‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 211 sur 364 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Dieu qui autrefois parlait d nos pères. Saint Panl dans (ont ce premier cliopilre ii'fiablit proprement que la divinité de Jésus-Chribt. Première comparaison entre les tleui lois : raitcienne avait été portée par le ministère des anges, et annoncée par de simples hommes; la nouvelle a été publiée par le Fils de Dieu en persoime, par le Seigneur des hommes et des anges, et qui eut eu tout égal é son Père. — En diverses rencotUres , et en diverses manières. noXu/JLSp&i xal TroAurp^Trea^ , mul:ifariam, ou mul- Ujtartitè et mullitnodé. Par le premier adverbe, saint Paul marque que dans l'ancienne lui. Dieu n'a pas manifesté fca volonté aux hommes tout à la fuis, mais comme par différentes parties, et dans différents temps, Tro^u;uepû$. Il en a découvert quelque rbuse dans le temps d'Adam, en lui faisant connaître qu'il viendrait un rédempteur. Il a parlé ensuite plus clairement à Abraham , é Isaac et à Jacob. Il s'est encore déclaré plus ouvertemeut à Moïse, et ensuite aux prophètes qu'il a successivement envoyés. 11 u'b pas non plus voulu révéler tous les mystères n une même personne : mais il a fuit cunnaitre à l'un le temps de rarri\ée du Messie, à l'autre sa naissance, à l'autre sa passion, etc. Tout cela est renfermé sous le terme TcoXxjjJLip&ç» Le second ad\erbe TtoXuzpÔTsîiii signifie les différentes manières dont Dieu se communiquait aux prophètes, tantôt dans des extases , tantôt par des apparitions sensibles, ta sitôt |4ar des visions purement intellectuelles, quelquefois par le ministère des anges, d'autres fuis par des iigiirps et des énigmes. Saint Paul dil que Dieu parlait de la sorte , autrefois : par où il insinue que longtemps avant la venue de Jésus-(^hrist , les oracles du ciel avaient cessé, et qu'il n'y avait plus de révélation sur le fond de la religion.

2. Diebus islis locutus est nobis In 2. Nous a enfin parlé en ce temps-ci Filio, quem canstituit bvredeni uni- par son Fils, qu'il a constitué héritier de >ersorum, per quem fècit et sscula ; toutes choses , par qui mi^nie il a fait les

siècles ;

Nous a enfin parlé dans ce temps-ci par son Fils. II y a dans le grec ordinaire î^' irxxTùiv Tûv -hfispâiv roûrûv, novissimis hisee diebus. 11 parait que l'auteur de la Vulgate a lu in' ioxârou, comme on lit dans le manuscrit d'Alexandrie cité par Grotius, et dans plusieurs autres cités par le père Amelotte. Dieu donc, après avoir parlé à 1 ancien peuple par tant de prophètes , et en tant de manière différentes, nous a parlé eu dernier lieu dans ce temps-ci par son Fils, non pas son Fils adoptif , mais sou Fils par nature. Car sans cela il n'y aurait plus d'antithèse entre lui et les prophètes, dont

