‹ Le Nouveau Testament de N.S. Jésus-ChristChapitre 212 sur 364 · CHAPITRE I. S6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. S6l

pstle Fils unique de Dieu le Père , et que c'est par lui que toutes choses ont été créées , il ajoute qu'il est la splendeur de la gloire de son Père, C'est-à-dire qu'il est produit par le Père, comme ta splendeur ou l'éclat par le corps lumisieux. D'où il s'ensuit que ce n'est pas librement, comme le prétend Calvin, mais naturellement et nécessairement que le Père produit son Fils. 11 s'ensuit encore de lé contre les ariens, que le Fils est coéternel à son Père , comme le rayon du soleil est aussi ancien que le soleil même , et serait éternel, si la cause qui le produit nécessairement, était éternelle. Mais afin de faire mieux connaître la distinction des personnes avec la consubstantialité , saint Paul ajoute que le Fils est Vimc^e delà substance du Père, xai XKpuy.xhp xf.^ ÙTtoç&aeuç àuTOû. Le mot x^pocxT^p vient de xoLpi.rxti'» qui signifie graver; et par cette meta phore, l'apôtre marque que le Père en produisant son Fils, lui imprime, lui communique toute sa propre substance; eo sorte que le Fils est l'image parfaite et substantielle du Père. C'est pour cela que Jésus-Christ disait de lui-même. Joan. 14, 9. Quividet me, videt et Patrem. — Et soutenant tout par sa parole toute-puissante, fipav "Tî Tx izivTcc f portans , ou suslinens omnia. Saint Paul venait de dire que le Fils était le créateur de toutes choses; il ajoute ici qu'il soutient toutes les choses qu'il a créées, qu'il les conserve : en sorte que s'il cessait un moment de les conserver, elles retourneraient dans le néant, d'où il les a tirées. Mais il les soutient par sa parole toutepuissaole, tw p-hjxiçt ty,ç Juv«;t*«ws àurou , verbo virtutis suœ. La puro!e se prend ici pour la volonté. C'est cette parole intérieure dont David dit au Psaume 148 , 5. qu'elle a fait toutes choses : Ipse dioni , et facta sunt ; ipse mandavit , et creata sunt : et v. 8. que toutes choses lui obéissent, quœ faciunt verbum ejus. Le Fils de Dieu a donc créé toutes choses, et les conserve par la toute puissance de sa volonté : par conséquent il est Dieu comme son Père. — Après avoir effacé les péchés. C'est-à-dire après avoir expié DOS péchés, en satisfaisant par sa mort à la justice de son Père; et non pas, comme l'explique Grotius, en rendant témoignage par sa mort à la fui qui nous justifie. Potlquàm , dit ce critique, toujours favorable aux Sociniens , morte sud causant dedisset ejus fidei per quam à peccatis purgamur. Car de cette manière, Moïse et les autres prophètes auraient aussi eflfacé les péchés, en rendant témoignage à la foi qui devait les effacer. Cependant saint Paul prétend donner ici à Jésus-Christ une prérogative qui ne convient, et qui ne peut même conveuir à aucun autre. Car il n'y a quun IIoaime-Dieu qui puisse effacer ou expier les péchés , et surtout les effacer par tui-mémef comme il y a dans le grec, âi «avroû, per semelipsum ; c'est-à-dire et par M propre vertu , et par le prix infini de ses propres mérites. xaOupttjfibç ne signifie donc pas ici la justification actuelle, mais l'expiation : c'est en ce sens qu'il se prend dans plusieurs autres endroits de l'Ecriture, et même dans les auteurs profanes. — £«t f^ffts au plus haut des deux , à la droite de la majesté. C'est , selon la nature humaine , que Jésus-Christ est assis au plus haut des cieux , c'est-à-dire dans le ciel empirée , qui est le séjour des Bienheureux. Ce terme, assis , marque tout à la fois la puissance quil a de juger les vivants et les morts, et la stabilité de son règne , dont il sera à jamais en paisible possession. Il est assis d la droite de la majesté ^ c'est-à-dire à la droite de Dieu même, auprès du trône de la divine majesté , et dans l'endroit le plus honorable. Il y a des interprètes qui prétendent que la gauche est la place la plus honorable, et que c'est pour cela que saint Paul dit que Jésus-Christ est assis à la droite ; ûfinquela gauche, comme plus honorable, soit laissée au Père. On accumule beau- ^"upde passages à cette occasion, pour prouver que chez les Romains la gauche était 'il plus honorable , en effet : mais cet étalage d'érudition est fort inutile. Car quoi qu'il Ç<i soit des Romains , il est certain que chez les Hébreux , et dans toute l'Ecriture , la droite est la plus honorable . Gen. 48. 17 , 18, 19. Psal. 45 , 9. et Matt. 20, 21 et 25 , •>*, ou Jésus-Christ venant pour juger tous les hommes , fera placer les élus à sa droite, et les réprouvés à sa ganche. Et il ne s'ensuit pas de là que Jésus-Christ en tant qw homme étant assis à la droite de Dieu , soit plus honorablement placé que Dieu même; comme il ne s'ensuit pas qu'un sujet soit plus honorablement que son prince, qui lui fait l'honneur de le faire asseoir à sa droite. Car on juge de l'honneur des places parle rapport qu'elles ont avec le souverain , qui est au-dessus de tous , et qui n'entre en comparaison avec aucun autre.

