends grâces à Dieu , dit-il , en apprenant quelle est votre foi en Jésus-Christ , et votre charité pour les fidèles : en sorte que votre libéralité se manifeste de toutes parts , et se fait recon-

WA BPITRS OE S. PAVI. A FHIlilfOIl.

naître par toutes les bonnes œuvres qui se font dans votre maison pour Tainonr de Jésns-Christ. Il y a aujourd'hui dans le gtec , Snoiç ^ xotvovla rHç Tzîçeàtç vovlvepyia yéwiToti, ut communicatio fidei tuœ efflcax fiât; au lieu que notre interprète a lu tvapyyis , evidens fiât : ce qui est autorisé par les manuscrits du marquis de Yelea, par le latin de saint Jérôme » et par l'explication de Primase et des autres latins. Bèze lui-même est forcé de reconnaître que cette leçon est peut-être la meilleure , et for^ tmssè rectiûs. Tout de même , au lieu que nous avons encore dans la Vulgate omnit operis boni , il y a seulement dans le grec ordinaire , tzolvxo^ àyadoof omnis boni. Mail les meilleurs exemplaires grecs sont encore ici conformes à la Vulgate ; et Walton même dans sa Bible , ne fait point difficulté de préférer celui de Tinterprète latin sa grec de Robert Etienne.

7. Gaudium enim magnum habui , 7. Car j'ai eu beaucoup de joie et de

et consolationem in charitate tuà : consolation au sujet de Totre charité : c'est

quia viscera Sanciorum requteverunt en effet par votre secours, mon frère, que

per te , frater. les Saints ont eu l'esprit en repos.

Car f ai eu beaucoup de Joie, Il y a dans le grec X^p<v y^p txofiiv , graiiam enim hàbemut, A.u lieu de X^P'^» notre interprète à lu x^p^^i 9<^^diumt qui se trouve pareillement dans le manuscrit d'A.lexandrie , dans celui de Clermont, et dans une infinité d'autres : et cette leçon est si évidemment préférable é l'autre , que Bèze et tous let autres interprètes protestants traduisent ^aue^fum y quoiqu'ils lisent x^P^^ dans leur texte grec. Il est vrai que Calvin met dans sa traduction gratiam : mais il avertit dans snn commentaire qu'on doit traduire gaudium y vertendum tamen cemeo , gaudium. C*est-A-dire qu'il faut, selon Calvin , reconnaître que le grec est corrompu. — C'est en effet par votre secoure que les Saints ont eu l'esprit en repos, râ, (rnXàyxya. r&v âyiwv àvaitéituxirat âtèt aou , vfseera Sanetorum requteverunt per te , ou refoeillata sunt. C'est-A-dire les largesses dont voys comblez les fidèles , ont porté la joie et le contentement jusque dans le fond dé leur âme : Vous avez par lé rois leur esprit en repos , ils vi\eot tranquilles sans alarmes ; parce que l'expérience leur a fait connaître qu'ils trouvent toujours une ressource assurée dans vos aumônes. C'est donc sans aucune raison que Bèze blâme ici l'auteur de la Vulgate d'avoir traduit requieverutU. Car c'est la propre signification du mot grec ùvaiténaxjxut ^ et Calvin lui-même dans son commentaire autorise cette traduction. Refoeillare viseera , dit-il , aceipitur apud Paulum pro offerre levationem à molesliis; vel miseris ità succurrere , ut peccatis animis et omni molestid et tristitiâ viicuis, quiescant. Au reste, saint Paul ne s'étend si au long sur la charité de Philémon envers les fidèles , qu'afin de lui faire sentir que cette même vertu l'engage A pardonnera Onésîme ; et qu'il ne pouvait^ sans la démentir, refuser la grâce qu'on va lui demander.