iiUDo CUV MMM. Saiat Ambroite, I. 1. de Fid. c. 4. Ruffin , in Eipot. Symb. Salvien. I. 4. CaMÎen dsn» pliuieun de tea conférences ; Fauteur du commentaire attribué i saint Ambroise, qui écrivait sous )e P*pe Oamasc , et qui était par conséquent contemporain de saint Jérôme , sur le chapitra 1 de TEpitre * Tite; Phvbadiu» dans son livre contre les Ariens; Yictorin dans plusieurs de ses livres contre les nitinos; Philaslrius, évéquc de Bresse, Hœr. 41. Gaudenlius son successeur, 1. de Oct. Bcatitud. Idscius Clarus , 1. contra Yarimadum. Saint Augustin non-seul (^ment la cito comme Ecriture sainte dans tous SCS ouvrages , mais encore dans son second livre de la doctrine chrétienne , c. 8. il l'attribue a Mint Paul , et la met au nombre des livres canoniques. Le pape Innocent 1 en fait putant dans sa lettre à Exupère , aussi bien que le iruisiàme concile de Carthage. Quand donc saint JérAme aurait Mutcna le plus formellement que TEpitre aux Hébreux n'était pas reçue de l'Eglise latine, il est eMdnat que son autorité ne pourrait prévaloir contre cette foule de témoins , qui déposent le con» Irtirc. Depuis ce tcmps-Ià , on n'a jamais douté dans l'Eglise latine , non plus que dans la grecque , que cette Epitrc ne fût canonique ; et c'est sur une tradition si constante et si suivie . qao les conciles BC Florence et de Trento l'ont mise comme les autres au nombre des livres sacrés, li importe moins uR savoir eu quelle langue elle a été écrite. Esti us , Dupin , Spauhctm, Grotius, Jacqucrs CapcIIe , Lightford, Hammon , te Glt'rc , et la plupart des protetttants croient qu'elle a été écrite en grec; et >l» en apportent des raisons assez plausibles, qu'on peut voir dans la Synopse des critiques. Ribcra , au contraire , Justiniani , Corneille i Lapide , et plusieurs autres croient qu'elle a été écrite on hé- "rcu , et traduite en grec par saint Luc ou par saint Clément. Ils suivent en cela le sentiment de Clément d'Alexandrie , d^us^be , de saint JérÀme , et de plusieurs autres anciens : et ce n'est pas , ce 11*^ semble, répondre suffisamment à des autorités si respectables, que de dire simplement avec un nouvel auteur , qu'Eiskai zt saisit JiMÔax h'ost vil.» txKmtni la chose a vord. Car on aura peine à se pv'rsuader que ces Pères, si versés dans cette sorte d'étude, n'aient pas autant examihI ia chose a *o\it que l'auteur qui ose parler «insi. Pour ce qui est du sujot de cotte Epiire , saint Paul l'adresse aux Mebreux convertis à la foi de Jésus-Christ; et comm*; il leur restait toujours un secret penchant pour I ancien Testament, qui les portail à allier ensemble la loi et l'Evangile, Jésus-Christ et Moise ; lapûtre tâche de les redresser là-dessus, en leur faisant voir l'entière prééminence de la personne et ^e la loi de Jésus-Christ. Pour cela, il commence par leur donner la plus magnifique idée de Jésus- ^unst le nouveau législateur qu'il compare a\ec Moïse. 11 exp!i.{ue ensuite le sa'^crdoce de Jésus-Christ , et la dignité de son sacrifice , dont tous ceux de l'ancienne loi n'ont été que de faibles figures. 11 les exhorte ensuite à soutenir courageusement les persécutions qu'ils enduraient en leur proposant la révompense qu'ils devaient en attendre , cl il finit en leur donnant , selon sa coutume , des préceptes pour régler leur conduite.