4. TaDtô raelior angelis effectus , 4. Et il surpasse autant les anges en quantô differeotius prs illis nomea dignité, que le nom qu'il a eu en partage i»œreditavit. remporte sur le leur»

Que le nom qu'il a eu en partage, l'emporte sur le leur,. Ce nom si excellent qui

distingue Jésus-Christ, et qui l'élève non-seulement au-dessus des prophètes, mais encore au-dessus des anges iiiêmcs, est le nom de Fils. Les prophètes et les anges sont les serviteurs de Dieu : mais Jésus-Christ est le Fils de Dieu , et son Fila propre, son Fils par nature, comme l'apôtre va l'expliquer dans le verset suivant.

5. Cui eDim diiit aliquaDdù ange- 5. Car à qui des anges Dieu a-t-il j«-

lorum : Filius meus es tu , ego hodié mais dit : vous êtes mon fils, je vous ai

genui te 7 Et rursùm : Kgo ero iHi in engendré aujourd'hui ? Et encore : je serai

patrem , et Ipse erit mibi in filium (1)? son père , et il sera mon fils ?

Car à qui des anges Dieu a-t-il jamais dit : Vous êtes mon Fils , je vous ai engendré aujourd'hui ? Les anges sont quelquefois appelés les enfants de Dieu , Job. I , 6.2, 1. 38, 7, aussi bien que tous les justes, Joan. 1,12, 13. Gai. 4, 4 , 5, 6, et les magistrats, Psal. 82, 6. Mais il n'y a jamais eu aucun ange ni aucun homme à qui Dieu ait dit personnellement : Vous êtes mon Fils, je vous ai engendré aujourd'hui : ce qui marque une filiation naturelle et proprement dite. Il s'ensuit donc de là que Jésus-Christ est par nature Fils de Dieu, et consubstantiel à son Père. Car s'il n'était que Fils adoptif de Dieu, il n'aurait rien qui lelevât au«dessus des justes et des anges: et cependant saint Paul prétend ici l'élever sans mesure au-dessus des uns et des autres. Au reste, ces parole» sont tirées du Psaume 2 qui regarde uniquement Jésus- Christ : car il renferme des choses qui ne conviennent qu'à lui , et qui ne peuvent s'entendre de David. D'ailleurs, d'autres écrivains inspirés ont entendu ce Psaume de Jésus-Christ. Les rabbins eux-mêmes l'entendent du Messie : et quoique le rabbin Saloiuon tâche de l'expliquer de David, pour ôter aux chrétiens Taveutage qu'ils en peuvent tirer , il avoue cependant que leurs anciens maîtres ont expliqué tout ce Psaume du Messie : Magisiri noslri quidquid in hoc Psalmo canitur, de rege Mttsià inierpretali sunt. Saint Paul cite donc ce passage dvns son sons littéral, et par conséquent la preuve qu'il en tire est convaincante. Ajoutons encore que quand le Psaume conviendrait à David dans le sens littéral , et à Jésus-Christ seulement dans le »ens mystique , l'argument de l'apôtre n'en serait pas pour cela moins concluant, comme nous le dirons bientôt. 11 y a des pères et des interprètes qui appliquent ces paroles à Jésus-Christ , ou par rapport à son incarnation et à sa naissance temporelle, ou par rapport à sa résurrection, de cette sorte : C'est aujourd'hui que je vous ai engendré, c'est-à-dire que je vous ai uni hypostatiquement à la personne du Verbe, afin que vous soyez mon Fils par nature; ou bien , que je vous ai ressuscité : car Is résurrection est appelée régénération , Matt. 19, 28. C'est aujourd'hui que je vons ai en quelque sorte engendré de nouveau , que je vous ai fait connaître pour mon Fils, et que je vous ai revêtu de la gloire qui convient à votre dignité. Saint Paul parait lui-même prendre ces paroles dans ce sens, 4ct. 13, 33.; mais le sens que nous avons suivi est le plus naturel; et Kibera fait voir que, même au chap. 13 des Actes, ces paroles doivent comme ici s'entendre de la génération éternelle. — £r( encore : je serai son Père . et il sera mon Fils, Ce second passage se trouve 2. Reg. 7 , 14. et 1. Parai. 22, 11. Dans ces deux endroits, le prophète Nathan déclare à David de la part de Dieu, qu'il ne bâtira point un temple au Seigneur, et que cet honneur est réservé au Fils, qui montera sur le trône après lui : ce qui semble ne pouvoir convenir qu'a Salomon. C'est ce qui a engagé Cujetan à soutenir que cette Epître n'était pas canonique, et ne pouvait être attribuée à saint Paul; puisqu'il n'est pas vraisemblaLle que l'apôtre eût attribué à Jésus-Christ ce qui ne convenait qu'à Salomon, et eût employé, pour prouver sa divinité, une preuve si faible et si facile à détruire. Poiar répondre à cette difficulté do Cajetan , quelques interprètes soutiennent que ces paroles, dans le sens propre et littéral, doivent s'entendre de Jésus-Chri&t , et ne peuvent convenir à Salomon. Mais ce sentiment est insoutenable, et se trouve réfuté par Salomon lui-même, qui se les applique, 3. Reg. 5, 5. Il faut donc dire que ces paroles conviennent à Salomon; mais qu'elles lui conviennent en tant qu'il est la figure de Jésus-Christ, dans qui par conséquent devait s'accomplir ce qui n'était qu'iniparfuitement figuré par Salomon. Ainsi le Suint-Esprit en prédisant que le trône de Salomon serait affermi pour toujours, c'est-à-dire pour un long temps, comme David l'euleiid lui-même. 2. Reg. 7. 19. voulait qu'en cela il fût la figure de Jésus-Christ, qui devait être éternel, Luc. 1 , 32. et 33 Salomon devait élever un temple au Seigneur; et en cela il était la figure de Jésus-Christ, qui devait bâtir l'ËgUse. Eufin Dieu dit

(l)Ps. 2. 7.-2. Reg 7. 14.

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