8* Propter quod multam fiduciam 8. C'est pourquoi , quelque liberté qae

babens in Cbristo Jesu imperandi tibi j'aie en Jésus-Christ de vous commander

quod ad rem pertinet ; ce qu'il est à propos de faire ;

9. Propter charitatem magis obse- 9. Néanmoms je vous prie plutôt par cro , cùm sis talts , ut Paulus senex , l'amour que je vous porte , vous qui êtes nunc autem et vinctus Jesu Cbristi; un homme âgé» comme je le suis, moi

Paul, qui suis de plus maintenant prisonnier pour Jésus-Christ ;

Vous qui êtes un homme âgé , comme je le suis mot, Paul, C'est-é-dire, quoique j'aie droit , en qualité d'apôtre de Jésus-t^brist , de vous commander ce que le devoir de chrétien exige de vous , j'aime cependant mieux user de prières , ayant égard A votre Age qui est égal au mien. Il y a dans le grec fi&XXov •iiap«xaX& rotoîtroç &v ft»> UkîjXoç f ce qui peut être ainsi traduit : Sïagis obseero, cum sim tatiSy nempé Paultu, etc- J'aime mieux vous supplier, quoique je sois tel que je suis, c'est-à-dire q unique je s<>ii Paul, cassé de vieillesse, et maintenant captif pour Jésus-Christ. Pourrez-vous après cela refuser la grâce que je vous demande , et ne la pas accorder à mon nom , A mon âge, et aux chaînes dont je suis chargé pour la ranse de notre commun Sauveur?

10. Obsecro te pro mec filio, quem 10. Je vous prie , dis-je , pour mon fils genui in vinculis , Onesimo , Onésime que j'ai engendré dans mes fers ,

Je vous prie , dis-je , pour mon pis Onésime, Il ne dit pas , je vous prie pour votre esclave, mais pour mon fils, qui m'est d'aiitant plus (.'lier, que ce&t dans les fers que

EPITRB DB S. PAUL A PHIIÉMON. 855

je Tai engendré à Jésus-Christ. Salmeron fait ici mention d*un certain luthérien qui se servait de cet endroit pour prouver que saint Paul avait une femme, et que c'était d'elle qu'il avait eu Onésime dans sa prison. Sans un témoignage aussi respectable , croirait-on jamais qu'il se fût trouvé un homme assez charnel et insensé , pour abuser aussi grossièrement de la parole de Dieu ? Rien après tout n'est incroyable en ce genre dans la nouvelle réforme , où l'on met l'Ecriture sainte entre les mains du plus petit peuple de l'un et l'autre sexe , sans l'astreindre é suivre d'autres règles dans l'interprétation des livres saints , que son propre caprice.

11 Quttibialiquandôinutilisfuity 11. Qui vous a été autrefois inutile, DUDC autem et mihi et tibi utilis , qui m'est utile maintenant à moi et à vous

aussi ,

j^t vous a été autrefois inutile. Ordinairement , pour obtenir le pardon d'une faute , on la diminue autant qu'il est possible ; c'est ce que fait ici l'apôtre, comme le remarque saint Thomas. Car Onésime avait non-seulement été inutile, mais il avait de plus causé dn dommage à son maître. Saint Paul ajoute, qui m'est utile maintenant à mot, et d vous aussi. 11 m'est utile maintenant par les services qu'il me rend dans ma prison ,* et il vous est utile aussi, j'ose vous le promettre d'avance , parce qu'il est maintenant entièrement changé, et que vous pouvez avec toute assurance vous reposer sur sa fidélité. Presque tous les nouveaux interprètes croient que saint Paul fait ici allusion au nom d'Onésime, parce que êv^vtfioç signifie utile : mais l'apôtre aurait-il pensé à ce jeu de motsPTous les anciens ne parlent point de cette allusion; et d'ailleurs, les mots grecs, âxpTnÇoçy et hjxpyiçoÇf non plus que les mots latins tt(t7tf et inutilisé n'ont aucun rapport au nom d'Onésime,

12. Quem remisi tibi. Tu autem 12. Et que je vous ai renvoyé. Recevezillum, utmea viscera suscipe. le de votre côté, comme si c'était moimême.

Beeevex4e de votre côté , comme si c'était moi-même. A la lettre , comme mes entrailles, ooiume un enfant qui m'est très-cher, que j'affectionne de tout mon coeur, et que vous pouvez regarder comme un autre moi-même. Au lieu de comme , il y a dans le grec rowiçtfhoe est, c'est-à-dire. Le marquis de Vêlez a lu dans ses manuscrits <ûs, conformément à la Vulgate.