860 EPITRE DE S. PAUL MJX HÉzkEUX.

il est dit au Psaume 81. Ego dixi DU eslis , et filii Exnelii omne$. Dieu nous a donc parié par la bouche de son propre Fils, qui nous a clairemeut révélé toutes les vente» dont les autres n'avaient eu que des connaissances confuses. Au reste, le nom de Fils signilie ici Jésus-Christ tout entier, Dieu et Homme tout ensemble. De là vient que dans la suite saint Paul lui attribue des choses qui lui conviennent en tant qu'Homme, et d autres en tant que Dieu. — Qu'il a constitué héritier de toutes choses. C'est en tant qu'Homme, comme remarque Théodoret, que Jésus-Christ a été constitué héritier de toutes choses. Car en tant que Dieu, il est le maître de toutes choses, et a par sa nature un domaine absolu sur tout : au lieu que l'héritier devient maître d'un bien qu'il ne possédait pas auparavant. Le mot 6!héritier ne se prend pas ici selon sa signification ordinaire, pour celui qui entre en possession de l'héritage après la mort de^sou père; mais il signifie la même chose que maître et seigneur. Jésus-Christ en tant qu'homme a donc été constitué Seigneur des personnes, et de tous les anges , et de tous les hommes; seigneur et maître , non-seulement des Juifs , mais aussi de tous les gentils. 1° 11 a été établi maître de toutes choses , de tous les biens de la nature, de la grâce et de la gloire, suivant ce que dit Jésus-Christ lui-même , Matt. 28. 8. Data est mihi omnis poleslat in cœlo et in terré. — Par qui même il a fait les siècles f c'est-à-dire tout ce qui e^t sujet au temps , le monde entier et tout ce quM renferme. Dieu le Père a fait tout cela par son Fils en tant que Dieu, puisqu'il n'était pas encore en tant qu'houime. C't'sl ea vain que les anciens ariens insistaient sur la préposition Stoc , par^ pour prouxer q\te le Fils n'était que la cause instrumentale, dont le père s'était servi pour créer toutes choses. Car cette préposition Stk, signifie aussi souvent la cause principale , et se dit du Père, l . Cor. 1,1. Gai. 1,1. Heb. 2,10, comme saint Basile le remarque en quelque endroit. Il s'en suit donc de laque Jésus-Christ est le Dieu souveraiu lui-même, puisque la création ne peut être attribuée à aucun autre qu'à Dieu. Grotius , qui parait toujours attentif à affaiblir les preuvesdela divinité de Jésus-Chiist, prend que ^t ou, perquem, signifie ici la même chose que Si ov, propter quem : en sorte quç, selon lui, l'apôtre \eut ici marquer que le monde a été fait pour le Fils de Dieu , et nçn pas que le Fils de Dieu est le créateur du monde. Mais 1** on ne trouvera jamais que oi oZ , per quem, signifie la cause finale. 2^ Dans cette même Epître , c 2. verset lO. l'apôtre distingue ces deux choses, il ov rôt, izàvrcc , xal Si oZ xà tt devra : en sorte que le premier signifie la cause finale, et le second la cause efiiciente. Il fait encore la même chose, Rum. 1 1 , 35. Comment donc peut-on se persuader qu'il confonde ici ce qu'il distingue ailleun avec tant de soin? 3" ^c ou , per quem, doit ici se prendre dans le même sens que Si àxjTotf, Joan. l , 3. omniaper Ipsum facta sunt. Or Grotius convient lui-même que dans le premier chapitre de saint Jean , <^i àuroO, signifie la cause efficiente : ^eà ne peut donc pus ici avoir d'autre signification. Quelque favorable que soit cette interprétation de Grotius aux sociniens, elle leur a paru si insoutenable, qu'ils ont été oblige de i'abaiidouner pour y en substituer une autre qui ne vaut pas mieux. Ils prétendent que saint Paul ue parie point de la création proprement dite, mais d'une création métuphorique, c'est-à-dire de l'établissement de i'£glise chrétienne, qui a été formée par la prédication de Jésus-Christ. Mais cette explication est de leur invention toute pure, et n'a pas le moindre fondement, ni dans l'Ecriture, ni dans toute l'antiquité. Carsoit dans l'ancien , soit dans le nouveau Testament, le terme de siècles en pluriel se prend toujours pour le monde; et il est évident qu'on ne peut ici lui donner d'autre sens que celui qu'il a dans ces paroles du c. 1 1. v. 5. de cette Epître : Fide inteUigimus aptata esse sœcula verho Dei , ut ex invisibilibus visibilia fièrent. Or on ne doute point qu'il ne s'agisse dans ce dernier passage de la création proprement dite : au lieu que quand il s'agit du monde chrétien , ou de l'Eglise de Jésus-Christ , les écrivains sacrés se serveat toujours du nombre singulier : c'est le siècle futur, le dernier temps, la dernière heure.

3. Qui ctim sit splendor gloriœ , et 3. Lequel étant la splendeur de la figura substantiae ejus » porlansque gloire, et l'image de la substance da oniuia verbo \irtutis suae , purgalio- Père , et soutenant tout par sa parole uem peccatorum , faciens , sedet ad toute-puissante , après avoir effacé les de&teram majestatis in excelsis (1). péchés, est assis au plus haut des cieux

à la droite de la majesté.

Lequel étant la splendeur de la gloire , et Vimage de la substance du Père, L'apôlre s'applique de plus en plus à prouver la divinité de Jésus-Christ. Après avoir dit qu'il

(l}Sap.7.26.

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