13. Quem ego volueram mecum 13. J'avais eu dessein de le retenir avec detinere , ut pro te mihi ministraret moi , afin qu'il me servit au lieu ,de vous in vinculis Evangelii : dans les fers où je suis pour l'Evangile :

/ifin qu'il me sertit au lieu de vous. Afin qu'il me rendit dans ma prison les services que vous m'auriez rendus vous-aiéme , si vous aviez été ici.

14. Sine consilio autem tuo nihil 14. Mais je n'ai rien voulu faire sans volui facere » uti ne velut ex neces- votre agrément , afin que le bien que vous sitate bonum tuum esset, sed volun- ferez, ne se fasse point comme par nécestarium. site , mais volontairement.

Afin que le hein que vous ferez , ne se fasse point comme par nécessité ^ mais volontairement. J'aurais bien voulu le retenir auprès de moi : mais j'ai mieux aimé de vous le renvoyer , afin qu'il ne parût pas que cette grâce m'eût été moins accordée de votre plein gré , qu'extorquée par la nécessité. Saint Paul insinue par là à Philémon de lui renvoyer Onésime; et Théodoret croit avec raison que ce zélé disciple ne manqua pas de satisfaire en cela le désir de l'apôtre. Estius croit cependant que ce n'est point là ce que saint Paul veut dire, parce qu'il prie Philémon au verset 22. de lui préparer un logement. Mais ces paroles du verset 22 ne prouvent pas que saint Paul dût être sitôt délivré. Ainsi rien n'empêche de dire que Philémon lui renvoya sur-le-champ Onésime, et pour le servir pendant qu'il resterait en prison , et pour l'accompagner ensuite dans son voyage.

15. Forsitan enim ideô discessit 15. Car peut-être s'est-il retiré .d'avec ad horam à te , ut sternum illum vous pour un temps, afin que vous le rereciperes ; couvrassiez pour toujours ;

Car peut-être s'est-il retiré d'avec vous pour un temps , afin que vous le ^reeoutrassiet pour toujours. A fa, d'avec vous ^ ne se trouve point dans le grec d'aujour-

S56 EPITRB DE S. PAVI. A PDILÉMOIf.

d'hui : ce qui a donné lieu à quelques interprètes protestants de sous-entendre ce qui ]eur a plu. Hais saint Jérôme a lu comme l'auteur de la Vulgatc ; et les manuscrits du marquis de Yelez y sont conformes, aussi bien que ceux de l'interprète Arabe. Saint Paul diminue encore ici la faute d'Onésime, en disant qu't7n« t'ett retiré que pour un temps, et pour un temps peu considérable, ad horam. Il insinue en même temps uoe raison bien capable de la faire entièrement oublier é Philémon. Car sans doute, dit-il, que la Providence a permis qu'il se retirât d'avec vous pour un peu de temps, afin que TOUS le recouvrassiez pour toujours ; non plus comme votre esclave , mais comme votre frère, comme disciple de Jésus-Cbrist , comme appelé aussi bien que vous â être pour jamais cohéritier du royaume céleste. Afin que ne marque pas le dessein qu'avait eu Onésime en se retirant, mais oelui de la divine Providence en permettant sa retraite. C'est ainsi que Joseph tâchait de faire oublier à ses frères leur propra crime , eu leur faisant entendre que Dieu l'avait permis pour en tirer un plus grand bien. Gen. 45 , 5. Forsitan ne marque pas toujours un doute, et se prend quelquefois pour ulique , ou nimirum : et on peut le prendre ici dans cette signification. Si l'on veut qu'il signifie ici un doute, il faut dire , selon la remarque de saint Thomas, que l'apôtre se sert de cette expression, parce que les jugements de Dieu nous sont incompréhensibles.

16. Jarn non ut ser?uni , sed pro 16 Non désormais comme un esclave , servo charissimum fratrem , maxime mais au lieu d'esclave comme un frère mibi : quantô autem magis tibi , et très-cher , surtout à moi : combien voas in carne et in Domino ? le doit-il être davantage , et selon la chair

et selon le Seigneur ?

Combien vous le doii-H être davantage , et selon ta chair , et selon le Seigneur» Il doit vous être encore plus cher qu'à moi, parce que vous appartenant selon la chair, c'est-à-dire selon les lois du monde, comme votre esclave, il vous rendra de plus grands services qu'auparavant. Il doit aussi vous être plus cher selon le Seigneur , parce qu'il est aujourd'hui chrétien comme vous , et qu'en cette qualité vous de^ez le traiter comme votre frère.

17. Si ergo habes me socium , 17. Si donc vous me regardez comme suscipe illum sicut me. étant en société avec vous , recevez-le

comme moi-même.

Si donc vous me regardes comme étant en société avec vous. Si vous me regarda comme un ami qui a les mêmes intérêts que vous, qui participe aux mêmes avantages . et qui aspire à la même récompense ; ne vous contentez pas de lui pardonner 11 faute dont vous pourriez le punir , mais recevez-le comme moi-même. Car Taocueil favorable que vous lui ferez, me sera aussi agréable, que si c'était à moi-même que vous l'eussiez fait.

18. Si autem aliquid nocuit tibi , 18. Que s'il vous a fait tort . ou s'il vous aut débet, hoc mihi imputa. est redevable de quelque chose , comptez

que c'est moi qui vous le dois.

19. Effo Paulus scripsi meâ manu : 19. Moi Paul , j'ai écrit ceci de ma ego reddfam , ut non dicam tibi , quod main : je vous satisferai , pour ne vous pas et teipsum mihi debes. dire que vous vous devez vous-même à moi.

Moi Paul , fat écrit ceci de ma main : je vous satisferai. S'il vous a fait quelque tort , vous pouvez le mettre sur mon compte. Par cette lettre que j'ai écrite de mi propre main , je m'engage à vous satisfaire pour le tort qu'il vous a fait , et à payer tout ce qu'il vous doit. — Pour ne vous pas dire que vous vous devez vous-même è moi. Vous m'êtes redevable de tout ce que vous êtes, selon Dieu. Sans moi vousseriei encore environné des ténèbres de l'infidélité: c'est moi qui vous ai présenté la lumière de r£vangile, et qui vous ai engendré en Jésus-Christ. Ainsi, sur ce pied-lé, je pourrais exiger de vous comme un devoir , ce que je me contente de vous demander comme une grâce.

20. Ita , frater , ego te fruar in 20. Oui , mon frère > que je reçoive ce Domino ; refice viscera mea in Do- plaisir de vous au nom du Seisneur ; au mino. nom du Seigneur mettez-moi l'esprit en

repos.

EPITBB DE S PAVL A PHILEMOIf. 857

Que je reçoive ce plaisir de vous. V/di 90v dvaf/Avjv, ego te fruar. Je vous en conjure , mon frèro, faites-moi ce plaisir, et que je recueille ce fruit précieux de votre religieuse amitié. — Meitex-moi Vesprii en repos, àvaTrauffiv /*ou toc ffîriiyxva , refiee îisceramea. Je suis inquiet sur le sort d'Onésime , et je ne serai point tranquille, jusqu'à ce que tous lui ayez accordé la grâce que je tous demande, et que je l'aie appris.

21. Gonfldens in obedientiâ toà 21. Persuadé que je suis de TOtre obéisscripsi tibi , sciens quoniàm et super sance « je vous ai écrit sachant bien que id qaod dico , faciès. vous ferez même au-delà de ce que je dis.

22. Simul autem et para mihi hos- 22. Ayez soin aussi en même temps de pitiam : nam spero pcr orationes ves- me préparer un loffcment : car j'espère tras doDari me vobis. que par le moyen de vos prières je vous

serai rendu.

23. Salutat te Epaphras , concap- 23. Epaphras qui est prisonnier avec tivas meus in Christo Jesu : moi pour Jésus-Christ , vous salue ;

Epaphras , qui est prisonnier avec moi. Nous avons dit sur TEpitre aux Colossiens , que cet Epaphras était évéque de Colosses. Mais ayant été envoyé à Rome et fait prisonnier, il y a bien de l'apparence qu'Archippe, dont il est parlé au commencement de cette Epitre , fut mis en sa place.

2i. Marcus, Aristarchus , Bemas 24. Aussi bien que Marc , Aristarque , et Lucas , adjutores mei. Démas et Luc > les compagnons de mes

travaux.

23. Gratia Domini nostri Jesu 25. Que la grâce de Jésus-Christ Notre- Christi cum spirita vestro. Amen. Seigneur accompagne votre esprit. Amen.

BPITBE DE

SAINT PAUL

AUX HÉBREUX (t).

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